{"id":3455,"date":"2014-06-28T01:10:29","date_gmt":"2014-06-27T23:10:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3455"},"modified":"2014-06-26T19:01:57","modified_gmt":"2014-06-26T17:01:57","slug":"le-livre-de-loncle-et-du-%c2%ab-neveu-%c2%bb","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/06\/le-livre-de-loncle-et-du-%c2%ab-neveu-%c2%bb\/","title":{"rendered":"Le livre de l&rsquo;Oncle &#8230; et du \u00ab neveu \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3119\" title=\"Louis Rousseau, D\u00e9tective, n\u00b0415, 1936\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier-215x300.jpg\" alt=\"\" width=\"110\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier-215x300.jpg 215w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier.jpg 414w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-510\" title=\"Un m\u00e9decin au bagne, \u00e9ditions Fleury, 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"153\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1-221x300.jpg 221w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne1.jpg 540w\" sizes=\"(max-width: 113px) 100vw, 113px\" \/><\/a>La participation active d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 l&rsquo;ouvrage du docteur Louis Rousseau ne fait aucun doute. \u00ab\u00a0Sans lui, je n&rsquo;aurais pu mener \u00e0 bien la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9crire le <em>M\u00e9decin au bagne<\/em> qui fut son \u0153uvre autant que la mienne\u00a0\u00bb \u00e9crit l&rsquo;auteur \u00e0 Alain Sergent, premier biographe de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur en 1950. La collaboration entre les deux hommes d\u00e9bute d\u00e8s leur rencontre en Guyane en 1920. En France, elle doit se mesurer en deux temps. De 1925 \u00e0 1927, Alexandre Jacob a tout loisir en prison de rassembler souvenirs et anecdotes pour <em>l&rsquo;Oncle<\/em> d&rsquo;une part, et de commenter les r\u00e9formes p\u00e9nitentiaires de 1925 de l&rsquo;autre. Les \u00e9changes se pratiquent par voie \u00e9pistolaire mais il nous parait possible d&rsquo;envisager \u00e9galement un contact direct m\u00eame si aucune source ne vient \u00e9tayer cette hypoth\u00e8se. La tr\u00e8s forte amiti\u00e9 qui lie les deux \u00eatres et la proximit\u00e9 de la Normandie justifient notre propos\u00a0: Rousseau travaille pour le laboratoire de l&rsquo;Office Publique d&rsquo;Hygi\u00e8ne Sociale de la Seine Inf\u00e9rieure. Lorsque l&rsquo;ancien bagnard recouvre la libert\u00e9, la collaboration ne peut que s&rsquo;amplifier et c&rsquo;est \u00e0 Paris que toute la logistique de l&rsquo;entreprise se met en place.<!--more--><\/p>\n<p>Alexandre Jacob prend en charge la recherche d&rsquo;une maison d&rsquo;\u00e9dition pour le livre du docteur Rousseau. C&rsquo;est donc par le biais de l&rsquo;ancien bagnard que l&rsquo;ancien m\u00e9decin des Iles du Salut r\u00e9sout le probl\u00e8me des frais de publication qui, en 1925, avait dans un premier temps fait avorter le projet. Rousseau signale d&rsquo;ailleurs ce probl\u00e8me dans l&rsquo;avant-propos de son ouvrage. Alexandre Jacob fait alors jouer ses r\u00e9seaux de relation tant parmi les anciens bagnards que dans les milieux militants.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la popularit\u00e9 d&rsquo;un th\u00e8me porteur comme le bagne, Louis Rousseau a du mal \u00e0 faire publier son \u00e9tude. Il n&rsquo;est ni Albert Londres ni un auteur \u00e0 succ\u00e8s recherch\u00e9. Par le biais d&rsquo;Alexandre Jacob, U<em>n m\u00e9decin au bagne<\/em> peut sortir des presses des \u00e9ditions Fleury en 1930, soit trois ans apr\u00e8s la lib\u00e9ration de l&rsquo;anarchiste. