{"id":2849,"date":"2012-09-09T01:10:42","date_gmt":"2012-09-08T23:10:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2849"},"modified":"2012-07-26T08:56:28","modified_gmt":"2012-07-26T06:56:28","slug":"intraitable-ouvrage","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/09\/intraitable-ouvrage\/","title":{"rendered":"Intraitable ouvrage"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-alexandre-jacob-le-bagnard-recalcitrant.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2606\" title=\"Jacques Colombat, Alexandre Marius Jacob le for\u00e7at intraitable\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-alexandre-jacob-le-bagnard-recalcitrant-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"83\" height=\"127\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-alexandre-jacob-le-bagnard-recalcitrant-197x300.jpg 197w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-alexandre-jacob-le-bagnard-recalcitrant.jpg 400w\" sizes=\"(max-width: 83px) 100vw, 83px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2850\" title=\"jacques Colombat\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacques-colombat-1.jpg\" alt=\"\" width=\"97\" height=\"127\" \/><\/a>Nous pourrions nous r\u00e9jouir de la publicit\u00e9 faite \u00e0 l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie aux \u00e9ditions <em>Riveneuve<\/em> de l&rsquo;ouvrage du cin\u00e9aste Jacques Colombat. Invit\u00e9 ici, convi\u00e9 l\u00e0 (et notamment par la Biblioth\u00e8que sociale de Merlieux dans l&rsquo;Aisne le 19 avril dernier), l&rsquo;auteur parle <em>d&rsquo;Alexandre Marius Jacob, le for\u00e7at intraitable<\/em>. Seulement, on peut l\u00e9gitimement se demander s&rsquo;il a vraiment quelque chose \u00e0 dire tant l&rsquo;ouvrage commis enfonce maladroitement des portes de connaissance, h\u00e9las pour lui, d\u00e9j\u00e0 ouvertes.<!--more--><\/p>\n<p>Certes, nous pourrions objecter que l&rsquo;auteur vulgarise sans verser dans la lupinose. Mais alors pourquoi, diantre, offrir \u00e0 la vue d&rsquo;un lecteur potentiel une premi\u00e8re de couverture moche \u00e0 souhait, et surtout repr\u00e9sentant Alexandre Jacob perch\u00e9 sur les toits de Paris, le coude appuy\u00e9 sur un genou lev\u00e9\u00a0? La posture, inspir\u00e9e de la premi\u00e8re de couverture, d&rsquo;une \u00e9dition espagnole de la biographie de Jacob commise par Bernard Thomas (<em>Jacob recuerdo de un rebelde<\/em>, Txalaparta 1991), reprend bien \u00e9videmment celle du fameux <em>Fantomas<\/em> imagin\u00e9e en 1911 par Souvestre et Allain. L&rsquo;inad\u00e9quation appara\u00eet alors flagrante avec le sous-titre du livre. <em>Le For\u00e7at intraitable<\/em> pose sa main gauche sur le menton tandis que de sa dextre pend un trousseau de cl\u00e9s comme celles qu&rsquo;utilisent &#8230; les cambrioleurs. Voleur ou bagnard, il faut choisir. Un exercice de haute voltige sans doute o\u00f9 Jacques Colombat \u00e9crit sans filet. Avec un tel titre, on se demande o\u00f9 il cherche \u00e0 atterrir. La chute, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cet intraitable ouvrage, risque fort d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la hauteur de l&rsquo;impression premi\u00e8re.<\/p>\n<p>En 152 pages, l&rsquo;auteur nous livre (sic\u00a0!) aussi dans cette nouvelle biographie de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur 18 dessins illustrant son \u00e9difiant propos. Aussi laids puissent-ils \u00eatre, ces croquis auraient pu constituer une nouveaut\u00e9, un apport int\u00e9ressant s&rsquo;ils ne v\u00e9hiculaient pas de nombreux st\u00e9r\u00e9otypes induisant le lecteur en erreur.