{"id":2484,"date":"2012-03-04T01:10:29","date_gmt":"2012-03-03T23:10:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2484"},"modified":"2020-04-26T08:06:20","modified_gmt":"2020-04-26T06:06:20","slug":"germinal-le-proces-jacob","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/03\/germinal-le-proces-jacob\/","title":{"rendered":"Germinal : le proc\u00e8s Jacob"},"content":{"rendered":"<p id=\"[object]\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1101\" title=\"D\u00e9tail de la carte postale pr\u00e9sentant le transfert de la \\\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1-300x174.jpg\" alt=\"D\u00e9tail de la carte postale pr\u00e9sentant le transfert de la \\\" width=\"218\" height=\"127\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1-300x174.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 218px) 100vw, 218px\" \/><\/a>L&rsquo;ouverture, le 08 mars 1905, des assises d&rsquo;Amiens constitue un \u00e9v\u00e8nement m\u00e9diatique qui pourrait fort bien rappeler la fr\u00e9n\u00e9sie suscit\u00e9e par les proc\u00e8s anarchistes du d\u00e9but des ann\u00e9es 1890. L&rsquo;affaire est peu banale tant par le nombre de faits reproch\u00e9s, que par celui des \u00ab\u00a0bandits d&rsquo;Abbeville\u00a0\u00bb, ainsi que par la personnalit\u00e9 de certains d&rsquo;entre eux. La presse nationale ne s&rsquo;y est pas tromp\u00e9e et est venue en masse rendre compte des d\u00e9bats \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du palais de justice qui peut, \u00e0 tout moment, devenir une tribune pour les accus\u00e9s. L&rsquo;honn\u00eate cambrioleur Jacob et ses \u00ab\u00a0quarante voleurs\u00a0\u00bb se pr\u00e9parent d&rsquo;ailleurs \u00e0 se donner en spectacle. A l&rsquo;ext\u00e9rieur, <em>Germinal<\/em> entend faire \u0153uvre de propagande et essaie de susciter une agitation militante. <em>L&rsquo;\u0153il de la police<\/em>, picarde et parisienne, reste grand ouvert. Sans parler, \u00e0 l&rsquo;instar de la biographie commise par Bernard Thomas, de situation insurrectionnelle justifiant des mesures de s\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;exception, force est de constater qu&rsquo;environ 6000 personnes sont venus voir les accus\u00e9s ce jour-l\u00e0. Cette foule est-elle sympathisante\u00a0? Est-elle hostile \u00e0 \u00ab\u00a0la Bande sinistre\u00a0\u00bb\u00a0? Aucun, journaliste, police ou militant libertaire, ne d\u00e9veloppe une m\u00eame vision des faits.<!--more--><\/p>\n<p id=\"[object]\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/j41germinal1905-du-12-au-18-mars-page-001-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2486\" title=\"Germinal, du 12 au 18 mars 1905\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/j41germinal1905-du-12-au-18-mars-page-001-640x480-192x300.jpg\" alt=\"\" width=\"97\" height=\"152\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/j41germinal1905-du-12-au-18-mars-page-001-640x480-192x300.jpg 192w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/j41germinal1905-du-12-au-18-mars-page-001-640x480.jpg 308w\" sizes=\"(max-width: 97px) 100vw, 97px\" \/><\/a><em id=\"[object]\"><strong>Germinal<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>n\u00b010<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>du 12 au 18 mars 1905<\/strong><\/em><\/p>\n<p id=\"[object]\"><em><strong>Le proc\u00e8s Jacob<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em><strong>Mercredi 08 mars<\/strong><\/em><\/p>\n<p>C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;a lieu la premi\u00e8re audience du proc\u00e8s qui fait compara\u00eetre devant les assises une trentaine d&rsquo;inculp\u00e9s.