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Jacques Sautarel, le bijoutier anarchiste complice dans le cambriolage de la rue Quincampoix en 1901 et actif soutien \u00e0 Marie Jacob dans la campagne de lib\u00e9ration de son fils en 1925, n&rsquo;oublie pas son ami avec qui il partage le m\u00eame avis libertaire sur la soci\u00e9t\u00e9. Il signale l&rsquo;adresse d&rsquo;un imprimeur sur les hauteurs de Belleville pouvant r\u00e9pondre aux besoins de l&rsquo;ancien bagnard. Mais les \u00e9ditions Fleury sont le 3<sup>e<\/sup> arrondissement de la capitale (45 rue Turenne) et le livre de Rousseau est imprim\u00e9 par la maison toulousaine L\u00e9on et Fils (2rue Romigui\u00e8res \u00e0 Toulouse).<\/p>\n<p>Nous ne connaissons pas le tirage du livre mais il est possible de le qualifier de limit\u00e9 au regard de l&rsquo;extrait du catalogue figurant en 4<sup>e<\/sup> de couverture. Le livre de Pierre Chardon sur <em>Paul Val\u00e9ry et la m\u00e9decine<\/em> est par exemple publi\u00e9 \u00e0 250 exemplaires. Il est aujourd&rsquo;hui exceptionnel de pouvoir le trouver sur le march\u00e9 du livre d&rsquo;occasion. Il peut alors atteindre des prix faramineux.<\/p>\n<p>Les relations de Jacob avec les anciens bagnards peuvent \u00e9galement nous \u00e9clairer sur la gen\u00e8se de la publication de l&rsquo;ouvrage. Si Rousseau se rend \u00e0 Paris pour rendre visite \u00e0 son ami, il ne manque pas non plus d&rsquo;aller saluer Eug\u00e8ne Dieudonn\u00e9 ou encore Paul Gruault rentr\u00e9 du bagne en 1929 et imm\u00e9diatement embauch\u00e9 comme comptable au journal <em>D\u00e9tective<\/em>. Or c&rsquo;est bien cette feuille qui, en 1928 organise un concours pour \u00e9tablir une liste de for\u00e7ats m\u00e9ritant de sortir d&rsquo;un espace d\u00e9crit dans ses colonnes comme un enfer. Les portraits dress\u00e9s, plus \u00e9difiants les uns que les autres, donnent lieu \u00e0 un vote des lecteurs. Les deux premi\u00e8res places permettent \u00e0 Paul Vial et \u00e0 Paul Gruault de rentrer en France. Les deux hommes \u00e9taient des compagnons de case d&rsquo;Alexandre Jacob. Paul Rousseng arrive en troisi\u00e8me position.<\/p>\n<p>La correspondance de Jacob avec l&rsquo;anarchiste militant Eug\u00e8ne Humbert r\u00e9v\u00e8le combien le premier s&rsquo;investit dans le projet de son ami Rousseau. Le 26 juin 1931, il demande au n\u00e9o-malthusien de lui procurer <em>Les souvenirs du bagne<\/em> de Liard-Courtois qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 confi\u00e9s \u00e0 Rousseau mais que ce dernier a \u00e9gar\u00e9. Or le m\u00e9decin a besoin de cet ouvrage pour pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 un contradicteur de son livre au sujet de la r\u00e9volte de l&rsquo;\u00eele Saint Joseph en 1894. Le 14 septembre de l&rsquo;ann\u00e9e suivante, il \u00e9voque la situation financi\u00e8re d\u00e9licate des \u00e9ditions Fleury et la liquidation de stocks d&rsquo;invendus dont on ne peut affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du livre du docteur Rousseau. <em>Un m\u00e9decin au bagne<\/em> est en effet paru depuis deux ans et la lettre \u00e0 Eug\u00e8ne Humbert tendrait \u00e0 prouver qu&rsquo;il n&rsquo;est tout de m\u00eame pas un succ\u00e8s de librairie.<\/p>\n<p>Pourtant le livre demeure une r\u00e9f\u00e9rence pour qui \u00e9tudie le bagne. Il suffit pour s&rsquo;en convaincre de compulser la bibliographie des nombreuses histoires de la colonie p\u00e9nitentiaire de Guyane. Mais, plus qu&rsquo;une simple source et au-del\u00e0 du t\u00e9moignage de son s\u00e9jour, Louis Rousseau con\u00e7oit une d\u00e9monstration empirique et \u00e0 charge contre la transportation. Le livre est d&rsquo;ailleurs pr\u00e9fac\u00e9 par Adrien Juvanon, gouverneur de la Guyane en 1927 et surtout ardent partisan de la suppression du bagne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cet ouvrage, dur et sans concession, tire toute sa force de la qualit\u00e9 de l&rsquo;argumentation\u00a0\u00bb \u00e9crit Olivier Levasseur dans la biographie qu&rsquo;il consacre au docteur Rousseau en 1996<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\"><sup><sup>[1]<\/sup><\/sup><\/a>. Il est vrai que l&rsquo;ancien m\u00e9decin des for\u00e7ats b\u00e9n\u00e9ficie, en plus de sa qualit\u00e9 d&rsquo;observateur privil\u00e9gi\u00e9, de l&rsquo;apport des connaissances d&rsquo;Alexandre Jacob qui, en 1916, avait \u00e9labor\u00e9 un projet de livre de criminologie et d\u00e9velopp\u00e9 un savoir encyclop\u00e9dique sur les questions p\u00e9nales. Les anecdotes recueillies soutiennent un discours semblables en tout point \u00e0 celui d&rsquo;Alexandre Jacob.