{"id":3021,"date":"2013-03-16T01:10:20","date_gmt":"2013-03-15T23:10:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=3021"},"modified":"2012-09-09T14:21:24","modified_gmt":"2012-09-09T12:21:24","slug":"malato","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2013\/03\/malato\/","title":{"rendered":"Malato"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/charles-malato.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3022\" title=\"Charles Malato\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/charles-malato.jpg\" alt=\"\" width=\"94\" height=\"134\" \/><\/a>MALATO de CORNET Charles, Armand, Antoine.<\/p>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Foug (Meurthe-et-Moselle), le 7\u00a0septembre 1857\u00a0; mort \u00e0 Paris le 7\u00a0novembre 1938\u00a0; correcteur \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s\u00a0; \u00e9crivain\u00a0; publiciste\u00a0; militant libertaire\u00a0; franc-ma\u00e7on.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re de Charles Malato &#8211; Antoine Malato de Cornet &#8211; \u00e9tait Sicilien\u00a0; combattant de la r\u00e9volution italienne de 1848, il se r\u00e9fugia \u00e0 Toul et y \u00e9pousa une Lorraine (Marie Louise Hennequin). Condamn\u00e9 apr\u00e8s la Commune pour sa participation comme capitaine, il fut arr\u00eat\u00e9 en 1874 puis d\u00e9port\u00e9. Sa femme &#8212; qui devait y mourir &#8212; et son fils Charles, qui abandonna ses \u00e9tudes de m\u00e9decine, l&rsquo;accompagn\u00e8rent en Nouvelle-Cal\u00e9donie. Charles Malato, qui travaille sur le Caillou comme t\u00e9l\u00e9graphiste, fut un des rares, aux c\u00f4t\u00e9s de Louise Michel, \u00e0 soutenir la r\u00e9volte des Kanaks de 1878. Il revint en juin 1881.<!--more--><\/p>\n<p>Charles Malato fut un militant anarchiste actif, un publiciste et un \u00e9crivain f\u00e9cond, plus qu&rsquo;un orateur. S. Faure, dans l&rsquo;article n\u00e9crologique qu&rsquo;il lui consacra dans <em>Le Libertaire<\/em> du 17\u00a0novembre 1938, tra\u00e7a de lui ce portrait\u00a0:<\/p>\n<p><em>Certes, il poss\u00e9dait \u00e0 fond la connaissance des id\u00e9es libertaires\u00a0; il parlait une langue ch\u00e2ti\u00e9e, voire \u00e9l\u00e9gante, il s&rsquo;exprimait avec une clart\u00e9 et une pr\u00e9cision peu communes. Mais, \u00e0 la tribune, il \u00e9tait handicap\u00e9 par une timidit\u00e9 qui le privait d&rsquo;une partie de ses moyens\u00a0\u00bb\u00a0; il d\u00e9concertait ceux qui entendaient \u00ab\u00a0la voix l\u00e9g\u00e8rement<\/em><em> voil\u00e9e et le geste \u00e0 peine esquiss\u00e9 et presque h\u00e9sitant de cet homme grand, robuste, taill\u00e9 en force, dont ils savaient le courage physique<\/em>.<\/p>\n<p>En 1886, Malato fonda avec quelques amis, dont Ortiz et Pausader, dit Jacques Prolo, <em>La R\u00e9volution cosmopolite<\/em> et un groupe du m\u00eame nom qui tenait des r\u00e9unions. Il publia en 1889 un de ses principaux ouvrages, <em>Philosophie de l&rsquo;Anarchie<\/em>, dans lequel il exposait ses th\u00e9ories et d\u00e9finissait son id\u00e9al, conforme aux th\u00e8ses classiques de l&rsquo;anarchisme communiste. Toutefois, il pr\u00e9voyait une p\u00e9riode transitoire de <em>deux ou trois g\u00e9n\u00e9rations<\/em>, avant que se r\u00e9alise la soci\u00e9t\u00e9 libertaire.<\/p>\n<p>Il habitait alors 26 rue d&rsquo;Avron (20\u00e8me arr.). C&rsquo;est lui qui aurait surnomm\u00e9 Jean Grave \u00ab\u00a0le pape de la rue Mouffetard\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Collaborateur de <em>l&rsquo;Attaque<\/em>, fond\u00e9e par G\u00e9gout, il fut condamn\u00e9 avec celui-ci, le 28\u00a0avril 1890, par la cour d&rsquo;assises de la Seine, \u00e0 quinze mois de prison &#8212; qu&rsquo;ils purg\u00e8rent \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie &#8212; pour \u00ab\u00a0provocation au meurtre, pillage et incendie\u00a0\u00bb. Le m\u00eame jour, Malato fit l&rsquo;objet d&rsquo;un arr\u00eat\u00e9 d&rsquo;expulsion, qui fut rapport\u00e9 le 29\u00a0avril 1895.