{"id":3172,"date":"2013-04-20T01:10:12","date_gmt":"2013-04-19T23:10:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3172"},"modified":"2013-01-05T19:03:03","modified_gmt":"2013-01-05T17:03:03","slug":"une-mere-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2013\/04\/une-mere-2\/","title":{"rendered":"Une m\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3173\" title=\"Marie Jacob, avril 1903\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903-300x193.jpg\" alt=\"\" width=\"190\" height=\"122\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903-300x193.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903.jpg 401w\" sizes=\"(max-width: 190px) 100vw, 190px\" \/><\/a>Marie Jacob<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 La Crau (Var) le 08 juillet 1860,<\/p>\n<p>Morte \u00e0 Reuilly (Indre) le 18 juin 1941<\/p>\n<p>Marie Elisabeth Berthou, <em>une fille de la Provence<\/em> pour Alain Sergent<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. La m\u00e8re d&rsquo;Alexandre Jacob est finalement assez peu connue, confin\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement dans une esp\u00e8ce de second r\u00f4le alors que son existence est si ins\u00e9parable de celle de l&rsquo;ill\u00e9galiste que l&rsquo;une ne peut r\u00e9ellement pas se comprendre sans l&rsquo;autre. M\u00e8re courage aussi\u00a0; sans elle, le matricule 34777 aurait fini sa vie au bagne. Elle est un pivot, elle est un soutien ind\u00e9fectible\u00a0; elle est une m\u00e8re et, au-del\u00e0 du lien oedipien qui unit les deux \u00eatres, c&rsquo;est une vie extraordinaire et une personnalit\u00e9 originale qui s&rsquo;offrent \u00e0 nous.<!--more--><\/p>\n<p>L&rsquo;acte de naissance de la m\u00e8re d&rsquo;Alexandre Jacob stipule une famille de boulangers. Le 8 juillet 1860, \u00e0 la naissance de Marie, Andr\u00e9 Hippolythe Berthou est \u00e2g\u00e9 de 40 ans ; sa femme, Fran\u00e7oise Elisabeth Drogoul, a elle 32 ans. Le couple r\u00e9side \u00e0 La Crau dans l&rsquo;arrondissement de Toulon. M\u00eame s&rsquo;ils poss\u00e8dent quelques arpents de terre, ils ne l&rsquo;exploitent pas. La boulangerie est une activit\u00e9 \u00e0 temps plein. Nous sommes bien loin du <em>Regain<\/em> de Jean Giono \u00e9voqu\u00e9 dans la biographie romanc\u00e9e de Bernard Thomas<a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Quoi qu&rsquo;il en soit, les Berthou se retrouvent \u00e0 Marseille dix neuf ans plus tard et tiennent boutique au 13 boulevard Saint Charles.<\/p>\n<p>Le 18 septembre de cette ann\u00e9e (1879), \u00e0 9 heures du matin, l&rsquo;officier d&rsquo;\u00e9tat civil scelle l&rsquo;union de Joseph L\u00e9on Jacob et de Marie Elisabeth Berthou. Catherine Jacob, n\u00e9e Ergenschafter et m\u00e8re de Joseph, est veuve\u00a0; elle a suivi son boulanger de fils au 13 du boulevard Saint Charles \u00e0 Marseille, puis au 29 de la rue Navarin. Joseph est aussi marin pour le compte des Messageries Maritimes. Marie, l&rsquo;\u00e9pouse de Joseph, est mineure et, l&rsquo;enfant qu&rsquo;elle porte depuis bient\u00f4t neuf mois, est tr\u00e8s certainement \u00e0 l&rsquo;origine de ce mariage liant les Jacob, alsaciens, aux Berthou de Provence. Elle accouche dix jours apr\u00e8s son mariage, \u00e0 7 heures du soir.<\/p>\n<p>Le nouveau-n\u00e9 est inscrit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat civil avec <em>deux pr\u00e9noms si lourds \u00e0 porter<\/em><a name=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, des pr\u00e9noms <em>de g\u00e9n\u00e9raux antiques dont Joseph l&rsquo;avait affubl\u00e9 en souvenir de l&rsquo;autre, le vrai, Napol\u00e9on (&#8230;) [et qui] le vouaient \u00e0 coup s\u00fbr aux plus hautes destin\u00e9es<\/em><a name=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. En r\u00e9alit\u00e9, la faille maternelle et paternelle fournit les deux pr\u00e9noms : Alexandre et Marius.<\/p>\n<p><em>Ma prime enfance fut heureuse<\/em> \u00e9crit ce dernier \u00e0 Jean Maitron, 69 ans plus tard. Et pour cause ! A l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le mod\u00e8le familial impose un tr\u00e8s grand nombre d&rsquo;enfants pour sa survie et sa reproduction sociale, les Jacob n&rsquo;ont qu&rsquo;un gar\u00e7on, con\u00e7u qui plus est avant le traditionnel mariage. Trois autres petits m\u00e2les ont bien s\u00fbr suivi leur fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Mais tous d\u00e9c\u00e8dent avant leur premier anniversaire\u00a0: Andr\u00e9 le 21 avril 1882, Toussaint le 12 f\u00e9vrier 1883 et Joseph le 3 juin 1885.<\/p>\n<p>Si le fait est anodin pour un si\u00e8cle o\u00f9 la mortalit\u00e9 infantile, omnipr\u00e9sente et r\u00e9currente, se maintient autour de 180 <sup>0<\/sup>\/<sub>00<\/sub>, pour une p\u00e9riode o\u00f9 les \u00e9pid\u00e9mies &#8211; comme celle du chol\u00e9ra \u00e0 Marseille en 1884 &#8211; touchent et frappent encore plus durement les populations les plus faibles, les plus jeunes, c&rsquo;est \u00e0 dire les plus d\u00e9munies ; il peut n\u00e9anmoins expliquer l&rsquo;amour maternel pour le fils unique et survivant. La r\u00e9ciproque est tout aussi vrai : l&rsquo;amour visc\u00e9ral du fils pour la m\u00e8re protectrice. Sans pour autant verser dans un quelconque d\u00e9terminisme \u0153dipien, cette relation justifie les longues et p\u00e9nibles ann\u00e9es de bagnes subies gr\u00e2ce \u00e0 la salvatrice correspondance entre Alexandre le for\u00e7at et Marie rest\u00e9e \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Mais, en 1879, Alexandre Marius Jacob doit tr\u00e8s certainement faire la fiert\u00e9 de ses g\u00e9niteurs. Et, pendant que Marie s&rsquo;occupe du nourrisson, Joseph subvient aux besoins de la petite famille. Joseph abandonne progressivement la navigation et semble sombrer dans l&rsquo;alcoolisme. Mais il appara\u00eet bien ardu et malais\u00e9 de reconstituer le milieu dans lequel l&rsquo;enfant Jacob a grandi, \u00e9volu\u00e9 et forg\u00e9 son caract\u00e8re. L&rsquo;absence de sources cons\u00e9quentes autorise alors \u00e0 qui dispose d&rsquo;une imagination d\u00e9bordante \u00a0et galopante (Bernard Thomas, William Caruchet) \u00e0 figurer, \u00e0 broder, \u00e0 inventer un environnement social proche de l&rsquo;indigence.