{"id":2886,"date":"2012-12-30T01:10:18","date_gmt":"2012-12-29T23:10:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2886"},"modified":"2012-08-04T07:12:39","modified_gmt":"2012-08-04T05:12:39","slug":"libre-et-proprietaire","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/12\/libre-et-proprietaire\/","title":{"rendered":"Libre et propri\u00e9taire"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-25-juin-1993.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2887\" title=\"La Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest, 25 juin 1993\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-25-juin-1993-300x126.jpg\" alt=\"\" width=\"269\" height=\"113\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-25-juin-1993-300x126.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-25-juin-1993.jpg 342w\" sizes=\"(max-width: 269px) 100vw, 269px\" \/><\/a><strong>Claude et Marius 6<\/strong><\/p>\n<p>Sixi\u00e8me et dernier article consacr\u00e9 \u00e0 Alexandre Jacob dans les colonnes de <em>la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest<\/em>, pour vanter l&rsquo;exposition <em>Sur les traces de Marius Jacob<\/em> qui se tient \u00e0 Reuilly durant ce mois de juin 1993. Le papier, que nous avions d\u00e9j\u00e0 mis en ligne le 03 juin 2008, pr\u00e9sente un homme libre. Outre les erreurs de dates (Jacob lib\u00e9r\u00e9 de Fresnes en 1925 puis, quelques lignes plus bas, en 1928\u00a0!!!), nous pouvons nous arr\u00eater sur l&rsquo;anecdote de l&rsquo;achat de la maison qui permet \u00e0 Claude Nerrand, ancien militaire, devenu pr\u00e9sident de l&rsquo;office du tourisme local de sous-tendre la faiblesse de l&rsquo;anarchisme de Jacob\u00a0: <em>Le voil\u00e0 propri\u00e9taire\u00a0!<\/em>. Effet de style certainement. Mais aussi m\u00e9connaissance totale d&rsquo;un mouvement et d&rsquo;une id\u00e9e politique dont il entend se gausser.<!--more--><\/p>\n<p>Le vieil homme au pass\u00e9 indigne (de la norme l\u00e9gale s&rsquo;entend) mais ayant expi\u00e9 ses fautes\u00a0 devrait pouvoir finir sa vie tranquille, mari\u00e9 puis s\u00e9par\u00e9 puis remari\u00e9, vivant honn\u00eatement du produits des ventes sur les march\u00e9s.\u00a0A ce propos, le choix du pr\u00e9nom Marius est tout simplement pragmatique : il revenait moins cher \u00e0 faire imprimer sur le barnum qu&rsquo;Alexandre.<\/p>\n<p>Il va de soi que nous ne partageons pas du tout une telle vision d&rsquo;Alexandre Jacob, \u00eatre probe et honn\u00eate aussi bien dans sa vie de cambrioleur que dans celle du soi-disant reclus de Bois Saint Denis. Nous sommes alors bien loin de l&rsquo;image de l&rsquo;aventurier revenu de tout. Car c&rsquo;est bien un anarchiste qui part en Espagne en 1936 et qui n\u00e9gocie des armes pour les compagnons ib\u00e8res aupr\u00e8s de Basile Zaharoff et non Zakaroff (le vrai nom de ce personnage dessin\u00e9 par Herg\u00e9 sous les traits de Basile Bazaroff dans <em>L&rsquo;Oreille croqu\u00e9e<\/em> est Zacharias Basileios Zaharopoulos). C&rsquo;est encore un anarchiste, et non un aventurier, qui choisit librement d&rsquo;en finir avec <em>une vie faite d&rsquo;heurs et de malheurs<\/em>, quel que soit l&rsquo;avis de ses amis &#8230; vrais ou faux.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-nouvelle-republique-du-centre-ouest.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-378\" title=\"logo de la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-nouvelle-republique-du-centre-ouest.gif\" alt=\"logo de la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest\" width=\"150\" height=\"46\" \/><\/a><strong>La Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest<\/strong><\/p>\n<p><strong>25 juin 1993<\/strong><\/p>\n<p><strong>A la d\u00e9couverte de Marius Jacob<\/strong><\/p>\n<p><strong>La fin d&rsquo;un aventurier<\/strong><\/p>\n<p><strong>Marius Jacob sort libre de Fresnes en 1928. Il se suicide en 1954, \u00e0 Bois Saint Denis. R\u00e9cit de la fin de sa vie.<\/strong><\/p>\n<p>Le 30 d\u00e9cembre 1925, les portes de la prison de Fresnes s&rsquo;ouvrent. Alexandre Jacob est libre. Il a quarante-neuf ans.