<\/p>\n<p>Rarement, un proc\u00e8s a fait tant de bruit. Et cela, non-seulement \u00e0 cause des actes reproch\u00e9s aux accus\u00e9s, mais encore par suite de la physionomie de ces derniers. C&rsquo;est qu&rsquo;en effet, ce ne sont pas des \u00ab malfaiteurs\u00a0\u00bb vulgaires. Beaucoup ont \u00e9t\u00e9 des anarchistes militants qui, par leurs \u00e9crits justifi\u00e8rent la restitution\u00bb d\u00e9molissant le principe de Propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Aussi, magistrature, arm\u00e9e, police, s&rsquo;effarent. Une frousse intense qui se traduit pur un d\u00e9ploiement d\u00e9 force aussi inutile que grotesque, s&#8217;empare des d\u00e9fenseurs de l&rsquo;ordre. Une quinzaine de jur\u00e9s se sont r\u00e9cus\u00e9s sous de vagues pr\u00e9textes de maladie. Les certificats de m\u00e9decin sont commodes. Quelques-uns furent oblig\u00e9s de si\u00e9ger malgr\u00e9 eux. On dut proc\u00e9der par deux fois au tirage au Sort du jury !<\/p>\n<p>Une chose remarquable est \u00e0 signaler: la mentalit\u00e9 de la foule. Ce n&rsquo;est plus la populace hurlante qui accueillait jadis le passage des pr\u00e9venus par des cris de \u00ab A mort ! \u00bb Non, aucune clameur hostile ne s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e aujourd&rsquo;hui. Au contraire, un courant de sympathie existe. Des discussions que nous avons pu surprendre ressort le vrai jugement du peuple. Les ouvriers ne s&rsquo;indignent plus contre ceux qui ont d\u00e9pouill\u00e9 leurs exploiteurs. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;avons-nous \u00e0 craindre, nous qui ne poss\u00e9dons rien \u00bb, dit-on dans un groupe.<\/p>\n<p>Une paysanne, un panier au bras, dit <sub>: <\/sub>\u00ab Ch&rsquo;est des voleux qu&rsquo;ont vol\u00e9 d&rsquo;pus gros voleux \u00bb. \u00ab Pour sur qu&rsquo;ils ne viendront pas \u00e0 ma maison \u00bb, prof\u00e8re un pauvre diable, l&rsquo;air souffreteux. Signes r\u00e9confortants !<\/p>\n<p>Or donc, ce matin, \u00e0 10 heures, les portes du Bic\u00eatre s&rsquo;ouvrirent pour donner passage aux voitures cellulaires encadr\u00e9es d\u00e9 gendarmes et d&rsquo;un peloton de chasseurs \u00e0 cheval. Par les boulevards, les voitures gagnent le Palais de Justice. De place en place, stationnent des groupes de curieux, tr\u00e8s calmes. Quelques cris de : Vive l&rsquo;Anarchie \u00e7a et l\u00e0. Durant le parcours, les prisonniers chantent l&rsquo;Internationale et la Carmagnole.<\/p>\n<p id=\"[object]\">Le Palais de Justice est transform\u00e9 litt\u00e9ralement en caserne. Partout des soldats, des gendarmes, des agents de police. Des mouchards venus de Paris, facilement reconnaissables \u00e0 leur mine louche et patibulaire se r\u00e9pandent dans les groupes.<\/p>\n<p>A l&rsquo;audience, l&rsquo;attitude des accus\u00e9s est belle. Jacob refuse de s&rsquo;incliner devant la morgue outrageante des chats-fourr\u00e9s, en restant couvert. Sur une observation du pr\u00e9sident, Jacob r\u00e9pond qu&rsquo;il n&rsquo;a pas de jur\u00e9s \u00e0 r\u00e9cuser, car il ne reconna\u00eet \u00e0 personne le<sup>&#8211;<\/sup>droit de juger ses actes.<\/p>\n<p>La lecture de l&rsquo;acte d&rsquo;accusation termine la s\u00e9ance.<\/p>\n<p>Il est sept heures. Au dehors la foule a grossi dans des proportions consid\u00e9rables. Des milliers de personnes attendent la sortie, commentant les \u00e9v\u00e9nements. Lorsque les voitures d\u00e9marrent, les cris partent : Vive l&rsquo;Anarchie, Vive Jacob. D&rsquo;aucuns entonnent des chants r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Ah ! la d\u00e9ception des journaux bourgeois, porte-paroles de la m\u00e9diocrit\u00e9 moyenne, est grande. Grands Dieu ! La sacro-sainte propri\u00e9t\u00e9 est attaqu\u00e9e. Des visions de pillage et d&rsquo;\u00e9meute doivent passer devant les yeux des bourgeois tremblants. Finies, les manifestations de haine de ceux qui ne poss\u00e8dent rien contre ceux qui ont affirm\u00e9 leur droit \u00e0 la vie. Dissip\u00e9s, les pr\u00e9jug\u00e9s qui soutenaient la vieille soci\u00e9t\u00e9 autoritaire.