{"id":3262,"date":"2013-10-19T01:10:00","date_gmt":"2013-10-18T23:10:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3262"},"modified":"2013-08-24T09:43:34","modified_gmt":"2013-08-24T07:43:34","slug":"pini-dans-les-coulisses","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2013\/10\/pini-dans-les-coulisses\/","title":{"rendered":"Pini dans les coulisses"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pini.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3216\" title=\"Pini\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pini.jpg\" alt=\"\" width=\"102\" height=\"129\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3263\" title=\"Les coulisses de l\\'anarchie\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-2.jpg\" alt=\"\" width=\"88\" height=\"130\" \/><\/a>Nous ne savons pas grand-chose de , Charles- Marie Flor O&rsquo;Squarr. Nous ne connaissons m\u00eame pas sa date de naissance. Tout juste pouvons-nous avancer que cet \u00e9crivain et publiciste belge a suivi la voie trac\u00e9e par son p\u00e8re Joseph Charles (1830-1890) dont il reprend d&rsquo;ailleurs le pseudonyme. Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dacteur au <em>Figaro<\/em> et au <em>Petit Parisien<\/em> avant d&rsquo;entrer au <em>Matin<\/em>. D\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1921, il \u00e9tait aussi correspondant en Belgique du <em>Temps<\/em>. Auteur aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9, il demeure n\u00e9anmoins une r\u00e9f\u00e9rence pour qui \u00e9tudie le mouvement anarchiste fran\u00e7ais. Ses <em>Coulisses de l&rsquo;anarchie <\/em>ont paru tout juste apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution de Ravachol en 1892. Si l&rsquo;auteur cherche un coup m\u00e9diatique \u00e9vident \u00e0 la mani\u00e8re du <em>P\u00e9ril anarchiste<\/em> de F\u00e9lix Dubois deux ans plus tard, force est alors de reconnaitre que son livre fourmille de renseignements malgr\u00e9 les a-priori de son temps.<!--more--><\/p>\n<p>Et, parce que \u00ab\u00a0tout anarchiste se double d&rsquo;un sp\u00e9cialiste\u00a0\u00bb, l&rsquo;auteur se montre prolixe sur le cas Pini \u00ab\u00a0type achev\u00e9 du voleur th\u00e9orique\u00a0\u00bb, dont il nous dresse un portrait\u00a0 qui tranche particuli\u00e8rement avec la vision criminaliste et s\u00e9curitaire que la presse de l&rsquo;\u00e9poque a pu \u00e9tablir de cet \u00ab\u00a0honn\u00eate homme, travailleur, int\u00e8gre, labo\u00adrieux, devenu criminel par conviction socialiste et dans des conditions de d\u00e9sint\u00e9ressement qu&rsquo;un asc\u00e8te lui envierait\u00a0\u00bb. Mais Flor O&rsquo;Squarr n&rsquo;a ni \u00e9crit la fin de l&rsquo;histoire ni m\u00eame l&rsquo;amiti\u00e9 qui lia Pini \u00e0 Duval en Guyane. En le condamnant aux travaux forc\u00e9s, la cour d&rsquo;assises de la Seine envoyait l&rsquo;ill\u00e9galiste \u00e0 une mort certaine.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3264\" title=\"Les coulisses de l\\'anarchie\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"147\" height=\"147\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg 355w\" sizes=\"(max-width: 147px) 100vw, 147px\" \/><\/a><strong>Flor O&rsquo;Squarr, <em>Les coulisses de l&rsquo;anarchie<\/em>, 1892, r\u00e9\u00e9dition Les nuits rouges, 2000, p. 118-132\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>Pini est le type achev\u00e9 du voleur th\u00e9orique.<\/p>\n<p>Nous poss\u00e9dons sur lui un document pr\u00e9cieux : sa vie telle qu&rsquo;il la raconta, telle qu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9crivit lui-m\u00eame pendant sa d\u00e9tention \u00e0 Mazas, en attendant sa comparution devant le jury. Tout n&rsquo;est pas irr\u00e9prochable dans cette autobiographie ; si nous n&rsquo;y rencontrons aucune all\u00e9ga\u00adtion v\u00e9ritablement fausse, il s&rsquo;y trouve des appr\u00e9ciations tant soit peu erron\u00e9es -surtout des lacunes Cela sent la besogne accomplie en prison, alors que le spleen, le cha\u00adgrin vous font tomber la plume des doigts et que la r\u00eave\u00adrie du prisonnier hante le regret de la libert\u00e9 perdue. Tel quel le document a sa valeur. Chemin faisant nos rensei\u00adgnements personnels le compl\u00e9teront :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Fils d&rsquo;un pauvre paria, j&rsquo;ai commenc\u00e9 ma carri\u00e8re entour\u00e9 des d\u00e9lices dont la bourgeoisie nous comble depuis le berceau. J&rsquo;ai vu mourir de mis\u00e8re six de mes fr\u00e8res. Une de mes s\u0153urs s&rsquo;est us\u00e9e au service d&rsquo;une famille de bour\u00adgeois \u00e9tiques.<\/p>\n<p>Mon vieux p\u00e8re, apr\u00e8s une douloureuse vie, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 \u00e0 la bourgeoisie soixante ans de ses sueurs et avoir enrichi bon nombre de patrons, est mort comme un chien dans un hospice de charit\u00e9, loin de ses enfants. Bien que les apparences puissent prouver l\u00e9 contraire, ma famille fut comme celle de tout prol\u00e9taire, et, en \u00e9change d&rsquo;une enti\u00e8re existence de travail n&rsquo;eut que mis\u00e8res, douleurs et abrutissement.