{"id":3322,"date":"2014-02-01T04:15:26","date_gmt":"2014-02-01T02:15:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3322"},"modified":"2014-02-01T06:24:33","modified_gmt":"2014-02-01T04:24:33","slug":"lanarchie-policiere","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2014\/02\/lanarchie-policiere\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Anarchie polici\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3323\" title=\"L\\'anarchie polici\u00e8re, Charles Jacot, 1901\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"133\" height=\"213\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg 187w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 133px) 100vw, 133px\" \/><\/a>Et si la propagande par le fait, celle qui terrorisa l&rsquo;hexagone de 1892 \u00e0 1894, n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une vaste man\u0153uvre pour justifier le vote des lois dite sc\u00e9l\u00e9rates\u00a0dans une p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;anarchie semble imprimer fortement sa marque dans le mouvement social ? La question, pour parano\u00efaque qu&rsquo;elle puisse \u00eatre, m\u00e9rite-t-elle-m\u00eame d&rsquo;\u00eatre pos\u00e9e \u00e0 la lecture de la brochure <em>L&rsquo;Anarchie polici\u00e8re<\/em> publi\u00e9e en 1901\u00a0? Charles Jacot fait ainsi \u00e9tat d&rsquo;un complot dont il aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois un t\u00e9moin, un acteur et une victime. Il croupirait d&rsquo;ailleurs en prison depuis une centaine de mois \u00e0 cause de ses all\u00e9gations et justifie ainsi ses \u00e9crits. Il ne peut y avoir selon lui aucune autre explication possible \u00e0 ce qu&rsquo;il vit comme une criante injustice. De l\u00e0 un t\u00e9moignage qui a valeur de d\u00e9nonciation. Mais l&rsquo;\u00e9gotique propos vire souvent \u00e0 une maladive \u00e9lucubration &#8230;<!--more--><\/p>\n<p>L&rsquo;affaire de Clichy\u00a0en 1891 ? Une manipulation\u00a0! La preuve\u00a0: sur les trois accus\u00e9s, seul L\u00e9veill\u00e9 sort acquitt\u00e9s du proc\u00e8s. Dardare et D\u00e9camps sont eux lourdement condamn\u00e9s. L\u00e9veill\u00e9 est donc une taupe, un retourn\u00e9. CQFD. La dynamite qui a servi aux bombes de Ravachol\u00a0? Une manipulation aussi\u00a0! Elle aurait \u00e9t\u00e9 vol\u00e9e \u00e0 Soisy sous Etiollessur indication d&rsquo;un mouchard. La bombe, enfin, qui explose \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale le 09 d\u00e9cembre 1893\u00a0? Une manipulation\u00a0! Pouvait-il en \u00eatre autrement\u00a0?<\/p>\n<p>Jean Maitron reprend pourtant, certes avec les pr\u00e9cautions de l&rsquo;historien, l&rsquo;hypoth\u00e8se de la machination dans son \u00e9tude sur le mouvement anarchiste en\u00a0 France en soulignant l&rsquo;aspect presqu&rsquo;imm\u00e9diat du vote de la premi\u00e8re des trois lois d&rsquo;exception organisant de facto la chasse aux anarchistes. Imperturbable, le pr\u00e9sident de s\u00e9ance aux Palais Bourbon, Charles Dupuy avait d\u00e9clar\u00e9 peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;explosion\u00a0: \u00ab\u00a0La s\u00e9ance continue\u00a0\u00bb\u00a0! Faut-il en conclure pour autant que ce dernier ait pu \u00eatre au courant &#8211; et donc l&rsquo;instigateur avec Puirabaud, le directeur g\u00e9n\u00e9ral des recherches de la Cit\u00e9 &#8211; de l&rsquo;attentat qui se pr\u00e9parait\u00a0? Jacot affirme que les subsides re\u00e7us par Vaillant \u00e0 Paris \u00e0 son retour d&rsquo;Argentine ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s par un indicateur infiltr\u00e9 parmi les camarades anarchistes. Le fameux Georges\u00a0!