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, dans chaque rue, au retour, m\u00eames clameurs, m\u00eames sympathies que l&rsquo;on devine. Des \u00e9v\u00e9nements comme ceux-ci sont le meilleur crit\u00e9rium de notre propagande \u2018r\u00e9novatrice et \u00e9mancipatrice.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/oeildelapolice.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-964\" title=\"oeildelapolice\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/oeildelapolice-300x287.jpg\" alt=\"La police voit tout, la poice sait tout\" width=\"149\" height=\"142\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/oeildelapolice-300x287.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/oeildelapolice.jpg 580w\" sizes=\"(max-width: 149px) 100vw, 149px\" \/><\/a><strong>Rapport du brigadier Doyen<\/strong> <strong>au commissaire de police chef de la troisi\u00e8me brigade de recherche<\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\"><strong>Amiens, le 8 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>Monsieur le commissaire,<\/p>\n<p>L&rsquo;audience a \u00e9t\u00e9 ouverte aujourd&rsquo;hui \u00e0 midi et lev\u00e9e \u00e0 6h15 du soir.<\/p>\n<p>L&rsquo;acte d&rsquo;accusation comportant 160 pages, la lecture n&rsquo;a pu en \u00eatre termin\u00e9e au cours de cette audience. D&rsquo;apr\u00e8s M. le pr\u00e9fet, que je viens de voir, les jur\u00e9s auront \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 1800 ou 1 900 questions.<\/p>\n<p>Aucun incident ne s&rsquo;est produit \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du palais de justice, non plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. La foule qui stationne aux abords est calme ; de l&rsquo;ensemble des conversations entendues, il r\u00e9sulte que les ouvriers m\u00eames sont hostiles aux accus\u00e9s.<\/p>\n<p>Une centaine de curieux se trouvaient pr\u00e8s de la prison au moment du d\u00e9part de ceux-ci, il y en avait un peu plus \u00e0 leur retour.<\/p>\n<p>L&rsquo;audience ayant \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e \u00e0 l&rsquo;heure de la sortie des ateliers, un grand nombre de personnes se tenaient aux abords du palais au moment o\u00f9 sont partis les accus\u00e9s ; ceux-ci, pendant le trajet du palais de justice \u00e0 la prison, ont pouss\u00e9 de nombreux cris de \u00abVive l&rsquo;anarchie ! \u00bb, qui sont rest\u00e9s sans \u00e9cho.<\/p>\n<p>La femme de l&rsquo;anarchiste Sautarel, accompagn\u00e9e de son fils, \u00e2g\u00e9 de 8 \u00e0 10 ans, a attendu \u00e0 la gare du Nord l&rsquo;arriv\u00e9e des avocats parisiens. Elle s&rsquo;est entretenue avec Me Lagasse, qui, apr\u00e8s bien des d\u00e9marches, a r\u00e9ussi \u00e0 la faire p\u00e9n\u00e9trer dans la salle d&rsquo;audience.<\/p>\n<p>Aucun anarchiste de Paris n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Comme je vous l&rsquo;ai dit dans ma premi\u00e8re lettre, plusieurs compagnons militants d&rsquo;Amiens sont pour ainsi dire en permanence au local occup\u00e9 par le journal anarchiste <em>Germinal<\/em>, 26, rue Saint-Roch ; ils ont remarqu\u00e9 notre pr\u00e9sence, mais se sont content\u00e9s de nous regarder et de nous d\u00e9signer \u00e0 leurs amis.