<\/p>\n<p>Je passai mon enfance dans un asile de charit\u00e9 et ayant termin\u00e9 le cours \u00e9l\u00e9mentaire, je fus contraint par le besoin \u00e0 entrer en atelier \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de douze ans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;anarchiste omet de nous dire que les propos de son p\u00e8re eurent une influence singuli\u00e8re sur son esprit. Pini p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 garibaldien. Il fut de ceux qui, derri\u00e8re le sublime aventurier ni\u00e7ois, s&#8217;embarqu\u00e8rent \u00e0 G\u00eanes pour aller conqu\u00e9rir la Sicile et le royaume de Naples, et qu&rsquo;il retrouva presque tous \u00e0 Mentana et \u00e0 Dijon.<\/p>\n<p>Comme tous ces hommes, Pini p\u00e8re adorait le g\u00e9n\u00e9ral et en enseignait la v\u00e9n\u00e9ration \u00e0 son entourage. D\u00e8s son jeune \u00e2ge, le futur anarchiste haussait les \u00e9paules et demandait \u00e0 son vieux p\u00e8re ce que le dogme de l&rsquo;unit\u00e9 italienne -il appelait cela un dogme &#8211; avait rapport\u00e9 \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. D\u00e9j\u00e0 le d\u00e9dain de la politique formait la base de son jugement, et d\u00e9j\u00e0 il concevait la th\u00e9orie du droit au vol.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;atelier du typographe Stefano Calderini qui lui donne un franc par semaine, l&rsquo;enfant vole un jour dix francs. On le surveille, on le prend ; mais sur les pri\u00e8res de son p\u00e8re, on lui pardonne. Il a conserv\u00e9 une impression profonde de ce jour o\u00f9 il a vu son p\u00e8re humble, en larmes, devant le patron, rougissant d&rsquo;avoir pour fils un voleur.<\/p>\n<p>Plus tard il discute le fait :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Maintenant, qu&rsquo;il me soit permis d&rsquo;\u00e9tablir un juste parall\u00e8le entre<em> l&rsquo;honn\u00eate industriel<\/em> et le gamin<em> larron.<\/em> Et ici, il me semble logique de vous demander par quelles lois d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et de justice il est permis d&rsquo;appeler<em> honn\u00eate homme <\/em>l&rsquo;individu qui vit et s&rsquo;engraisse des sueurs d&rsquo;autrui et<em> voleur <\/em>et<em> canaille<\/em> l&rsquo;ouvrier qui, produisant toutes choses, se voit d\u00e9pouill\u00e9 de la plus grande partie de son produit et condamn\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re source d&rsquo;esclavage et d&rsquo;abrutisse\u00adment.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et je vous demande si un franc pouvait \u00eatre l&rsquo;\u00e9quitable r\u00e9tribution de huit jours de travail et si, avec cette somme, je pouvais satisfaire mes besoins ?<\/p>\n<p>N&rsquo;est-il pas \u00e9vident que, dans ce cas, de nous deux, le v\u00e9ritable voleur \u00e9tait mon patron puisqu&rsquo;il me volait le pro\u00adduit entier de mon travail et que moi, l&rsquo;expropriant de la somme de dix francs, je n&rsquo;avais que repris une minime par\u00adtie du montant de mon labeur<em> bravement<\/em> encaiss\u00e9 par<em> l&rsquo;hon\u00adn\u00eate<\/em> patron ?<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Est-ce que les lois de la nature ne me faisaient pas \u00e9prouver les m\u00eames besoins que mon patron, et n&rsquo;avais-je pas, autant que lui, le droit de les satisfaire ?<\/p>\n<p>Mais lui, en r\u00e9compense de son oisivet\u00e9, les lois de votre organisation sociale lui permettaient de jouir des doux plai\u00adsirs d&rsquo;une vie bourgeoise, et mon travail, ajout\u00e9 \u00e0 celui de trente autres ouvriers, formait affluent dans sa<em> tr\u00e8s honn\u00eate <\/em>caisse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et cet homme<em> qui,<\/em> dans sa jeunesse,, ne poss\u00e9dait pas un sou, sut, moyennant le travail d&rsquo;autrui, mener une existence b\u00e9ate et mourir propri\u00e9taire foncier, pendant que la plupart de ses ouvriers v\u00e9curent et moururent dans la mis\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En poursuivant ce r\u00e9cit si curieux \u00e0 tant de titres -puisqu&rsquo;il nous fournit l&rsquo;histoire de la formation des id\u00e9es anarchistes dans la cervelle d&rsquo;un jeune ouvrier-, nous voyons Pini changer d&rsquo;imprimerie, devenir typographe dans l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;un journal r\u00e9dig\u00e9 par des \u00e9crivains de la gauche, par des publicistes d\u00e9vou\u00e9s aux id\u00e9es des Cairoli, Crispi, Nicotera, Zanardelli, Depretis, Canzio, Bovio, Cavalotti, Rossetti, Pantano, etc<sup>4<\/sup>. L\u00e0 il s&rsquo;efforce de compl\u00e9ter son \u00e9ducation. Il passe \u00e0 Reggio, y obtient son affiliation \u00e0 l&rsquo;Internationale et, plus instruit, plus \u00e2g\u00e9, plus m\u00fbr pour les combats de la vie, arrive \u00e0 Milan en qu\u00eate d&rsquo;une existence meilleure.