<\/p>\n<p>Les Jacob n&rsquo;appartiennent certes pas \u00e0 la bourgeoisie, ni m\u00eame \u00e0 une quelconque classe moyenne. Il serait m\u00eame abusif, voire dangereux, de les ranger dans un \u00ab\u00a0lumpenprol\u00e9tariat\u00a0\u00bb n&rsquo;ayant que sa survie quotidienne pour horizon social. Seulement, la grande mobilit\u00e9 [des Jacob] qui n&rsquo;habitent jamais deux actes de suite \u00e0 la m\u00eame adresse peut indiquer une situation sociale pr\u00e9caire.<\/p>\n<p>En effet, lorsque Joseph et Marie unissent leur destin\u00e9e, le couple r\u00e9side au 13 boulevard Saint Charles. Mais Alexandre Jacob est n\u00e9 au 29 de la rue Navarin. En 1882, lorsque na\u00eet le premier des trois fr\u00e8res d&rsquo;Alexandre, la petite famille habite au 69 chemin Sainte Marthe. En 1884, c&rsquo;est au 13 boulevard Gilly que l&rsquo;on retrouve les Jacob. Une lettre d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 Josette Passas nous apprend que la famille a \u00e9tabli sa r\u00e9sidence au 9 de la rue d&rsquo;Aubagne, apr\u00e8s avoir habit\u00e9 au 15 de la rue Saint Martin. Le trois pi\u00e8ces est situ\u00e9 <em>en plein centre, pr\u00e8s de la place Saint Louis, place aux fleurs. (&#8230;) Nous \u00e9tions au cinqui\u00e8me \u00e9tage<\/em><a name=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. La trace des Jacob est perdue jusqu&rsquo;en 1897 \u00e0 moins qu&rsquo;ils n&rsquo;aient pas d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 entre temps. A ce moment, c&rsquo;est \u00e0 dire quand la police arr\u00eate Alexandre pour fabrication d&rsquo;explosifs, ils logent au n\u00b047 de la rue Fontaine Rouvi\u00e8re puis, deux ans plus tard, impasse Am\u00e9d\u00e9e Autran.<\/p>\n<p>Toutes les adresses retrouv\u00e9es indiquent des quartiers populaires et cosmopolites de Marseille (la Belle de Mai entre autres)\u00a0; elles ne prouvent pas une mis\u00e8re profonde. Mais le travail de Joseph et Marie, \u00e0 la boulangerie, permet d&rsquo;entretenir une personne \u00e2g\u00e9e, un enfant et <em>un jeune homme dont mon p\u00e8re \u00e9tait le subrog\u00e9 tuteur<\/em><a name=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>. L&rsquo;origine modeste de l&rsquo;anarchiste ill\u00e9galiste semble alors r\u00e9elle mais il n&rsquo;appartient pas au prol\u00e9tariat le plus inf\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 son embarquement \u00e0 bord du Tibet \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de onze ans, Alexandre Jacob conna\u00eet une enfance des plus normales, des plus calmes, heureuse et sans probl\u00e8me apparent : <em>Mon petit, il \u00e9tait bien tranquille. On aurait cru une fille ; il jouait avec des chiffons et des poup\u00e9es<\/em>, confie Marie Jacob \u00e0 Louis Roubaud en 1925 dans les colonnes du <em>Quotidien<\/em> lors de la campagne de presse en faveur de la lib\u00e9ration de son fils, transport\u00e9 depuis 1905 en Guyane. Propos partisans d&rsquo;une m\u00e8re aimante pour son bagnard d&rsquo;enfant, les paroles de Marie Jacob figurent parmi les rares sources t\u00e9moignant de la jeunesse d&rsquo;Alexandre.<\/p>\n<p>Le couple\u00a0 Jacob inscrit le petit Alexandre chez les Fr\u00e8res des Ecoles Chr\u00e9tiennes. Rien de surprenant \u00e0 cela. L&rsquo;ascendance alsacienne r\u00e9v\u00e8le une tradition catholique et l&rsquo;Ecole publique de Jules Ferry est balbutiante\u00a0; elle ne s&rsquo;impose que progressivement. Le petit, \u00e0 9 ans, est d&rsquo;ailleurs enfant de ch\u0153ur \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise alsacienne de la rue des Vertus, \u00e9difice qu&rsquo;il cambriole dix ou onze ans plus tard\u00a0! Outre l&rsquo;instruction d&rsquo;une \u00ab\u00a0jeune t\u00eate blonde\u00a0\u00bb, Marie et Joseph emm\u00e8nent r\u00e9guli\u00e8rement Alexandre au th\u00e9\u00e2tre du Gymnase pour y voir des op\u00e9rettes.<\/p>\n<p>Mais le temps de l&rsquo;enfance ne dure pas\u00a0; le temps de la navigation finit par faire plonger Alexandre Jacob dans un autre monde, celui d&rsquo;une conscience anarchiste puis de l&rsquo;ill\u00e9galisme que ne renieront ni Marie ni Joseph, subissant fr\u00e9quemment les incursions de la police dans leur logement.<\/p>\n<p>Joseph Jacob organise m\u00eame une f\u00eate en l&rsquo;honneur de son fils sortant libre en 1898 de la prison Chave (il est acquitt\u00e9 de l&rsquo;accusation de la tentative de vol commis \u00e0 la fonderie des Chartreux le 22 sepembre). Joseph Jacob est encore le quatri\u00e8me homme impliqu\u00e9 dans le fameux coup du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 de Marseille le 31 mars 1899. Mais tout donne lieu \u00e0 croire que le p\u00e8re donne le nom du fils \u00e0 la police et Alexandre est condamn\u00e9 par contumace le 09 juin de cette ann\u00e9e \u00e0 cinq ans de prison. A partir de ce moment, la trace de Joseph Jacob se perd malgr\u00e9 les visites que le couple effectue \u00e0 l&rsquo;asile Montperrin d&rsquo;Aix en Provence o\u00f9 Alexandre le voleur, feignant le d\u00e9lire de pers\u00e9cution, est intern\u00e9 depuis le proc\u00e8s du 18 octobre. Joseph Jacob meurt alcoolique \u00e0 Marseille dans l&rsquo;oubli le 03 juillet 1905.\u00a0 Marie Jacob connait, elle, une trajectoire autrement diff\u00e9rente et assur\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 celle de l&rsquo;ill\u00e9galisme de sa seule et aim\u00e9e prog\u00e9niture dont elle partage assur\u00e9ment les id\u00e9es.