{"id":2893,"date":"2012-11-17T01:10:34","date_gmt":"2012-11-16T23:10:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2893"},"modified":"2012-08-12T10:15:18","modified_gmt":"2012-08-12T08:15:18","slug":"lhonnete-au-pays-des-frelons-9","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/11\/lhonnete-au-pays-des-frelons-9\/","title":{"rendered":"L&rsquo;honn\u00eate au pays des frelons 9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/frelon-71.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2894\" title=\"frelon\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/frelon-71.jpg\" alt=\"\" width=\"152\" height=\"101\" \/><\/a>24 juillet 1905, le temps des proc\u00e8s est clos pour Alexandre Jacob. L&rsquo;attente du transfert sur le d\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9, mentionn\u00e9 le 06 ao\u00fbt comme <em>\u00e9tablissement zoologique<\/em>, devient ainsi l&rsquo;activit\u00e9 principale du for\u00e7at \u00e0 venir. Les lettres du 1, 2 et 3 ao\u00fbt se prolongent de trois jours. Elles marquent une rupture importante. Bien s\u00fbr, l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur continue d&rsquo;\u00e9voquer sa comparution aux assises d&rsquo;Orl\u00e9ans et de conseiller sa m\u00e8re d\u00e9tenue \u00e0 Laon en vue de son proc\u00e8s en appel. Il ne manque pas non plus de d\u00e9crire ses conditions d&#8217;emprisonnement et de philosopher sur la justice et les honn\u00eates gens. Mais l&rsquo;homme puni commence surtout \u00e0 organiser sa future vie de bagnard.<!--more--><\/p>\n<p>Il pr\u00e9pare sa m\u00e8re \u00e0 recevoir moins de courrier de sa part\u00a0; le fagot n&rsquo;a en effet le droit d&rsquo;\u00e9crire qu&rsquo;une seule fois par mois et \u00e0 un seul membre de sa famille. Avec le trait\u00e9 de trigonom\u00e9trie en dix volumes d\u00e9bute aussi une tr\u00e8s longue s\u00e9rie de demande de livres. La lecture stimulant la r\u00e9flexion, Jacob entend briser l&rsquo;ennui carc\u00e9ral mais en faire surtout une arme de survie dans un milieu particuli\u00e8re mortif\u00e8re. C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cela qu&rsquo;il envisage sur un ton ironique et comme un pr\u00e9lude \u00e0 l&rsquo;affaire Olga Kazelnelson\u00a0 en janvier &#8211; mars 1908 (voir article <a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/05\/barrabas-se-marie\/\">Barrabas se marie<\/a>) l&rsquo;hypoth\u00e8se bien improbable d&rsquo;un mariage qui lui permettrait, officiellement et \u00a0sous le couvert d&rsquo;une bonne conduite, de se reproduire\u00a0; et, officieusement de faciliter une \u00e9vasion en Guyane.<\/p>\n<p>L&rsquo;apparition dans la lettre du 02 ao\u00fbt, de Jeanne, s\u0153ur de Rose, et de sa fille Yvonne, malade et plac\u00e9e dans un sanatorium, pourrait \u00e0 ce propos marquer l&rsquo;av\u00e8nement des p\u00e9rip\u00e9ties \u00e9pistolaires d&rsquo;un famille imaginaire. Les lettres de Jacob deviennent cod\u00e9es. Chaque personnage annonce un \u00e9v\u00e8nement particulier, dissimule un lieu ou un autre personnage bien r\u00e9els eux, mais dont l&rsquo;\u00e9vocation causerait in\u00e9vitablement la censure du courrier par l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire. De la sorte le lien avec l&rsquo;ext\u00e9rieur devient p\u00e9renne et Jacob peut activer des r\u00e9seaux de soutien agissants.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2504\" title=\"maison d\\'arr\u00eat d\\'Orl\u00e9ans\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\" alt=\"\" \/><\/a><strong>1er ao\u00fbt 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ch\u00e8re maman,<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, je ne sais \u00e0 quoi attribuer ton silence. Je t&rsquo;ai \u00e9crit mercredi pass\u00e9 t&rsquo;annon\u00e7ant ma nouvelle condamnation ainsi que samedi, et je n&rsquo;ai pas encore re\u00e7u de r\u00e9ponse. Serais-tu indispos\u00e9e au point de ne pouvoir m&rsquo;\u00e9crire ? Mais dans ce cas, Rose m&rsquo;aurait \u00e9crit un mot. Pourquoi alors?