<\/p>\n<p>L\u00e0 il prend part \u00e0 une gr\u00e8ve pour s&rsquo;en retirer presque aussit\u00f4t -la gr\u00e8ve lui paraissant une arme inutile et stu- pide- et il s&rsquo;enr\u00f4le dans le corps des sapeurs-pompiers. Pas pour longtemps. On le voit s&rsquo;essayant au commerce, n&rsquo;y r\u00e9ussissant point et finissant par obtenir une petite situation de commis \u00e0 la pr\u00e9ture urbaine de la ville. Cela ne l&#8217;emp\u00eache pas de s&rsquo;occuper de politique et de juger s\u00e9v\u00e8rement les hommes de la gauche enfin parvenus au pouvoir :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La mis\u00e8re, la pellagre, l&rsquo;ignorance, le manque de travail et l&rsquo;\u00e9migration s&rsquo;\u00e9taient accrus d\u00e9mesur\u00e9ment depuis 1876. Au contraire, les promesses de ces<em> sublimes g\u00e9nies <\/em>eurent pour suite l&rsquo;application de nouveaux imp\u00f4ts, la dilapidation des finances publiques, l&rsquo;achat et la vente des consciences, le \u00ab serrement du frein \u00bb et le \u00ab cela me pla\u00eet \u00bb de Depretis, ainsi qu&rsquo;une infinit\u00e9 de concessions r\u00e9ci\u00adproques, par lesquelles ces<em> tr\u00e8s honn\u00eates<\/em> administrateurs se nommaient chevaliers, commandeurs, et les cordons de l&rsquo;Annonciade tombaient sur le cou de ces fiers r\u00e9publi\u00adcains. Ces<em> grands patriotes<\/em> s&rsquo;illustraient dans les affaires et se mettaient du clinquant sur la poitrine comme&#8230;<\/p>\n<p>Pauvre peuple! et pauvres esp\u00e9rances! Tes sueurs avaient servi plus que jamais \u00e0 enrichir ces affam\u00e9s et, pen\u00addant qu&rsquo;en travaillant tu crevais de faim, les orgies, les f\u00eates et les somptueuses r\u00e9ceptions de tes \u00e9lus se multipliaient, et pour toi, pauvre Paillasse ! les lointaines rumeurs de ces malpropres bacchanales devaient suffire \u00e0 te remplir la panse. Le pays parut bient\u00f4t en avoir assez et d\u00e9clara Depretis homme fatal aux destins de l&rsquo;Italie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il quitte Milan \u00e0 la h\u00e2te, compromis dans une agitation \u00e9lectorale avec les meneurs du parti ouvrier, vit pendant quelques mois en Suisse., arrive \u00e0 Paris en 1886. Il y entra tout frissonnant d&rsquo;enthousiasme, heureux d&rsquo;y marcher enfin. Paris, lui avait-on dit, c&rsquo;est l&rsquo;Eden.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et, de fait, aux premi\u00e8res apparences, il y avait lieu de le croire. Sur chaque monument et<em> \u00e9difice public<\/em>, les mots \u00abLibert\u00e9, Egalit\u00e9, Fraternit\u00e9\u00bb \u00e9taient inscrits, comme pour m&rsquo;indiquer que, finalement, je foulais la terre pro\u00admise. Une sorte de vernis d\u00e9mocratique \u00e9tait l&rsquo;apanage de tout citoyen et, r\u00e9ellement, je me trouvai enchant\u00e9 de l&rsquo;ac\u00adcueil que j&rsquo;y re\u00e7us. Comme ces places, ces grands boule\u00advards, les Champs-Elys\u00e9es me parurent majestueux! Quels magnifiques palais ! Il me semblait juste d&rsquo;admirer les \u0153uvres d&rsquo;un libre g\u00e9nie. Pauvre fou. A peine euss\u00e9-je \u00e9puis\u00e9 mon peu d&rsquo;argent que les choses chang\u00e8rent vite et que je m&rsquo;aper\u00e7us de la farce ridicule qui se jouait dans cette grande cit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ses innombrables magasins \u00e9taient pleins de tous les produits extorqu\u00e9s au travailleur; l&rsquo;infortun\u00e9 avait trop donn\u00e9 \u00e0 sa sangsue; il avait produit cent fois plus que la bourgeoisie ne pouvait consommer; on n&rsquo;avait plus besoin de lui jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre et, en attendant, on le laissait sur le pav\u00e9 en proie \u00e0 la faim et \u00e0 toutes les cons\u00e9quences qui l&rsquo;accompagnent.<\/p>\n<p>Triste \u00e9galit\u00e9 d&rsquo;un peuple libre ! Ces parias, je les comp\u00adtais par milliers, pendant que par milliers aussi je comptais les panses ventrues des gros bourgeois qui, aux terrasses des grands caf\u00e9s, prenaient leur<em> ap\u00e9ritif<\/em> pour se pr\u00e9parer \u00e0 bien dig\u00e9rer et passer ensuite une joyeuse soir\u00e9e avec quelque fille de meurt-de-faim.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3264\" title=\"Les coulisses de l\\'anarchie\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"151\" height=\"151\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg 355w\" sizes=\"(max-width: 151px) 100vw, 151px\" \/><\/a>\u00ab\u00a0Comme la vie parisienne \u00e9tait belle pour ces gens!<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Musique, bals, caf\u00e9s-concerts, jeux, th\u00e9\u00e2tres, femmes ; et pendant que, des somptueux \u00e9difices et des salles illumi\u00adn\u00e9es, s&rsquo;envolaient les \u00e9chos de ces f\u00eates, le policier, sur la voie publique, \u00e0 chaque instant arr\u00eatait les victimes de l&rsquo;opulence, inculp\u00e9es d&rsquo;avoir l&rsquo;estomac vide et d&rsquo;\u00eatre pri\u00adv\u00e9es de domicile.<em> Un vagabond pour la rel\u00e9gation est une bonne note pour le policier.<\/em> Voil\u00e0 la morale de vos lois et de la libert\u00e9 d&rsquo;un peuple r\u00e9publicain.