<\/p>\n<p>En 1892, il avait protest\u00e9 contre la campagne anti-1er\u00a0Mai men\u00e9e par S. Faure.<\/p>\n<p>Il prend part \u00e0 de nombreux complots et actions clandestines, mais son \u00ab\u00a0anarchisme insurrectionnel\u00a0\u00bb le d\u00e9signe \u00e0 la police. Contraint \u00e0 l&rsquo;exil (expuls\u00e9 car il n&rsquo;a pas encore la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise), il arrive le 4 avril 1892 \u00e0 Londres, o\u00f9 il restera deux ann\u00e9es et racontera dans \u00ab\u00a0Les joyeuset\u00e9s de l&rsquo;exil\u00a0\u00bb la vie quotidienne des r\u00e9fugi\u00e9s politiques en Angleterre. Il collabora \u00e0 <em>La Fortnighty Review<\/em> et y fit partie du groupe <em>L&rsquo;Avant-Garde<\/em>, avec Malatesta, Kropotkine, Louise Michel, groupe qui se livra en particulier \u00e0 une propagande en faveur de l&rsquo;entr\u00e9e des anarchistes dans les syndicats. C&rsquo;est \u00e0 Londres, o\u00f9 il avait eu l&rsquo;occasion de rencontrer \u00c9mile Henry, qu&rsquo;interview\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;attentat du caf\u00e9 Terminus (12\u00a0f\u00e9vrier 1894), il d\u00e9clara\u00a0: <em>L&rsquo;acte d&rsquo;\u00c9mile Henry, qui est pourtant un anarchiste de haute intelligence et de grand courage, a surtout frapp\u00e9 l&rsquo;anarchie [&#8230;] J&rsquo;approuve toute violence qui vise l&rsquo;obstacle, qui frappe l&rsquo;ennemi, non celle qui frappe aveuglement<\/em>.De retour en France en 1894, il poursuit son engagement.<\/p>\n<p>Il fut \u00e9galement particuli\u00e8rement actif pour d\u00e9noncer les pers\u00e9cutions contre les anarchistes espagnols suivant l&rsquo;attentat de la rue Cambios Nuevos (1896) et le proc\u00e8s de Montjuich et noua des realtions avec le militant espagnol Tarrida del Marmol.<\/p>\n<p>Au moment de l&rsquo;Affaire Dreyfus, et pour r\u00e9pondre aux manifestations nationalistes, il fit partie du comit\u00e9 <em>Coalition r\u00e9volutionnaire<\/em> fond\u00e9 en octobre 1898, avec S\u00e9bastien Faure, Pouget, Mirbeau, etc., pendant du <em>Comit\u00e9 de Vigilance<\/em> qui rassemblait les diff\u00e9rentes fractions socialistes, et, en 1899, il collabora au <em>Journal du Peuple<\/em> fond\u00e9 par S\u00e9bastien Faure pour d\u00e9fendre Dreyfus (n\u00b0\u00a01, 6\u00a0f\u00e9vrier, n\u00b0\u00a0299, 3\u00a0d\u00e9cembre). Cette m\u00eame ann\u00e9e, le 12\u00a0juin, Malato fut \u00e0 nouveau condamn\u00e9, cette fois \u00e0 50\u00a0f d&rsquo;amende, par la 8e chambre du tribunal correctionnel, pour port d&rsquo;arme prohib\u00e9e suite \u00e0 son arrestation lors de manifestation antiroyaliste et antinationaliste tenue la veille \u00e0 Longchamp.<\/p>\n<p>Est-ce \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;affaire Dreyfus et du passage \u00e0 Marseille de l&rsquo;\u00e9quipe du <em>Libertaire<\/em> que le jeune Alexandre Jacob rencontre Malato, toujours est-il qu&rsquo;une amiti\u00e9 certaine lie les deux hommes. On retrouve d&rsquo;ailleurs Malato dans les \u00e9crits de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur au bagne sous le pseudonyme de <em>l&rsquo;oncle Charles<\/em>. C&rsquo;est encore lui qui organise au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1908 et au d\u00e9but de 1909, une tentative d&rsquo;\u00e9vasion du matricule 34777 en mettant au point un faux mariage avec une d\u00e9nomm\u00e9e Olga Kazenelson. Alert\u00e9e par la S\u00fbret\u00e9 parisienne, l&rsquo;Administration P\u00e9nitentiaire classe B l&rsquo;intern\u00e9 Jacob qui ne doit plus quitter les \u00eeles du Salut. Nous ne savons pas en revanche quelle fut la part prise par Malato dans l&rsquo;ill\u00e9galisme de Jacob ni m\u00eame quel fut son soutien lors du proc\u00e8s d&rsquo;Amiens en mars 1905.