&#8230;<\/p>\n<p>Je suis toujours \u00e0 Orl\u00e9ans ; mais ne tarderai pas \u00e0 en partir ; demain peut-\u00eatre ; on ne peut savoir au juste. Dans ma derni\u00e8re, je t&rsquo;ai envoy\u00e9 le nom d&rsquo;un ouvrage ainsi que celui de son auteur. Je pense qu&rsquo;on voudra bien m&rsquo;autoriser \u00e0 le recevoir. D\u00e8s mon arriv\u00e9e au d\u00e9p\u00f4t, j&rsquo;en ferai la demande. Plus tard, lorsque je serai au bagne, \u00e0 la Guyane, je demanderai l&rsquo;autorisation de recevoir un trait\u00e9 de trigonom\u00e9trie en dix volumes, en vente \u00e0 la librairie Paul, boulevard Magenta, \u00e0 Paris. Je ne me souviens plus du nom de l&rsquo;auteur. Le prix en est assez \u00e9lev\u00e9 : 125 francs, je crois. Rose doit se souvenir que j&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9 le d\u00e9sir de m&rsquo;en rendre acqu\u00e9reur ; je crois m\u00eame le lui avoir montr\u00e9 en vitrine. Si ma demande est accept\u00e9e et que tu n&rsquo;aies pas les moyens d&rsquo;en faire l&rsquo;acquisition, j&rsquo;aime \u00e0 croire que mon ami de Suresnes te pr\u00eaterait obligeamment la somme et m\u00eame qu&rsquo;il se chargerait de l&rsquo;exp\u00e9dition. Cela le conna\u00eet, il est emballeur.<\/p>\n<p>Je tiendrai surtout \u00e0 cet ouvrage afin d&rsquo;occuper mon esprit, de ne pas le laisser rouiller. Je pense qu&rsquo;on me l&rsquo;accordera en raison de ma bonne conduite. Il para\u00eet que l&rsquo;on peut se marier au bagne. Tu ne vois pas que je coupe dans le panneau (en blanc) et que je me reproduise par boutures. Qui sait?&#8230;<\/p>\n<p>Ce qui est certain, c&rsquo;est que je ferai tous mes efforts afin d&rsquo;occuper un emploi en harmonie avec mes forces ; infirmier, par exemple. Si je r\u00e9ussis, je marche pour le mariage, \u00e0 condition que ce soit avec une nonne. Nous ferons des petits enfants J\u00e9sus.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de ce jour, ne t&rsquo;inqui\u00e8te pas si je tarde \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 tes lettres. Je crois qu&rsquo;au d\u00e9p\u00f4t, le r\u00e8glement n&rsquo;autorise la correspondance qu&rsquo;une seule fois par mois. Mais il y a des accommodements avec bien des choses, m\u00eame avec le r\u00e8glement. Il para\u00eet que ceux dont la conduite est bonne sont autoris\u00e9s deux, trois, m\u00eame quatre fois par mois. Je ferai en sorte d&rsquo;obtenir cette faveur. Voil\u00e0 neuf jours que je suis pass\u00e9 aux assises et je n&rsquo;ai pas encore eu l&rsquo;avantage de recevoir la visite de mon d\u00e9fenseur. Cependant j&rsquo;aurais un renseignement \u00e0 lui demander concernant le r\u00e9gime des for\u00e7ats. S&rsquo;il faut en croire le r\u00eave que j&rsquo;ai fait cette nuit, il ne viendra pas me voir, car son confesseur le lui a d\u00e9fendu. Triste!&#8230;<\/p>\n<p><strong><em>Mercredi matin<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pas donn\u00e9 la lettre hier soir parce qu&rsquo;elle ne part que ce matin. Quelle nuit, mes enfants ! Quelle triste nuit ! Je n&rsquo;ai pas ferm\u00e9 l&rsquo;\u0153il.