<\/p>\n<p>M. le pr\u00e9fet tient beaucoup \u00e0 ce que ces individus sachent que nous avons pour mission de les surveiller.<\/p>\n<p>Recevez&#8230;, etc.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Revue de presse\u00a0des 08 et 09 mars 1905<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Mercredi 08 mars 1905<\/span><\/strong><\/p>\n<p><a id=\"[object]\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-libre-parole.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-620\" title=\"manchette-libre-parole\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-libre-parole-300x75.jpg\" alt=\"manchette de La Libre Parole\" width=\"148\" height=\"37\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-libre-parole-300x75.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-libre-parole.jpg 1546w\" sizes=\"(max-width: 148px) 100vw, 148px\" \/><\/a><strong><em>\u00ab La Libre Parole \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>[&#8230;] L&rsquo;affaire des Bandits d&rsquo;Abbeville n&rsquo;est pas une affaire banale non seulement par le nombre des crimes commis mais aussi par le nombre des accus\u00e9s ; encore ne sont-ils pas tous entre les mains de la justice. Vingt-trois accus\u00e9s se pr\u00e9senteront aujourd&rsquo;hui devant la cour d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens pour r\u00e9pondre d&rsquo;une centaine de chefs d&rsquo;accusation : vols, pillages, incendies, agressions, meurtres, etc. Trois sont en fuite, un autre est mort au cours de l&rsquo;instruction. On remarquera que le chef de la bande porte un nom juif.<\/p>\n<p id=\"[object]\"><strong id=\"[object]\"><em id=\"[object]\">\u00ab<\/em><\/strong><a id=\"[object]\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-gil-blas.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-617\" title=\"manchette Gil Blas\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-gil-blas-300x89.jpg\" alt=\"manchette de Gil Blas\" width=\"149\" height=\"44\" \/><\/a><strong id=\"[object]\"><em id=\"[object]\">Gil Blas \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\">La cour d&rsquo;assises de la Somme commence aujourd&rsquo;hui les d\u00e9bats d&rsquo;une affaire importante qui comptera parmi les causes c\u00e9l\u00e8bres de l&rsquo;ann\u00e9e. Ce proc\u00e8s monstre occupera plusieurs audiences ; il a n\u00e9cessit\u00e9 une formidable enqu\u00eate sur tous les points de France. Son dossier ne compte pas moins de 20 000 pi\u00e8ces ; son acte d&rsquo;accusation forme 161 pages de texte et ces chiffres, si imposants qu&rsquo;ils soient, ne constituent pas un record. Et pourtant il ne s&rsquo;agit ici, si l&rsquo;on veut r\u00e9duire les chefs d&rsquo;accusation \u00e0 leur plus simple expression, que de cambriolages assez vulgaires. [&#8230;]<\/p>\n<p id=\"[object]\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-leclair.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2485\" title=\"manchette de L\\'Eclair\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-leclair.jpg\" alt=\"\" width=\"196\" height=\"36\" \/><\/a><strong id=\"[object]\"><em id=\"[object]\">\u00abL&rsquo;\u00c9clair \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\">La bande de cambrioleurs qui compara\u00eet aujourd&rsquo;hui devant la cour d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens est une de ces associations de voleurs professionnels qui rappelle la fameuse bande de Vautrin, dit Trompe-la-mort, dont Balzac imagina les exploits. Ils ont tous plus ou moins des affinit\u00e9s avec les anarchistes qui consid\u00e8rent le vol comme une simple reprise de leur part dans le fonds social.<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Jeudi 09 mars 1905<\/span><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-echo-de-paris.