<\/p>\n<p>Le bagne demeure ainsi une machine \u00e0 broyer les victimes d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui r\u00e9pugne \u00e0 pr\u00e9venir le crime et le d\u00e9lit, et qui a opt\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9limination du d\u00e9linquant. La liste des termes qui reviennent \u00e0 la fois sous les plumes de l&rsquo;ancien bagnard et du m\u00e9decin serait trop longue \u00e0 \u00e9tablir. Trop fastidieuse aussi. L&rsquo;expression <em>Vae Victis<\/em>, par exemple, est une preuve parmi tant d&rsquo;autres de la collusion de pens\u00e9e entre les deux personnes. <em>Un m\u00e9decin au bagne<\/em> traduit bel et bien cette communion d&rsquo;esprit. Il s&rsquo;agit alors d&rsquo;un livre de combat de 357 pages, se d\u00e9composant en onze chapitres.<\/p>\n<p>Louis Rousseau s&rsquo;attache dans un premier temps (les chapitres I \u00e0 VII) \u00e0 dresser un tableau d&rsquo;ensemble des bagnes de Guyane. C&rsquo;est pourquoi le chapitre I se consacre \u00e0 l&rsquo;histoire de la transportation et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des diff\u00e9rents textes de lois qui r\u00e9gissent le bagne. Dans ce contexte d&rsquo;\u00e9criture, l&rsquo;apport d&rsquo;Alexandre Jacob parait primordial. Dix-sept pages sont consacr\u00e9es aux d\u00e9crets du 18 septembre 1925 qui cl\u00f4turent ce chapitre. Ces d\u00e9crets induisent quelques adoucissements. Louis Rousseau note quelques suppressions comme celle de la r\u00e8gle du silence absolu pendant les heures de repos, celle de la mise aux fers (ou boucle) ou celle de la punition du cachot. Le m\u00e9decin rel\u00e8ve aussi la mise \u00e0 disposition d&rsquo;un hamac pour toutes les classes de for\u00e7ats ainsi que la r\u00e9introduction du travail salari\u00e9. Mais l&#8217;emploi de ce p\u00e9cule est d\u00e9termin\u00e9 par d\u00e9cret du gouverneur de la Guyane. Les for\u00e7ats lib\u00e9r\u00e9s et astreints \u00e0 r\u00e9sidence ne doivent plus d\u00e9sormais r\u00e9pondre qu&rsquo;\u00e0 un seul appel annuel. Ils ne sont plus en outre cantonn\u00e9s \u00e0 Saint Jean du Maroni. En prenant par exemple l&rsquo;aggravation effective de la peine de r\u00e9clusion prononc\u00e9e par le TMS (Tribunal Maritime Sp\u00e9cial), le m\u00e9decin s&rsquo;interroge en fin de compte sur l&rsquo;efficacit\u00e9 r\u00e9elle de ces d\u00e9crets\u00a0: \u00ab\u00a0Mais s&rsquo;agit-il de conqu\u00eates bien d\u00e9finitives\u00a0? Nous verrons combien il est difficile d&rsquo;extirper de la pratique p\u00e9nitentiaire les vieilles habitudes de r\u00e9pression\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les chapitres II \u00e0 VII, par voie de cons\u00e9quence, montrent l&rsquo;application concr\u00e8te de ces lois et d\u00e9crets sur le bagne. Et Rousseau de d\u00e9crier, de d\u00e9noncer preuve \u00e0 l&rsquo;appui, la vie quotidienne du bagne dans tous ces aspects\u00a0: alimentation, habillement, logement, travail et camelote, maladie, r\u00e9pression, TMS, gardiens et A.P., m\u0153urs des condamn\u00e9s (jeux, tatouages et surtout homosexualit\u00e9). L&rsquo;\u00e9vasion (chapitre VI) devient de fait un exutoire, une n\u00e9cessit\u00e9 vitale, une volont\u00e9 de survie mais fait aussi partie int\u00e9grante de tout un syst\u00e8me. Les chapitre VIII et IX composent la deuxi\u00e8me partie du livre de Rousseau en exposant d&rsquo;une mani\u00e8re compl\u00e9mentaire