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Puis, le matin, pendant que le bourgeois, sur la douce plume, se d\u00e9lassait des so\u00fbleries nocturnes, je voyais arriver par bataillons ces ouvriers qui avaient tout produit et qui, mourant de faim, attendaient pendant trois ou quatre heures \u00e0 la devanture de ces restaurants pour manger une soupe confectionn\u00e9e avec des os d\u00e9pouill\u00e9s et les restes que la bourgeoisie rassasi\u00e9e et so\u00fble abandonnait en p\u00e2ture aux chiens. J&rsquo;en ai vu qui, pour \u00eatre des premiers, d\u00e8s 4 heures du matin, stationnaient pour la distribution de 8 heures. Quatre heures, l&rsquo;estomac vide, en plein hiver, pour recevoir une soupe que le chien du bourgeois aurait d\u00e9daign\u00e9e ! Et comme la distribution n&rsquo;arrivait qu&rsquo;\u00e0 moiti\u00e9 colonne \u00e0 cause du grand nombre des mis\u00e9reux, ceux-ci se jetaient alors sur les caisses aux immondices gisant devant les mai\u00adsons et disputaient aux chiens sans ma\u00eetre cet horrible repas. Et cela, je le voyais en plein boulevard, au restaurant Br\u00e9bant et sur cent autres points de la ville, sur le seuil de ces grands magasins remplis de toutes les belles choses de la nature et du produit des fatigues du travail. &#8211;<em> Oh! fra\u00adternit\u00e9 du r\u00e9gime d\u00e9mocratique.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Il faut vivre. L&rsquo;ancien commis de la mairie de Milan s&rsquo;improvise tour \u00e0 tour ramoneur, fumiste, gar\u00e7on d&rsquo;\u00e9curie, coltineur de charbon, scieur de long, employ\u00e9 de commerce, camelot. Et le voici li\u00e9 avec l&rsquo;ouvrier parisien.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La plus grande partie d&rsquo;entre eux \u00e9taient illettr\u00e9s mais raisonnaient mieux que moi; leurs \u00e9tudes ils les avaient faites sur le grand livre pratique des souffrances dont les pages sont trac\u00e9es en caract\u00e8res de sang et de larmes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce furent ces pauvres parias qui m&rsquo;initi\u00e8rent les pre\u00admiers au grand id\u00e9al anarchiste, et qui, du sein de leur mis\u00e8re, m&rsquo;expos\u00e8rent comment la soci\u00e9t\u00e9 pourrait chemi\u00adner heureuse et tranquille dans le monde de la vraie justice.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Comme ils me parurent grands, ces hommes que la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, apr\u00e8s leur avoir suc\u00e9 le sang, comblait de m\u00e9pris et d&rsquo;insultes !<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les Paroles d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9<\/em>, de Kropotkine, firent de moi un anarchiste convaincu, et ce fut seulement alors que je pus appr\u00e9cier les hommes et les choses \u00e0 leur vrai point de vue.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Voici l&rsquo;anarchiste form\u00e9. La cristallisation des id\u00e9es vient de s&rsquo;achever, le prince Kropotkine lui ayant fourni les formules nettes de ses songeries. D\u00e8s lors l&rsquo;ennemi, le principal ennemi de Pini, ce sera le socialiste class\u00e9, le d\u00e9put\u00e9 du Parti ouvrier, Tolain<sup>5<\/sup>, Joffrin, Basly, Cam\u00e9linat, Jules Guesde, ceux qu&rsquo;il accuse de s&rsquo;\u00eatre fait un marche-pied des mis\u00e8res populaires pour arriver \u00e0 la conqu\u00eate d&rsquo;une part de pouvoir repr\u00e9sentatif, d&rsquo;un mandat grassement r\u00e9tribu\u00e9. C&rsquo;est Pini qui dor\u00e9navant entreprendra contre eux la campagne, souvent victo\u00adrieuse pour lui, des r\u00e9unions publiques. L&rsquo;anarchiste ne montera pas \u00e0 la tribune, ne parlera pas. Non. A quoi bon r\u00e9pondre \u00e0 ces esclaves de la bourgeoisie? Avec quelques amis d\u00e9cid\u00e9s, il envahira les salles de r\u00e9union et y portera un tumulte dont les plus patients n&rsquo;auront pas toujours raison.<\/p>\n<p>Enfin, vers 1887, Pini cesse de travailler r\u00e9guli\u00e8rement. Il vole. Et quand la justice lui demandera compte de ses vols -tellement nombreux qu&rsquo;elle ne les a point connus tous &#8211; Pini se l\u00e8vera au banc des accus\u00e9s et, calme, ma\u00eetre de sa voix et de son geste, il exposera au jury non point un plan de d\u00e9fense, mais la th\u00e9orie m\u00eame du droit au vol. Cette plaidoirie de Pini doit prendre place dans cette \u00e9tude ; nous en reproduisons les passages principaux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Voici pourquoi, aujourd&rsquo;hui, vous me trouvez ennemi d\u00e9clar\u00e9 de tout syst\u00e8me qui garde pour base la valeur conventionnelle, de cette valeur qui forme la propri\u00e9t\u00e9 indi\u00adviduelle, seul agent qui pousse l&rsquo;homme \u00e0 accomplir les plus monstrueuses infamies, les plus sanglants d\u00e9lits. Voici pourquoi, enfin, nous anarchistes, voulons en premier lieu la destruction de la valeur mon\u00e9taire. Par elle seule, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme humain r\u00e8gne et avec lui tous les grands maux qui affligent l&rsquo;humanit\u00e9. Le pivot de votre syst\u00e8me est l&rsquo;or : l&rsquo;or annihil\u00e9, votre syst\u00e8me social inique est d\u00e9truit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je vous affirme donc, messieurs les juges, que la soci\u00e9t\u00e9 ne pourra \u00eatre heureuse, et je dirais presque parfaite que par l&rsquo;application du communisme anarchiste; mais pour arriver \u00e0 telle fin la propri\u00e9t\u00e9 individuelle, sous quelque forme que ce soit, doit succomber.