<\/p>\n<p>Marie Jacob plie bagages en 1902 et dit au revoir \u00e0 Marseille. Les visites incessantes de la Rousse, son mari qui sombre dans l&rsquo;alcoolisme ont tr\u00e8s certainement finit par la lasser. Elle est libre et a d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre Alexandre \u00e0 Toulouse o\u00f9, comme \u00e0 Bordeaux apr\u00e8s le coup de la rue Quincampoix (06 octobre 1901), Alexandre le voleur tient boutique pour se cr\u00e9er un paravent officiel. Marie s&rsquo;en occupe certainement avec Rose Roux pendant les nombreuses absences du voleur anarchiste. Nous ne savons pas o\u00f9 se trouve exactement ce commerce ni m\u00eame le type de produit vendus. Antiquaire comme \u00e0 Paris\u00a0? Toujours est-il que lorsqu&rsquo;Alexandre regagne la capitale au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1902, Marie reste dans la ville rose jusqu&rsquo;au mois de d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e, puis, rejoint son fils.<\/p>\n<p>Le m\u00e9nage, form\u00e9 d&rsquo;Alexandre Jacob, de Rose Roux et de Marie Jacob, s&rsquo;installe rue Leibniz, dans le 18 e arrondissement. L&rsquo;appartement, lou\u00e9 \u00e0 un certain M. Schweck, est suffisamment vaste pour, \u00e9ventuellement, accueillir F\u00e9lix Bour et sa compagne L\u00e9ontine Tissandier, mais aussi pour servir de lieu de rendez-vous. On y discute les vols que l&rsquo;on doit commettre et on y partage au retour le produit de ces vols. La troupe s&rsquo;est \u00e9toff\u00e9e et le festival de cambriolages peut recommencer.<\/p>\n<p>Il ne fait aucun doute que Marie Jacob participe aux activit\u00e9s criminelles des Travailleurs de la Nuit. Et c&rsquo;est \u00e0 ce titre, qu&rsquo;elle est inculp\u00e9e en 1903 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 appr\u00e9hend\u00e9e avec Rose Roux \u00e0 son domicile.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marie-jacob.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-201\" title=\"Caricature de Marie Jacob au moment du proc\u00e8s d\\'Amiens\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marie-jacob-300x293.jpg\" alt=\"Caricature de Marie Jacob au moment du proc\u00e8s d\\'Amiens\" width=\"153\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marie-jacob-300x293.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marie-jacob.jpg 514w\" sizes=\"(max-width: 153px) 100vw, 153px\" \/><\/a>L&rsquo;arrestation d&rsquo;Alexandre Jacob et de L\u00e9on P\u00e9lissard, le 23 avril 1903, marque le d\u00e9but de l&rsquo;instruction men\u00e9e contre la \u00ab bande sinistre\u00a0\u00bb. Deux jours plus tard, les agents du chef de la s\u00fbret\u00e9 parisienne Hamard retrouvent au 82 de la rue Leibniz divers outils de cambrioleurs et pl\u00e9thore d&rsquo;objets et d&rsquo;habits. Pensant qu&rsquo;il s&rsquo;agit du repaire des voleurs surpris \u00e0 Abbeville et ayant tu\u00e9 \u00e0 Pont R\u00e9my l&rsquo;agent Pruvost, une sourici\u00e8re est tendue et, dans la nuit 27 au 28 avril, F\u00e9lix Bour, qui a d&rsquo;abord r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 la police picarde, ne peut que se rendre. Petit \u00e0 petit, la prison d&rsquo;Abbeville accueille un nombre si important d&rsquo;accus\u00e9s que l&rsquo;affaire des bandits anarchistes promet une retentissante couverture m\u00e9diatique. Marie Jacob y est intern\u00e9e depuis le 28 avril 1903.<\/p>\n<p>Elle a 43 ans et est imm\u00e9diatement mise au secret. Pendant cinq mois, elle subit l&rsquo;isolement, les pressions du juge d&rsquo;instruction Hatt\u00e9 et du gardien-chef Ruffian pour la faire avouer et pour qu&rsquo;elle d\u00e9nonce son cambrioleur de fils<a name=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\"><sup><sup>[7]<\/sup><\/sup><\/a> qui, depuis, garde une ranc\u0153ur exacerb\u00e9e \u00e0 l&rsquo;encontre du magistrat instructeur. Mais Marie Jacob tient bon et, lors du proc\u00e8s d&rsquo;Amiens, deux ans plus tard, elle ne manque pas de d\u00e9noncer les conditions de sa d\u00e9tention et les pressions qu&rsquo;elle a subies.<\/p>\n<p>Le proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit s&rsquo;ouvre le 08 mars 1905\u00a0; l&rsquo;\u00e9poque est au sentiment d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 galopante, sentiment largement entretenue par la presse. Si le fils apparait de facto comme un malfaiteur des plus dangereux, rien d&rsquo;\u00e9tonnant alors que sa g\u00e9nitrice soit d\u00e9crite &#8211; d\u00e9lit de sale gueule oblige &#8211; comme disposant d&rsquo;une<em> mauvaise physionomie<a name=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\"><strong>[8]<\/strong><\/a><\/em>. Me Justal, du barreau de Paris, assure la d\u00e9fense d&rsquo;Alexandre et de Marie Jacob. La session des assises d&rsquo;Amiens connait de nombreux rebondissements\u00a0; Alexandre Jacob y joue les vedettes, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 provoquer les jur\u00e9s, les t\u00e9moins et le tribunal tout entier. Il cherche en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 all\u00e9ger les charges pesant sur ses vingt-deux co-accus\u00e9s. C&rsquo;est aussi ce \u00e0 quoi s&rsquo;att\u00e8le l&rsquo;avocat de Marie Jacob, tentant de d\u00e9monter les accusations de complicit\u00e9, de recel et d&rsquo;association de malfaiteur. Pour lui, le 20 mars 1905, il ne fait aucun doute que Marie Jacob soit innocente\u00a0:<\/p>\n<p><em>La d\u00e9fense de la veuve Jacob<\/em><\/p>\n<p><em>Me Justal prononce pour la veuve Jacob une courte mais tr\u00e8s belle plaidoirie. Son argumentation est tr\u00e8s serr\u00e9e. Il a aujourd&rsquo;hui un d\u00e9bit pr\u00e9cipit\u00e9. L&rsquo;heure avance. Les jur\u00e9s semblent fatigu\u00e9s. Me Justal, habitu\u00e9 de la cour d&rsquo;assises, le sent.<\/em><\/p>\n<p><em>La veuve Jacob est accus\u00e9e d&rsquo;avoir favoris\u00e9 une association de malfaiteurs. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une d\u00e9p\u00eache qu&rsquo;on trouve contre elle cependant, parmi la nombreuse correspondance \u00e9chang\u00e9e entre les divers accus\u00e9s. Et cette d\u00e9p\u00eache, arriv\u00e9e chez elle, rue Leibnitz, \u00e9tait pour Jacob. Du reste la rue Leibnitz \u00e9tait le domicile de Jacob. Elle vivait chez son fils.<\/em><\/p>\n<p><em>La veuve Jacob est poursuivie aussi pour avoir recel\u00e9 le produit du vol des Roches. L\u00e9ontine<\/em><\/p>\n<p><em>Tissandier a d\u00e9clar\u00e9 que les objets soustraits avaient \u00e9t\u00e9 port\u00e9s au domicile de la veuve Jacob, rue Leibnitz. Mais ce fait est formellement contredit par la police, par l&rsquo;agent Le Guerf qui a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la barre que ces objets n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 port\u00e9s rue Leibnitz.<\/em><\/p>\n<p><em>Lorsque fut commis le vol de la cath\u00e9drale de Tours, la veuve Jacob \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Tenon. Elle y est rest\u00e9e vingt jours apr\u00e8s ce vol. Elle n&rsquo;a donc pu receler les tapisseries de la cath\u00e9drale de Tours.<\/em><\/p>\n<p><em>La veuve Jacob appartient \u00e0 une excellente famille. Elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie \u00e0 Marseille et \u00e0 Toulouse.<\/em><\/p>\n<p><em>Cela r\u00e9sulte de certificats dont Me Justal donne lecture au jury.<\/em><\/p>\n<p><em>La veuve Jacob ne vient \u00e0 Paris qu&rsquo;\u00e0 la fin de 1902. <strong>Elle ignorait ce que son fils faisait<\/strong>.<\/em><\/p>\n<p><em>Elle vivait du produit de ses divers commerces et d&rsquo;un h\u00e9ritage paternel. Dans cet h\u00e9ritage se trouvait une maison dont la vente s&rsquo;\u00e9leva \u00e0 17000 francs environ. Une autre maison en faisait partie.<\/em><\/p>\n<p><em>&#8211; Si donc, dit Me Justal en terminant, on a saisi sur cette femme des sommes dont il a \u00e9t\u00e9 parl\u00e9 si souvent, ces sommes n&rsquo;avaient pas une provenance suspecte. Je vous ai demand\u00e9 pour<\/em><\/p>\n<p><em>Jacob justice. Je vous demande pour sa m\u00e8re la m\u00eame justice ; mais pour elle, ce doit \u00eatre la lib\u00e9ration<a name=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\"><strong>[9]<\/strong><\/a><\/em>.<\/p>\n<p>Mais le 22 mars, les jur\u00e9s n&rsquo;ont pas entendu la plaidoirie de Me Justal. Marie Jacob est reconnue coupable\u00a0: cinq ans de prison. A l&rsquo;initiative tr\u00e8s certainement des avocats parisiens, dix des condamn\u00e9s d&rsquo;Amiens dont Jacques Sautarel et Marie Jacob se sont pourvus en cassation. L&rsquo;absence de preuves est invoqu\u00e9e mais tr\u00e8s certainement aussi l&rsquo;incident violent de la sixi\u00e8me audience au cours duquel Alexandre Jacob et quelques-uns des accus\u00e9s furent expuls\u00e9s de la salle d&rsquo;audience du tribunal. Le pr\u00e9sident Wehekind aurait aussi proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du jury d&rsquo;une mani\u00e8re contraire \u00e0 l&rsquo;organisation pr\u00e9vue par la loi. Le 9 juin, l&rsquo;arr\u00eat de la cour d&rsquo;assises de la Somme est cass\u00e9 pour vices de forme. C&rsquo;est alors \u00e0 Laon que doit des tenir le dernier des proc\u00e8s impliquant les Travailleurs de la Nuit. Il occupe huit audiences, du mardi 24 septembre au mercredi 1<sup>er<\/sup> octobre 1905 et permet \u00e0 Marie Jacob, toujours d\u00e9fendue par Me Justal, de retrouver sa libert\u00e9. L&rsquo;acquittement survient apr\u00e8s plus de deux ann\u00e9es pass\u00e9es derri\u00e8re les barreaux.<\/p>\n<p>Marie Jacob se retrouve sans ressource et tente de r\u00e9cup\u00e9rer les biens saisis lors de son arrestation. Elle peut b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;aide d&rsquo;au moins deux des Travailleurs de la Nuit lib\u00e9r\u00e9s (Augain et Sautarel) et des compagnons libertaires. Le 19 octobre, le journal <em>L&rsquo;anarchie<\/em> d&rsquo;Albert Libertad lance une souscription pour lui venir en aide<a name=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\"><sup><sup>[10]<\/sup><\/sup><\/a>. Son fils, intern\u00e9 au d\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9, lui conseille le 3 d\u00e9cembre d&rsquo;aller se rendre au si\u00e8ge du Libertaire mais aussi de r\u00e9cup\u00e9rer les droits d&rsquo;auteurs qui lui reviennent aupr\u00e8s de quelques journaux (entre autres <em>Le Journal<\/em> et <em>Le Courrier belge<\/em>) qu&rsquo;un certain Astruc, \u00e9tabli \u00e0 Suresnes, \u00e9tait charg\u00e9 d&rsquo;encaisser par le biais tr\u00e8s vraisemblablement de M<sup>e<\/sup> Justal.<\/p>\n<p>Peu \u00e0 peu, la situation de Marie Jacob s&rsquo;am\u00e9liore. Elle demeure dans un petit meuble du XI<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris, passage Etienne Delaunay, et trouve \u00e0 s&#8217;employer dans un atelier de triage de plumes. Mais, elle cherche, sur l&rsquo;initiative de Jeanne la s\u0153ur de Rose Roux, \u00e0 travailler dans les th\u00e9\u00e2tres de la capitale. Par ce biais, elle devient autour de 1913 la couturi\u00e8re de Romanitza, artiste appartenant au Th\u00e9\u00e2tre National de l&rsquo;Op\u00e9ra. Marguerite Manulescu, de son vrai nom, est n\u00e9e le 11 d\u00e9cembre 1886 \u00e0 Bucarest<a name=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>. Elle se marie le 24 d\u00e9cembre 1917, dans le 6<sup>e<\/sup> arrondissement de Paris, avec Me Andr\u00e9 Simon Aron, inscrit au barreau de la capitale comme avocat \u00e0 la cour d&rsquo;appel. Mais Andr\u00e9 Aron est aussi homme d&rsquo;affaire, intimement li\u00e9 au s\u00e9nateur-maire de Cahors Anatole de Monzie. Andr\u00e9 Aron navigue dans les sph\u00e8res politiques et gouvernementales.