le point de vue tant du bagnard (chapitre VIII\u00a0: <em>La conscience des condamn\u00e9s<\/em>) que de l&rsquo;administration (chapitre IX <em>L&rsquo;esprit p\u00e9nitentiaire<\/em>). Rousseau d\u00e9nonce avec ces deux chapitres un paradigme \u00ab\u00a0f\u00e9odal o\u00f9 sous pr\u00e9texte de justice, de travaux forc\u00e9s, d&rsquo;amendement des criminels, six milliers d&rsquo;ilotes renouvelables et qui, par cons\u00e9quent, n&rsquo;ont pas \u00e0 \u00eatre m\u00e9nag\u00e9s, entretiennent pr\u00e8s d&rsquo;un millier de paresseux\u00a0\u00bb. Une fois encore, le propos du m\u00e9decin rejoint celui de son collaborateur privil\u00e9gi\u00e9, anarchiste et ancien bagnard lui-m\u00eame. Jacob a toujours \u00e9voqu\u00e9s ses cong\u00e9n\u00e8res d&rsquo;infortune en tant que \u00ab\u00a0parfaits courtisans d&rsquo;ancien r\u00e9gime\u00a0\u00bb et se voit, lui comme \u00ab\u00a0un prisonnier de guerre sociale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les rapports de soumission ainsi pr\u00e9sent\u00e9s pr\u00e9c\u00e8dent en toute logique la derni\u00e8re partie du livre de Rousseau consacr\u00e9e \u00e0 <em>Une vue d&rsquo;ensemble sur la pratique p\u00e9nitentiaire fran\u00e7aise<\/em> (chapitre X) confront\u00e9e aux exp\u00e9riences belges, italiennes ou encore sovi\u00e9tiques (chapitre XI <em>R\u00e9novation p\u00e9nitentiaire<\/em>). Comme Alexandre Jacob, le m\u00e9decin r\u00e9cuse le principe d&rsquo;exemplarit\u00e9 de la peine et l&rsquo;illusion de l&rsquo;amendement. La conclusion de son ouvrage diverge toutefois de la pens\u00e9e du libertaire qui voit dans la suppression des prisons la fin de l&rsquo;\u00e9pineuse question carc\u00e9rale. Rousseau, lui, se veut r\u00e9formiste m\u00eame si son propos d\u00e9passe largement le discours ambiant sur les politiques d&rsquo;enfermement\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La suppression du bagne guyanais ne peut donc \u00eatre que la premi\u00e8re tranche d&rsquo;un vaste programme de r\u00e9novation p\u00e9nitentiaire dans lequel la prophylaxie du crime sera envisag\u00e9e et le sauvetage des enfants en danger moral bas\u00e9 sur leur instruction et non plus sur leur exploitation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dessin-jacob1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-375\" title=\"Dessin de Jacob pour le livre \\\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dessin-jacob1-300x218.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"109\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dessin-jacob1-300x218.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dessin-jacob1.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>Sans Alexandre Jacob, le livre de Rousseau n&rsquo;aurait pas cette force de persuasion. Outre les connaissances juridiques, l&rsquo;ancien bagnard apporte le seul dessin du volume, illustrant le syst\u00e8me \u00e9liminatoire \u00e0 la fran\u00e7aise, et surtout une multitude de renseignements, d&rsquo;informations, d&rsquo;anecdotes que l&rsquo;ancien m\u00e9decin des for\u00e7ats n&rsquo;aurait pu en deux ans pass\u00e9s en Guyane esp\u00e9rer recueillir. L&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9vasion de Joseph Ferrand, suivie du meurtre du fagot Vinci par le surveillant Bonal sur le vapeur Maroni, est, \u00e0 ce titre, un exemple probant de cette collaboration de Jacob \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture d\u00e9nonciatrice de Louis Rousseau qui, au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1910, c&rsquo;est-\u00e0-dire au moment des faits, s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 aller exercer la m\u00e9decine coloniale en Indochine.