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Malato fut d&rsquo;ailleurs compromis dans l&rsquo;affaire dite \u00ab\u00a0de la rue de Rohan\u00a0\u00bb, lors de la visite \u00e0 Paris du roi d&rsquo;Espagne Alphonse\u00a0XIII. Dans la nuit du 31\u00a0mai au 1er\u00a0juin, \u00e0 l&rsquo;angle des rues de Rivoli et de Rohan, un individu lan\u00e7a deux bombes sur le cort\u00e8ge qui revenait de l&rsquo;Op\u00e9ra et se dirigeait vers le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res\u00a0; dix-sept personnes furent bless\u00e9es dont plusieurs gri\u00e8vement. Le roi et le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique furent indemnes. Le coupable, qui ne fut jamais arr\u00eat\u00e9, aurait \u00e9t\u00e9 Avi\u00f1o, un anarchiste espagnol, connu sous le nom d&rsquo;Alexandre Farras. Ce qui est certain, c&rsquo;est que la police \u00e9tait au courant du complot, puisqu&rsquo;elle arr\u00eata d\u00e8s le 25\u00a0mai l&rsquo;Espagnol Vallina et l&rsquo;Anglais Harvey (cf. Arch. Nat. F7 \/ 12 513, rapports d&rsquo;indicateurs des 23 et 30\u00a0mai).<\/p>\n<p>La police reprochait \u00e0 Malato, qui fut inculp\u00e9 avec Vallina, Harvey et un nomm\u00e9 Caussanel, le fait qu&rsquo;il avait re\u00e7u le 27\u00a0avril et le 12\u00a0mai des colis contenant des bombes semblables \u00e0 celles qui devaient servir \u00e0 l&rsquo;attentat. Le \u00ab\u00a0Proc\u00e8s des Quatre\u00a0\u00bb s&rsquo;ouvrit le 27\u00a0novembre, devant la cour d&rsquo;assises de la Seine\u00a0; de nombreuses personnalit\u00e9s apport\u00e8rent \u00e0 Malato des t\u00e9moignages de moralit\u00e9, ainsi Lucien Descaves, E. Vaughan, H. Rochefort, A. Briand. Devant l&rsquo;obscurit\u00e9 de cette affaire, les jur\u00e9s acquitt\u00e8rent les quatre pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>De 1907 \u00e0 1914, Malato collabora \u00e0 <em>la Guerre sociale<\/em> et \u00e0 <em>la Bataille syndicaliste<\/em> (n\u00b0\u00a01, 27\u00a0avril 1911).<\/p>\n<p>Au moment de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il se rallia \u00e0 l&rsquo;union sacr\u00e9e\u00a0; d\u00e8s le 4\u00a0ao\u00fbt, il \u00e9crivit dans <em>la Bataille syndicaliste<\/em> : <em>La cause de la France est redevenue celle de l&rsquo;humanit\u00e9<\/em>. Il signa, en f\u00e9vrier 1916, le \u00ab\u00a0Manifeste des Seize\u00a0\u00bb, avec Kropotkine, Grave, P. Reclus, le Dr Pierrot, C.-A. Laisant, etc., qui condamnait l&rsquo;agression allemande et consid\u00e9rait la guerre contre l&rsquo;Allemagne comme une guerre de d\u00e9fense de la libert\u00e9. L&rsquo;implication de Malato dans le Manifeste des Seize provoque une brouille \u00e9vidente avec Alexandre Jacob qui, du bagne, indique \u00e0 sa m\u00e8re de cesser toute relation avec lui\u00a0:<\/p>\n<p><em>Tiens, Charles t&rsquo;a \u00e9crit du Br\u00e9sil\u00a0? Que peut-il bien pr\u00e9texter pour justifier sa d\u00e9sertion\u00a0? Je n&rsquo;aime pas ces sortes de caract\u00e8r<\/em><em>e dont le propre est d&rsquo;en manquer totalement. Quand on combat pour un drapeau quel qu&rsquo;il soit, on doit aller jusqu&rsquo;au bout, quel qu&rsquo;en puisse \u00eatre le r\u00e9sultat. La d\u00e9fection est toujours une l\u00e2chet\u00e9. Aussi bien n&rsquo;ai-je que faire de son amiti\u00e9. D&rsquo;ailleurs, tu le comprends, depuis vingt ans que je ne l&rsquo;ai vu, il m&rsquo;est plut\u00f4t indiff\u00e9rent que sympathique. J&rsquo;ai id\u00e9e que si jamais son oncle Julien le revoit, il n&rsquo;aura qu&rsquo;\u00e0 bien se tenir.