{"id":3440,"date":"2014-06-03T01:10:00","date_gmt":"2014-06-02T23:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3440"},"modified":"2014-04-20T17:04:51","modified_gmt":"2014-04-20T15:04:51","slug":"la-puree-etait-trop-molle","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/06\/la-puree-etait-trop-molle\/","title":{"rendered":"La pur\u00e9e \u00e9tait trop molle"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/maison-marius-jacob.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3441\" title=\"Maison de Marius Jacob\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/maison-marius-jacob-300x192.jpg\" alt=\"\" width=\"229\" height=\"146\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/maison-marius-jacob-300x192.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/maison-marius-jacob.jpg 432w\" sizes=\"(max-width: 229px) 100vw, 229px\" \/><\/a>A l&rsquo;Ouest, rien de nouveau et, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, loin de la mer, c&rsquo;est encore pire. Ciel lourd, atmosph\u00e8re charg\u00e9. La Champagne pouilleuse a des allures de d\u00e9sert des Tartares en pays berrichon. Le colonel scrute l&rsquo;horizon. Pas un nuage de poussi\u00e8re. Pas une voiture non immatricul\u00e9e 36. Pas un touriste. La sonnette de la porte d&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;office du tourisme de Reuilly n&rsquo;a toujours pas retenti depuis l&rsquo;ouverture matinale &#8230; et c&rsquo;est l&rsquo;heure de l&rsquo;ap\u00e9ro\u00a0! Alors, pour faire venir le chaland qui passe et qui devrait s&rsquo;arr\u00eater, on a sorti la grosse pur\u00e9e et les deux litres de ros\u00e9 qui dormaient sur la paneterie de la gloire locale qui s&rsquo;est donn\u00e9 la mort \u00e0 Bois Saint Denis il y\u00a0 a cinquante-neuf ans de cela. Il menait dans le village une seconde vie bien tranquille. Il n&rsquo;y avait, selon le guide, plus rien de r\u00e9volutionnaire chez lui si ce n&rsquo;est ce passage sur le trottoir, pour \u00e9viter la gendarmerie du coin\u00a0juste en face ! On a sorti la grosse pur\u00e9e et l&rsquo;allusion au papier d&rsquo;Alexis Danan paru dans <em>Franc-Tireur<\/em> le 03 ao\u00fbt 1954 pour l&rsquo;anniversaire du \u00ab\u00a0dernier jour d&rsquo;un justicier\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. Mais, selon Nicolas Zajac, qui assista au repas offert par le vieil anarchiste, comme une c\u00e8ne avant son suicide, aux enfants du hameau reuillois, et qui t\u00e9moigne en deuxi\u00e8me partie dans <em>la Nouvelle R\u00e9publique<\/em> en date\u00a0 28 ao\u00fbt 2013, la pur\u00e9e \u00e9tait trop molle. La lupinose est, elle, toujours aussi peu digeste et si peu consistante.<!--more--><\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marius-1-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3443\" title=\"Le dernier jour d\\'un justicier, La Nouvelle R\u00e9publique, 28 ao\u00fbt 2013\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marius-1-copier-257x300.jpg\" alt=\"\" width=\"133\" height=\"156\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marius-1-copier-257x300.jpg 257w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marius-1-copier.jpg 412w\" sizes=\"(max-width: 133px) 100vw, 133px\" \/><\/a>Nouvelle R\u00e9publique<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le dernier jour d&rsquo;un justicier <\/strong><\/p>\n<p>28\/08\/2013<\/p>\n<p>Marius Jacob s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 Reuilly en 1939\u00a0apr\u00e8s vingt ans de bagne en Guyane. Tr\u00e8s discret, il parcourait les march\u00e9s des communes voisines avec son \u00e9tal de bonneterie.