<\/p>\n<p>Je crois que je deviens oiseau tant je suis magn\u00e9tique. C&rsquo;est \u00e9tonnant comme les temps lourds, charg\u00e9s en \u00e9lectricit\u00e9, m&rsquo;\u00e9nervent. Et puis, par-dessus le march\u00e9, figure-toi que mon voisin sup\u00e9rieur s&rsquo;est mis de la partie en faisant un vacarme des cinq cents diables. Je sommeillais l\u00e9g\u00e8rement lorsque le voil\u00e0 qui se l\u00e8ve avec la d\u00e9licatesse d&rsquo;un hippopotame ; j&rsquo;ai cru que la vo\u00fbte allait s&rsquo;effondrer. Puis, tout en remuant un tas de planches, la table de son travail, je suppose, il se dirige vers l&rsquo;un des coins pour en retirer le machin, le syst\u00e8me, la chose toujours en fanfare ; ensuite, quelques secondes apr\u00e8s j&rsquo;entends le ronronnement d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re chute d&rsquo;eau, incapable d&rsquo;actionner une turbine, mais plus que suffisante pour remuer le contenu du contenant qui, au grand d\u00e9sespoir de mes narines, exhale un parfum <em>sui generis<\/em>. Apr\u00e8s avoir vid\u00e9 son bassin de Saint-Quentin, il regagne son lit, par le m\u00eame chemin et par les m\u00eames proc\u00e9d\u00e9s. Ah ! le cochon ! Je lui souhaite de devenir cul-de-jatte. \u00c7a lui apprendra \u00e0 se balader la nuit.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas tout. Mon noctambule voisin tranquille, c&rsquo;est au tour de la locomotive de se mettre de la partie. Elle tousse, crache, renifle, souffle, \u00e9ternue, puis apr\u00e8s quelques petits efforts, faits \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;une personne constip\u00e9e, elle l\u00e2che son fameux coup de sifflet. Ah ! grande canaille de sifflet ! si tu \u00e9tais \u00e0 ma port\u00e9e, comme je t&rsquo;aplatirais volontiers le cr\u00e2ne d&rsquo;un coup de marteau ! Le jour arrive sans que j&rsquo;aie pu fermer les yeux. Je m&rsquo;en tirerai avec une bonne migraine.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de mon d\u00e9part d&rsquo;Orl\u00e9ans, il m&rsquo;est venu une id\u00e9e. Qui sait s&rsquo;il ne prendrait pas fantaisie au d\u00e9fenseur de la Propri\u00e9t\u00e9 de Laon de me faire citer comme t\u00e9moin, mais pour fournir quelques \u00e9claircissements, \u00e0 titre de renseignement pour dire le mot, au sujet de l&rsquo;affaire Bourdin. Je pourrais ainsi te voir et t&#8217;embrasser ; mais cela m&rsquo;ennuierait si ce retard \u00e9tait cause que je dusse manquer le prochain d\u00e9part.<\/p>\n<p>Recevrai-je une lettre aujourd&rsquo;hui ? Je l&rsquo;attends. Je t&#8217;embrasse bien affectueusement.<\/p>\n<p>Mille baisers \u00e0 Rose.<\/p>\n<p>Sinc\u00e8res amiti\u00e9s aux camarades,<\/p>\n<p>Alexandre<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2504\" title=\"maison d\\'arr\u00eat d\\'Orl\u00e9ans\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\" alt=\"\" \/><\/a><strong>2 ao\u00fbt 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ch\u00e8re maman,<\/strong><\/p>\n<p>Il me reste encore un timbre, aussi vaut-il mieux que je l&rsquo;utilise \u00e0 t&rsquo;\u00e9crire une derni\u00e8re fois d&rsquo;Orl\u00e9ans, pour r\u00e9pondre \u00e0 ta lettre que j&rsquo;ai re\u00e7ue ce matin, quelques heures apr\u00e8s le d\u00e9part de la mienne. Tu en parles \u00e0 ton aise, toi, en me disant de te donner de bonnes nouvelles sit\u00f4t mon arriv\u00e9e au d\u00e9p\u00f4t. Tu t&rsquo;imagines donc que les choses se passent ainsi. Eh bien ! tu te trompes joliment, car peut-\u00eatre ne pourrai-je t&rsquo;\u00e9crire que plusieurs jours apr\u00e8s. Te voil\u00e0 pr\u00e9venue&#8230;<\/p>\n<p>Quelle est cette histoire de th\u00e9ophage ?