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-1-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2851\" title=\"Le For\u00e7at intraitable, Colombat, Riveneuve editions 2012\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-1-640x480-191x300.jpg\" alt=\"\" width=\"95\" height=\"150\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-1-640x480-191x300.jpg 191w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-1-640x480.jpg 306w\" sizes=\"(max-width: 95px) 100vw, 95px\" \/><\/a>A la page 35, par exemple, Colombat nous pr\u00e9sente la <em>panoplie d&rsquo;une partie du mat\u00e9riel de Jacob<\/em>. Au beau milieu du dessin, tr\u00f4ne un parapluie, allusion \u00e9vidente au coup de la rue Quincampoix. Seulement, nous avons peine \u00e0 penser l&rsquo;ill\u00e9galiste s&rsquo;astreindre \u00e0 transporter dans sa \u00ab\u00a0contrebasse\u00a0\u00bb un tel instrument domestique alors qu&rsquo;il peut en trouver dans n&rsquo;importe quelle villa pill\u00e9e par ses soins. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que le commun peut lire dans les <em>Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9<\/em>. Descendant du train en gare d&rsquo;Abbeville, P\u00e9lissard bougonne parce qu&rsquo;il a oubli\u00e9 son p\u00e9pin alors qu&rsquo;il pleut averse. Jacob et Bour lui conseillent d&rsquo;attendre ce que le prochain cambriolage pourra donner.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-2-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2852\" title=\"Le For\u00e7at intraitable, Colombat, Riveneuve editions 2012\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-2-640x480-160x300.jpg\" alt=\"\" width=\"79\" height=\"149\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-2-640x480-160x300.jpg 160w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-2-640x480.jpg 256w\" sizes=\"(max-width: 79px) 100vw, 79px\" \/><\/a>Passons \u00e0 la page 79. L\u00e0, se tient assis un for\u00e7at dans sa cellule de l&rsquo;\u00eele Saint Joseph, torse nu et pantalon ray\u00e9. Un verre est pos\u00e9 pr\u00e8s de lui. Il porte un chapeau que l&rsquo;on sait fabriqu\u00e9 en feuille de cocotier. Colombat aurait pu travailler un peu plus son sujet en lisant de mani\u00e8re nettement plus approfondie le <em>M\u00e9decin au bagne<\/em> du Docteur Rousseau. Il aurait de la sorte dessin\u00e9 deux baquets (un pour l&rsquo;eau et l&rsquo;autre pour les besoins naturels) \u00e0 la place du gobelet. Il aurait enlev\u00e9 le couvre-chef du bagnard et surtout l&rsquo;arbre tr\u00f4nant dans la cellule de ce b\u00e2timent couvert de la r\u00e9clusion. Les hommes punis ne voyaient jamais le jour dans ces cages. Une fatale folie les guette au bout de quelque temps et, s&rsquo;ils survivent \u00e0 cette d\u00e9l\u00e9t\u00e8re \u00e9preuve, ce sont des zombies. Rousseau parle de blancheur cadav\u00e9rique et Jacob indique \u00e0 sa m\u00e8re ne peser plus que <em>39 kilos &#8230; sans les chaussettes<\/em> !<\/p>\n<p>Jacques Colombat sait manier le pinceau. Ce n&rsquo;est pas une raison pour dessiner n&rsquo;importe quoi. Et pour \u00e9crire, c&rsquo;est la m\u00eame chose lorsqu&rsquo;on entend retracer &#8211; m\u00eame de mani\u00e8re dynamique &#8211; la vie d&rsquo;un homme aussi fascinant soit-il. Peut-\u00eatre est-ce pour cela que nous pouvons lire une pr\u00e9face de Lucio Urtubia. A la mani\u00e8re de William Caruchet avec Alphonse Boudard en 1993, Colombat fait valoir en 2012 son propre texte par les biens insipides et inutiles lignes du tr\u00e8s respectable faux-monnayeur anarchiste. C&rsquo;est alors un sc\u00e9nario \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture hach\u00e9e qui se d\u00e9roule sous nos yeux. S&rsquo;y entrem\u00ealent vrais et faux dialogues, vrais et faux t\u00e9moignages (celui de l&rsquo;agent Couillot par exemple) dans un rythme soutenu, haletant &#8230; si \u00e9puisant avec ses trop nombreux flash-back et autres allers-retours. Nous osons croire l&rsquo;auteur, qui est aussi cin\u00e9aste, plus habile et plus captivant avec une cam\u00e9ra.