<\/p>\n<p>Alexandre Marius Jacob, anarchiste qui aurait inspir\u00e9 Maurice Leblanc pour la cr\u00e9ation de son personnage Ars\u00e8ne Lupin, a choisi de finir ses jours \u00e0 Reuilly.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, cela fait exactement cinquante-neuf ans qu&rsquo;il s&rsquo;est donn\u00e9 la mort. Doucement mais s\u00fbrement\u2009: gr\u00e2ce \u00e0 une simple injection de morphine. L&rsquo;anarchiste Alexandre Marius Jacob, qui aurait inspir\u00e9 Maurice Leblanc pour la cr\u00e9ation de son personnage Ars\u00e8ne Lupin, avait choisi Reuilly, <em>\u00ab\u00a0ce pays o\u00f9 il ne se passe jamais rien\u00a0\u00bb,<\/em> selon lui, pour finir ses jours.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0\u2009Deux litres de ros\u00e9\u2009\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tout avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9,<\/em> explique Claude Nerrand, responsable de l&rsquo;office de tourisme de la commune et cr\u00e9ateur du Mus\u00e9e Marius-Jacob. <em>Pour sa derni\u00e8re journ\u00e9e, le 28\u00a0ao\u00fbt 1954, il a invit\u00e9 les enfants les plus pauvres du village \u00e0 d\u00e9jeuner, leur a offert une balade dans sa vieille 6\u00a0CV Renault, puis est retourn\u00e9 dans sa maison du Bois-Saint-Denis. L\u00e0, il s&rsquo;est piqu\u00e9 avec son chien Negro qui, lui, en r\u00e9chappa.\u00a0\u00bb \u00c0 c\u00f4<\/em>t\u00e9 de lui, une lettre d&rsquo;adieu teint\u00e9e d&rsquo;humour, dont la fin est en passe de devenir l\u00e9gendaire\u2009: <em>\u00ab\u00a0Linge lessiv\u00e9, rinc\u00e9, s\u00e9ch\u00e9, pas repass\u00e9, j&rsquo;ai la co<\/em><em>sse. Excusez. Vous trouverez deux litres de ros\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la paneterie. \u00c0 votre sant\u00e9\u2009!\u00a0\u00bb <\/em>Jolie fa\u00e7on d&rsquo;en finir avec sa vie pour cet anarchiste r\u00e9volutionnaire qui voulait mourir libre et conscient.<br \/>\nN\u00e9 \u00e0 Marseille en 1879, ce fils de navigateur devenu mousse \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 11\u00a0ans, d\u00e9vore le journal anarchiste de Marseille, <em>L&rsquo;Agitateur, <\/em>\u00e0 16\u00a0ans, et propose \u00e0 ses compagnons Roques et Morel, \u00e0 18\u00a0ans, la cr\u00e9ation d&rsquo;une bande disciplin\u00e9e afin d&rsquo;<em>\u00ab atteindre la classe poss\u00e9dante \u00e0 son point sensible\u2009: le coffre-fort\u00a0\u00bb.<\/em><br \/>\nDe l\u00e0 na\u00eet sa carri\u00e8re d&rsquo;anarchiste qui le m\u00e8nera plus tard \u00e0 fonder la brigade des<em> <\/em>\u00ab\u00a0Travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb. Ceux-ci d\u00e9poss\u00e8dent les riches pour redistribuer aux pauvres. <em>\u00ab\u00a0Changeant d&rsquo;identit\u00e9, l&rsquo;\u00e9quipe va op\u00e9rer dans les \u00e9glises ou cath\u00e9dr<\/em><em>ales du\u00a0Mans, de Tours, chez les bourgeois ou chez les juges.\u00a0\u00bb<\/em> Juges que Marius Jacob d\u00e9fiera largement lors de son proc\u00e8s \u00e0 Amiens en 1905, \u00e0 l&rsquo;issue duquel il se verra condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 en Guyane. Il sera finalement rel\u00e2ch\u00e9 vingt ans apr\u00e8s, rach\u00e8tera un \u00e9tal de bonneterie et d\u00e9cidera de s&rsquo;installer dans l&rsquo;Yonne puis \u00e0 Reuilly, en 1939. Commence alors une deuxi\u00e8me vie, bien plus tranquille, pour le justicier. <em>\u00ab\u00a0Le retour \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 fut difficile pour lui,<\/em> remarque Claude Nerrand.<em> Il ne se retrouvait pas dans l&rsquo;anarchie moderne.