<\/em> (Alexandre Jacob, lettre du 15 mars 1918)<\/p>\n<p>La lettre ci-dessus est cod\u00e9e pour \u00e9viter toute censure de l&rsquo;AP, Charles d\u00e9signe Malato et Julien Jacob lui-m\u00eame. Le bagnard pratique alors un syst\u00e8me d&rsquo;inversion o\u00f9 Charles devient l&rsquo;oncle alors que dans de pr\u00e9c\u00e9dentes lettres il \u00e9tait le neveu. De la m\u00eame mani\u00e8re, la d\u00e9fection, la d\u00e9sertion de Charles implique son ralliement \u00e0 l&rsquo;Union Sacr\u00e9e. L&rsquo;allusion au Br\u00e9sil, o\u00f9 Malato s&rsquo;est rendu avant guerre peut aussi d\u00e9signer l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/malato.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-308\" title=\"Malato\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/malato-240x300.jpg\" alt=\"Charles Malato\" width=\"123\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/malato-240x300.jpg 240w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/malato.jpg 256w\" sizes=\"(max-width: 123px) 100vw, 123px\" \/><\/a>Au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1918, Malato fit en effet une demande de passeport pour ce pays et il s\u00e9journa quelques mois \u00e0 Londres. Puis il revint en France\u00a0: il avait demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre incorpor\u00e9, ce qui fut fait le 8\u00a0juin 1918. Dans une lettre \u00e0 Grave, dat\u00e9e 18\u00a0ao\u00fbt 1918, il pr\u00e9cisait qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 successivement \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole militaire comme secr\u00e9taire d&rsquo;\u00e9tat-major, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital du lyc\u00e9e Michelet \u00e0 Vanves, au centre Faidherbe, 94, rue de Charonne, et il ajoutait\u00a0:<em> Tous ces d\u00e9placements en attendant mon d\u00e9part sur le front<\/em>. Malato, alors naturalis\u00e9 Fran\u00e7ais, eut soixante et un ans le 7\u00a0septembre 1918. Le 30\u00a0octobre, il se trouvait toujours \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>En 1919 il suivait de pr\u00e8s les activit\u00e9s des \u00e9ditions et de la librairie de l&rsquo;Escuela Moderna \u00e0 Barcelone et \u00e9tait en contact avec son responsable Fernando Vela <em>Alfredo Mes\u00e9guer <\/em>qu&rsquo;il logeat \u00e0 son domicile, 160 bis rue de Vercing\u00e9torix (14\u00e8me arr.) lors du passage de ce dernier \u00e0 Paris en mai 1919. Il entretenait \u00e9galement des contacts avec la veuve de Lorenzo Portet, ex\u00e9cuteur testamentaire de Francisco Ferrer et Rachel H\u00e9nault, veuve du m\u00e9decin belge Lucien H\u00e9nault et traducteur du livre de Ferrer \u00ab\u00a0L&rsquo;Ecole moderne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il collabora aux <em>Temps Nouveaux<\/em> et \u00e0 <em>Plus Loin<\/em>, revue du Dr Pierrot. Devenu correcteur \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s, il adh\u00e9ra, le 1er\u00a0janvier 1928, au syndicat des correcteurs. Il \u00e9tait par ailleurs affili\u00e9 \u00e0 la franc-ma\u00e7onnerie.<\/p>\n<p>Le journal <em>Le Peuple<\/em> publia, du 5\u00a0octobre 1937 au 29\u00a0mars 1938, les souvenirs de Malato, sous le titre <em>M\u00e9moires d&rsquo;un libertaire<\/em>.