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-616\" title=\"manchette-echo-de-paris\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-echo-de-paris-300x99.jpg\" alt=\"manchette de L\\'Echo de Paris\" width=\"146\" height=\"48\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-echo-de-paris-300x99.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-echo-de-paris.jpg 365w\" sizes=\"(max-width: 146px) 100vw, 146px\" \/><\/a><strong><em>\u00abL&rsquo;\u00c9cho de Paris \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>[&#8230;] Ensuite, il a fallu trouver des jur\u00e9s. [&#8230;] Une v\u00e9ritable \u00e9pid\u00e9mie s&rsquo;est abattue sur ceux-ci. Presque tous sont malades ou sollicitent la faveur d&rsquo;une dispense. [&#8230;]<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-gil-blas.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-617\" title=\"manchette Gil Blas\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-gil-blas-300x89.jpg\" alt=\"manchette de Gil Blas\" width=\"156\" height=\"46\" \/><\/a><strong><em>\u00abGil Blas \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s des \u00ab quarante voleurs \u00bb anarchistes a commenc\u00e9 hier en cour d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens. La ville est en \u00e9moi. De s\u00e9v\u00e8res mesures de police ont \u00e9t\u00e9 prises aux abords du palais pour \u00a0surveiller les all\u00e9es et venues des prisonniers et \u00e9viter les \u00e9vasions.<\/p>\n<p><a id=\"[object]\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-de-laurore.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-650\" title=\"manchette-de-laurore\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/manchette-de-laurore.jpg\" alt=\"Manchette de l\\'Aurore\" width=\"175\" height=\"32\" \/><\/a><strong><em>\u00abL&rsquo;Aurore \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Les Bandits d&rsquo;Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Rappelons parmi les vols les plus lucratifs et les plus audacieux celui commis \u00e0 Paris chez une vieille femme chloroform\u00e9e et morte \u00e9touff\u00e9e : 40 000 francs. Au moment o\u00f9 la cour se disposait \u00e0 proc\u00e9der au tirage au sort d\u00e9finitif du jury, le pr\u00e9sident, s&rsquo;adressant au principal accus\u00e9, lui dit :<\/p>\n<p>&#8211; Jacob, levez-vous.<\/p>\n<p>&#8211; Non monsieur.<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9couvrez-vous alors !<\/p>\n<p>&#8211; Vous \u00eates bien couvert, vous, r\u00e9pondit Jacob, qui garda son chapeau sur la t\u00eate.<\/p>\n<p>&#8211; Avez-vous des jur\u00e9s \u00e0 r\u00e9cuser ?<\/p>\n<p>&#8211; Je les r\u00e9cuse tous puisqu&rsquo;ils sont mes ennemis.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab La Gazette des tribunaux \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Audience du 8 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>Affaire de la Bande d&rsquo;Abbeville<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui a commenc\u00e9 devant la cour d&rsquo;assises de la Somme, r\u00e9unie en session extraordinaire, l&rsquo;affaire dite de la Bande d&rsquo;Abbeville ou de la Bande Jacob. Les vingt-trois accus\u00e9s qui comparaissent devant le jury composaient une association parfaitement organis\u00e9e en vue du cambriolage et du vol \u00e0 main arm\u00e9e. (&#8230;)<\/p>\n<p>Une instruction qui dura plus de dix-huit mois fut ouverte ; elle amena la r\u00e9v\u00e9lation, \u00e0 la charge des inculp\u00e9s, d&rsquo;une quantit\u00e9 extraordinaire de vols dont le montant d\u00e9passerait 5 millions.