<\/p>\n<p>Son couple appr\u00e9cie Marie Jacob et conna\u00eet de longue date le cas de son fils. L&rsquo;amiti\u00e9 que lui donne le couple Aron, dont la conduite est qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0<em>douteuse et sujette \u00e0 caution<\/em> \u00bb par la police parisienne, laisse en effet entrevoir d&rsquo;heureuses perspectives quant aux d\u00e9marches qu&rsquo;elle entreprend pour son bagnard de fils.<\/p>\n<p>Depuis sa lib\u00e9ration le 1<sup>er<\/sup> octobre 1906, Marie Jacob s&rsquo;est fix\u00e9e un but\u00a0: faire sortir son enfant de l&rsquo;enfer guyanais. Elle entretient depuis l&rsquo;internement d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 la prison d&rsquo;Orl\u00e9ans en avril 1905 une intense correspondance qui ne cesse qu&rsquo;au retour du fils prodigue en 1925\u00a0! Par, le biais des lettres, le plus souvent cod\u00e9es, qu&rsquo;il lui envoie tous les mois, et m\u00eame parfois plus souvent, Alexandre Jacob organise sa survie, demande un nombre incroyables de livres, \u00e9tablit des plans d&rsquo;\u00e9vasion. Marie, la bonne m\u00e8re s&rsquo;ex\u00e9cute\u00a0; elle sert de boite aux lettres, de relais\u00a0; elle envoie livres et colis\u00a0; elle va solliciter l&rsquo;aide des compagnons anarchistes d\u00e8s 1906.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3173\" title=\"Marie Jacob, avril 1903\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903-300x193.jpg\" alt=\"\" width=\"153\" height=\"98\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903-300x193.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-1903.jpg 401w\" sizes=\"(max-width: 153px) 100vw, 153px\" \/><\/a>En janvier &#8211; mars 1908, l&rsquo;affaire Affaire Olga Kazelnelson provoque le classement du matricule 34777 dans la cat\u00e9gorie B des intern\u00e9s aux \u00eeles du Salut. Charles Malato avait trouv\u00e9 une jeune femme d&rsquo;origine russe qui aurait accept\u00e9 de contracter un mariage blanc avec Jacob afin que celui-ci puisse \u00eatre envoy\u00e9 en concession sur le continent et, de l\u00e0, s&rsquo;\u00e9vader comme le fit Cl\u00e9ment Duval en 1901. L&rsquo;administration P\u00e9nitentiaire, mis au courant par les services de la S\u00fbret\u00e9 parisienne, fait avorter le projet dont Marie Jacob semble avoir \u00e9t\u00e9 un des pivots.<\/p>\n<p>La m\u00e8re du bagnard ne baisse pas les bras devant cet \u00e9chec. D&rsquo;autres suivront. En mai 1910, l&rsquo;AP met la main sur deux revolvers, cach\u00e9s dans des boites de sardines, adress\u00e9s au for\u00e7at Fau et semble-t-il destin\u00e9s \u00e0 Jacob. Les boites de conserve \u00e9taient exp\u00e9di\u00e9es de Paris\u00a0! Sept ans plus tard, apparait Emilienne dans la correspondance du bagnard. Marie Jacob doit envoyer du mat\u00e9riel \u00e0 son fils et \u00e0 Dieudonn\u00e9 pour leur fuite. Mais l&rsquo;ancien membre de la bande \u00e0 Bonnot tombe malade et le projet rate, une fois encore.<\/p>\n<p>Marie Jacob utilise aussi les relais officiels. Elle multiplie les lettres au minist\u00e8re des colonies, \u00e0 la pr\u00e9sidence de\u00a0 la R\u00e9publique, pour d\u00e9noncer les conditions de d\u00e9tentions de son enfant, pour implorer la possibilit\u00e9 d&rsquo;envoyer du lait concentr\u00e9 alors que ce dernier souffre du scorbut dans les cachots de l&rsquo;\u00eele Saint Joseph, ou encore, pour demander une mesure de gr\u00e2ce. Toutes se perdent dans la rigidit\u00e9 bureaucratique et administrative de la machine bagne. Les missives de la m\u00e8re sont b\u00e2ties sur un mod\u00e8le r\u00e9current. Il s&rsquo;agit se soulever l&rsquo;apitoiement et la commis\u00e9ration comme elle peut le faire le 10 janvier 1910. Le ton larmoyant n&rsquo;\u00e9meut pas la commission de recours en gr\u00e2ce qui, le 21 f\u00e9vrier,\u00a0 rejette la demande d&rsquo;une <em>m\u00e8re bris\u00e9e par des chagrins exceptionnels<\/em> et dressant le portrait d&rsquo;un homme &#8211; Alexandre Jacob &#8211; victime de son p\u00e8re et de mauvaises fr\u00e9quentations.<\/p>\n<p>M\u00eame son de cloche dix ans plus tard, le 31 mars 1920\u00a0: <em>en m\u00eame temps, Monsieur le Ministre, je fais appel \u00e0 votre piti\u00e9 pour que mon malheureux enfant qui subit sa peine depuis dix-sept ans obtienne enfin une mesure de gr\u00e2ce ou tout au moins son envoi en concession<\/em>. Alexandre Jacob est au bagne depuis 14 ans. Sa m\u00e8re fait le d\u00e9compte des ann\u00e9es de d\u00e9tention \u00e0 partir de l&rsquo;arrestation de son fils \u00e0 Pont R\u00e9my le 23 avril 1903. Nouveau refus.<\/p>\n<p>En France, le d\u00e9bat sur le bagne est lanc\u00e9 \u00e0 la suite des reportages d&rsquo;Albert Londres. D\u00e8s son retour de Guyane, le c\u00e9l\u00e8bre reporter rencontre Marie Jacob<a name=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\"><sup><sup>[12]<\/sup><\/sup><\/a> et lui apporte son soutien, affirmant s&rsquo;\u00eatre longuement entretenu avec son fils alors qu&rsquo;il visitait les \u00eeles du Salut<a name=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\"><sup><sup>[13]<\/sup><\/sup><\/a>. Il y a bien un effet Albert Londres secouant l&rsquo;opinion publique et l&rsquo;inertie gouvernementale sur la question de la transportation. Les appels \u00e0 l&rsquo;aide et au soutien de Marie Jacob trouvent alors d&rsquo;autant plus d&rsquo;\u00e9cho que le comportement du fils aux \u00eeles du salut peut laisser croire \u00e0 un possible amendement que viennent \u00e9tayer de nombreux t\u00e9moignages.