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0T\u00e2che ardue, \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, si nous consid\u00e9rons que l&rsquo;\u00e9go\u00efsme infiltr\u00e9 par votre syst\u00e8me domine partout en sou\u00adverain ; aussi serait-ce temps perdu que de vouloir persua\u00adder le bourgeois d&rsquo;accepter le communisme. Non ; le bour\u00adgeois le sait bien que nous avons raison, mais tant qu&rsquo;il restera une loi et une ba\u00efonnette pour le d\u00e9fendre, il tiendra bon, et les anarchistes savent parfaitement qu&rsquo;il ne c\u00e9dera qu&rsquo;\u00e0 la violence. Par la violence donc, nous poussons les masses \u00e0 s&#8217;emparer consciemment de tout ce qui leur appartient. Mais, pour que l&rsquo;action puisse avoir un r\u00e9sultat heureux, il est n\u00e9cessaire que le peuple distingue ses vrais amis des faux; il est n\u00e9cessaire de lui faire conna\u00eetre les exemples du pass\u00e9 et de lui montrer qu&rsquo;une r\u00e9volution, pour \u00eatre profitable, ne doit pas avoir pour objet un simple changement d&rsquo;hommes au pouvoir ou la formation d&rsquo;un gouvernement provisoire, mais avoir pour unique but la destruction de toute autorit\u00e9, l&rsquo;appropriation de toutes les richesses sociales au b\u00e9n\u00e9fice de tous et non de la classe qui voudra les administrer et l&rsquo;opposition absolue par la vio\u00adlence \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de quelque pouvoir que ce soit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Beaucoup l&rsquo;ont compris, mais les moyens pour une plus ample propagande manquaient; impossible de nous les procurer autrement que par ce que vous appelez effront\u00e9\u00adment<em> le vol<sub>y<\/sub><\/em> et c&rsquo;est pourquoi je me suis r\u00e9solu \u00e0 attaquer directement la propri\u00e9t\u00e9 conventionnelle du gros richard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous, anarchistes, c&rsquo;est avec l&rsquo;enti\u00e8re conscience d&rsquo;ac\u00adcomplir un devoir que nous attaquons la propri\u00e9t\u00e9, \u00e0 un double point de vue : l&rsquo;un pour affirmer \u00e0 nous-m\u00eames le droit naturel \u00e0 l&rsquo;existence, que vous, bourgeois, conc\u00e9dez aux b\u00eates et niez \u00e0 l&rsquo;homme ; le second, pour nous fournir le mat\u00e9riel propre \u00e0 d\u00e9truire votre baraque et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, vous avec elle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette mani\u00e8re de raisonner vous fait dresser les cheveux sur la t\u00eate, mais que voulez-vous ? C&rsquo;est ainsi, et les temps nouveaux sont venus.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Autrefois le meurt-de-faim qui s&rsquo;appropriait un pain, traduit devant vos pl\u00e9thoreuses personnes, s&rsquo;excusait, demandait pardon, reconnaissait<em> avoir commis un d\u00e9lit<\/em>, pro\u00admettait de mourir de faim lui et sa famille plut\u00f4t que de toucher une seconde fois \u00e0 la<em> propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;autrui<\/em> et avait honte de montrer sa figure. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est bien diff\u00e9\u00adrent; les extr\u00eames se touchent et l&rsquo;homme, apr\u00e8s \u00eatre tomb\u00e9 si bas, se rel\u00e8ve : traduit devant vous pour avoir frac\u00adtur\u00e9 les coffres-forts de vos comp\u00e8res, il n&rsquo;excuse pas son acte, mais le d\u00e9fend, vous prouve avec fiert\u00e9 qu&rsquo;il a c\u00e9d\u00e9 au besoin naturel de reprendre ce qui lui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dem\u00adment vol\u00e9 : il vous prouve que son acte est sup\u00e9rieur en morale \u00e0 toutes vos lois, qu&rsquo;il se moque de vos cris et de votre autorit\u00e9 et, malgr\u00e9 vos accusations, vous prouve que les voleurs, \u00f4 messieurs les juges ! sont vous et votre bande bourgeoise.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est justement mon cas. Soyez-en certains, je ne rougis pas de vos accusations, et j&rsquo;\u00e9prouve un doux plaisir \u00e0 \u00eatre appel\u00e9<em> voleur<\/em> par vous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une plaidoirie de ce genre, l&rsquo;\u00e9loquence de M<sup>e<\/sup>Labori devait s&#8217;employer en vain. Pini fut condamn\u00e9 \u00e0 vingt ans de travaux forc\u00e9s.<\/p>\n<p>Ce que Pini n&rsquo;a point racont\u00e9, ce qu&rsquo;il ne pouvait raconter, ce que nous raconterons, nous, sur la foi de ren\u00adseignements et de documents certains &#8211; c&rsquo;est l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>On a exploit\u00e9 Pini, on a racont\u00e9 sur lui des fables qui sont des l\u00e9gendes, des calomnies ou des niaiseries. Le grand estampeur anarchiste de la presse bourgeoise, Henry Dupont -lequel tient d&rsquo;ailleurs d&rsquo;aussi loin \u00e0 la presse, qu&rsquo;il ignore, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;anarchie dont il est \u00e9cart\u00e9 &#8211; a colport\u00e9 dans les feuilles du matin les plus extraordinaires mensonges sur Pini et sur ses aventures. A l&rsquo;entendre, \u00e0 l&rsquo;imprimer et \u00e0 le payer, Pini aurait habit\u00e9 la Belgique &#8211; faux ! -, serait v\u00e9g\u00e9tarien -faux ! -, ne boirait que de l&rsquo;eau -faux !