<\/p>\n<p>Nous pouvons retrouver l&rsquo;anarchiste Jacot dans les m\u00e9moires du commissaire Ernest Raynaud. <em>La vie intime des commissariats<\/em>, ouvrage paru en 1926, consacre m\u00eame quelques pages au personnage dont, finalement, nous ne savons pas grand-chose si ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0il se disait pers\u00e9cut\u00e9 par la police depuis qu&rsquo;il avait refus\u00e9 de lui servir d&rsquo;indicateur\u00a0\u00bb. L&rsquo;ancien flic signale alors que aurait multipli\u00e9 les d\u00e9clarations, toutes aussi fracassantes que sensationnelles, allant jusqu&rsquo;\u00e0 faire d&rsquo;Emile Henry un manipul\u00e9 et mena\u00e7ant de faire des r\u00e9v\u00e9lations sur l&rsquo;assassinat de Sadi Carnot. Parano\u00efa et th\u00e9orie du complot vont ici bien s\u00fbr de soi et finissent par r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;\u00e9motion suscit\u00e9e par la vague des attentats anarchistes \u00e0 cette p\u00e9riode. Le commissaire Raynaud peut de cette mani\u00e8re conclure sur les informations donn\u00e9es par l&rsquo;anarchiste emprisonn\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je laisse \u00e0 Jacot la responsabilit\u00e9 de son propos, et j&rsquo;avoue bien que l&rsquo;administration ait paru s&rsquo;en \u00e9mouvoir, puisqu&rsquo;il fut, \u00e0 ce moment, je ne sais sous quel pr\u00e9texte, coffr\u00e9 \u00e0 la Sant\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 il ne fut lib\u00e9r\u00e9 que le 10 janvier 1894 (jour m\u00eame de la condamnation de Vaillant \u00e0 la peine de mort), qu&rsquo;il est permis de n&rsquo;y point croire\u00a0; mais il faut reconna\u00eetre que jamais une bombe plus anodine n&rsquo;\u00e9tait intervenue plus \u00e0 propos. Le lendemain, le gouvernement pouvait faire voter des restrictions au droit d&rsquo;association.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3323\" title=\"L\\'anarchie polici\u00e8re, Charles Jacot, 1901\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"94\" height=\"151\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg 187w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 94px) 100vw, 94px\" \/><\/a>L&rsquo;Anarchie polici\u00e8re 1891-1894<\/strong><\/p>\n<p><strong>M\u00e9moires d&rsquo;un s\u00e9questr\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les dessous des affaires Ravachol et Vaillant<\/strong><\/p>\n<p>Paris, imprimerie de A. Malverge, 1901<\/p>\n<p><strong>PR\u00c9FACE<\/strong><\/p>\n<p><a name=\"bookmark0\">En \u00e9crivant mes m\u00e9moires j&rsquo;ob\u00e9is \u00e0 un imp\u00e9\u00adrieux besoin, je remplis un devoir que ma cons\u00adcience m&rsquo;impose.<\/a><\/p>\n<p>Depuis plus de huit ans, je lutte et je souffre tout ce qui est humainement possible de souffrir ; outrages, menaces, provocations, prison, crimi\u00adnellement inflig\u00e9, cachot, tentatives r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de corruption et d&#8217;empoisonnement, artifices crimi\u00adnels contre ma raison\u00bb tout a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9. J&rsquo;ai tout souffert sans succomber. Depuis cinq mois, je suis intern\u00e9 sans \u00eatre, sans avoir jamais \u00e9t\u00e9 moralement malade.