<\/p>\n<p>Malato fut incin\u00e9r\u00e9 le 11\u00a0novembre 1938 au columbarium du P\u00e8re-Lachaise. Aucun discours ne fut prononc\u00e9, mais son neveu lut une allocution r\u00e9dig\u00e9e par son oncle et qui se terminait ainsi\u00a0: <em>Mourant en libertaire qui s&rsquo;est toujours efforc\u00e9 de marcher vers la r\u00e9alisation de son id\u00e9al, je me permettrai de vous donner \u00e0 vous, vivants, ce conseil\u00a0: \u00a0\u00bb\u00a0Soyez bons, mais soyez forts&#8230;\u00a0\u00ab\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Il ne faudrait pas oublier que Malato, qui prit souvent le pseudonyme de Talamo,\u00a0est aussi un \u00e9crivain f\u00e9cond. Il expose\u00a0 ses th\u00e9ories dans de nombreux essais, laisse plusieurs volumes de souvenirs de sa vie militante\u00a0: <em>De la Commune \u00e0 l&rsquo;anarchie <\/em>(1894), <em>Les Joyeuset\u00e9s de l&rsquo;exil<\/em> (1897), qui comprend la p\u00e9riode 1892-1895, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;exil \u00e0 Londres, les voyages clandestins \u00e0 la recherche de la r\u00e9volution, l&rsquo;excursion en Belgique pendant l&rsquo;agitation pour le suffrage universel (1893), en Italie pendant la p\u00e9riode d&rsquo;\u00e9meutes de 1893-1894. Charles Malato\u00a0est aussi auteur de contes, de romans et de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre &#8211; parfois sign\u00e9s de l&rsquo;anagramme de son nom, Talamo. Il \u00e9crit en 1905 <em>L&rsquo;\u00cele des pins<\/em>, d&rsquo;apr\u00e8s un fait r\u00e9el qui se d\u00e9roule en Nouvelle-Cal\u00e9donie, pi\u00e8ce qui n&rsquo;est jamais jou\u00e9e. Dans son livre consacr\u00e9 \u00e0 S\u00e9bastien Faure, Jeanne Humbert mentionne par ailleurs la repr\u00e9sentation d&rsquo;une pi\u00e8ce de Charles Malato, <em>En guerre\u00a0:<\/em> en novembre 1905, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 populaire du faubourg Saint-Antoine, apr\u00e8s laquelle S\u00e9bastien Faure\u00a0aurait parl\u00e9 avec chaleur de Charles Malato.<\/p>\n<p>Les <em>L\u00e9gendes et chants de gestes canaques<\/em> (1885) dans Louise Michel, contiennent un conte \u00e9crit par Charles Malato\u00a0: \u00ab\u00a0Le rat et le poulpe\u00a0\u00bb par Charles Malato.<\/p>\n<p>Ses <em>M\u00e9moires d&rsquo;un libertaire<\/em> para\u00eetront en feuilleton dans <em>Le Peuple<\/em> d&rsquo;octobre 1937 \u00e0 mars 1938.<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">SOURCES\u00a0:<\/span><\/strong> Arch. PPo. non vers\u00e9es. &#8212; J. Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste, op. cit. &#8212; Correspondance J. Grave, IFHS &#8212; L. Campion, Les Anarchistes et la FM, Marseille, 1969. &#8212; L&rsquo;En-Dehors, n\u00b0\u00a0326, janvier 1939, article de J. Marestan.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Bibliographie<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"left\"><em>Entre deux amours. La Maube et le Quartier<\/em>,<em> <\/em>Paris, Jules Rouff et C<sup>ie<\/sup>, s.d. [ca 1880, d&rsquo;apr\u00e8s le catalogue de la BNF]<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Avant l&rsquo;heure<\/em>, Paris, Biblioth\u00e8que r\u00e9volutionnaire cosmopolite, 1887<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Philosophie de l&rsquo;anarchie<\/em>, Paris, Biblioth\u00e8que cosmopolite, 1889 [r\u00e9\u00e9d\u00a0: <em>Philosophie de l&rsquo;anarchie\u00a0: 1888-1897<\/em>, Paris, P.-V. Stock, 1897]<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Prison fin de si\u00e8cle<\/em>, <em>souvenirs de P\u00e9lagie (janvier 1891)<\/em> (avec Ernest G\u00e9gout), Paris, G.\u00a0Charpentier et E. Fasquelle, 1891<\/p>\n<p align=\"left\"><em>De la Commune \u00e0 l&rsquo;anarchie<\/em>, Paris, P.-V. Stock, 1894<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Les Joyeuset\u00e9s de l&rsquo;exil<\/em>, Paris, P.-V. Stock, 1897<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Contes n\u00e9o-cal\u00e9doniens<\/em> (TALAMO), Paris, L.-Henry May, 1897<\/p>\n<p align=\"left\"><em>L&rsquo;homme nouveau<\/em>, Paris, P.