<\/p>\n<p>Quoi ! Voil\u00e0 de pieuses gens qui jouent de la grosse caisse avec leur philanthropie chr\u00e9tienne, en se faisant verser des sommes importantes sous le pr\u00e9texte de secourir les malheureux ; de saintes personnes qui gratuitement promettent de donner des soins \u00e0 un enfant jusqu&rsquo;\u00e0 sa compl\u00e8te gu\u00e9rison et, quelques mois apr\u00e8s, ne tiennent aucun compte de leurs promesses, mettent la m\u00e8re dans cet imp\u00e9rieux dilemme : \u00abVingt-cinq francs par mois ou bien reprenez votre fille. \u00bb Tas de farceurs, d&rsquo;escrocs pourrais-je dire, car cet \u00e9tablissement, comme tant d&rsquo;autres de la m\u00eame enseigne, n&rsquo;est qu&rsquo;un attrape-sou. Vite, vite, que Rose \u00e9crive \u00e0 Jeanne, lui disant de ne rien envoyer, pas un centime. De l&rsquo;argent ? Mais ils n&rsquo;y pensent plus, ces braves gens ! Est-ce que J\u00e9sus-Christ n&rsquo;a pas dit de consid\u00e9rer comme de la boue toutes les richesses de la terre ? Et les principes, que fait-on des principes religieux ?<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 question de mettre Yvonne dans ce sanatorium, je n&rsquo;ai rien dit ; cela ne me regardait pas. Mais j&rsquo;\u00e9tais persuad\u00e9 que ces gens avaient un but : ils ne font rien sans calcul. Leur pr\u00e9tendue charit\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;un manteau cachant d&rsquo;immenses escroqueries l\u00e9gales parce que religieuses. D&rsquo;autre part, s&rsquo;ils s&rsquo;occupent surtout des enfants ce n&rsquo;est que pour les abrutir afin d&rsquo;en faire des pros\u00e9lytes. Jeanne ne leur doit donc aucun remerciement. Il est certain que si elle n&rsquo;ob\u00e9it pas \u00e0 leur menace, on lui remm\u00e8nera sa fille dans un bref d\u00e9lai. Qu&rsquo;importe ! Avec les 25 francs, elle soignera Yvonne elle-m\u00eame et de plus l&rsquo;aura-t-elle \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, s&rsquo;il \u00e9tait n\u00e9cessaire qu&rsquo;elle e\u00fbt de nouvelles consultations, cas peu probable puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a rien \u00e0 diagnostiquer. Les soins sont toujours les m\u00eames: de l\u00e9gers exercices ; de m\u00eame pour les m\u00e9dicaments : des biphosphates. Jeanne n&rsquo;aurait que d&rsquo;aller trouver Broussouloux, en le priant de ma part de vouloir bien se procurer un mot de recommandation pour M. \u00c9lie Reclus<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, chirurgien \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital Laennec \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Dans un autre ordre d&rsquo;id\u00e9es, si on lui remm\u00e8ne Yvonne, dites \u00e0 Jeanne d&rsquo;\u00e9crire le fait au journal <em>L&rsquo;Action <\/em>en relatant les proc\u00e9d\u00e9s de l&rsquo;h\u00f4pital de Berck. \u00c7a fournira de la copie \u00e0 X&#8230; pour la campagne contre les Bons-Pasteurs. Qu&rsquo;elle signe sa lettre et mette son adresse, car on viendra l&rsquo;interroger \u00e0 fin d&rsquo;enqu\u00eate. Bien entendu, ce ne sont l\u00e0 que des avis. Si Jeanne croit faire mieux en la laissant dans cette capucinerie, elle n&rsquo;a qu&rsquo;\u00e0 suivre son id\u00e9e, si telle est son inclination.<\/p>\n<p>Tu fais tellement de sauts de carpe dans tes lettres que je me trouve dans l&rsquo;obligation de t&rsquo;imiter pour te r\u00e9pondre. Comme je te l&rsquo;ai dit r\u00e9cemment, je n&rsquo;ai plus ou presque plus de migraine. Je n&rsquo;ai ressenti quelques douleurs l&rsquo;autre jour qu&rsquo;\u00e0 cause de l&rsquo;\u00e9nervement caus\u00e9 par les d\u00e9bats. Gr\u00e2ce \u00e0 une m\u00e9dication aussi simple que peu co\u00fbteuse j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 vaincre l&rsquo;effet en d\u00e9truisant la cause : la constipation. Voici le proc\u00e9d\u00e9 tel que je l&rsquo;ai lu dans un recueil de formules m\u00e9dicales \u00e9dit\u00e9 par <em>Le Petit Journal <\/em>: faire de petits suppositoires de quatre ou cinq centim\u00e8tres de long avec du savon blanc. Les conserver autant que l&rsquo;on peut dix minutes au maximum. Succ\u00e8s assur\u00e9, certain, garanti. Je l&rsquo;exp\u00e9rimente tous les jours. Cela vaut mieux que de s&rsquo;ingurgiter du sulfate de soude ou du sel de magn\u00e9sie qui, \u00e0 la longue, finissent par d\u00e9traquer l&rsquo;appareil digestif. Avec deux sous de savon, j&rsquo;en ai pour un mois : trente suppositoires.