{"id":2881,"date":"2012-10-27T01:10:43","date_gmt":"2012-10-26T23:10:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2881"},"modified":"2012-08-04T07:17:20","modified_gmt":"2012-08-04T05:17:20","slug":"chef-de-bande","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/10\/chef-de-bande\/","title":{"rendered":"Chef de bande"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-12-06-93-copier.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2880\" title=\"Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest 12 juin 1993\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-12-06-93-copier-300x254.jpg\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"167\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-12-06-93-copier-300x254.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/nrco-12-06-93-copier.jpg 565w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><\/a><strong>Claude et Marius 3<\/strong><\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me article de la s\u00e9rie consacr\u00e9e \u00e0 Alexandre Jacob parait le 12 juin 1993 dans la <em>Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest<\/em>. L&rsquo;usage \u00e9tant \u00e9tabli, Claude Nerrand, pr\u00e9sident de l&rsquo;office du tourisme de Reuilly, utilise une anecdote locale pour introduire son sujet et, surtout, pour \u00e9difier son lectorat berrichon sur les cambriolages perp\u00e9tr\u00e9s par le chef de ces <em>ouvriers de la r\u00e9volution<\/em>. Pas de vols \u00ab\u00a0jacobiens\u00a0\u00bb \u00e0 Bois Saint Denis \u00e0 la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale. Juste quelques jeunes maquisards venus perquisitionner un vieux marchand forain. Ainsi commence la geste des Travailleurs de la Nuit selon saint Nerrand qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 forcer le trait de la r\u00e9alit\u00e9, quitte \u00e0 tomber dans l&rsquo;apocryphe propos pour mieux faire l&rsquo;inventaire de quelques-uns des coups fumeux d&rsquo;une bande faisant de la reprise individuelle. Toute les belle histoires ayant une fin et celle-ci ne l&rsquo;\u00e9tant pas, il est dit que la morale doit rester sauve. Jacob est arr\u00eat\u00e9 non loin d&rsquo;Abbeville le 22 avril 1903, puis conduit en prison sous les cris d&rsquo;une foule haineuse criant <em>A l&rsquo;eau\u00a0!<\/em>. La mar\u00e9e devait \u00eatre haute, ce jour-l\u00e0, en baie de Somme distante seulement d&rsquo;une petite vingtaine de kilom\u00e8tres. A Reuilly, o\u00f9 l&rsquo;on peut go\u00fbter un d\u00e9licieux rouge class\u00e9 AOC, on a s\u00fbrement les pieds au sec.<!--more--><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-nouvelle-republique-du-centre-ouest.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-378\" title=\"logo de la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-nouvelle-republique-du-centre-ouest.gif\" alt=\"logo de la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest\" width=\"176\" height=\"54\" \/><\/a><strong>La Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest<\/strong><\/p>\n<p>12 Juin 1993<\/p>\n<p><strong>A la d\u00e9couverte de Marius Jacob<\/strong><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9poque des \u00ab\u00a0travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>III &#8211; Jacob, ou Attila, ou Escande, ou encore \u00ab\u00a0trompe la mort\u00a0\u00bb apr\u00e8s des dizaines \u00ab\u00a0d&rsquo;op\u00e9rations\u00a0\u00bb est arr\u00eat\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Vers la fin de la guerre, un jour d&rsquo;\u00e9t\u00e9, le maquis de Reuilly se pr\u00e9sente chez Marius. D\u00e9nonc\u00e9, on ne sait trop pourquoi, le vieil homme laisse entrer quelques jeunes gens hardis mais surtout rassur\u00e9s par les armes qu&rsquo;ils d\u00e9tiennent. Rest\u00e9 sur le pas de la porte, surveill\u00e9 par un jeune maquisard, Marius fume tranquillement sa pipe. \u00ab\u00a0Vous nous prenez s\u00fbrement pour des bandits\u00a0?\u00a0\u00bb, murmure le jeune guerrier d&rsquo;un air g\u00ean\u00e9 mais arrogant.\u00a0\u00ab\u00a0Pas du tout\u00a0\u00bb, r\u00e9pond Marius dans un large sourire. \u00ab\u00a0Mais j&rsquo;ai connu des bandits &#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pas un mot de plus et, dans la fum\u00e9e de sa pipe, Jacob, ce jour-l\u00e0, peut-\u00eatre revit et recherche dans sa m\u00e9moire les 156 cambriolages dont il a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9.<\/p>\n<p>Le 1<sup>er<\/sup> avril 1897, un commissaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9 de Marseille quatre personnes \u00e0 l&rsquo;allure s\u00e9rieuse et s\u00e9v\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0je suis commissaire de police\u00a0\u00bb, dit l&rsquo;un d&rsquo;eux. Il s&rsquo;agit de Roques. \u00ab\u00a0Et voici mon secr\u00e9taire (Jacob). Vous d\u00e9tenez ici quelques objets qui font partie d&rsquo;un vol.