<\/p>\n<p>Le 22 juin 1930, le m\u00e9decin annonce \u00e0 son vieil ami la r\u00e9ception des \u00e9preuves de son livre et le remercie du \u00ab\u00a0tuyau Destroyat\u00a0\u00bb dont \u00ab\u00a0l&rsquo;acquittement est dans la logique du syst\u00e8me\u00a0\u00bb et qu&rsquo;il t\u00e2chera de mentionner. Il s&rsquo;agit fort probablement d&rsquo;une exaction de surveillant non sanctionn\u00e9e par la justice du bagne. La lettre de Rousseau r\u00e9v\u00e8le surtout les liens qui unissent les deux hommes dans leur combat contre l&rsquo;institution p\u00e9nitentiaire coloniale.<\/p>\n<p>Le livre conna\u00eet quelques \u00e9chos \u00e0 sa sortie malgr\u00e9 un faible tirage\u00a0; il met finalement en relief un homme qui, apr\u00e8s deux ann\u00e9es pass\u00e9es en Guyane, n&rsquo;a de cesse d&rsquo;orienter sa r\u00e9flexion et son discours sur le th\u00e8me carc\u00e9ral. L&rsquo;Administration P\u00e9nitentiaire semble s&rsquo;\u00eatre \u00e9mue de la parution comme le r\u00e9v\u00e8le la lettre de son directeur au p\u00e8re Naegel de Saint Laurent du Maroni en date du 27 janvier 1932 (voir article Poste restante \u00e0 la cure de Saint Laurent du Maroni). Rousseau n&rsquo;a pas laiss\u00e9 que de bons souvenirs outre-Atlantique et c&rsquo;est surtout chez les for\u00e7ats qu&rsquo;il apparait comme une sorte de saint la\u00efque exer\u00e7ant avec ferveur son apostolat m\u00e9dical. De l\u00e0, les nombreux conflits qu&rsquo;il a d\u00fb endurer avec les surveillants, les commandants et autres chaouchs galonn\u00e9s. L&rsquo;A.P. a la dent dure\u00a0mais depuis le reportage d&rsquo;Albert Londres en 1923 elle prend l&rsquo;eau de toute part. Le bagne et sa d\u00e9nonciation sont \u00e0 la mode dans les m\u00e9dias. Le bagne est en train de mourir.<\/p>\n<p>Le 8 octobre 1936, Louis Rousseau fait la Une du magazine <em>D\u00e9tective <\/em>(n\u00b0415). Marius Larique, auteur quatre et trois ans plus t\u00f4t des <em>Hommes punis<\/em> et de <em>Dans la brousse avec les \u00e9vad\u00e9s du bagne<\/em>, consacre une s\u00e9rie d&rsquo;articles sur les m\u00e9decins de la colonie p\u00e9nitentiaire.\u00a0 Un an plus tard, Louis Rousseau pr\u00e9face l&rsquo;ouvrage <em>Bagne<\/em> de l&rsquo;avocate Mireille Maroger et ses conclusions sur la colonie p\u00e9nitentiaire demeurent inchang\u00e9es face \u00e0 \u00ab\u00a0cette \u0153uvre de mort\u00a0\u00bb qu&rsquo;il d\u00e9non\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;avant-propos de son propre livre sept ans plus t\u00f4t.<a name=\"bookmark0\"><strong><\/strong><\/a><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gentil-toubib.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2359\" title=\"Jacobil m\u00e9decin\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gentil-toubib-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"111\" height=\"148\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gentil-toubib-225x300.jpg 225w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/gentil-toubib.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 111px) 100vw, 111px\" \/><\/a>PR\u00c9FACE<\/strong><\/p>\n<p>Nul mieux qu&rsquo;un m\u00e9decin &#8211; qui a v\u00e9cu au centre m\u00eame de cette monstruosit\u00e9, de cette honte (ce quali\u00adficatif appropri\u00e9 est de M. Daladier<strong>, <\/strong>ancien ministre des Colonies) qu&rsquo;est le bagne, et qui, chaque jour, du\u00adrant deux longues ann\u00e9es, a eu sous ses yeux le spec\u00adtacle des horreurs de la Transportation &#8211; n&rsquo;\u00e9tait qua\u00adlifi\u00e9 pour essayer d&rsquo;\u00e9clairer l&rsquo;opinion publique sur ce que, moi-m\u00eame, j&rsquo;ai pu voir, constater, d\u00e9plorer, es\u00adsayer de modifier, d&rsquo;am\u00e9liorer, de transformer, sur le bagne qu&rsquo;il faut, pr\u00e9sentement, non pas r\u00e9former, mais supprimer, dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la Guyane Fran\u00e7aise, dont il paralyse la mise en valeur et le d\u00e9veloppement \u00e9co\u00adnomique, et, on ne saurait trop le dire, l&rsquo;\u00e9crire, le r\u00e9\u00adp\u00e9ter, pour l&rsquo;honneur de la France.