<\/p>\n<p>Tu t&rsquo;y prends un peu tardivement pour ta demande capillaire. Il y a belle lurette que je suis ras\u00e9, tondu, pel\u00e9 ; pel\u00e9 comme un melon de Cavaillon. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 l&rsquo;objet de cette mesure quelques jours apr\u00e8s mon arriv\u00e9e \u00e0 Orl\u00e9ans. D&rsquo;ailleurs c&rsquo;est ce qui m&rsquo;a fourni le sujet d&rsquo;une apostrophe contre l&rsquo;avocat g\u00e9n\u00e9ral aux assises. Non content de faire couper les t\u00eates, il se m\u00eale encore de les faire peler !<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on m&rsquo;a coup\u00e9 les cheveux, j&rsquo;en ai gard\u00e9 une m\u00e8che. J&rsquo;en suis \u00e0 me demander pourquoi je ne te l&rsquo;ai pas encore envoy\u00e9e. Je l&rsquo;avais oubli\u00e9e. J&rsquo;aurais pu les garder davantage, il est vrai ; mais la v\u00e9rit\u00e9 m&rsquo;oblige \u00e0 te dire qu&rsquo;ayant trouv\u00e9 \u00e0 les vendre \u00e0 M. l&rsquo;entrepreneur pour en faire des poils de brosse, j&rsquo;ai fait en sorte de faire pencher la balance afin d&rsquo;en retirer le plus d&rsquo;argent possible. Un bon conseil \u00e0 te donner : si tu d\u00e9sires les conserver longtemps, il serait bon que tu les fisses passer au laminoir pour les rendre plus t\u00e9nus afin de les pouvoir tresser. Car tels qu&rsquo;ils sont, on dirait plut\u00f4t des crins de sanglier que des cheveux d&rsquo;homme. Si j&rsquo;\u00e9tais l\u00e9gislateur, je classerais de tels cheveux dans les armes prohib\u00e9es. Imagine-toi un coup de t\u00eate orn\u00e9e de pareils piquants. Brrrr !<\/p>\n<p>J&rsquo;ai re\u00e7u les 10 francs. Merci,<\/p>\n<p>Alexandre<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\"><img decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2504\" title=\"maison d\\'arr\u00eat d\\'Orl\u00e9ans\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/prison-orleans-1.jpg\" alt=\"\" \/><\/a><strong>3 ao\u00fbt 1905<\/strong><\/p>\n<p>Tiens ! Ferrand s&rsquo;est d\u00e9sist\u00e9. Allons, ce n&rsquo;est pas malheureux qu&rsquo;il ait fini par comprendre qu&rsquo;il avait fait une boulette. Il \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s certain qu&rsquo;il aurait eu les travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9. De cette fa\u00e7on, il y aura bien moins d&rsquo;affaires et la com\u00e9die sera plus t\u00f4t jou\u00e9e. Expos\u00e9 des d\u00e9bats, r\u00e9quisitoire et plaidoiries ; il faut compter six jours.<\/p>\n<p>Comme vous \u00eates dures d&rsquo;entendement ! Combien de fois faut-il vous r\u00e9p\u00e9ter les choses. Je vous l&rsquo;ai dit, vous le redis, mais ne vous le r\u00e9p\u00e9terai plus : laissez donc tranquilles et les procureurs et les juges d&rsquo;instruction avec votre linge. C&rsquo;est frapper l&rsquo;eau avec des b\u00e2tons. Rose avait des douzaines de chemises, des pantalons, un tas de mouchoirs et d&rsquo;autres chiffons de prix ; en un mot, deux pleines malles de linge et de v\u00eatements achet\u00e9s soit \u00e0 Paris, \u00e0 Marseille, soit \u00e0 Bordeaux et \u00e0 Toulouse. Toi-m\u00eame n&rsquo;avais-tu pas une grande malle de lingerie : des draps, des couvertures brod\u00e9es \u00e0 jour, plusieurs complets, etc.