<\/p>\n<p>D&rsquo;une enfance pass\u00e9e sur le pont ou dans les cales des navires de la compagnie des Messageries Maritimes \u00e0 la tranquillit\u00e9 apparente du vieil homme assis devant sa maisonn\u00e9e de Bois Saint Denis, l&rsquo;image du for\u00e7at intraitable parait bien obscure. Elle suscite nombre d&rsquo;interrogations. Quel est le but de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;abord\u00a0? Colombat se fait plaisir. C&rsquo;est une \u00e9vidence. Mais l&rsquo;ouvrage s&rsquo;adresse \u00e0 un public dont on n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;il en tire le m\u00eame sentiment. Il pr\u00e9sente une vie d&rsquo;aventures. Grand bien lui fasse. Mais il aurait fallu la replacer dans son contexte, l&rsquo;expliquer et l&rsquo;analyser pour mieux la saisir. Certes, on peut voir Jacob justifier ses vols mais le discours de l&rsquo;ill\u00e9galiste tient plus de la bravade rh\u00e9torique que du discours th\u00e9orique \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Jacob survit au bagne. Mais o\u00f9 est l&rsquo;institution p\u00e9nitentiaire\u00a0? Comment fonctionne-t-elle\u00a0? Quels sont ses buts et ses finalit\u00e9s\u00a0? Quelle est la vie commune d&rsquo;un Jacob matricul\u00e9, fagot parmi les bagnards\u00a0? L&rsquo;homme ayant retrouv\u00e9 sa libert\u00e9 n&rsquo;a rien perdu de sa verve et de sa soif de justice sociale. Mais que fait-il \u00e0 Paris\u00a0? Que fait-il dans le Berry\u00a0? Que fait-il dans cette Espagne en guerre civile\u00a0?<\/p>\n<p>Colombat aurait pu se servir de la tr\u00e8s courte bibliographie qu&rsquo;il donne en fin d&rsquo;ouvrage pour y puiser des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. Le docteur Rousseau, Eug\u00e8ne Dieudonn\u00e9 et m\u00eame l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur sont mentionn\u00e9s. L&rsquo;auteur les a-t-il lus\u00a0? A n&rsquo;en point douter. Sinon comment expliquer que nous retrouvions des passages entiers de ces ouvrages sans utilisation de guillemets, ni m\u00eame mention de leur origine\u00a0?<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re, Colombat reprend par exemple la m\u00eame description des \u00eeles du Salut que fait Albert Londres dans <em>Au bagne<\/em>. Vous savez\u00a0? Si si, \u00a0<em>ce d\u00e9cor pour femmes \u00e9l\u00e9gantes et leur\u00a0 ombrelle<\/em> (p 57 chez Colombat). Nous trouvons dans l&rsquo;<em>Honn\u00eate cambrioleur<\/em> une \u00e9num\u00e9ration des d\u00e9corations honorifiques du Docteur Rousseau. Chez Jacques Colombat aussi, page 118. Six pages auparavant, l&rsquo;auteur nous parle d&rsquo;une truculente ouverture de coffre-fort par le matricule 34777 aux \u00eeles du Salut \u00e0 la demande expresse d&rsquo;un des agents de l&rsquo;AP. C&rsquo;est la m\u00eame anecdote, mot pour mot que celle d\u00e9crite avec verve par Alexis Danan dans l&rsquo;article <em>Le cr\u00e9puscule du Justicier<\/em> paru dans les colonnes de <em>Franc Tireur<\/em> le 03 ao\u00fbt 1954\u00a0:<\/p>\n<p><em>Le bagne n&rsquo;a pas de richesses \u00e0 reconvertir et Jacob ne trouvera un jour \u00e0 se rappeler ses talents de forceur de coffres-forts qu&rsquo;\u00e0 la pri\u00e8re d&rsquo;un sous-directeur des \u00eeles, qui avait par m\u00e9garde perdu la cl\u00e9 du sien. Jacob r\u00e9solut le probl\u00e8me en quelques minutes, \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une baleine de corset et d&rsquo;une feuille de papier \u00e0 cigarette. II y gagna dix paquets de cigarettes et l&rsquo;admiration de Mme la sous-directrice, qui avait l&rsquo;enthousiasme d\u00e9monstratif.<\/em><\/p>\n<p>Que dire encore de cette anecdote o\u00f9, page 91, le for\u00e7at intraitable devient cuisinier de ses camarades d&rsquo;infortune \u00e0 la demande g\u00e9n\u00e9rale. Peut-\u00eatre \u00ab\u00a0Merci Dieudonn\u00e9\u00a0\u00bb. Nous n&rsquo;irons pas jusqu&rsquo;\u00e0 parler de plagiat tant les reprises sont grossi\u00e8res. Mais quel intraitable manque de tact\u00a0!<\/p>\n<p>L&rsquo;absence de sources signal\u00e9es nous emp\u00eache bien s\u00fbr de savoir o\u00f9 l&rsquo;auteur est all\u00e9 puiser &#8211; copier &#8211; coller ses informations.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;est pas bien grave finalement. Nous avons perdu notre temps \u00e0 \u00e9plucher les p\u00e9r\u00e9grinations d&rsquo;un cambrioleur dans les villas, d&rsquo;un accus\u00e9 au tribunal, d&rsquo;un bagnard au bagne, d&rsquo;une graine germ\u00e9e d&rsquo;ananar en Espagne et enfin d&rsquo;un marchand forain dans le Berry avec cette d\u00e9sagr\u00e9able impression de d\u00e9j\u00e0 lu. Mais nous avons pris plaisir \u00e0 relever quelques-unes des nombreuses erreurs et autres approximations que l&rsquo;on peut rencontrer au fil des pages. Extraits choisis.