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-202\" title=\"Marie Jacob 1903\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-207x300.jpg\" alt=\"Marie Jacob 1903\" width=\"110\" height=\"160\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob-207x300.jpg 207w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-jacob.jpg 221w\" sizes=\"(max-width: 110px) 100vw, 110px\" \/><\/a>La fortune et l&rsquo;amiti\u00e9 d&rsquo;Andr\u00e9 Aron, ses relations, mais aussi la victoire du cartel des gauches en 1924 autorisent un nouvel espoir pour Marie Jacob. Le 12 d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e, elle s&rsquo;adresse une nouvelle fois au ministre de la justice et, le 17 janvier de l&rsquo;ann\u00e9e suivante, au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. La campagne de lib\u00e9ration d&rsquo;Alexandre Jacob est lanc\u00e9e. Comme \u00e0 son habitude Marie Jacob utilise un ton larmoyant et c&rsquo;est toujours\u00a0<em>une pauvre vieille m\u00e8re \u00e9plor\u00e9e<\/em> qui supplie le chef de l&rsquo;\u00e9tat<a name=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\"><sup><sup>[14]<\/sup><\/sup><\/a>. Pourtant, la situation a chang\u00e9. De nombreux politiques, dont le d\u00e9put\u00e9 de la seine Pierre Laval, interc\u00e8dent en la faveur du bagnard.<\/p>\n<p>Outre Albert Londres, le docteur Louis Rousseau (ancien m\u00e9decin du bagne et ami de Jacob), Jacques Sautarel (bijoutier et ancien compagnons de l&rsquo;ill\u00e9galiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Travailleurs de la Nuit), les \u00e9poux Aron et d&rsquo;anciens fonctionnaires de l&rsquo;Administration P\u00e9nitentiaires viennent apporter leur soutien dans les colonnes du journal <em>Le Peuple<\/em> puis dans celle du <em>Quotidien<\/em>.<\/p>\n<p>Les articles de Francis Million et ceux de Louis Roubaud soulignent, en 1925, <em>Le calvaire d&rsquo;une m\u00e8re<\/em> (27 f\u00e9vrier) mais aussi son incroyable t\u00e9nacit\u00e9.et ses les efforts acharn\u00e9s \u00e0 revoir son fils, sans pour autant \u00eatre dupes d&rsquo;une l\u00e9gitime mauvaise foi de sa part\u00a0: <em>J&rsquo;ai re\u00e7u la visite d&rsquo;une pauvre femme qui m&rsquo;a racont\u00e9 la plus navrante histoire<\/em> \u00e9crit Million le 27 f\u00e9vrier<a name=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\"><sup><sup>[15]<\/sup><\/sup><\/a>.\u00a0<em>C&rsquo;est une vieille en v\u00eatement sombre, pauvre et propre. Elle est devant moi \u00e9mue comme devant un juge. Elle se garde bien de dire toute la v\u00e9rit\u00e9. Elle passe sur les fautes,<\/em> \u00e9crit Roubaud le 10 mars<a name=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\"><sup><sup>[16]<\/sup><\/sup><\/a>. Mais la dignit\u00e9 de Marie Jacob, ainsi d\u00e9crite, ne peut que rejaillir sur son bagnard de fils. Pour Roubaud comme pour Millon, Alexandre Jacob n&rsquo;est plus un danger pour la soci\u00e9t\u00e9 et c&rsquo;est \u00e0\u00a0 ce titre que les deux journalistes demandent la lib\u00e9ration\u00a0 du bagnard.<\/p>\n<p>Une p\u00e9tition, \u00e0 l&rsquo;initiative de Romanitza Aron et de Jacques Sautarel, est m\u00eame lanc\u00e9e pour faire revenir en France l&rsquo;ancien voleur. Le 8 juillet 1925, Gaston Doumergue accueille favorablement la requ\u00eate de Marie Jacob. La peine de travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 est commu\u00e9e en une peine de cinq ann\u00e9es de r\u00e9clusion \u00e0 purger en m\u00e9tropole. Le 24 ao\u00fbt 1925, le for\u00e7at Jacob quitte les \u00eeles du Salut pour Saint Laurent du Maroni<a name=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\"><sup><sup>[17]<\/sup><\/sup><\/a>. Le 7 septembre, le gouverneur Chanel, qui lui aussi donna de bons renseignements sur le compte de l&rsquo;anarchiste, \u00e9crit une note organisant le transfert de l&rsquo;ex-transport\u00e9 34777. Le 18 octobre 1925, l&rsquo;ancien bagnard est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de Saint Nazaire. Il porte le num\u00e9ro d&rsquo;\u00e9crou 666<a name=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\"><sup><sup>[18]<\/sup><\/sup><\/a>. Alexandre Jacob va pouvoir revoir sa m\u00e8re et l&#8217;embrasser apr\u00e8s plus de vingt ans de s\u00e9paration forc\u00e9e.<\/p>\n<p>Marie Jacob sait que son enfant n&rsquo;est pas libre pour autant\u00a0; il n&rsquo;a fait que changer de r\u00e9sidence. L&rsquo;intercession des \u00e9poux Aron et d&rsquo;autres courriers enflamm\u00e9s permettent de faire transf\u00e9rer le prisonnier de Rennes, o\u00f9 il est intern\u00e9 depuis le passage \u00e0 saint Nazaire, sur la centrale de Melun, puis sur celle de Fresnes le 03 ao\u00fbt 1926. La correspondance entre le fils et la m\u00e8re peut cesser. Celle-ci de Paris o\u00f9 elle r\u00e9side vient certainement le voir aussi souvent que les r\u00e8glements p\u00e9nitentiaires le permettent. Elle sait aussi la lib\u00e9ration et la fin du calvaire proche car elle a obtenu le 19 juin de cette ann\u00e9e une remise de peine par un nouveau d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel. Les portes de la prison de Fresnes s&rsquo;ouvrent pour Alexandre Jacob le 30 d\u00e9cembre 1927. Marie Jacob a 67 ans.<\/p>\n<p>Elle h\u00e9berge son fils au 1 du passage Etienne Delaunay. C&rsquo;est lui qui fait vivre ce m\u00e9nage atypique. Alexandre est chef d&rsquo;atelier pour la maison Marivaux, entreprise sous-traitante des magasins Le Printemps, \u00a0puis marchand forain \u00e0 partir de 1931. Il fait semble-t-il la fiert\u00e9 de sa m\u00e8re qui peut s&rsquo;enorgueillir du charisme intact de son rejeton\u00a0:<\/p>\n<p><em>A ma lib\u00e9ration, ma pauvre m\u00e8re aimait \u00e0 me pr\u00e9senter \u00e0 ses amis. Pour lui faire plaisir, j&rsquo;acceptais mais quelle corv\u00e9e. Je ne pouvais pourtant pas mettre mes yeux dans ma poche. Au d\u00e9but, en entrant, je baissais bien un peu les volets mais, d\u00e8s qu&rsquo;ils s&rsquo;ouvraient, je tapais dans l&rsquo;\u0153il d&rsquo;une femme et cela sans la moindre intention de ma part. C&rsquo;est bien simple, dans le m\u00eame mois, ma m\u00e8re re\u00e7ut trois demandes en mariage. Et les autres, vex\u00e9es de mon indiff\u00e9rence, me traitaient de satire. La maman \u00e9tait fi\u00e8re, contente du succ\u00e8s f\u00e9minin de son fils. Mais moi, j&rsquo;en \u00e9tais exc\u00e9d\u00e9. A l&rsquo;atelier, m\u00eame jeu avec bon nombre d&rsquo;ouvri\u00e8res. Dans le m\u00e9tro, j&rsquo;aurais fait plus de dix touches tous les jours si telles avaient \u00e9t\u00e9 mes intentions, mon d\u00e9sir<\/em>. (lettre \u00e0 Josette Passas, 29 juin 1954<a name=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-et-alexandre-jacob-date-inconnue.