<\/p>\n<p>Or ces effets ne peuvent figurer parmi les pi\u00e8ces \u00e0 conviction pour la bonne raison qu&rsquo;aucun t\u00e9moin ne les a reconnus comme lui appartenant. Cependant, je suis certain que la plus grande partie de ce linge a \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9e \u00e0 Abbeville lors de l&rsquo;instruction puisque je l&rsquo;ai vu expos\u00e9 dans les casiers de la chambre d&rsquo;instruction. Tu as beau le demander et l&rsquo;archi-demander, la r\u00e9ponse sera toujours la m\u00eame. Du reste, que veux-tu que te r\u00e9ponde M. l&rsquo;avocat de la R\u00e9publique de Laon ? Il ne peut que se conformer aux pr\u00e9c\u00e9dents d&rsquo;Abbeville et d&rsquo;Amiens. Je te le r\u00e9p\u00e8te donc une bonne fois pour toutes : laisse cela tranquille. Tu es vol\u00e9e, l\u00e9s\u00e9e. Qu&rsquo;y faire ? Rien, pour l&rsquo;instant du moins.<\/p>\n<p>La loi n&rsquo;est pas une justice, c&rsquo;est une tumeur. Tu aurais beau protester, crier, te plaindre, tu as eu tort de te laisser arr\u00eater. Tu es la plus faible et le droit n&rsquo;appartient qu&rsquo;aux forts. Vois. Que n&rsquo;ont pas fait les agents de la s\u00fbret\u00e9 de Paris \u00e0 la rue Leibnitz<a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Ils ont tout \u00e9ventr\u00e9, d\u00e9chir\u00e9, souill\u00e9 ce qui ne leur a pas convenu ; saisi une partie au nom de la loi et confisqu\u00e9 le reste en leur propre nom. Essaye de te plaindre. On te rira au nez. Peut-on avoir raison avec la police ?&#8230; Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule fa\u00e7on d&rsquo;avoir raison, c&rsquo;est d&rsquo;user de l&rsquo;hom\u00e9opathie sociale, de r\u00e9pondre \u00e0 la force par la force, lorsqu&rsquo;on en a les moyens. Pr\u00e9sentement, tu es malade, faible. Attends d&rsquo;\u00eatre remise, d&rsquo;avoir des forces, et si tu le juges \u00e0 propos, tu intenteras un proc\u00e8s extra-l\u00e9gal \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Je t&rsquo;indiquerai un avou\u00e9 et un huissier qui sont tr\u00e8s forts en ces sortes d&rsquo;affaires. Tu verras qu&rsquo;ils te feront obtenir des dommages-int\u00e9r\u00eats. Rapporte-t-en \u00e0 cette maxime : \u00abVouloir, c&rsquo;est pouvoir. \u00bb Or tout pouvoir est un compos\u00e9 de patience et de temps. Donc patiente et attends.<\/p>\n<p><strong><em>Jeudi soir<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Je ne suis pas encore parti. J&rsquo;attends toujours. Peut-\u00eatre sera-ce pour cette nuit.<\/p>\n<p><strong><em>Vendredi matin<\/em><\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, cette voiture nous le fait \u00e0 l&rsquo;oseille. Passera-t-elle aujourd&rsquo;hui, la nuit prochaine ou bien demain ? Je suis l\u00e0 pour le voir. Voyons&#8230;<\/p>\n<p>La journ\u00e9e s&rsquo;annonce mal. Il pleut. Lorsque je d\u00e9molissais, j&rsquo;aimais qu&rsquo;il pl\u00fbt parce que ce temps favorisait mes op\u00e9rations ; mais, en prison, j&rsquo;aime mieux le soleil. Depuis deux mois, je m&rsquo;en suis pay\u00e9 des bains de soleil. J&rsquo;en suis presque devenu l\u00e9zard. Cela ne pouvait pas durer. Et puis, quel est l&rsquo;objet, la chose, l&rsquo;\u00eatre qui dure ? Aucun. Tout change et se transforme. Il est donc tout naturel que la pluie succ\u00e8de au soleil.<\/p>\n<p><strong><em>Tome 3<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Vendredi matin<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ne serait-ce que pour ne pas faire mentir cet axiome, la libert\u00e9 devrait bien succ\u00e9der \u00e0 \u00ab la cha\u00eene \u00e0 la patte \u00bb. Qu&rsquo;en dis-tu ?<\/p>\n<p><strong><em>9 heures<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Par esprit de contradiction ou, pour toute autre cause, Me S\u00e9journ\u00e9 vient de me voir. Mieux vaut tard que jamais. Impossible d&rsquo;avoir des nouvelles, m\u00eame les plus banales.