<\/p>\n<p>C&rsquo;est encore sans haine, que je vais essayer de d\u00e9masquer et de confondre quelques-uns des \u00e9l\u00e9\u00adments pourris, membres des Autorit\u00e9s adminis\u00adtratives et judiciaires,- qui, par leur servilisme, peut-\u00eatre inconscient, mais certainement criminel, conduisent fatalement la France et la R\u00e9publique au d\u00e9shonneur et<em> \u00e0<\/em> la ruine,<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 emp\u00eachera peut-\u00eatre, pour l&rsquo;avenir, le retour \u00e0 cette politique d&rsquo;exp\u00e9dients, que nos trop c\u00e9l\u00e8bres Hommes d&rsquo;\u00c9tat ont os\u00e9 qualifier : Gou\u00advernement scientifique ; j&rsquo;esp\u00e8re que l&rsquo;immense majorit\u00e9 du Peuple Fran\u00e7ais tiendra \u00e0 l&rsquo;honneur de les r\u00e9pudier en les repoussant comme des cri\u00adminels imb\u00e9ciles.<\/p>\n<p>Charles JACOT<\/p>\n<p><strong>l<sup>re<\/sup> partie<\/strong><\/p>\n<p>Depuis pr\u00e8s de vingt ans, je suis et j&rsquo;\u00e9tudie l&rsquo;\u00e9volution sociale, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 en relations avec la plupart des militants des diff\u00e9rentes \u00e9coles et plus particuli\u00e8rement avec ceux qui ont essay\u00e9 de se faire les meneurs des indisciplin\u00e9s que l&rsquo;on d\u00e9si\u00adgne sous le titre :<em> Les Anarchistes.<\/em><\/p>\n<p>Les<strong> Anarchistes<\/strong><\/p>\n<p>J&rsquo;y ai connu un grand nombre d&rsquo;hommes stu\u00addieux, ils sont pour la plupart rest\u00e9s dans l&rsquo;ombre.<\/p>\n<p>Seuls, quelques mis\u00e9rables, la honte de l&rsquo;huma\u00adnit\u00e9 ont vu leurs noms livr\u00e9s \u00e0 la publicit\u00e9 parce qu&rsquo;ils ont fait de l&rsquo;id\u00e9e anarchiste, une industrie et qu&rsquo;ils se sont vendus \u00e0 la Police, par leurs arti\u00adfices criminels ; ils ont r\u00e9ussi \u00e0 armer quelques \u00e9gar\u00e9s aigris par la mis\u00e8re et l&rsquo;injustice que l&rsquo;on rencontre encore \u00e0 chaque pas dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on ose parler de la<em> Justice Id\u00e9ale<\/em> et o\u00f9 l&rsquo;on trace en tout et partout :<em> Droits de l&rsquo;homme<\/em>.<em> Libert\u00e9, \u00c9galit\u00e9, Fraternit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>Pendant plusieurs ann\u00e9es, ils sont parvenus \u00e0 jeter la terreur, semer la mort ; ils ont port\u00e9 atteinte \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et tout cela en pure perte, car le but poursuivi n&rsquo;a pu et ne pourra jamais \u00eatre atteint.<\/p>\n<p>1<sup>er<\/sup> Mai 1891.<\/p>\n<p>Affaire Paul D\u00e9camps, Dardare et L\u00e9veill\u00e9, Ravachol.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la v\u00e9rit\u00e9 m&rsquo;oblige \u00e0 remonter au 1<sup>er<\/sup> Mai 1891 et \u00e0 l&rsquo;\u00e9chauffour\u00e9e o\u00f9 quelques compa\u00adgnons engag\u00e8rent la lutte avec les gendarmes de la banlieue parisienne.<\/p>\n<p>A la suite de cette affaire, trois compagnons furent traduits en Justice, deux furent condamn\u00e9s. Paul D\u00e9camps, m\u00e9canicien, \u00e0 5 ans de prison, Dardare, ciseleur, \u00e0 trois ans de la m\u00eame peine, le troisi\u00e8me, \u00e9tait<em> un prot\u00e9g\u00e9,<\/em> il fut acquitt\u00e9.<\/p>\n<p>Les provocateurs, policiers nombreux \u00e0 St-Denis, surent tirer parti de ces condamnations. Ils se firent les apologistes de la violence, faisant tout leur possible pour pousser les sinc\u00e8res \u00e0 l&rsquo;action ; dans ce but, les r\u00e9unions se multipli\u00e8rent, on y hurlait vengeance pour D\u00e9camps et Dardare \u00e9crou\u00e9s \u00e0 Poissy.