<\/p>\n<p>Je dis supprimer car, en effet, \u00e0 cette heure, toute r\u00e9forme serait inop\u00e9rante. Quand la gangr\u00e8ne s&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, quand elle a atteint les centres vitaux d&rsquo;un organisme, il n&rsquo;y a plus de rem\u00e8de. Pour le bagne, la gangr\u00e8ne a fait son \u0153uvre, il faut supprimer, radicale\u00adment supprimer.<\/p>\n<p>Sans aucune exag\u00e9ration, avec la force que donne une conviction n\u00e9e d&rsquo;une observation absolument im\u00adpartiale mais attentive, avec le courage d&rsquo;une opinion bas\u00e9e sur la v\u00e9rit\u00e9, je puis \u00e9crire, sans crainte d&rsquo;\u00eatre d\u00e9menti, que tout ce qu&rsquo;expose, clairement et avec au\u00adtorit\u00e9, le docteur ROUSSEAU<strong>, <\/strong>dans son ouvrage si int\u00e9\u00adressant et si document\u00e9, est encore au-dessous de la r\u00e9alit\u00e9. Et je le prouve.<\/p>\n<p>Un de mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs avait tent\u00e9 de rem\u00e9dier \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de choses existant ; mais, comme le constate tr\u00e8s justement le docteur ROUSSEAU<strong>, <\/strong>si la l\u00e9gislation du 18 septembre 1925 a apport\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de la peine des travaux forc\u00e9s quelques modifications dans le r\u00e9\u00adgime disciplinaire, elle a respect\u00e9 le principe de la Transportation et n&rsquo;a rien chang\u00e9 \u00e0 ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;organisation et le fonctionnement de l&rsquo;Adminis\u00adtration P\u00e9nitentiaire \u00e9tait telle, en cette ann\u00e9e 1925, qu&rsquo;un des fonctionnaires des plus qualifi\u00e9s de la dite Administration pouvait \u00e9crire, dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 un haut fonctionnaire de l&rsquo;Administration Coloniale : \u00ab Je trouve \u00e9trange la fa\u00e7on dont le D\u00e9partement con\u00ad\u00e7oit les \u00e9conomies et dans tous les domaines. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Ainsi pour ne pas acheter de la toile \u00e0 matelas, les matelas pourrissent dans les h\u00f4pitaux. Pour ne pas donner aux condamn\u00e9s l&rsquo;indispensable on multiplie les journ\u00e9es d&rsquo;h\u00f4pital, ce qui revient cher tant par la d\u00e9pense que par le manque \u00e0 gagner r\u00e9sultant du d\u00e9faut de travail, etc&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Enfin je ne vous apprends rien, mais c&rsquo;est d\u00e9ce\u00advant. \u00bb<\/p>\n<p>Au d\u00e9but de 1927, j&rsquo;ai trouv\u00e9, \u00e0 la Guyane, une Administration P\u00e9nitentiaire en plein d\u00e9sarroi, en pleine d\u00e9composition. J&rsquo;ai agi &#8230; &#8211; je dirai un jour comment et quels ont \u00e9t\u00e9 les r\u00e9sultats de mon action. Pour l&rsquo;instant, je me contente de souligner que, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention d&rsquo;un inspecteur des Colonies &#8211; que j&rsquo;avais \u00e9clair\u00e9 et qui avait vu &#8211; on s&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9<sub>, <\/sub>en haut lieu, \u00e0 augmenter la ration alimentaire des trans\u00adport\u00e9s susceptibles de fournir un effort physique ; je sais \u00e9galement, que, pour \u00e9viter la distribution des v\u00eate\u00adments aux particuliers, on a donn\u00e9 aux transport\u00e9s des costumes sp\u00e9ciaux (\u00e9toffe sp\u00e9cialement ray\u00e9e) que j&rsquo;avais pr\u00e9conis\u00e9s. Toutes choses que, parmi d&rsquo;autres, je n&rsquo;ai cess\u00e9 de r\u00e9clamer \u00e0 cor et \u00e0 cris, parce que j&rsquo;en avais reconnu l&rsquo;imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9, parce que, d\u00e8s juin 1927, le Directeur p. i. de l&rsquo;Administration P\u00e9ni\u00adtentiaire me r\u00e9pondait : \u00ab Le condamn\u00e9, qu&rsquo;il soit transport\u00e9 ou rel\u00e9gu\u00e9, est insuffisamment nourri, in\u00adsuffisamment habill\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab C&rsquo;est l\u00e0 une des v\u00e9rit\u00e9s contre laquelle personne ne saurait s&rsquo;inscrire en faux. \u00bb<\/p>\n<p>A qui donc la faute, non pas au Minist\u00e8re des Colo\u00adnies, certes, mais \u00e0 la fausse conception de certains fonctionnaires des Finances &#8211; car il s&rsquo;agit du budget de l&rsquo;Etat &#8211; qui ignorent tout de la question !