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une m\u00fbre. Au fait, peut-\u00eatre suit-il les instructions de son confesseur. C&rsquo;est un th\u00e9ophage. Il n&rsquo;a pu venir plus t\u00f4t, m&rsquo;a-t-il dit, \u00e0 cause d&rsquo;une indigestion caus\u00e9e par une trop grande consommation d&rsquo;hu\u00eetres. Le pauvre homme!<\/p>\n<p>Que de grimaces qu&rsquo;agite le masque de la vie ! Voil\u00e0 un bonhomme qui m&rsquo;a quitt\u00e9 en me faisant les souhaits les plus aimables et les moins sinc\u00e8res et qui, entre confr\u00e8res et amis, doit dire : \u00ab Je l&rsquo;ai d\u00e9fendu ; mais au fond, je n&rsquo;aurais pas \u00e9t\u00e9 f\u00e2ch\u00e9 qu&rsquo;il e\u00fbt le cou coup\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Sont-ils grimaciers, ces honn\u00eates gens ! Comment nier que l&rsquo;on descend du singe?&#8230;<\/p>\n<p><strong><em>4 heures du soir<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Et quand m\u00eame pas de voiture. Passerai-je encore une nuit dans ma niche ? Tiens ! Qu&rsquo;est-ce ? J&rsquo;entends un remue-m\u00e9nage. Fausse alerte ! C&rsquo;est la voiture qui porte des sacs ; ce n&rsquo;est pas celle qui vient me chercher&#8230;<\/p>\n<p><strong><em>Samedi matin<\/em><\/strong><\/p>\n<p>La soupe est donn\u00e9e, la cantine distribu\u00e9e et j&rsquo;ai mang\u00e9 l&rsquo;une et l&rsquo;autre. C&rsquo;est te dire qu&rsquo;il est presque 10 heures et que je suis toujours l\u00e0, \u00e0 s\u00e9cher sur la corde. Apr\u00e8s tout, je m&rsquo;en moque. Ce ne sont pas quelques jours de plus ou de moins qui m&rsquo;importunent. J&rsquo;ai toute une vie devant moi pour attendre.<\/p>\n<p>En relisant ta lettre, je ris de la na\u00efvet\u00e9 avec laquelle tu me dis : \u00ab Cela me fait plaisir que le pr\u00e9sident des assises n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 partial. \u00bb Tu n&rsquo;as donc pas compris le sens ironique de mes lignes. Il n&rsquo;est pas plus possible \u00e0 un juge d&rsquo;\u00eatre impartial qu&rsquo;il ne l&rsquo;est \u00e0 un poisson de vivre hors de l&rsquo;eau. Figure-toi qu&rsquo;\u00e9tant plus fort qu&rsquo;un autre homme, je l&#8217;empoigne, l&rsquo;attache, puis lui tienne ce langage : \u00abMon ami, je vais te scier le cou. Pourvu que tu ne dises pas que la caserne est l&rsquo;\u00e9cole du crime ; que tu ne r\u00e9p\u00e8tes pas que les propri\u00e9taires sont des voleurs, que les rentiers sont les d\u00e9valiseurs du travail, tu peux te d\u00e9fendre, t&rsquo;expliquer, raconter tout ce que tu voudras. Je ne t&rsquo;en scierai pas moins le cou. Certes je ne vais pas te tuer brutalement, t&rsquo;assassiner comme le ferait un malfaiteur. Non. J&rsquo;y mettrai des formes. Je te ferai \u00e7a gentiment, poliment, d\u00e9licatement, avec sollicitude, en cadence ; mais tu n&rsquo;en seras pas moins sci\u00e9 pour \u00e7a. \u00bb<\/p>\n<p><strong><em>Tome 4<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Me dirais-tu que je suis impartial si j&rsquo;agissais ainsi ? Je ne le pense pas. Eh bien, un juge ne me tient pas un autre langage. Si la loi \u00e9tait juste, il n&rsquo;aurait pas besoin de tout son attirail de gendarmes, de policiers, de soldats arm\u00e9s de fusils, de sabres et de revolvers pour la faire observer : tous les hommes s&rsquo;y soumettraient sans contrainte, comme l&rsquo;on se soumet aux lois naturelles. Ai-je besoin qu&rsquo;un gendarme me dise de ne pas mettre la main dans le feu, de ne pas marcher sur l&rsquo;eau, de ne pas manger du poison ? Non, certes. Car je sais que si j&rsquo;enfreignais ces lois, elles me frapperaient de mort, comme tout \u00eatre qui m&rsquo;imiterait d&rsquo;ailleurs. Or si le juge s&rsquo;entoure de tant de