<\/p>\n<p>Quand la Police jugea les esprits suffisamment \u00e9chauff\u00e9s, on f\u00eet conna\u00eetre le d\u00e9p\u00f4t de Dynamite de Soisis-sous-Etioles ; la mission de le d\u00e9noncer fut confi\u00e9e \u00e0 un certain Laux se disant anarchiste, mais en r\u00e9alit\u00e9 agent \u00e0 la 3<sup>e<\/sup> brigade ; ce fut lui qui d\u00e9signa le d\u00e9p\u00f4t de Dynamite \u00e0 Fougoux, un d\u00e9vou\u00e9 d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9 par contumace comme g\u00e9rant du<em> P\u00e8re Peinard,<\/em> sa pr\u00e9sence \u00e0 Paris \u00e9tait certainement connue, on ne l&rsquo;arr\u00eatait pas, car, ils esp\u00e9raient se servir de lui. D\u00e8s qu&rsquo;il connut le d\u00e9p\u00f4t de dynamite, il s&#8217;empressa de le faire con\u00adna\u00eetre \u00e0 ses amis de St-Denis, notamment \u00e0 Ravachol et \u00e0 Simon. Une exp\u00e9dition fut d\u00e9cid\u00e9e ; le coup ayant r\u00e9ussi, Ravachol prit la direction des op\u00e9rations ; il s&rsquo;agissait de frapper les magis\u00adtrats ayant instruit et requis contre D\u00e9camps et Dardare ; c&rsquo;est dans ce but que furent accomplis les attentats de la rue de Clichy et du boulevard St-Germain, qui heureusement, ne caus\u00e8rent la mort de personne.<\/p>\n<p>On sait ce qu&rsquo;il advint de Ravachol et de Simon, je veux m&rsquo;abstenir de r\u00e9p\u00e9ter, ce qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 ; mon but est tout simplement de faire conna\u00eetre quelques v\u00e9rit\u00e9s in\u00e9dites destin\u00e9es \u00e0 d\u00e9montrer que si la Police n&rsquo;avait pas pr\u00e9par\u00e9, pouss\u00e9 et pourvu aux moyens d&rsquo;action, rien, absolument rien n&rsquo;aurait jamais \u00e9t\u00e9 accompli.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3323\" title=\"L\\'anarchie polici\u00e8re, Charles Jacot, 1901\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"96\" height=\"155\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg 187w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 96px) 100vw, 96px\" \/><\/a>1893<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s les premiers mois de 1393, le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur, Charles Dupuis, voulant jouer au grand politique et gagner le titre de sauveur, fit essayer l&rsquo;achat de tous les anarchistes jug\u00e9s suceptibles de le servir ; on commen\u00e7a par les Prisons.<\/p>\n<p>1\u00b0 Il r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;assurer le concours du sieur R,,, dit Georges\u00a0; cet individu, ancien \u00e9l\u00e8ve des Collectivistes, exclus du groupe de l&rsquo;agglom\u00e9\u00adration parisienne, s&rsquo;\u00e9tait jet\u00e9 dans l&rsquo;anarchie ; il vivait d&rsquo;exp\u00e9dients n&rsquo;ayant jamais accompli aucun esp\u00e8ce de m\u00e9tier\u00a0; il ne tarda pas \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9 ; pendant environ dix-huit mois, il disparut de la circulation ; on ne le revit qu&rsquo;au printemps 1893 et il commen\u00e7a par se distinguer en qualit\u00e9 de provocateur, plusieurs fois il fut expulser des r\u00e9unions de la Bourse du Travail ; ce fut lui qui essaya, mais sans succ\u00e8s, de provoquer une mani\u00adfestation sur la voie publique, \u00e0 propos les accusa\u00adtions de Yves Guyot, \u00e0 la salle Favier le jour du metting de protestation contre les brutalit\u00e9s polici\u00e8res pendant la journ\u00e9e du Mai 1803, il mena\u00e7a de se servir d&rsquo;un revolver qu&rsquo;il tenait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la main, il ne r\u00e9ussit qu&rsquo;\u00e0 se faire mettre \u00e0 la porte,<\/p>\n<p>Il prit une part active aux troubles du Quartier Latin en servant d&rsquo;interm\u00e9diaire pour soudoyer les renverseurs de kiosques et tramways ; mais il fut interrompu dans ses op\u00e9rations par un Juge d&rsquo;instruction de M. Quentin, qui lan\u00e7a contre lui un mandat d&rsquo;amener pour fait de provocation \u00e0 l&rsquo;insu\u00adbordination militaire, en r\u00e9union publique.<\/p>\n<p>Nous le retrouverons un peu plus loin.