-V. Stock, 1898<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Barbapoux<\/em>, drame satirique en deux actes, Paris, Librairie r\u00e9publicaine Ren\u00e9 Godefroy, 1901<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Les M\u00e9moires d&rsquo;un gorille <\/em>(TALAMO), Paris, Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d&rsquo;\u00e9ditions d&rsquo;Art, 1901<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Un jeune marin<\/em> (TALAMO), Paris, Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;art, 1901<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Les Enfants de la libert\u00e9<\/em> (TALAMO), Paris, Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d&rsquo;\u00e9ditions d&rsquo;Art [1903]<\/p>\n<p align=\"left\"><em>La Grande gr\u00e8ve<\/em>, roman social, Paris, Librairie des Publications populaires, 1905<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Les Classes sociales au point de vue de l&rsquo;\u00e9volution zoologique<\/em>, Paris, V. Giard et E. Bri\u00e8re, 1907<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Perdu au Maroc<\/em>, Paris, F. Rouff, Grande collection nationale, n\u00b0\u00a046, s.d. [1915]<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Pierre Vaux, ou les malheurs d&rsquo;un instituteur<\/em>, Paris, Jules Rouff &amp; C<sup>ie<\/sup>, 1915<\/p>\n<p align=\"left\"><em>Le Nouveau Faust<\/em>, drame philosophico-fantaisiste, en quatre actes, Barcelona, Casa editorial \u00ab\u00a0La Escuela moderna\u00a0\u00bb, 1919<\/p>\n<p align=\"left\"><em>C\u00e9sar<\/em>, pi\u00e8ce satirique en deux actes, Paris, Librairie r\u00e9publicaine, s.d.<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"left\"><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">D&rsquo;apr\u00e8s\u00a0:<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"left\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran\u00e7ais<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Eph\u00e9m\u00e9ride anarchiste<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Caroline Granier, <em>Les briseurs de formules, les \u00e9crivains anarchistes en France \u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, Ressouvenance 2008<\/p>\n<p align=\"left\">&#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Alexandre Jacob, <em>Ecrits<\/em>, L&rsquo;Insomniaque, 2004<\/p>\n<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-qformat:yes;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-language:EN-US;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MALATO de CORNET Charles, Armand, Antoine. N\u00e9 \u00e0 Foug (Meurthe-et-Moselle), le 7\u00a0septembre 1857\u00a0; mort \u00e0 Paris le 7\u00a0novembre 1938\u00a0; correcteur \u00e0 la Chambre des D\u00e9put\u00e9s\u00a0; \u00e9crivain\u00a0; publiciste\u00a0; militant libertaire\u00a0; franc-ma\u00e7on. Le p\u00e8re de Charles Malato &#8211; Antoine Malato de Cornet &#8211; \u00e9tait Sicilien\u00a0; combattant de la r\u00e9volution italienne de 1848, il se r\u00e9fugia \u00e0 Toul [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[4],"tags":[3552,738,3554,862,3544,2829,1793,1051,3560,987,692,824,3550,2978,788,3421,281,2179,2980,3547,3556,3549,76,2849,394,2081,279,3557,3545,3559,472,3553,3546,3548,500,28,44,3555,3551,1230,3558],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3021"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3021"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3021\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3021"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3021"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3021"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}