\u00a0\u00bb <\/em>\u00c0 Reuilly, il passe presque inaper\u00e7u. Seul acte r\u00e9volutionnaire\u2009: il ne marche jamais sur le trottoir de la gendarmerie, mais pr\u00e9f\u00e8re celui d&rsquo;en face. Et saluait les enfants, chose rare \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Il \u00e9tait aussi g\u00e9n\u00e9reux, comme le rappelle un habitant crois\u00e9 devant sa maison\u2009: <em>\u00ab\u00a0Il a beaucoup donn\u00e9 aux pauvres de l&rsquo;\u00e9poque. Qui sont devenus les riches d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/em>&#8230;\u00a0<em>\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Mus\u00e9e Marius-Jacob, \u00e0 l&rsquo;office de tourisme de Reuilly, 5, rue Rabelais, t\u00e9l.\u00a002.54.49.24.94, www.ot-reuilly.fr Visite libre et gratuite.<\/strong><\/p>\n<p>Isabelle Demangeat<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nicolas-zajac.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3442\" title=\"Nicolas ZAJAC\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nicolas-zajac-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"106\" height=\"161\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nicolas-zajac-198x300.jpg 198w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nicolas-zajac.jpg 218w\" sizes=\"(max-width: 106px) 100vw, 106px\" \/><\/a><\/strong><strong>\u00a0\u00bb Limonade et pur\u00e9e coulante \u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>28\/08\/2013<\/p>\n<p>(L\u00e9gende de la photographie :Nicolas Zajac avait 11 ans quand il a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9jeuner par Marius <em>Jacob.)<\/em><\/p>\n<p>Nicolas <em>Zajac \u00e9tait pr\u00e9sent lors du dernier repas de Marius Jacob, le 28\u00a0ao\u00fbt 1954.<\/em> \u00ab\u00a0J&rsquo;avais 11\u00a0ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Notre voisin, Alexandre Marius Jacob, est venu dans ma maison pour nous proposer \u00e0 ma s\u0153ur et \u00e0 moi, de venir d\u00e9jeuner chez lui. Nous ne le connaissions pas beaucoup mais nos parents ont accept\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0\u2009Nous chahutions beaucoup\u2009\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Chez lui, on a retrouv\u00e9 des enfants qui \u00e9taient des voisins. La table \u00e9tait bien mise, il y avait une jolie nappe. Il avait pr\u00e9par\u00e9 de la pur\u00e9e tr\u00e8s molle, presque coulante, et du boudin qu&rsquo;il servait avec de la limonade. C&rsquo;\u00e9tait comme un repas de f\u00eate pour nous qui n&rsquo;appartenions pas \u00e0 des classes ais\u00e9es. Nous chahutions beaucoup entre nous. Puis, il nous a propos\u00e9 de faire un tour du village avec sa vieille voiture. \u00c0 chaque fois qu&rsquo;il passait devant la maison de l&rsquo;un d&rsquo;entre nous, il klaxonnait. C&rsquo;\u00e9tait une belle journ\u00e9e.<br \/>\nQuand j&rsquo;ai appris la nouvelle le lendemain matin par la dame du caf\u00e9 restaurant, j&rsquo;ai d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surpris. Et quand elle m&rsquo;a dit\u2009: \u00ab\u00a0\u2009<em>Vous avez eu de la chance qu&rsquo;il ne vous ait pas empoisonn\u00e9s vous non plus\u2009\u00a0\u00bb, <\/em>cela<em> <\/em>m&rsquo;a fait peur. Je n&rsquo;y avais pas pens\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Propos recueillis par I.D<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> L&rsquo;article d&rsquo;Alexis Danan s&rsquo;intitulait <em>Le cr\u00e9puscule d&rsquo;un justicier<\/em>.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0   false      21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;Ouest, rien de nouveau et, l&rsquo;\u00e9t\u00e9, loin de la mer, c&rsquo;est encore pire. 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