<\/p>\n<p>Dupuis parvint \u00e0 s&rsquo;assurer le concours du sieur M&#8230; d\u00e9tenu \u00e0 Ste-P\u00e9lagie ; on commen\u00e7a par le gracier et il fut lib\u00e9r\u00e9 le 18 Juin 1893, ce qui lui permit, \u00e0 lui aussi, de jouer un r\u00f4le aux troubles du Quartier Latin ; c&rsquo;est par son interm\u00e9diaire que furent soudoy\u00e9s les scarpes de la Maubert, clients habituels de la m\u00e8re Alexandre, du p\u00e8re Lunette et du Ch\u00e2teau Rouge. Les tentatives de provocation \u00e0 l&rsquo;\u00e9meute ne r\u00e9ussirent pas, les tentatives de corrup\u00adtion avaient presque toutes \u00e9chou\u00e9es. Hamard alors secr\u00e9taire du contr\u00f4le envoy\u00e9 en Angleterre, ne put entrer en relation avec Charles Malatot ; le r\u00e9sultat de son voyage se r\u00e9duisit \u00e0 ramener le compagnon Garderat qu&rsquo;il trouve \u00e0 Londres dans une profonde mis\u00e8re ; ce malheureux s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 en Angleterre, \u00e0 la suite d&rsquo;un jugement par d\u00e9faut qui l&rsquo;avait condamn\u00e9 \u00e0 deux ans de prison, en qualit\u00e9 de g\u00e9rant du<em> P\u00e8re Peinard <\/em>; il accepta un secours de Hamard et il se laissa ramener \u00e0 Paris o\u00f9 il resta quelques semaines en relations avec le Contr\u00f4le, ne voulant rendre aucun service inavouable, il rompit et r\u00e9ussit \u00e0 entrer \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital sous un nom d&#8217;emprunt, \u00e0 sa sortie, il fut arr\u00eat\u00e9, il fit opposition \u00e0 son jugement et il fut r\u00e9duit \u00e0 quelques mois, qu&rsquo;il subit \u00e0 Ste-P\u00e9lagie.<\/p>\n<p>Garderat est mort, mon devoir est de d\u00e9clarer, que s&rsquo;il a re\u00e7u quelque argent \u00e0 la Pr\u00e9fecture de police, il ne leur a jamais rendu de services, ses relations ayant \u00e9t\u00e9 rompues au cours de la p\u00e9riode d&rsquo;observation.<\/p>\n<p>Moi-m\u00eame, en mai 1893, je fus oblig\u00e9 d&rsquo;entrer en relations avec Hamard, nos relations ne dur\u00e8rent que vingt jours pendant<em> <\/em>lesquels je fis quel\u00adques compte-rendus de r\u00e9unions publiques ; les sommes que j&rsquo;ai re\u00e7u d&rsquo;Hamard ne s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent qu&rsquo;\u00e0 65 francs. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s ma rupture je fus arr\u00eat\u00e9, j&rsquo;en savais trop long, il ne pouvait plus me laisser ma libert\u00e9 ; depuis, je n&rsquo;ai pour ainsi dire plus cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre en prison, j&rsquo;en suis de ce mo\u00adment au centi\u00e8me mois de s\u00e9questration.<\/p>\n<p>Deux rel\u00e9gations, prononc\u00e9es en premi\u00e8re ins\u00adtance contre moi, ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9es comme ill\u00e9gales, par arr\u00eat de Cour d&rsquo;appel en date des 25 septembre 1893<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a> et 28 ao\u00fbt 1897.<\/p>\n<p>Ne pouvant se d\u00e9barrasser de moi par la rel\u00e9ga\u00adtion, on me s\u00e9questra. (La force prime le droit.)<\/p>\n<p>Ce qui m&rsquo;est personnel sera publi\u00e9 ult\u00e9rieure\u00adment.<\/p>\n<p>Dupuis ayant \u00e9chou\u00e9 dans ses provocations \u00e0 l&rsquo;\u00e9meute ordonna de changer de syst\u00e8me et de pousser \u00e0 l&rsquo;action individuelle ; le mot d&rsquo;ordre de\u00advint propagande par le fait.<\/p>\n<p>La provocation \u00e0 la propagande par le fait ne de\u00advient efficace que si il y a insinuation, le r\u00e9sultat peut se faire attendre, et par l&rsquo;insinuation l&rsquo;in\u00adfluence d&rsquo;un homme est toujours restreinte, je puis m\u00eame affirmer qu&rsquo;elle ne d\u00e9passe pas trois sujets en aucun cas ; il faut m\u00eame beaucoup de provoca\u00adteurs pour faire accomplir un seul acte.