-, et, apr\u00e8s une \u00e9vasion purement imaginaire dont l&rsquo;estampeur raconte, contre esp\u00e8ces, les diverses p\u00e9rip\u00e9\u00adties, il habiterait en ce moment une cit\u00e9 de la Virginie o\u00f9 il fabriquerait, avec des capitaux anglais, une lampe de son invention. Tous les journaux o\u00f9 cet estampeur a col\u00adport\u00e9 sa copie fallacieuse nous ont montr\u00e9 un Pini apo\u00adcryphe, une sorte de type \u00e0 c\u00f4t\u00e9 qui ne ressemble en rien \u00e0 l&rsquo;original. Au surplus, Dupont n&rsquo;a point connu Pini.<\/p>\n<p>Pini, c&rsquo;est l&rsquo;honn\u00eate homme, travailleur, int\u00e8gre, labo\u00adrieux, devenu criminel par conviction socialiste et dans des conditions de d\u00e9sint\u00e9ressement qu&rsquo;un asc\u00e8te lui envierait.<\/p>\n<p>Il a vol\u00e9, souvent, beaucoup, sans aucun profit per\u00adsonnel. Une seule fois il a mis de l&rsquo;argent vol\u00e9 dans une affaire, et c&rsquo;\u00e9tait en vue de r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices destin\u00e9s par avance \u00e0 la propagande anarchiste.<\/p>\n<p>A Paris, il vivait de peu, m\u00eame quand son vol de la veille avait rempli ses poches de louis. Typographe de m\u00e9tier, il lui arrivait de quitter sa casse pour traverser la rue, acheter chez un boucher un morceau d&rsquo;une viande qu&rsquo;il mangeait crue, sans \u00e9pices et sans condiments. Jamais il ne lui arriva de boire plus qu&rsquo;une chopine \u00e0 cha\u00adcun de ses repas. Jamais il ne fit la noce.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;ailleurs un ouvrier mod\u00e8le, merveilleusement exact \u00e0 sa besogne, temp\u00e9rant sa haine instinctive des patrons par une timidit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du \u00ab singe \u00bb absent, par une souple discipline dans le service.<\/p>\n<p>Comme Ravachol, il se montrait g\u00e9n\u00e9reux et doux. Il donnait toujours aux pauvres, non sans leur reprocher de tendre la main : \u00ab Perch\u00e9 qu\u00e9 tou demandes pisque tou peux vouler?\u00bb<\/p>\n<p>Il donnait, pr\u00e9levant parfois sur son maigre salaire, la part, le sou des plus pauvres.<\/p>\n<p>Jamais il ne fit l&rsquo;aum\u00f4ne avec le produit de ses vols. L&rsquo;argent vol\u00e9 appartenait \u00e0 la propagande, \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;avenir. Le r\u00eaveur qui \u00e9tait dans Pini se plaisait \u00e0 penser qu&rsquo;avec l&rsquo;or de la bourgeoisie il pr\u00e9parait une \u00e9volution sociale salutaire aux masses.<\/p>\n<p>Il arriva devant le jury les mains nettes. Aucun de ses vols ne lui avait profit\u00e9. Nous pourrions citer les publi\u00adcations fran\u00e7aises et italiennes qu&rsquo;il a soutenues avec les capitaux arrach\u00e9s nocturnement \u00e0 la bourgeoisie. Deux feuilles anarchistes italiennes ont \u00e9t\u00e9 fond\u00e9es par lui : elles vivent encore ; elles ont assez d&rsquo;abonn\u00e9s, d&rsquo;acheteurs au num\u00e9ro pour vivre longtemps. La plupart des placards anarchistes affich\u00e9s en Italie depuis les premiers jours de 1888 jusqu&rsquo;\u00e0 la condamnation de Pini &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire pen\u00addant dix-huit mois- ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s par lui, imprim\u00e9s et publi\u00e9s \u00e0 ses frais. Allons plus loin : son or vol\u00e9 a sub\u00adventionn\u00e9 des organes r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Il disait volontiers \u00e0 un anarchiste de marque : \u00abTou as bisoin de cinq cents lires per fare della propaganda&#8230; Attends uno poco mercredi prochain, mercoled\u00ec, z\u00e9 t&rsquo;ap\u00adporterai la soumme ! \u00bb<\/p>\n<p>Et il l&rsquo;apportait.<\/p>\n<p>D&rsquo;o\u00f9 venait-elle? Qui Pini avait-il d\u00e9valis\u00e9? Il ne le disait point et on ne le lui demandait jamais.<\/p>\n<p>Parfois il traversait Paris, sans bottes, presque pieds nus, \u00e0 peine v\u00eatu l&rsquo;hiver, pour aller porter quelques sous \u00e0 des compagnons malheureux. Il leur distribuait un franc, deux francs mais il n&rsquo;entamait pas pour eux le capi\u00adtal de deux ou trois cents louis, solde de sa derni\u00e8re exp\u00e9\u00addition.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3264\" title=\"Les coulisses de l\\'anarchie\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/coulisses-de-lanarchie-1.jpg 355w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a>En ses jours de mis\u00e8re, alors qu&rsquo;aucun camarade n&rsquo;avait pu lui donner l&rsquo;hospitalit\u00e9, il s&rsquo;allait coucher dans un galetas proche les \u00e9tangs de la Glaci\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;on passe une nuit pour deux sous sur de la paille dite \u00ab plume de Beauce\u00bb, et o\u00f9 les loqueteux peuvent se rhabiller des pieds \u00e0 la t\u00eate aux conditions suivantes :<\/p>\n<p>Paletot \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 1,85<\/p>\n<p>Pantalon \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 0,80<\/p>\n<p>Gilet \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 0,30<\/p>\n<p>Chapeau \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 0,20<\/p>\n<p>Souliers \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 0,60<\/p>\n<p>Chemise\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 0,85<\/p>\n<p>Chaussettes \u00a0\u00a0\u00a0 0,10<\/p>\n<p>Total \u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 4,70 f<\/p>\n<p>Rarement il y ravitaillait sa garde-robe. Gr\u00e2ce \u00e0 son\u00a0 travail -lequel consistait le plus souvent en \u00abbricoles\u00bb &#8211; il eut presque constamment de quoi se nourrir et se v\u00eatir.