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-3-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2853\" title=\"Le For\u00e7at intraitable, Colombat, Riveneuve editions 2012\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-3-640x480-156x300.jpg\" alt=\"\" width=\"80\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-3-640x480-156x300.jpg 156w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/colombat-3-640x480.jpg 250w\" sizes=\"(max-width: 80px) 100vw, 80px\" \/><\/a>Comment se peut-il que l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur Jacob lise sa fameuse d\u00e9claration, <em>Pourquoi j&rsquo;ai cambriol\u00e9\u00a0?<\/em>, dans la salle d&rsquo;audience des assises d&rsquo;Amiens alors qu&rsquo;au m\u00eame moment il se trouve en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la prison de Bic\u00eatre\u00a0(p.47) ? Dans sa derni\u00e8re lettre avant d&#8217;embarquer pour la Guyane, le matricule 34777 d\u00e9crit le bagne sous un angle positif pour rassurer sa m\u00e8re (p.56). C&rsquo;est vrai. La lettre existe. Elle est juste \u00e9crite \u00e0 la prison d&rsquo;Orl\u00e9ans, au d\u00e9but du mois de mai 1905. Une dizaine, si ce n&rsquo;est une petite vingtaine d&rsquo;autres missives (nous n&rsquo;avons pas eu le courage de compter) suivront avant le d\u00e9part de Saint Martin de R\u00e9 le 22 d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e et l&#8217;embarquement sur <em>Le Loire<\/em>. Aux \u00eeles du salut, l&rsquo;intraitable for\u00e7at s&rsquo;adonne \u00e0 la lecture de Nietzsche (p.99). Mais le philosophe et professeur d&rsquo;\u00e9nergie de Jacob est censur\u00e9 par l&rsquo;AP pendant la Premi\u00e8re guerre mondiale\u00a0! Jacob s&rsquo;\u00e9vade avec deux complices. <em>Mais deux porte-clefs qui sommeillaient non loin de l\u00e0 s&rsquo;\u00e9veillent. Chasse \u00e0 l&rsquo;homme dans la jungle qui d&rsquo;un coup est peupl\u00e9e de surveillants arm\u00e9s, d&rsquo;indiens avec arcs et fl\u00e8ches, de chasseurs de prime, dress\u00e9s comme des chiens pour pister les \u00e9vad\u00e9s<\/em> (p.108). C&rsquo;est bien. C&rsquo;est beau. il y a du suspens et de l&rsquo;imagerie populaire. Le bagne et ses myst\u00e8res &#8230; Seulement, aux \u00eeles du Salut, soit 42 hectares, il n&rsquo;y a pas de jungle, ni de crocodiles et de panth\u00e8res comme le dessin attenant le sugg\u00e8re (p.109). Et ainsi de suite.<\/p>\n<p>Jacques Colombat, cin\u00e9aste et \u00e9crivain, a ainsi commis une intraitable biographie d&rsquo;Alexandre Jacob. Le livre, encens\u00e9 dans les colonnes de <em>Lib\u00e9ration<\/em> (25 f\u00e9vrier 2012) et du <em>Canard encha\u00een\u00e9<\/em> (29 f\u00e9vrier 2012) ne m\u00e9rite finalement pas les lauriers et les \u00e9gards dress\u00e9s. Si, pour reprendre la note de lecture qu&rsquo;Alexandre Cl\u00e9ment nous a aimablement donn\u00e9e au mois de juin dernier, l&rsquo;ouvrage peut pr\u00e9senter l&rsquo;avantage de faire conna\u00eetre un peu plus une figure de l&rsquo;anarchisme fran\u00e7ais, il n&rsquo;en d\u00e9forme pas moins une r\u00e9alit\u00e9. Et c&rsquo;est celle-l\u00e0 que nous osons esp\u00e9rer pourvoir retranscrire au moyen du Jacoblog. A se confronter \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, il y a fort \u00e0 parier que l&rsquo;ouvrage de Jacques Colombat, s&rsquo;il n&rsquo;est pas intraitable, est \u00e0 coup s\u00fbr encore moins inoubliable. Mais le droit d&rsquo;\u00e9crire ne se mendie pas &#8230; et ainsi de suite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous pourrions nous r\u00e9jouir de la publicit\u00e9 faite \u00e0 l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur \u00e0 l&rsquo;occasion de la sortie aux \u00e9ditions Riveneuve de l&rsquo;ouvrage du cin\u00e9aste Jacques Colombat. 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