<\/p>\n<p>Jacob, \u00e0 lui seul, a avou\u00e9 cent six vols qualifi\u00e9s, dont quelques-uns suivis d&rsquo;incendie ou de tentatives de meurtre. L&rsquo;affaire, on le con\u00e7oit, a caus\u00e9 dans la r\u00e9gion ami\u00e9noise une vive \u00e9motion. Aussi, une foule consid\u00e9rable entoure le palais de justice, envahit les couloirs et la salle d&rsquo;audience. On remarque sur la table des pi\u00e8ces \u00e0 conviction un remarquable outillage de cambrioleur moderne qui vaudrait, dit-on, \u00e0 lui seul une dizaine de milliers de francs.<\/p>\n<p><a id=\"[object]\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pref-police.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-158\" title=\"l\\'oeil de la police\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pref-police-300x300.jpg\" alt=\"l\\'oeil de la police\" width=\"146\" height=\"146\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pref-police-300x300.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pref-police-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pref-police.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 146px) 100vw, 146px\" \/><\/a><strong>Revue de Presse \u00ab\u00a0La bande sinistre et ses exploits\u00a0\u00bb, r\u00e9alis\u00e9e pour le compte de la Pr\u00e9fecture de police de Paris<\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Cour d&rsquo;assises de la Somme<\/strong><\/em><\/p>\n<p>On paraissait craindre en haut lieu des incidents graves pendant le transfert des vingt-trois accus\u00e9s de la bande Jacob et Cie de la prison de Bic\u00eatre au palais de justice, et des mesures d&rsquo;ordre extraordinaires avaient \u00e9t\u00e9 prises en pr\u00e9vision de cette op\u00e9ration. Disons de suite que rien n&rsquo;est venu justifier ces craintes et que le transfert s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9 sans incident notable<\/p>\n<p><em>\u00c0 Bic\u00eatre<\/em><\/p>\n<p>D\u00e8s 10 heures du matin, les curieux commen\u00e7aient \u00e0 se masser sur les boulevards int\u00e9rieurs, depuis la rue Porte-Paris jusqu&rsquo;\u00e0 la rue de Bic\u00eatre, parcours que doivent suivre les voitures cellulaires. Peu apr\u00e8s, une compagnie du 72e de ligne et deux sections du 8e chasseur prennent position dans les rues aboutissant \u00e0 la prison, elles ont pour mission de barrer la circulation jusqu&rsquo;apr\u00e8s le d\u00e9part des prisonniers. Successivement arrivent la voiture cellulaire d&rsquo;Amiens, un omnibus dont les glaces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9polies avec de la peinture blanche, la voiture du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur, le \u00ab panier \u00e0 salade \u00bb, tra\u00een\u00e9 par quatre chevaux. Les trois v\u00e9hicules disparaissent sous la grande porte de Bic\u00eatre, non sans avoir accroch\u00e9 les montants de la porte. La cavalerie, quarante chasseurs \u00e0 cheval, sous le commandement d&rsquo;un lieutenant, dix gendarmes \u00e0 cheval dirig\u00e9s par M. l&rsquo;adjudant Dufoss\u00e9, \u00ab entoure \u00bb le cort\u00e8ge, qui se rend au galop jusqu&rsquo;au palais de justice.<\/p>\n<p>\u00c0 11 heures, les portes de la prison s&rsquo;ouvrent de nouveau ; les voitures r\u00e9apparaissent, sont encadr\u00e9es aussit\u00f4t par les chasseurs \u00e0 cheval et le cort\u00e8ge s&rsquo;\u00e9branle. Pas un cri, pas un incident.<\/p>\n<p>Au galop, par les boulevards Thiers, Carnot, Saint-Charles et du Mail, les voitures et l&rsquo;escorte disparaissent dans un nuage de poussi\u00e8re. La foule suit un instant mais abandonne bient\u00f4t. Sept minutes plus tard, on arrive rue Victor-Hugo.