{"id":3329,"date":"2014-02-08T01:10:18","date_gmt":"2014-02-07T23:10:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3329"},"modified":"2013-11-02T17:27:13","modified_gmt":"2013-11-02T15:27:13","slug":"emile-est-mort","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/02\/emile-est-mort\/","title":{"rendered":"Emile est mort"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/emile-rousset.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3330\" title=\"Emile Rousset, carte postale du Comit\u00e9 de D\u00e9fense Sociale\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/emile-rousset-192x300.jpg\" alt=\"\" width=\"127\" height=\"198\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/emile-rousset-192x300.jpg 192w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/emile-rousset.jpg 518w\" sizes=\"(max-width: 127px) 100vw, 127px\" \/><\/a>L&rsquo;affaire Rousset-Aernoult causa en 1912 un \u00e9moi certain dans la classe ouvri\u00e8re et l&rsquo;opinion publique. La campagne de presse en faveur du\u00a0\u00ab\u00a0h\u00e9ros de Djenan ad Dar\u00a0\u00bb fut telle que certains ont pu l&rsquo;assimiler \u00e0 une nouvelle affaire Dreyfus en d\u00e9non\u00e7ant \u00e0 l&rsquo;occasion l&rsquo;horreur des bagnes militaires. \u00ab\u00a0A Biribi c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;on cr\u00e8ve\u00a0\u00bb dit la chanson de Bruant. Darien avait en son temps r\u00e9v\u00e9l\u00e9 lui aussi le drame qui pouvait se jouer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de\u00a0 la M\u00e9diterran\u00e9e chez les joyeux et autres punis de la Grande Muette. Emile Rousset (n\u00e9 \u00e0 Lyon le 20 janvier 1883) en est revenu. Cet ouvrier terrassier fut envoy\u00e9 en 1908 aux bat&rsquo; d&rsquo;Af&rsquo; apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour un seul vol. Il est mort en un jour de\u00a0 \u00ab\u00a0juillet [1960] d&rsquo;une tristesse automnale\u00a0\u00bb et dans une indiff\u00e9rence presque totale. Il n&rsquo;est pas mort oubli\u00e9 de tous. Louis Dorlet, dans le n\u00b0143 de <em>D\u00e9fense de l&rsquo;Homme<\/em> lui consacre une poignante n\u00e9crologie qui nous permet de rappeler que la France a aussi cherch\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre la question sociale en muselant ses r\u00e9fractaires par l&rsquo;\u00e9loignement ou l&rsquo;\u00e9limination en Afrique du Nord.<!--more--><\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"left\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/defense-de-lhomme-logo.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3321\" title=\"D\u00e9fense de l\\'homme logo\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/defense-de-lhomme-logo.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"50\" \/><\/a>D\u00c9FENSE DE L&rsquo;HOMME<\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">n\u00b0143, Septembre 1960.<\/p>\n<p align=\"left\"><strong>Emile Rousset est mort<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">QUAND on apprit en France avec quel raffinement de cruaut\u00e9 le disciplinaire Aernoult avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 2 juil\u00adlet 1909 \u00e0 la section sp\u00e9ciale de Djenan-ed-Dar, par le lieutenant Sabatier, les sergents Beignier et Casanova, un grand cou\u00adrant d&rsquo;indignation se manifesta et des pro\u00adtestations \u00e9clat\u00e8rent de toutes parts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A vrai dire, cette affaire n&rsquo;\u00e9tait pas la pre\u00admi\u00e8re. Sur la terre d&rsquo;Afrique il s&rsquo;en \u00e9tait pas\u00ads\u00e9 bien d&rsquo;autres et bien des pauvres bougres avaient eu la malchance d&rsquo;y laisser leur peau, uniquement parce qu&rsquo;ils avaient une t\u00eate qui ne plaisait pas aux \u00ab honorables chaouchs \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, cette fois, le crime avait eu un t\u00e9\u00admoin qui, aid\u00e9 par un hasard fantasque, allait d\u00e9clencher un scandale que les militaires, qui