<\/p>\n<p>(La police doit en savoir quelque chose).<\/p>\n<p>Pour arriver \u00e0 trouver un sujet dispos\u00e9 \u00e0 se sa\u00adcrifier pour aller jeter une bombe \u00e0 la Chambre, il leur a fallu du temps et de l&rsquo;argent. Ce ne fut qu&rsquo;au mois d&rsquo;octobre 1893 que le sieur R. dit Georges se cr\u00fbt en mesure de faire conna\u00eetre un sujet (c&rsquo;\u00e9tait Vaillant), il en informa son chef de file, un nom\u00adm\u00e9 M., se disant agent d&rsquo;assurance et m\u00eame jour\u00adnaliste, mais en r\u00e9alit\u00e9 agent de police. M. fit un rapport et l&rsquo;on s&#8217;empressa de le faire contr\u00f4ler.<\/p>\n<p>Un fonctionnaire fut envoy\u00e9 \u00e0 Choisy-le-Roy, il fut pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Vaillant comme \u00e9tant un cambrioleur dans la haute classe, dispos\u00e9 \u00e0 faire quelque chose pour aider \u00e0 la propagande par le fait ; ce person\u00adnage, avant d&rsquo;entrer chez Vaillant, avait eu soin de retirer le ruban qui ornait sa boutonni\u00e8re et de rentrer ses bijoux, il ne voulait sans doute pas pa\u00adra\u00eetre trop rupin, et la d\u00e9coration aurait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 le policier ; le fait d&rsquo;aller jeter une bombe \u00e0 la Cham\u00adbre fit le sujet de l&rsquo;entretien, et le policier une fois convaincu, se retira en annon\u00e7ant une prochaine visite.<\/p>\n<p>\u00c2 la deuxi\u00e8me visite, il fut d\u00e9cid\u00e9 que Vaillant recevrait une somme de 100 francs qui lui serait remise par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Georges; avec les 100 francs qu&rsquo;il re\u00e7ut Vaillant paya quelques petites dettes, et avec le reste il fut louer une chambre \u00e0 Paris ; c&rsquo;est dans cette chambre qu&rsquo;il confectionna sa bombe en collaboration avec Georges ; ce fut lui qui apporta les tubes acides et mati\u00e8res explosives d&rsquo;o\u00f9 provenaient-ils ; du<em> laboratoire municipal, probablement.<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;engin, une fois termin\u00e9, Georges pour se cr\u00e9er un alibi, disparut sans avertissement, laissant<\/p>\n<p>Vaillant faire les d\u00e9marches n\u00e9cessaires pour se procurer une entr\u00e9e \u00e0 la Chambre.<\/p>\n<p>Georges \u00e9tait all\u00e9 se constituer prisonnier pour payer six mois de prison qui lui avait \u00e9t\u00e9 inflig\u00e9 pour la provocation faite \u00e0 Saint-Quentin dont j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 plus haut.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait donc d\u00e9tenu le 9 d\u00e9cembre 1893, date de l&rsquo;attentat contre la Chambre, mais cette d\u00e9tention \u00e9tait r\u00e9cente, Vaillant ne la connaissait pas ; il est cependant \u00e0 remarquer qu&rsquo;il avait soin de se tenir au courant de tout ce qui se rapportait au mouvement anarchiste.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3323\" title=\"L\\'anarchie polici\u00e8re, Charles Jacot, 1901\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"98\" height=\"158\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere-187x300.jpg 187w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/anarchie-policiere.jpg 227w\" sizes=\"(max-width: 98px) 100vw, 98px\" \/><\/a>De sa prison il \u00e9crivit \u00e0 sa ma\u00eetresse, Madame Mar\u00e9chal, pour lui demander l&rsquo;adresse de Georges, afin, disait-il, de pouvoir lui \u00e9crire, dans la m\u00eame lettre il chargeait sa ma\u00eetresse d&rsquo;une commission pour Paul Reclus ; cette lettre a certainement pass\u00e9 entre les mains du juge d&rsquo;instruction, je crois m\u00eame me rappeler que Paul Reclus fut un moment inqui\u00e9t\u00e9, mais il n&rsquo;est pas \u00e0 ma connaissance que l&rsquo;instruction ai cherch\u00e9 \u00e0 s&rsquo;occuper du dit Georges.