<\/p>\n<p><em>Au palais de justice<\/em><\/p>\n<p>La rue est barr\u00e9e en de\u00e7\u00e0 et au-del\u00e0 du palais de justice. Les voitures s&rsquo;engagent dans l&rsquo;all\u00e9e r\u00e9serv\u00e9e. Un incident. C&rsquo;est avec peine qu&rsquo;on parvient \u00e0 ouvrir la grille qui donne acc\u00e8s \u00e0 la cour du palais, la serrure ne fonctionne pas ; on attend dix minutes. De l&rsquo;une des voitures part le chant de <em>L&rsquo;Internationale <\/em>pendant qu&rsquo;un cri, un seul cri de \u00abVive l&rsquo;Anarchie ! \u00bb retentit.<\/p>\n<p>La porte est ouverte enfin par les soins de M. Chatelain et on commence le d\u00e9barquement des accus\u00e9s. De la premi\u00e8re voiture descendent les principaux sujets, Jacob, P\u00e9lissard, Bour, etc. L&rsquo;omnibus renfermait les femmes. La grande voiture recelait le reste de la bande. Les accus\u00e9s sont conduits dans les salles qui leur sont r\u00e9serv\u00e9es, les voitures sont d\u00e9tel\u00e9es et la premi\u00e8re partie du programme est ainsi termin\u00e9e.<\/p>\n<p><em>Avant l&rsquo;audience<\/em><\/p>\n<p>Un peu avant midi, on ouvre les portes de la salle d&rsquo;audience par lesquelles vont entrer les curieux, avides d&rsquo;assister aux sensationnels d\u00e9bats qui se pr\u00e9parent. Les deux emplacements qui leur sont r\u00e9serv\u00e9s sont bient\u00f4t remplis.<\/p>\n<p>Le public privil\u00e9gi\u00e9 n&rsquo;est pas encore tr\u00e8s nombreux. Il se r\u00e9serve et attend que soient remplies les formalit\u00e9s pr\u00e9liminaires, toujours longues. (&#8230;)<\/p>\n<p><em>Apr\u00e8s l&rsquo;audience<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;audience lev\u00e9e, les gendarmes se mettent en demeure de ramener leurs prisonniers \u00e0 Bic\u00eatre. Les voitures attendent toujours dans l&rsquo;all\u00e9e qui relie les rues Victor-Hugo et Robert de Luzarches. En traversant la double haie de soldats qui garnit le couloir du palais de justice, un des accus\u00e9s, que nous croyons \u00eatre Jacob, s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab Comment, vous ne portez pas les armes ! Vous ne rendez pas les honneurs \u00e0 des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s comme nous ! \u00bb Les accus\u00e9s reprennent leurs places, l&rsquo;escorte encadre les v\u00e9hicules et le m\u00eame parcours que celui du matin est suivi. Deux mille cinq cents \u00e0 trois mille personnes sont mass\u00e9es place Saint-Denis et rue Porte-Paris. Quelques cris, mais aucun incident. \u00c0 Bic\u00eatre, la foule est aussi nombreuse, mais peu bruyante. On sent que la curiosit\u00e9 seule est excit\u00e9e.<\/p>\n<p id=\"[object]\">\u00c0 6h45, les portes de Bic\u00eatre se referment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ouverture, le 08 mars 1905, des assises d&rsquo;Amiens constitue un \u00e9v\u00e8nement m\u00e9diatique qui pourrait fort bien rappeler la fr\u00e9n\u00e9sie suscit\u00e9e par les proc\u00e8s anarchistes du d\u00e9but des ann\u00e9es 1890. L&rsquo;affaire est peu banale tant par le nombre de faits reproch\u00e9s, que par celui des \u00ab\u00a0bandits d&rsquo;Abbeville\u00a0\u00bb, ainsi que par la personnalit\u00e9 de certains d&rsquo;entre eux. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[5573,111,9],"tags":[1460,106,95,2735,398,1459,1477,1408,2458,158,5399,775,25,918,3035,3034,771,2596,82,3036,67,28,44,540,5408],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2484"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2484"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2484\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4802,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2484\/revisions\/4802"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}