pr\u00e9cautions, c&rsquo;est parce que sa justice, ses lois ne sont que des droits usurp\u00e9s par la force et la victoire. C&rsquo;est te dire enfin que c&rsquo;est une atroce plaisanterie de parler d&rsquo;impartialit\u00e9 dans ces sortes d&rsquo;affaires o\u00f9 la force et la violence d\u00e9cident seules du droit. Si je suis all\u00e9 \u00e0 la cour d&rsquo;assises derni\u00e8rement, ce n&rsquo;\u00e9tait que dans l&rsquo;intention de protester contre la condamnation de Roy\u00e8re ; lorsque j&rsquo;ai appris sa mort, je n&rsquo;ai plus eu qu&rsquo;un seul d\u00e9sir : me payer la t\u00eate de ceux qui voudraient s&rsquo;offrir la mienne. Ce que j&rsquo;ai fait, du reste, et dans les grandes largeurs. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour aller discuter avec la cr\u00e8me de la m\u00e9diocrit\u00e9 bourgeoise composant le jury. On s&rsquo;ennuie en cellule et ces petites com\u00e9dies servent de distraction.<\/p>\n<p><strong><em>5 heures du soir<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Oh! a\u00efe ! a\u00efe ! Je s\u00e8che encore, je s\u00e8che toujours, je s\u00e8che quand m\u00eame ! Il se pourrait que je ne partisse pas avant le mois prochain, para\u00eet-il. Mais ce n&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;une conjecture. Il est plus probable, \u00e0 mon avis, que la voiture passera sous peu. Je la flaire. Meuh !<\/p>\n<p><strong><em>Dimanche apr\u00e8s-midi<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas fameux mon flair. Non ; il ne vaut pas celui d&rsquo;Harnaud qui, ayant mis la main sur une crotte de merle, apr\u00e8s l&rsquo;avoir port\u00e9e \u00e0 ses narines s&rsquo;\u00e9cria : \u00ab C&rsquo;est de la m&#8230; \u00e9lasse ! \u00bb Que veux-tu ? Tout le monde ne peut pas \u00eatre de cette force.<\/p>\n<p>Je m&rsquo;\u00e9tais promis de ne faire partir ma lettre que lorsque j&rsquo;entendrais crier : \u00ab Les voyageurs pour l&rsquo;\u00e9tablissement zoologique de Saint-Martin-de-R\u00e9, en voituuure ! \u00bb Mais puisque le sleeping-car tarde tant \u00e0 passer, je me d\u00e9cide \u00e0 l&rsquo;envoyer. Je t&rsquo;\u00e9crirai encore d&rsquo;Orl\u00e9ans dans le cas o\u00f9 je passerais encore une semaine dans ma ruche ; sinon il te faudra attendre, pour obtenir de nos nouvelles, que la permission d&rsquo;\u00e9crire me soit accord\u00e9e par le directeur du d\u00e9p\u00f4t.<\/p>\n<p>Je t&#8217;embrasse bien affectueusement. Mille baisers \u00e0 Rose.<\/p>\n<p>Sinc\u00e8res amiti\u00e9s aux camarades,<\/p>\n<p>Alexandre<\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> Un des nombreux fr\u00e8res de la famille Reclus. Il fut banni pour son activit\u00e9 politique \u00e0 la suite du coup d&rsquo;\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre et d\u00e9port\u00e9 apr\u00e8s la Commune de Paris. Il participa, avec son fr\u00e8re \u00c9lis\u00e9e, le g\u00e9ographe, aux journaux libertaires <em>La R\u00e9volte<\/em>, puis <em>Les Temps nouveaux<\/em>. Mais il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 m\u00e9decin, et de plus il \u00e9tait mort depuis 1904. Jacob confond peut-\u00eatre avec son fr\u00e8re Paul.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Domicile de Jacob \u00e0 Paris en 1903.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>24 juillet 1905, le temps des proc\u00e8s est clos pour Alexandre Jacob. L&rsquo;attente du transfert sur le d\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9, mentionn\u00e9 le 06 ao\u00fbt comme \u00e9tablissement zoologique, devient ainsi l&rsquo;activit\u00e9 principale du for\u00e7at \u00e0 venir. Les lettres du 1, 2 et 3 ao\u00fbt se prolongent de trois jours. 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