sortaient assez diminu\u00e9s des hontes de l&rsquo;affaire Dreyfus, \u00e9taient incapables d&rsquo;\u00e9touffer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce t\u00e9moin c&rsquo;\u00e9tait Emile Rousset. A peu pr\u00e8s ignorant, alors, de tout ce qui concer\u00adnait la presse et les mouvements sociaux, Rousset va tout bonnement \u00e9crire au journal \u00ab Le Matin \u00bb, en lui relatant les circonstances du crime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9daction du journal ultra-r\u00e9actionnaire, sans doute \u00e0 court de copie sensationnelle, publia aussit\u00f4t un article intitul\u00e9 : \u00ab On as\u00adsassine \u00e0 Biribi \u00bb. Dans cet article on trouvait tous les d\u00e9tails fournis par Rousset. La di\u00adrection du Matin devait regretter am\u00e8rement par la suite d&rsquo;avoir apport\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment de cette importance \u00e0 la propagande antimilita\u00adriste des groupements de gauche et des anar\u00adchistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le comit\u00e9 de D\u00e9fense sociale fit apposer sur les murs de la capitale et des principales villes de province une affiche qui conduisit ses signataires en cours d&rsquo;assises. Au cours de d\u00e9bats passionn\u00e9s, on \u00e9tala au grand jour toutes les infamies des Biribis. Des hommes de pens\u00e9e libre, des \u00e9crivains connus, des journalistes de toute \u00e9tiquette vinrent appor\u00adter leur t\u00e9moignage de sympathie aux mem\u00adbres du comit\u00e9. On fit le proc\u00e8s du lieutenant Sabatier et de ses acolytes ; on traita ces in\u00addividus comme ils le m\u00e9ritaient. On ne r\u00e9\u00adtracta rien, bien au contraire. N\u00e9anmoins, au bout de quelques minutes de d\u00e9lib\u00e9ration, le jury revint avec un verdict d&rsquo;acquittement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 la condamnation morale des meurtriers d&rsquo;Aernoult.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant ce temps, Rousset, qui savait bien qu&rsquo;il paierait cher son geste audacieux, pour avoir cri\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9, \u00e9tait condamn\u00e9 et envoy\u00e9 au p\u00e9nitencier de Douera.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;affaire de Djenan-ed-Dar avait fait tant de bruit que les hautes sph\u00e8res gouvernementales ne pouvaient rester sourdes \u00e0 cette agitation. Le g\u00e9n\u00e9ral Rabier fut envoy\u00e9 en Alg\u00e9rie, afin de proc\u00e9der \u00e0 une enqu\u00eate sur place.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le g\u00e9n\u00e9ral Rabier fut vite \u00e9difi\u00e9 par ce qu&rsquo;il apprit l\u00e0-bas. De retour en France, il remit un rapport au ministre de la guerre ; ce rapport concluait nettement \u00e0 la mort violente du disciplinaire Aernoult. On fut donc oblig\u00e9 en haut lieu de poursuivre Saba\u00adtier, Beignier et Casanova. Ils furent d\u00e9f\u00e9r\u00e9s devant le conseil de guerre d&rsquo;Oran. Rousset, lui, fut graci\u00e9 et incorpor\u00e9 au 2me Bataillon d&rsquo;Afrique \u00e0 M\u00e9d\u00e9a, pour y finir son temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 11 f\u00e9vrier 1912, une foule immense sui\u00advait les obs\u00e8ques d&rsquo;Aernoult. Et \u00ab La Vie Ouvri\u00e8re \u00bb \u00e9crivait :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Depuis les obs\u00e8ques de Victor Noir, ja\u00admais pareille foule n&rsquo;avait suivi un enterre\u00adment, particip\u00e9 \u00e0 une manifestation&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Un entant qui avait subi une condamna\u00adtion pour faits de gr\u00e8ve est envoy\u00e9 \u00e0 Biribi. Il y devient la b\u00eate noire des chaouchs. Un matin, on lui fait faire le peloton de punition, le \u00ab bal \u00bb, sous les coups de b\u00e2ton des tirail\u00adleurs. On lui met dans les mains une brouette pleine \u00e0 d\u00e9border. Elle enfonce jusqu&rsquo;au mo\u00adyeu dans le sable. Roule quand m\u00eame ! Mar\u00adche, chien ! marche ! Et Aernoult marche sous les coups de matraque. Ce n&rsquo;est pas as\u00adsez encore. Voici une bonbonne pleine de sable. Elle p\u00e8se 40 kg. Sur l&rsquo;\u00e9paule. Et au pas gymnastique ! Aernoult court au pas gym\u00adnastique. Enfin, il n&rsquo;en peut plus. Le lieute\u00adnant Sabatier se jette sur lui. Mais Aernoult n&rsquo;en peut d\u00e9cid\u00e9ment plus. En cellule ! On l&rsquo;attache \u00e0 la crapaudine, puis on le b\u00e2tonne, on le roue de coups de pied. Le petit gars condamn\u00e9 pour faits de gr\u00e8ve, envoy\u00e9 pour cela \u00e0 Biribi, agonise toute la nuit en appe\u00adlant sa m\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Cette histoire douloureuse, il a suffi de la raconter dans tous les coins de<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris pour que deux cent mille personnes tiennent \u00e0 conduire au cimeti\u00e8re les restes de ce petit gars qui avait souffert toutes les souffrances que peut endurer un travailleur.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant la vindicte des militaires allait s&rsquo;acharner sur Rousset dont le calvaire n&rsquo;\u00e9tait pas fini. A Oran, le 5 septembre 1911, \u00e0 la veille du proc\u00e8s Sabatier, la presse locale avait publi\u00e9 une communication des avocats des accus\u00e9s repr\u00e9sentant Rousset comme un assassin bestial qui venait de tuer l\u00e2chement un de ses camarades, le chasseur Brancoli, au cours d&rsquo;une querelle entre homosexuels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dans l&rsquo;affaire Dreyfus, on ne se g\u00eana pas pour fabriquer des faux. Tous les moyens furent employ\u00e9s pour disqualifier un t\u00e9moin g\u00eanant. L&rsquo;ombre glorieuse du colonel Henry devait errer dans la salle du conseil de guerre d&rsquo;Oran et inspirer les juges. On pouvait pr\u00e9voir facilement le verdict : l&rsquo;ac\u00adquittement triomphal !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A M\u00e9d\u00e9a, le chasseur Brancoli avait bien re\u00e7u un coup de couteau ; i1 surv\u00e9cut quel\u00adques jours \u00e0 sa blessure et ne cessa de d\u00e9cla\u00adrer que ce n&rsquo;\u00e9tait pas Rousset qui l&rsquo;avait frap\u00adp\u00e9 et qu&rsquo;il connaissait le coupable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lieutenant Pan Lacroix, surnomm\u00e9 Pan-Pan par les joyeux, commandait \u00e0 M\u00e9d\u00e9a la section hors rang du 2me bataillon d&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 cet officier qu&rsquo;incomba la tache d&rsquo;\u00e9claircir la t\u00e9n\u00e9breuse affaire du meurtre du chasseur Brancoli. Ses conclusions furent rapides et marqu\u00e9es de la plus belle logique militaire : puisque Rousset \u00e9tait pr\u00e9sent lors de la bousculade au cours de laquelle Brancoli fut poignard\u00e9, le coupable ne pouvait \u00eatre que Rousset.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et Pan-Pan devait trouver d&rsquo;\u00e9tranges t\u00e9\u00admoins qui d\u00e9crivaient de fa\u00e7on diff\u00e9rente les p\u00e9rip\u00e9ties de la sc\u00e8ne, mais accusaient Rous\u00adset. Un de ces t\u00e9moins, un nomm\u00e9 Vigoureux, devait bient\u00f4t s&rsquo;\u00e9vader dans des circonstan\u00adces assez myst\u00e9rieuses. Un autre, nomm\u00e9 Sauval et connu comme la \u00ab chose \u00e0 plaisir \u00bb de certains joyeux de M\u00e9d\u00e9a, fut sans doute jug\u00e9 trop compromettant. On s&#8217;empressa de le r\u00e9former ; il fut envoy\u00e9 comme infirmier dans un h\u00f4pital congr\u00e9ganiste \u00e0 Creil, o\u00f9 il fut admis apr\u00e8s avoir fait sa premi\u00e8re com\u00admunion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 8 d\u00e9cembre 1911, le conseil de guerre d&rsquo;Alger si\u00e8ge pour juger Rousset.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la premi\u00e8re question : Rousset est-il cou\u00adpable d&rsquo;avoir commis volontairement un ho\u00admicide ? la r\u00e9ponse est non.