<\/p>\n<p>On comprendra peut-\u00eatre maintenant la bravoure de Charles Dupuis et son fameux : Messieurs, la s\u00e9ance continue, elle ne lui co\u00fbtait pas cher cette bravoure, il savait mieux que personne que l&rsquo;engin \u00e9tait inoffensif.<\/p>\n<p>A cette date j&rsquo;\u00e9tais s\u00e9questr\u00e9 \u00e0 la Prison de la Sant\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 je fus lib\u00e9r\u00e9 le 10 janvier 1894, le jour m\u00eame o\u00f9 la Cour condamnait Vaillant \u00e0 la peine de mort.<\/p>\n<p>Ce ne fut que le 6 f\u00e9vrier que je fus mis au courant des faits, \u00e0 cette date Vaillant \u00e9tait ex\u00e9cut\u00e9. J&rsquo;ai vu la lettre de Vaillant dans laquelle il est question du dit Georges, j&rsquo;en ai pris connaissance au journal le<em> Figaro<\/em> ; elle est \u00e9crite sur papier ad\u00administratif des prisons, son authenticit\u00e9 ne peut \u00eatre mise en doute.<\/p>\n<p>Le 8 mars suivant j&rsquo;\u00e9tais arr\u00eat\u00e9 \u00e0 nouveau, mis \u00e0 la disposition du juge d&rsquo;instruction Henri Meyer, accus\u00e9 d&rsquo;affiliation \u00e0 une association de malfai\u00adteurs ayant pouss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;accomplissement des atten\u00adtats ; le cynisme de la Police et du juge instruc\u00adteur \u00e9taient par trop fort ; comparcent de tous les crimes, ils cherchaient \u00e0 en charger une foule de malheureux qu&rsquo;ils savaient innocents, je ne pus m&#8217;emp\u00eacher de lui faire conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ce trop perspicace magistrat, et je lui remis par \u00e9crit toute l&rsquo;histoire du malheureux Vaillant, qu&rsquo;il \u00e9tait par\u00advenu \u00e0 envoyer \u00e0 l&rsquo;\u00e9chafaud ; de ma vie je n&rsquo;ai vu un homme en un pareil \u00e9tat, il pleurait du sang.<\/p>\n<p>Mes d\u00e9clarations me valurent un non-lieu imm\u00e9\u00addiat en mati\u00e8re d&rsquo;anarchie.<\/p>\n<p>Ayant refus\u00e9 de transiger et de m&rsquo;en laisser im\u00adposer, je fus retenu sous pr\u00e9texte d&rsquo;insoumission \u00e0 une interdiction de s\u00e9jour contre laquelle il a toujours \u00e9t\u00e9 de mon devoir de protester, car elle est criminellement \u00e9tablie.<\/p>\n<p>Je fus renvoy\u00e9 le 28 avril 1894 devant la neuvi\u00e8me chambre o\u00f9 je fus condamn\u00e9 par ordre \u00e0 trois ans de prison.<\/p>\n<p>Le 5 Mai suivant je fus enlev\u00e9 de Mazas et conduit au D\u00e9p\u00f4t des condamn\u00e9s sans qu&rsquo;il fut tenu compte de mes protestations. J&rsquo;\u00e9tais encore dans les d\u00e9lais d&rsquo;appel et quelques jours plus tard je partais pour Poissy o\u00f9 je fis connaissance de quelques compagnons victimes comme moi des man\u0153uvres criminelles des industriels de l&rsquo;anar\u00adchie.<\/p>\n<p>Avec l&rsquo;autorisation des d\u00e9clarants j&rsquo;\u00e9crivis au Pr\u00e9fet de Police pour lui annoncer que j&rsquo;\u00e9tais en mesure de lui faire d&rsquo;importantes d\u00e9clarations re\u00adlativement aux mati\u00e8res explosives.<\/p>\n<p>Le Pr\u00e9fet de Police d\u00e9l\u00e9gua imm\u00e9diatement Monsieur F\u00e9d\u00e9e \u00e0 Poissy pour recevoir mes d\u00e9cla\u00adrations ; elles furent re\u00e7ues au cabinet du directeur, le 21 juin 1894, M. F\u00e9d\u00e9e \u00e9tait accompagn\u00e9 de son secr\u00e9taire ; imm\u00e9diatement apr\u00e8s leur d\u00e9part, je fus isol\u00e9 de la d\u00e9tention : mis au secret o\u00f9 je fus retenu pr\u00e8s d&rsquo;un mois, ce fut en \u00e9tant au secret que l&rsquo;on vint m&rsquo;informer que F\u00e9d\u00e9e avait laiss\u00e9 une somme de 20 francs entre les mains du directeur pour \u00eatre mise \u00e0 ma disposition.