<\/p>\n<p>Quelques-uns de ses compagnons l&rsquo;exploit\u00e8rent. On lui disait : \u00abDis donc, Pini tu n&rsquo;aurais pas cent francs disponibles?&#8230; C&rsquo;est pour crever un mouchard. \u00bb<\/p>\n<p>Pini donnait les cent francs, et l&rsquo;anarchiste, sans remords d&rsquo;avoir estamp\u00e9 un fr\u00e8re, d\u00e9pensait ce capital en petites orgies dans les gargotes de la barri\u00e8re.<\/p>\n<p>Il avait des id\u00e9es. Son projet le plus curieux est assu\u00adr\u00e9ment celui qui consistait \u00e0 \u00abexproprier\u00bb notre saint-p\u00e8re le pape. Oui. A la lettre. Pini a voulu \u00abrefaire\u00bb le denier de Saint-Pierre ; il avait r\u00eav\u00e9 de d\u00e9m\u00e9nager le Vatican comme il d\u00e9valisait une villa des environs de Paris -et ce plan re\u00e7ut un commencement d&rsquo;ex\u00e9cution. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas au Vatican que l&rsquo;anarchiste avait song\u00e9 tout d&rsquo;abord, mais aux couvents situ\u00e9s dans Paris et aux petites commu\u00adnaut\u00e9s suburbaines.<\/p>\n<p>Dou\u00e9 d&rsquo;un aplomb imperturbable, un jour il se pr\u00e9\u00adsente chez des religieuses r\u00e9unies \u00e0 Montmartre, en leur racontant qu&rsquo;il \u00e9tait le fils l\u00e9gitime de Son Eminence monsignor le cardinal Pini, lequel en effet n&rsquo;entra dans les ordres qu&rsquo;apr\u00e8s la mort de sa femme. Son accent italien, les renseignements qu&rsquo;il prodiguait sur la Ville \u00e9ternelle et sur le monde de la pr\u00e9lature, achev\u00e8rent de convaincre ces bonnes femmes, tr\u00e8s flatt\u00e9es de recevoir le fils d&rsquo;un prince de l&rsquo;Eglise. L&rsquo;anarchiste sut d&rsquo;ailleurs les magn\u00e9\u00adtiser en leur remettant une somme de cinquante francs destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre distribu\u00e9e en aum\u00f4nes et qu&rsquo;il avait vol\u00e9e la nuit pr\u00e9c\u00e9dente, avec d&rsquo;autre argent bourgeois et impur, chez un marchand de toiles peintes de la rue de Cl\u00e9ry!<\/p>\n<p>Pini les honora de deux visites, puis disparut. Le fils de Son Eminence avait constat\u00e9 que \u00abil n&rsquo;y avait rien \u00e0 faire\u00bb chez ces femmes. Il tourna ses regards vers l&rsquo;archev\u00each\u00e9, sollicita une audience du cardinal-archev\u00eaque, l&rsquo;obtint, s&rsquo;en fut pousser une reconnaissance dans le palais de la rue de Grenelle. Cette fois encore il renon\u00e7a, l&rsquo;entreprise pr\u00e9sentant vraiment trop de difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Alors il songea au Vatican, et nous pouvons affirmer que l&rsquo;affaire fut s\u00e9rieusement \u00e9tudi\u00e9e par un groupe d&rsquo;anarchistes romains en correspondance constante avec le pseudo-fils du cardinal.<\/p>\n<p>Pini a r\u00e9ellement d\u00e9rob\u00e9 des sommes consid\u00e9rables. A-t-il pu -comme on l&rsquo;a racont\u00e9- cacher une partie de cet argent en lieu s\u00fbr? Cela est fort possible. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que les capitaux vol\u00e9s dont il disposait au moment de son arrestation ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 ce qu&rsquo;il appelait sa \u00abgrande affaire\u00bb.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit des journaux les mieux inform\u00e9s de Paris, Pini n&rsquo;a invent\u00e9 aucune lampe \u00e0 l&rsquo;usage des mineurs. Un de ses amis a invent\u00e9 un avertisseur automatique destin\u00e9 \u00e0 indiquer dans les charbonnages l&rsquo;intensit\u00e9 du grisou. En fait, avec cet appareil, les explosions de feu de grisou deviennent absolument impossibles.<\/p>\n<p>L&rsquo;inventeur manquant des ressources n\u00e9cessaires \u00e0 la construction de son mod\u00e8le, Pini s&#8217;empressa de le com\u00admanditer avec de l&rsquo;argent vol\u00e9. L&rsquo;appareil fut construit, figura \u00e0 l&rsquo;Exposition universelle de Paris en 1889, et valut une m\u00e9daille de bronze \u00e0 l&rsquo;inventeur.<\/p>\n<p>Mais il ne suffisait point de construire et d&rsquo;exposer l&rsquo;avertisseur automatique ; il fallait l&rsquo;exploiter. Inventeur et bailleur de fonds pass\u00e8rent un trait\u00e9 en bonne forme, et l&rsquo;associ\u00e9 de Pini s&rsquo;en fut \u00e0 Londres recruter de nouveaux commanditaires. Cinq capitalistes anglais (un \u00e0 Londres, un \u00e0 Birmingham, trois \u00e0 Manchester) fond\u00e8rent une association pour l&rsquo;exploitation de cette d\u00e9couverte et d&rsquo;autres d\u00e9couvertes encore dont ils admir\u00e8rent les des\u00adsins et pay\u00e8rent les brevets. Pini se trouva donc introduit dans les affaires, comme un bourgeois, avec la perspective de recevoir des jetons de pr\u00e9sence et de toucher une forte part dans les b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p>Son excuse \u00e0 ses propres yeux fut dans la ferme r\u00e9so\u00adlution de consacrer le produit de cette op\u00e9ration indus\u00adtrielle \u00e0 la propagande anarchiste.