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la deuxi\u00e8me ; Avoir volontairement port\u00e9 des coups ? la r\u00e9ponse est : oui, par six voix contre une.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Troisi\u00e8me question : Sans intention de donner la mort, mais l&rsquo;ayant occasionn\u00e9e ? R\u00e9ponse : Oui, par six voix contre une.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rousset est condamn\u00e9 \u00e0 vingt ans de tra\u00advaux forc\u00e9s et \u00e0 vingt ans d&rsquo;interdiction de s\u00e9jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais Rousset ne perd pas courage. Il sait que le Comit\u00e9 de D\u00e9fense Sociale m\u00e8ne une ardente campagne pour la r\u00e9vision du proc\u00e8s et que de nombreuses manifestations font appel \u00e0 l&rsquo;opinion publique. Il apprend enfin que la Cour de Cassation vient d&rsquo;annuler le jugement qui le condamne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma\u00eetre Berthon et le Comit\u00e9 de D\u00e9fense Sociale poursuivent leur action. Une plainte est d\u00e9pos\u00e9e contre le lieutenant instructeur Pan-Lacroix et celui-ci, tout \u00e0 coup, s&rsquo;effon\u00addre. Les t\u00e9moins du premier proc\u00e8s se r\u00e9trac\u00adtent et avouent qu&rsquo;ils ont subi quelques pres\u00adsions. La presse de Constantine, o\u00f9 Rousset est maintenant d\u00e9tenu apr\u00e8s avoir fait un stage dans toutes les prisons d&rsquo;Alg\u00e9rie, don\u00adne une nouvelle version de l&rsquo;affaire. L&rsquo;inno\u00adcence de Rousset est reconnue. Le 24 septem\u00adbre 1912 un non-lieu est d\u00e9livr\u00e9. Rousset est libre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenu dans la r\u00e9gion parisienne, Rousset ne devait jamais oublier qu&rsquo;il devait sa libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;action de nos amis qui l&rsquo;avalent emp\u00each\u00e9 d&rsquo;aller finir ses jours \u00e0 La Guyane, sous la casaque du for\u00e7at. Jusqu&rsquo;\u00e0 son dernier jour, il s&rsquo;est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 notre propagande qu&rsquo;il soutenait p\u00e9cuniairement, g\u00e9n\u00e9reusement. Il ne perdait aucune occasion de faire allusion \u00e0 ces lointains \u00e9v\u00e9nements. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il nous \u00e9crivait en r\u00e9glant un abonnement \u00e0 \u00ab D\u00e9fense de l&rsquo;Homme \u00bb : \u00ab Je suis un peu en retard, vous ne l&rsquo;\u00e9tiez pas quand vous m&rsquo;avez tir\u00e9 de l\u00e0-bas. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis de longs mois, Rousset \u00e9tait tr\u00e8s malade, presque paralys\u00e9. Voici quelque temps, cependant, i1 m&rsquo;avait envoy\u00e9 une let\u00adtre qui me faisait esp\u00e9rer une am\u00e9lioration de son \u00e9tat. Et voici que j&rsquo;apprends sa mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une indiff\u00e9rence presque totale, en ce jour de juillet d&rsquo;une tristesse automnale, celui qui fut surnomm\u00e9 le Dreyfus de la classe ouvri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 au cimeti\u00e8\u00adre par deux cents personnes, des amis, des militants qui avaient connu Emile Rousset et qui se souvenaient encore du drame oubli\u00e9 de Djenan-ed-Dar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L. D.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Sur Biribi<\/strong>, voir l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/10\/dix-questions-a-dominique-kalifa\/\">interview de Dominique Kalifa<\/a> dans les colonnes du Jacoblog ou encore l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/11\/biribi-encyclopedie-anarchiste\/\">article BIRIBI<\/a> de l&rsquo;Encyclop\u00e9die anarchiste.<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:10.0pt;\n\tfont-family:\"Times New Roman\",\"serif\";}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;affaire Rousset-Aernoult causa en 1912 un \u00e9moi certain dans la classe ouvri\u00e8re et l&rsquo;opinion publique. 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