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3174\" title=\"Marie et Alexandre Jacob, 1939 ?\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/marie-et-alexandre-jacob-date-inconnue.jpg\" alt=\"\" width=\"177\" height=\"157\" \/><\/a>Alexandre Jacob ne se plait plus \u00e0 Paris\u00a0; Marie Jacob le suit en province, au lieu-dit Les Fr\u00e9chots, commune de Fleury la Vall\u00e9e dans l&rsquo;Yonne pr\u00e8s d&rsquo;Auxerre \u00e0 partir de 1935. La vieille femme s&rsquo;occupe de la maison pendant qu&rsquo;Alexandre, dont le barnum porte le pr\u00e9nom Marius parce que celui-ci revenait moins cher \u00e0 faire graver, vend de la bonneterie sur les march\u00e9s du Val de Loire.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;article <em>Jean Valjean<\/em> d&rsquo;Alexis Danan, paru dans le magazine <em>Voil\u00e0<\/em> le 18 mai 1935, Alexandre Jacob annonce qu&rsquo;il va se mettre en m\u00e9nage <em>avec la femme d&rsquo;un copain. Il est tellement obnubil\u00e9 par ses id\u00e9es qu&rsquo;il la n\u00e9glige<\/em>. La tribu qu&rsquo;il forme avec sa m\u00e8re, sa femme et les deux filles de celle-ci, se retrouvent quand le forain n&rsquo;est pas en tourn\u00e9e. Mais le couple que forme Jacob avec la femme Berthelot ne tient gu\u00e8re plus de deux ans. Sur les dires de Pierre Valentin Berthier<a name=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\"><sup><sup>[20]<\/sup><\/sup><\/a>, qui nous a aussi confirm\u00e9 l&rsquo;\u00e9chec de cette union, Bernard Thomas a pu broder que la compagne de Jacob dilapidait le p\u00e9cule gagn\u00e9 sur les foires, que ses deux filles volaient et se prostituaient\u00a0: <em>Le malentendu s&rsquo;est aggrav\u00e9. Il a jet\u00e9 le trio dehors un beau matin<\/em><a name=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\"><sup><sup>[21]<\/sup><\/sup><\/a>. Nous n&rsquo;en savons gu\u00e8re plus et ne nous hasarderons pas \u00e0 cr\u00e9diter cette hypoth\u00e8se aux relents de voyeurisme \u00e9ditorial.<\/p>\n<p>Mais Alexandre Jacob ne se retrouve pas seul tr\u00e8s longtemps. Le 22 janvier 1940, Pauline Louise Henriette Charron, n\u00e9e le 9 ao\u00fbt 1883 \u00e0 Yerres (Seine et Oise), \u00e9pouse en seconde noce le vieux marchand forain<a name=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\"><sup><sup>[22]<\/sup><\/sup><\/a>. Le mariage a lieu \u00e0 Reuilly.\u00a0 C&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9sident les Jacob depuis 1939, fort probablement pour \u00eatre plus proches des amis rencontr\u00e9s sur les march\u00e9s et les foires\u00a0; Pierre Valentin Berthier habite Issoudun, Louis Briselance r\u00e9side \u00e0 D\u00e9ols.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob assiste en spectateur \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise et \u00e0 l&rsquo;exode qui marque l&rsquo;Indre du 5 au 20 juin 1940.La famille Jacob du hameau de Bois Saint Denis vit tranquillement en zone libre sous administration de Vichy. Il ne participe \u00e0 aucune action de r\u00e9sistance et ne s&rsquo;enrichit pas de la pratique du march\u00e9 noir comme nombre de ses confr\u00e8res. C&rsquo;est ce qu&rsquo;Alexandre Jacob explique au doctorant Jean Maitron le 2 juin 1949\u00a0:<\/p>\n<p><em>Pendant la guerre, j&rsquo;aurais pu, comme la plupart de mes confr\u00e8res, r\u00e9aliser une fortune et me trouver ainsi ce jour \u00e0 l&rsquo;abris du besoin. Je ne l&rsquo;ai pas fait, non par motif d&rsquo;\u00e9thique, mais juste que je ne pouvais le faire. Ma pauvre m\u00e8re au lit, avec deux jambes cass\u00e9es, ma compagne gravement malade, pr\u00e9lude de son infirmit\u00e9 pr\u00e9sente. Circonstances qui m&rsquo;interdirent tout d\u00e9placement. Or les affaires fructueuses ne se traitant pas par correspondance, mais en personne, j&rsquo;ai d\u00fb me contenter de commercer avec de minces r\u00e9partitions, au compte-gouttes.<\/em><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tombes.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright size-thumbnail wp-image-334\" title=\"premi\u00e8re tombe d\\'Alexandre Jacob\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tombes.jpg\" alt=\"premi\u00e8re tombe d\\'Alexandre Jacob\" width=\"149\" height=\"232\" \/><\/a><\/p>\n<p>Marie Jacob est malade et le lien oedipien que le tout jeune mari\u00e9 entretient avec sa m\u00e8re finit par se briser en 1941. Le 18 juin de cette ann\u00e9e, Marie Jacob d\u00e9c\u00e8de \u00e0 81 ans, tr\u00e8s certainement des suites de fractures aux jambes<a name=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\"><sup><sup>[23]<\/sup><\/sup><\/a>. <em>Sur la tombe de sa m\u00e8re, celle qui donna toute sa vie \u00e0 Alexandre, il fit graver\u00a0: \u00ab\u00a0Ce fut une m\u00e8re sublime<\/em> \u00bb<a name=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\"><sup><sup>[24]<\/sup><\/sup><\/a>. Ce fut aussi et surtout un personnage important, majeur de la vie d&rsquo;un honn\u00eate cambrioleur.<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Sergent Alain, <em>Un anarchiste de la Belle Epoque<\/em>, Le Seuil, 1950,\u00a0 p.16.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Thomas Bernard, <em>Jacob<\/em>, Tchou, 1970<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Sergent Alain, op. cit., p.17.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Thomas Bernard, op. cit., p.41.