<\/p>\n<p>Par mes d\u00e9clarations au Pr\u00e9fet de police, j&rsquo;ai voulu jeter le d\u00e9sarroi dans les services de la S\u00fbret\u00e9 ; j&rsquo;\u00e9tais certain que c&rsquo;\u00e9tait le meilleur moyen d&rsquo;arr\u00ea\u00adter la liste des attentats et de mettre fin aux exploits de l&rsquo;anarchie polici\u00e8re.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai la satisfaction d&rsquo;avoir r\u00e9ussi, car les r\u00e9voca\u00adtions dans l&rsquo;\u00e9tat major eurent lieu imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>Cette satisfaction je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9e de 100 mois de s\u00e9questration dont plus de 94 dans les prisons par suite de jugements irr\u00e9guliers et d&rsquo;un faux. Je suis en instance de r\u00e9vision contre sept jugements successifs ; depuis plusieurs mois le Garde des sceaux est r\u00e9guli\u00e8rement saisi de mon affaire par le juge d&rsquo;instruction, Monsieur Henri Hu\u00ebt. Qu&rsquo;attend-on pour me faire rendre justice.<\/p>\n<p>Intern\u00e9 \u00e0 Bic\u00e8tre depuis le 4 janvier je ne suis et je n&rsquo;ai jamais \u00e9t\u00e9 moralement malade, c&rsquo;est donc une s\u00e9questration, je la consid\u00e8re comme \u00e9tant plus criminelle que celle subie dans les prisons,<em> car elle est plus hypocrite.<\/em><\/p>\n<p>Ma sortie a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e le 25 mars par Monsieur le docteur For\u00e9 et l&rsquo;on ne me renvoie pas. Je demande ma mise en libert\u00e9 et justice??<\/p>\n<p><em>Bic\u00e8tre, 26 mai 1901.<\/em><\/p>\n<p>Chaules Jacot.<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> L&rsquo;information donn\u00e9e par Jacot est relat\u00e9e par le <em>Petit Journal<\/em> en date du 26 septembre de cette ann\u00e9e et par <em>L&rsquo;Express du Midi<\/em> le jour suivant\u00a0: \u00ab\u00a0Paris 26 septembre. L&rsquo;anarchiste Jacot, condamn\u00e9 par la 8<sup>e<\/sup> chambre correctionnelle pour infraction \u00e0 un arr\u00eat\u00e9 d&rsquo;expulsion \u00e0 six mois de prison et en plus \u00e0 la rel\u00e9gation, faisait appel hier devant la chambre des appels correctionnels. Jacot a pr\u00e9sent\u00e9 sa d\u00e9fense lui-m\u00eame sur les faits. Me F\u00e9licien Paris a discut\u00e9 la pr\u00e9vention en droit et la cour adoptant l&rsquo;opinion de la d\u00e9fense a confirm\u00e9 la peine \u00e0 six mois de prison, mais a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas lieu d&rsquo;appliquer la rel\u00e9gation. Jacot a accueilli la lecture de l&rsquo;arr\u00eat en criant\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Honneur aux magistrats ind\u00e9pendants et libres et \u00e0 bas la police\u00a0!\u00a0\u00bb, puis, s&rsquo;est retir\u00e9, enchant\u00e9, en saluant la cour.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:.0001pt;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:12.0pt;\n\tfont-family:\"Tahoma\",\"sans-serif\";\n\tmso-ansi-language:#000C;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si la propagande par le fait, celle qui terrorisa l&rsquo;hexagone de 1892 \u00e0 1894, n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une vaste man\u0153uvre pour justifier le vote des lois dite sc\u00e9l\u00e9rates\u00a0dans une p\u00e9riode o\u00f9 l&rsquo;anarchie semble imprimer fortement sa marque dans le mouvement social ? 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