<\/p>\n<p>Il eut d&rsquo;ailleurs \u00e0 se f\u00e9liciter d&rsquo;avoir, une fois au moins, jou\u00e9 le r\u00f4le d&rsquo;un capitaliste, car ce fut la Soci\u00e9t\u00e9 anglaise pour l&rsquo;exploitation de l&rsquo;avertisseur automatique qui orga\u00adnisa et paya son \u00e9vasion.<\/p>\n<p>Cette \u00e9vasion de Pini a donn\u00e9 lieu aux r\u00e9cits les plus fantaisistes.<\/p>\n<p>D\u00e8s apr\u00e8s l&rsquo;arrestation de Ravachol, les estampeurs anarchistes r\u00e9pandirent \u00e0 travers les journaux cette nou\u00advelle \u00e0 sensation : que Pini avait r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader de Cayenne, qu&rsquo;il venait d&rsquo;arriver \u00e0 Paris pour y proc\u00e9der \u00e0 une s\u00e9rie d&rsquo;explosions. Un estampeur poussa l&rsquo;aplomb jusqu&rsquo;\u00e0 affirmer qu&rsquo;il quittait l&rsquo;Italien et avait eu avec lui un entretien de deux heures.<\/p>\n<p>Le gouvernement tenta d&rsquo;arr\u00eater dans son vol ce canard r\u00e9volutionnaire en publiant une d\u00e9p\u00eache t\u00e9l\u00e9gra\u00adphique dat\u00e9e de Cayenne affirmant la pr\u00e9sence du condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infirmerie des \u00eeles du Salut. Mal lui en prit. Un r\u00e9dacteur de la Marseillaise, Jules Pianelli, d\u00e9montra imm\u00e9diatement que l&rsquo;\u00e9tat de nos relations t\u00e9l\u00e9graphiques avec la Guyane rendait toute communication impossible dans les d\u00e9lais indiqu\u00e9s par le minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Cet argument ne tranchait pas la question. Pini se trouvait-il encore \u00e0 Cayenne ou s&rsquo;en \u00e9tait-il \u00e9chapp\u00e9? Au cas d&rsquo;une \u00e9vasion, vivait-il en Europe ou en Am\u00e9rique, \u00e0 New York, \u00e0 Londres ou \u00e0 Paris? Pendant huit jours, le grand et le petit reportage se confondirent en hypoth\u00e8ses. Nous e\u00fbmes la question Pini comme nous avions eu la question du chat et la question du malheureux Bulgare. Puis, comme la s\u00e9rie des explosions semblait ferm\u00e9e, comme Paris reprenait sa qui\u00e9tude, il ne fut plus question de l&rsquo;anarchiste italien.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, Pini est \u00e0 Cayenne, malade, \u00e0 l&rsquo;infirmerie des \u00eeles du Salut. L&rsquo;agence Havas ne nous avait point tromp\u00e9s.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;a pu s&rsquo;\u00e9vader avec les fr\u00e8res Schouppe, pour deux raisons : d&rsquo;abord parce que les trois co-condamn\u00e9s de 1889 -Pini et les fr\u00e8res Schouppe- furent s\u00e9par\u00e9s, par ordre, d\u00e8s leur arriv\u00e9e \u00e0 Cayenne et ne s&rsquo;y rencontr\u00e8rent jamais; ensuite parce que Schouppe a\u00een\u00e9 est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement du Maroni trois mois avant la tentative d&rsquo;\u00e9vasion qui r\u00e9ussit \u00e0 son fr\u00e8re cadet.<\/p>\n<p>Pini tenta de s&rsquo;\u00e9vader. Un chalutier hollandais nolis\u00e9 dans un port de la Guyane hollandaise par les soins de la Soci\u00e9t\u00e9 anglaise pour l&rsquo;exploitation de l&rsquo;avertisseur auto\u00admatique -laquelle soci\u00e9t\u00e9 paya les frais de l&rsquo;exp\u00e9dition &#8211; r\u00e9ussit \u00e0 embarquer Pini devant Cayenne et mit la voile dans la direction des possessions n\u00e9erlandaises. Une erreur du capitaine &#8211; \u00e9tait-ce bien une erreur?- amena le d\u00e9barquement du fugitif sur une gr\u00e8ve de la c\u00f4te fran\u00ad\u00e7aise o\u00f9 il fut reconnu, pourchass\u00e9, traqu\u00e9, bless\u00e9 \u00e0 la jambe par un gendarme et rendu au bagne.<\/p>\n<p>On ne put s&rsquo;en emparer que bless\u00e9, comme \u00e0 Paris on n&rsquo;avait pu l&rsquo;arr\u00eater qu&rsquo;en le prenant au lasso, \u00e0 la mani\u00e8re de Buffalo Bill.<\/p>\n<p>Tout r\u00e9cemment encore, lorsque Parmeggiani vint se faire arr\u00eater \u00e0 Paris, on raconta que cet anarchiste avait, de complicit\u00e9 avec Pini, assassin\u00e9 le journaliste socialiste Ceretti en Italie. Le renseignement \u00e9tait faux : Ceretti se porte comme le Pont-Neuf. Pini, qu&rsquo;il avait qualifi\u00e9 de mouchard, fit en effet le voyage de Paris \u00e0 Turin pour aller le poignarder ; mais, une fois arriv\u00e9, il se contenta de lui appliquer une verte correction. Parmeggiani l&rsquo;accompa\u00adgnait en effet.<\/p>\n<p>\u00ab Il m\u00e9 faut un coupain por l&rsquo;ex\u00e9couter ! \u00bb, lui avait dit Pini.<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment, celui-ci n&rsquo;est pas un voleur ordinaire. Il est vraiment un th\u00e9oricien descendu dans la pratique, un voleur politique et social. Charg\u00e9 de butin, les poches lourdes d&rsquo;or, il n&rsquo;a jamais d\u00e9pens\u00e9 plus de trois francs par jour pour sa vie mat\u00e9rielle et a pu affirmer sans mensonge aux douze \u00abpotirons\u00bb qui l&rsquo;ont condamn\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;avait vol\u00e9<em> que pour l&rsquo;id\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous ne savons pas grand-chose de , Charles- Marie Flor O&rsquo;Squarr. 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