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on \u00e9coute les amis qui l&rsquo;entoure \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, au si\u00e8ge du Libertaire, c&rsquo;est un homme trapu, sans \u00e2ge, us\u00e9, au visage burin\u00e9, dont les yeux noirs expressifs plongent dans ceux de ses interlocuteur. Comme s&rsquo;il cherchait la v\u00e9rit\u00e9 au fond de leur c\u0153ur. Il est l\u00e0, comme un enfant, un peu \u00e9bahi par les changements survenus pendant sa longue absence. Il est libre et a besoin d&rsquo;espace. Dans la capitale, Jacob partage avec sa m\u00e8re, au 1 passage Etienne Delaunay dans le XIe, la petite pi\u00e8ce exigu\u00eb qu&rsquo;elle habite.<\/p>\n<p>Revenu du bout de la nuit, il veut retrouver le soleil. Avec le petit p\u00e9cule que Marie a amass\u00e9 sous par sous, il a achet\u00e9 un lot de bonneterie et, sa camelote sur le dos, il parcourt les march\u00e9s. Un petit village de l&rsquo;Yonne devient son port d&rsquo;attache et il s&rsquo;inscrit au tribunal de commerce en 1931, comme marchand ambulant. C&rsquo;est aux foires de Touraine et du Berry, aux grands march\u00e9s qu&rsquo;on le rencontre dor\u00e9navant avec son \u00e9tal bleu et rouge.<\/p>\n<p>A Issoudun, il s&rsquo;installe g\u00e9n\u00e9ralement en haut du boulevard Baron, devant le b\u00e2timent de la banque de France. Les forains l&rsquo;appellent Marius, en raison de son accent marseillais. Le nom lui restera jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>A cinquante ans, il s&rsquo;essaie \u00e0 la vie de couple. Mais sa compagne chaparde dans la caisse et ses filles attirent trop les regards en raison de leur moralit\u00e9 douteuse. Un jour, exc\u00e9d\u00e9, Jacob met tout ce petit monde \u00e0 la porte.<\/p>\n<p>En juillet 1936, les \u00e9v\u00e8nements d&rsquo;Espagne l&rsquo;attirent. Pendant quelques mois, il dispara\u00eet. Il veut se rapprocher de ses compagnons libertaires et ib\u00e9riques. Un plan de transport et d&rsquo;armement est imagin\u00e9. Contact est pris avec Basile Zakarof, un p\u00e9trolier marchand de canons.<\/p>\n<p>Il faut de l&rsquo;or. Les \u00e9glises d&rsquo;Espagne en disposent. Mais ses camarades espagnols ne semblent pas le comprendre ni surtout croire en lui. \u00ab\u00a0Ils sont fadas\u00a0\u00bb dit Marius \u00e0 Pierre Valentin Berthier, journaliste au D\u00e9partement \u00e0 Issoudun.<\/p>\n<p>La guerre menace. Jacob quitte l&rsquo;Yonne pour s&rsquo;installer \u00e0 Bois Saint Denis, pr\u00e8s de Reuilly, pas tr\u00e8s loin de ses vrais amis, Denizeau, Briselance, forains, et Berthier. Le jour de l&rsquo;acaht de sa maison, chez Me Barge \u00e0 Reuilly, Marius d\u00e9plie lentement des billets de banque et paie comptant sa maison. Le voil\u00e0 propri\u00e9taire\u00a0! Que pense-t-il\u00a0? Il a seulement vieilli.<\/p>\n<p>Le 22 janvier 1940, jour de la Saint Vincent, Marius \u00e9pouse Paulette, plus jeune que lui de quelques ann\u00e9es. Madame Jacob prend vite le surnom de \u00ab\u00a0essuyez vos pieds\u00a0\u00bb. Maniaque du m\u00e9nage, nerveuse, elle partage la vie de Jacob avant de le quitter d\u00e9finitivement des suites d&rsquo;une longue maladie.<\/p>\n<p>Dans ce pays de Bois Saint Denis, o\u00f9 il ne se passe jamais rien, Jacob subit deux affronts. Contr\u00f4le par la r\u00e9pression des fraudes\u00a0; son inventaire laisse appara\u00eetre un exc\u00e9dent de trente-deux m\u00e8tres de tissu. Jug\u00e9 par le tribunal d&rsquo;Issoudun, il est puni de quinze jours de prison. \u00ab\u00a0J&rsquo;y ai souffert moralement davantage qu&rsquo;au bagne, confie-t-il \u00e0 Pierre Valentin Berthier, car la cause est injuste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De plus en plus Marius parle de sa mort \u00e0 ses vrais amis. Denizeau et Briselance ach\u00e8tent sa maison. Et au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1954, il convie \u00e0 d\u00e9jeuner neuf bambins dont certains habitent Reuilly, et \u00e0 partager le boudin et une pur\u00e9e trop claire. Mais il y a de la limonade. C&rsquo;est la f\u00eate. Tout est en ordre. Marius \u00e9crit \u00e0 Berthier\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est fini\u00a0\u00bb, et dans un court texte donne ses consignes. Charbon de bois et piq\u00fbre apporte la paix au ma\u00eetre et \u00e0 son chien. Marius Jacob quitte ainsi Bois Saint Denis.<\/p>\n<p align=\"right\">CN<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Claude et Marius 6 Sixi\u00e8me et dernier article consacr\u00e9 \u00e0 Alexandre Jacob dans les colonnes de la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest, pour vanter l&rsquo;exposition Sur les traces de Marius Jacob qui se tient \u00e0 Reuilly durant ce mois de juin 1993. 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