\u00a0\u00bb Roques fait fermer le magasin et l&rsquo;inventaire commence. Chaque pi\u00e8ce de valeur est soigneusement enferm\u00e9e dans une valise. Menotte aux poignets, le commissaire et son aide sont conduits au palais de justice. Assis sur une banquette, dans un couloir d\u00e9sert, les deux hommes attendent le procureur. C&rsquo;est seulement le soir que le concierge du tribunal s&rsquo;inqui\u00e8te de leur pr\u00e9sence &#8230;<\/p>\n<p>Eclat de rire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Marseille, le lendemain. La police recherche amis la bande roule d\u00e9j\u00e0 vers l&rsquo;Espagne. Jacob s&rsquo;int\u00e9resse alors \u00e0 la statue en or de Saint Jacques de Compostelle. Elle p\u00e8se environ 400 kilos. Il pense la briser en petits morceaux et l&#8217;emporter vers la France. Toutefois l&rsquo;affaire n&rsquo;aura pas lieu. Certains participants refusent par mysticisme de s&rsquo;engager dans une telle aventure.<\/p>\n<p>D\u00e9laissant un moment les \u00e9glises, il porte son regard sur les h\u00f4tels particuliers et en d\u00e9valise plusieurs. B\u00e9ziers, Montpellier &#8230; Tous les coups ne r\u00e9ussiront pas. Au casino de Monte Carlo, il s&rsquo;abouche avec un Sicilien au cours d&rsquo;une soir\u00e9e, Jacob simule une crise d&rsquo;\u00e9pilepsie et dans l&rsquo;affolement son co\u00e9quipier en profite pour d\u00e9valiser les joueurs et s&#8217;empresse de disparaitre, tr\u00e8s vite avant que Jacob se remette de ses vapeurs.<\/p>\n<p>D\u00e9nonc\u00e9 par un indicateur, Jacob est arr\u00eat\u00e9. Condamn\u00e9 par contumace \u00e0 cinq ans de prison pour l&rsquo;affaire du Mont de Pi\u00e9t\u00e9, il est enferm\u00e9. Mais il simule cette fois la folie. Il \u00e9cume, il tr\u00e9pigne, il invective et se trouve bient\u00f4t dans une cellule capitonn\u00e9e d&rsquo;ali\u00e9n\u00e9 dangereux et excit\u00e9. Le plan r\u00e9ussit et Jacob s&rsquo;\u00e9chappe.<\/p>\n<p>Il constitue la premi\u00e8re brigade de la bande que l&rsquo;on baptisera un peu plus tard \u00ab\u00a0les travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Je ne veux pas de jouisseurs ni d&rsquo;ivrognes. Nous sommes avant tout des ouvriers de la r\u00e9volution.\u00a0\u00bb Jacob impose un pr\u00e9l\u00e8vement de dix pour cent sur chaque rapport de cambriolage. Cette somme sera remise aux organisations anarchistes.<\/p>\n<p>La bande travaille avec le bottin et l&rsquo;indicateur de chemin de fer. Un \u00e9missaire fait le tour d&rsquo;une vile de province, rep\u00e8re les belles maisons ferm\u00e9es (\u00ab\u00a0nos clients\u00a0\u00bb dira Marius), pose des \u00ab\u00a0scell\u00e9s\u00a0\u00bb aux portes, c&rsquo;est-\u00e0-dire un morceau de carton. Le soir, si le \u00ab\u00a0scell\u00e9\u00a0\u00bb est toujours en place, c&rsquo;est que la voie est libre.<\/p>\n<p>Si Jacob a la phobie de la magistrature, du clerg\u00e9 et des bourgeois, il \u00e9vite de visiter les m\u00e9decins, les \u00e9crivains et tous ceux qu&rsquo;il estime utile \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. A Rochefort, au cours d&rsquo;une \u00ab\u00a0op\u00e9ration\u00a0\u00bb, il s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;il agit chez Pierre Loti. Il met en \u00e9vidence un billet d&rsquo;excuse\u00a0: \u00ab\u00a0Ayant p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 chez vous par erreur, je ne saurais rien prendre. Tout travail m\u00e9rite salaire. Attila.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les vols se succ\u00e8dent, cath\u00e9drales du Mans, de Tours, \u00e0 paris, Nevers, Orl\u00e9ans et combien d&rsquo;autres &#8230;<\/p>\n<p>Le 21 avril 1903, \u00e0 Abbeville, Jacob, Bour et P\u00e9lissard s&rsquo;agitent dans une villa. Les voisins d&rsquo;en face s&rsquo;inqui\u00e8tent d&rsquo;un bruit suspect et appellent la police. Les trois cambrioleurs s&rsquo;\u00e9chappent, mais le lendemain dans une gare avoisinante, au moment o\u00f9 ils prennent leur billet, ils sont interpel\u00e9s. Bagarre, coups de feu, l&rsquo;agent Prouvost est tu\u00e9 et les trois voleurs s&rsquo;\u00e9chappent.<\/p>\n<p>Quelques heures plus tard, Attila ou Escande ou Georges ou Bonnet ou \u00ab\u00a0Trompe la mort\u00a0\u00bb ou Alexandre, bref Marius Jacob est arr\u00eat\u00e9 de nouveau et cette fois solidement.<\/p>\n<p>A Abbeville, \u00e0 son entr\u00e9e en prison, la foule crie \u00ab\u00a0A mort\u00a0! A l&rsquo;eau\u00a0! A la guillotine\u00a0!\u00a0\u00bb Le chef des \u00ab\u00a0travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb est vaincu.<\/p>\n<p>Lire nos pr\u00e9c\u00e9dents articles dans nos \u00e9ditions du 4 et 9 juin.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Prochain article\u00a0:<\/span> \u00ab\u00a0Dix-neuf ans de bagne\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Claude et Marius 3 Le troisi\u00e8me article de la s\u00e9rie consacr\u00e9e \u00e0 Alexandre Jacob parait le 12 juin 1993 dans la Nouvelle R\u00e9publique du Centre Ouest. 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