<\/p>\n<p>Depuis que j&rsquo;ai quitt\u00e9 ta Guyane, j&rsquo;ai re\u00e7u des com\u00admunications fort \u00e9difiantes autant qu&rsquo;int\u00e9ressantes, dont la v\u00e9racit\u00e9 est indiscutable car elles \u00e9manent d&rsquo;une autorit\u00e9 on ne peut plus qualifi\u00e9e :<\/p>\n<p>\u00ab J&rsquo;ai h\u00e2te de conna\u00eetre le livre dont vous me parlez (je n&rsquo;ai pu encore le terminer) et je puis vous assurer que si l&rsquo;on a besoin de moi pour aider \u00e0 la supression de l&rsquo;anachronisme&#8230; (l&rsquo;Administration P\u00e9nitentiaire) &#8230; je suis tout pr\u00eat \u00e0 m&rsquo;y employer. \u00bb<\/p>\n<p>Puis :<\/p>\n<p>\u00ab Je suis effar\u00e9 de ce que peu \u00e0 peu je d\u00e9couvre dans l&rsquo;A. P., on n&rsquo;ose pas g\u00e9n\u00e9raliser, et pourtant on peut se demander s&rsquo;il y a quelques gens honn\u00eates dans le personnel !<\/p>\n<p>\u00ab Les condamn\u00e9s sont vol\u00e9s, et pouss\u00e9s \u00e0 voler.<\/p>\n<p>\u00ab Tous se liguent contre eux pour en tirer profit, civils, fournisseurs, surveillants &#8211; sous l&rsquo;influence d&rsquo;une ambiance sp\u00e9ciale de l&rsquo;\u00e9loignement, de la mono\u00adtonie de l&rsquo;existence, du punch aussi, les individus per\u00addent tout sens moral.<\/p>\n<p>\u00ab Quand donc se d\u00e9cidera-t-on \u00e0 supprimer cette ins\u00adtitution lamentable. Ce serait si simple. Par l&rsquo;arr\u00eat des convois le bagne n&rsquo;existerait plus en cinq ans. Et l&rsquo;Al\u00adg\u00e9rie conservant ses condamn\u00e9s il suffirait en France d&rsquo;une maison centrale d&rsquo;abord, et de deux ensuite. Or elles existent. Saint-Martin-de-R\u00ea, par exemple, puis Thouars qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9saffect\u00e9 il y a trois ou quatre ans. On ne ferait plus de nominations de personnel, et \u00e0 l&rsquo;extinction on r\u00e9partirait l&rsquo;existant dans les prisons ci\u00adviles, pour les surveillants, dans certains services colo\u00adniaux, secr\u00e9tariats g\u00e9n\u00e9raux et autres, pour le personnel civil.<\/p>\n<p>\u00ab Et la Guyane &#8211; quand elle voudra travailler &#8211; trouvera au Br\u00e9sil toute la main-d&rsquo;\u0153uvre n\u00e9cessaire. \u00bb Les fortes pages du docteur ROUSSEAU<strong> <\/strong>contribueront certainement au r\u00e9sultat que d\u00e9sirent ardemment ceux qui, tout en voulant la punition des criminels, l&rsquo;\u00e9loignent des ind\u00e9sirables et le rel\u00e8vement des individus susceptibles de l&rsquo;\u00ebtre, sont persuad\u00e9s que le maintien d&rsquo;un cloaque ne peut atteindre ces buts moraux.<\/p>\n<p>Aussi f\u00e9licitons tr\u00e8s sinc\u00e8rement l&rsquo;auteur d&rsquo;Un M\u00e9de\u00adcin au Bagne et souhaitons \u00e0 son livre la plus grande diffusion.<\/p>\n<p>Adrien Juvanon,<\/p>\n<p>Ancien Gouverneur de la Guyane Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3119\" title=\"Louis Rousseau, D\u00e9tective, n\u00b0415, 1936\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier-215x300.jpg\" alt=\"\" width=\"109\" height=\"152\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier-215x300.jpg 215w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/medecin-bagne-3-copier.jpg 414w\" sizes=\"(max-width: 109px) 100vw, 109px\" \/><\/a>AVANT-PROPOS<\/strong><\/p>\n<p>Charg\u00e9 pendant deux ans du service m\u00e9dical d&rsquo;un p\u00e9nitencier guyanais, j&rsquo;ai eu sous les yeux le triste spec\u00adtacle de la pratique p\u00e9nitentiaire coloniale. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pro\u00adfond\u00e9ment d\u00e9go\u00fbt\u00e9. Ayant pour t\u00e2che professionnelle de d\u00e9fendre la vie dans la modeste mesure o\u00f9, je le peux, je n&rsquo;ai pu assister \u00e0 cette \u0153uvre de mort sans me de\u00admander \u00e0 quelle louche besogne j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 convi\u00e9 et ce que j&rsquo;\u00e9tais venu faire dans cette gal\u00e8re. Je n&rsquo;ai pu qu&rsquo;observer, absolument impuissant. Pour n&rsquo;avoir pas perdu mon temps j&rsquo;ai voulu, \u00e0 mon retour en France, publier ce que j&rsquo;avais vu, mais je dus y renoncer devant les frais de publication. C&rsquo;\u00e9tait en 1923. L&rsquo;attention du public \u00e9tait attir\u00e9e sur les abus de la Transportation par le remarquable reportage de M. Albert Londres. Un peu plus tard, au mois de juillet 1924, une commission com\u00adpos\u00e9e des repr\u00e9sentants des d\u00e9partements de la Justice, de l&rsquo;Int\u00e9rieur et des Colonies fut institu\u00e9e et charg\u00e9e d&rsquo;\u00e9tudier les am\u00e9liorations \u00e0 apporter au r\u00e9gime de la Transportation. Le 18 septembre 1925 parut une l\u00e9gis\u00adlation nouvelle qui, tout en apportant \u00e0 de la peine des Travaux forc\u00e9s quelques modifications dans le r\u00e9gime disciplinaire, respectait le principe de la transportation et ne devait en somme rien changer \u00e0 ses r\u00e9sultats. Il est donc int\u00e9ressant de revenir aujourd&rsquo;hui sur une question qui a \u00e9t\u00e9 escamot\u00e9e plus que trait\u00e9e, et de reprendre l&rsquo;\u00e9tude du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire fran\u00ad\u00e7ais. C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai tent\u00e9 ici.<\/p>\n<p><strong>Louis Rousseau.<\/strong><\/p>\n<p>15 octobre 1930.<\/p>\n<p><strong>TABLE DES MATI\u00c8RES<\/strong><\/p>\n<p>Avant-Propos VII<\/p>\n<p>Chapitre Premier : La peine des travaux forc\u00e9s. &#8211; Histoire de sa l\u00e9gislation 1<\/p>\n<p>Chapitre II : R\u00e9gime des Condamn\u00e9s 45<\/p>\n<p>Chapitre III : La Camelote. &#8211; Travail P\u00e9nal. &#8211; Rel\u00e8vement moral. 75<\/p>\n<p>Chapitre IV : Les maladies et les malades 117<\/p>\n<p>Chapitre V : La r\u00e9pression 139<\/p>\n<p>Chapitre VI : Evasions. 179<\/p>\n<p>Chapitre VII : M\u0153urs des Condamn\u00e9s. 207<\/p>\n<p>Chapitre VIII : La Conscience des Condamn\u00e9s. 243<\/p>\n<p>Chapitre IX : L&rsquo;Esprit p\u00e9nitentiaire. 277<\/p>\n<p>Chapitre X : Vue d&rsquo;ensemble sur la Pratique p\u00e9niten\u00adtiaire Fran\u00e7aise. 297<\/p>\n<p>Chapitre XI : La vieille Ecole et la Nouvelle. &#8211; R\u00e9novation p\u00e9nitentiaire. 329<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Levasseur Olivier, <em>De la Coloniale au bagne de Cayenne\u00a0: la carri\u00e8re du m\u00e9decin brestois Louis Rousseau<\/em>, Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;histoire et d&rsquo;arch\u00e9ologie de Bretagne, 1996<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if !mso]><span class=\"mceItemObject\"   classid=\"clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D\" id=ieooui><\/span>\n\n\n\n<style>\nst1\\:*{behavior:url(#ieooui) }\n<\/style>\n\n<![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:8.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:107%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La participation active d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 l&rsquo;ouvrage du docteur Louis Rousseau ne fait aucun doute. \u00ab\u00a0Sans lui, je n&rsquo;aurais pu mener \u00e0 bien la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9crire le M\u00e9decin au bagne qui fut son \u0153uvre autant que la mienne\u00a0\u00bb \u00e9crit l&rsquo;auteur \u00e0 Alain Sergent, premier biographe de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur en 1950. 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