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Archives priv\u00e9es, lettre d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 Josette Passas, 12 f\u00e9vrier 1953.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Jacob Alexandre, <em>Souvenirs rassis d&rsquo;un demi-si\u00e8cle<\/em>.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Alexandre Jacob, <em>Ecrits<\/em>, Insomniaque 1995, volume I, p.149, lettre d&rsquo;Alexandre Jacob \u00e0 sa m\u00e8re 3 juillet 1905 : <em>On arrache une pauvre femme de son lit o\u00f9 elle est clou\u00e9e par la maladie, on l&rsquo;arr\u00eate, on lui saisit ses quatre guenilles et ses quelques \u00e9conomies, fruit de vingt ans de labeur ; puis on la jette en prison. L\u00e0 pendant cinq mois, on la tient recluse entre quatre murs, la laissant \u00e0 la merci d&rsquo;une vieille guenon enjuponn\u00e9e, aux dents suspectes, puant d&rsquo;hyst\u00e9rie, qui met \u00e0 contribution toutes ses ruses de d\u00e9vote hypocrite et cruelle pour la faire souffrir, non sans \u00eatre assist\u00e9e de son m\u00e2le. de temps \u00e0 autre, on l&rsquo;interroge. Elle ne veut pas r\u00e9pondre. c&rsquo;est son droit, du reste. Mais cela ne pla\u00eet pas au juge : \u00ab\u00a0<\/em>Ah ! Ces lois maladroites qui ont supprim\u00e9 la torture ! Quel dommage ! Ce serait le ces cependant de les appliquer<em>\u00ab\u00a0. Et le bon juge ne pouvant lui faire arracher les ongles, lui couper un poignet ou une oreille, se contente de la laisser \u00e0 l&rsquo;isolement. \u00ab\u00a0<\/em>Votre fils est un bandit, lui dit-on de temps en temps. &#8211; C&rsquo;est possible ; mais je l&rsquo;aime. &#8211; Alors, vous aimez les coquins ? &#8211; Non puisque je vous hais<em>\u00ab\u00a0. Ho ! L&rsquo;insolente ! La cynique ! qui ose aimer son fils et ha\u00efr ses bourreaux ! Allez, vite, vite, au cachot. Un beau jour, on se ressouvient d&rsquo;elle ; on daigne la juger<\/em>.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> <em>Le Petit Parisien<\/em>, 09 mars 1905.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris, dossier de presse \u00ab\u00a0la bande sinistre et ses exploits\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a name=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> <em>La m\u00e8re de notre camarade Jacob, condamn\u00e9 pour vol\u00a0 \u00e0 main arm\u00e9e sans costume de soldat et sans patente, sortant de faire dix-huit mois de prison pr\u00e9ventive, est dans un complet d\u00e9nuement, ce qui se comprend. il est ouvert une souscription<\/em>.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Archives Contemporaines de Fontainebleau, cote19940432, article 233, dossier 21753 : Aron Andr\u00e9 1930.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn12\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Fonds Jacob, CIRA Marseille.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn13\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Archives Nationales, BB<sup>24<\/sup> 1012 dossier 2818 S 05.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn14\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> A.N., BB<sup>24<\/sup> 1012 dossier 2818 S 05.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Million Francis, <em>Le Peuple<\/em>, 27 f\u00e9vrier 1925.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn16\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> Roubaud Louis, <em>Le Quotidien<\/em>, 10 mars 1925.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn17\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> Archives nationales de\u00a0 l&rsquo;Outre Mer., H1481\/Jacob.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn18\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> Archives D\u00e9partementales de Loire Atlantique, 6Y23.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn19\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> Archives priv\u00e9es, Josette Duc-Passas<\/p>\n<p><a name=\"_ftn20\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> Interview de Pierre Valentin Berthier, 14 f\u00e9vrier 2001.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Thomas Bernard, op. cit., p.347.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn22\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> Etat civil, Reuilly.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Etat civil, Reuilly.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn24\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Nerrand Claude, \u00ab\u00a0<em><span style=\"text-decoration: underline;\">Sur les pas de Marius Jacob<\/span><\/em> \u00bb, pr\u00e9sentation de l&rsquo;exposition tenue du 5 au 25 juin 1993. Cette information, donn\u00e9e par \u00a0le pr\u00e9sident de l&rsquo;office de tourisme de Reuilly, n&rsquo;est aujourd&rsquo;hui plus v\u00e9rifiable au cimeti\u00e8re de Reuilly. La tombe de Marie Jacob a \u00e9clat\u00e9 sous l&rsquo;effet d&rsquo;un gel hivernal en 1999.<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Marie Jacob N\u00e9e \u00e0 La Crau (Var) le 08 juillet 1860, Morte \u00e0 Reuilly (Indre) le 18 juin 1941 Marie Elisabeth Berthou, une fille de la Provence pour Alain Sergent[1]. La m\u00e8re d&rsquo;Alexandre Jacob est finalement assez peu connue, confin\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement dans une esp\u00e8ce de second r\u00f4le alors que son existence est si ins\u00e9parable de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[4],"tags":[29,180,3598,738,710,106,861,3781,303,2712,196,32,112,3773,3777,2995,850,188,725,3779,3780,3774,976,411,49,121,1410,1143,244,176,1270,3775,154,446,122,30,606,85,148,326,3621,193,28,44,116,5396,3778,3253,1531,823,752,24,3776,173],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3172"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3172"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3172\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}