{"id":2480,"date":"2012-02-05T01:10:53","date_gmt":"2012-02-04T23:10:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2480"},"modified":"2020-04-26T08:00:23","modified_gmt":"2020-04-26T06:00:23","slug":"manif-a-bicetre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2012\/02\/manif-a-bicetre\/","title":{"rendered":"Manif \u00e0 Bic\u00eatre"},"content":{"rendered":"<p id=\"[object]\"><a id=\"[object]\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" id=\"[object]\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2481\" title=\"Gerrminal, n08, 17 au 25 f\u00e9vrier 1905\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast-300x285.jpg\" alt=\"\" width=\"152\" height=\"150\" \/><\/a>La bagarre qui \u00e9clate le 11 f\u00e9vrier 1905 au soir devant le bar Lephay pourrait constituer un fait divers d&rsquo;une affligeante banalit\u00e9. Il n&rsquo;en est pourtant rien. La rixe est m\u00eame r\u00e9v\u00e9latrice de la tension grandissante, \u00e0 Amiens, \u00e0 l&rsquo;approche du proc\u00e8s des travailleurs de la Nuit. Ce soir-l\u00e0, S\u00e9bastien Faure donne une conf\u00e9rence aux accents antimilitariste et pacifiste \u00e0 l&rsquo;Alcazar de la ville. La foule est venue nombreuse \u00e9couter \u00ab\u00a0le commis-voyageur de l&rsquo;anarchie\u00a0\u00bb et la police locale \u00e9prouve de grandes difficult\u00e9s \u00e0 la disperser une fois la causerie termin\u00e9e. La soir\u00e9e ne fait alors que commencer. Une manifestation se met en place, joyeuse, bruyante, et se dirige aux cris de <em>Vive l&rsquo;Internationale\u00a0!<\/em>, de <em>Vive l&rsquo;Anarchie\u00a0!<\/em> &#8230; et de <em>Vive Jacob\u00a0!<\/em> vers la prison de Bic\u00eatre. Nous ne savons pas exactement l&rsquo;ampleur du d\u00e9fil\u00e9 de soutien mais nous pouvons supposer un nombre cons\u00e9quent de manifestants au regard du volume sonore engendr\u00e9 par les slogans cri\u00e9s. 500 \u00e0 600 selon<em> Germinal<\/em> qui, dans son num\u00e9ro 08 en date du 17 au 25 f\u00e9vrier 1905, relate avec pr\u00e9cision comment l&rsquo;intervention du gardien de prison Straboni, sortant compl\u00e8tement saoul du bar Lephay, provoque l&rsquo;incident dont la presse locale a vite fait d&rsquo;attribuer la responsabilit\u00e9 aux seuls anarchistes. L&rsquo;affaire, de toute \u00e9vidence ne doit\u00a0 pas en rester l\u00e0.<!--more--><\/p>\n<p id=\"[object]\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bicetre-1-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2482\" title=\"Amiens, plan de la prison de Bic\u00eatre\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bicetre-1-640x480-300x196.jpg\" alt=\"\" width=\"149\" height=\"97\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bicetre-1-640x480-300x196.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bicetre-1-640x480.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 149px) 100vw, 149px\" \/><\/a><strong id=\"[object]\">Germinal<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b008<\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\"><strong>Du 17 au 25 f\u00e9vrier 1905<\/strong><\/p>\n<p>LA CONF\u00c9RENCE DE SEBASTIEN FAURE<\/p>\n<p><strong>Manifestation populaire<\/strong><\/p>\n<p><strong>Provocations polici\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p><strong>Riposte de la foule<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un garde chiourme corrig\u00e9<\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\"><strong>Les Manifestations Populaires<\/strong><\/p>\n<p>La foule s&rsquo;\u00e9coule lentement au chant d\u00ab l&rsquo;Internationale. Beaucoup de camarades \u00e9taient rest\u00e9s en arri\u00e8re pour se communiquer leurs impressions, lorsque l&rsquo;on vint pr\u00e9venir que la foule manifestait dehors. En effet, la rue Delambre \u00e9tait noire de monde, et J\u00e9not \u00e0 la t\u00eate de ses sbires essayait de disperser les manifestants qui poussaient des cris de : A bas la Guerre\u00a0! A bas le tzar\u00a0! Vive l&rsquo;Internationale ! Vive l&rsquo;Anarchie !<\/p>\n<p>Les agents r\u00e9ussirent \u00e0 couper la manifestation en trois ; la t\u00eate partit rue des Trois-Cailloux, une partie s&rsquo;engouffra rue de Beauvais et les camarades de<em> Germinal<\/em> firent une trou\u00e9e pour aller directement au local, par la rue Gresset. L&rsquo;Internationale, Ouvrier prends la machine ! r\u00e9sonn\u00e8rent majestueusement aux oreilles des bourgeois \u00e9pat\u00e9s, rue de la Hotoie, 500 \u00e0 600 manifestants \u00e9taient group\u00e9s compactement. Aux fen\u00eatres, des mouchoirs s&rsquo;agitaient sympathiquement, tous les c\u0153urs vibraient.<\/p>\n<p>A ce moment, un brigadier de police passa en plein milieu de la foule ; son attitude provocante aurait pu lui couter cher sans la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit de quelques camarades qui s&rsquo;interpos\u00e8rent pour laisser le provocateur sans effet imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>La foule s&rsquo;engouffra dans le bureau de Germinal, dans la salle de conf\u00e9rences et dans le couloir; le trop plein dut, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, s&rsquo;\u00e9couler.<\/p>\n<p>A la demande g\u00e9n\u00e9rale, S\u00e9bastien dut de nouveau causer. Emu, lui aussi, d&rsquo;une si belle soir\u00e9e et d&rsquo;une sympathie si grande, il encouragea les camarades \u00e0 continuer dans la voie o\u00f9 ils se sont engag\u00e9s. Avec le journal et le local, dit-il, vous avez les instruments n\u00e9cessaires. Semez partout le bon grain,<em> Germinal<\/em> le fera germer.<\/p>\n<p>Eh oui, \u00e7a germera, malgr\u00e9 tout, envers toutes les tracasseries polici\u00e8res qui vont nous assaillir.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas pour vous faire plaisir, vils supp\u00f4ts d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de vols, de rapines et d&rsquo;assassinats, que nous combattons vos institutions barbares : Arm\u00e9e, Clerg\u00e9, Police, Magistrature, nous ne respectons rien.<\/p>\n<p>Sachez une bonne fois pour toutes que nous luttons, lutterons jusqu&rsquo;\u00e0 la mort pour la conqu\u00eate de l&rsquo;\u00e9mancipation int\u00e9grale du Peuple qui vous engraisse.<\/p>\n<p>Pendant que Faure faisait sa belle causerie, la manifestation qui \u00e9tait partie par la rue de Beauvais filait rue Fr\u00e9d\u00e9ric-Petit et arrivait dans la rue du Bic\u00eatre aux accents de l&rsquo;Internationale.<\/p>\n<p>Deux fois, le couplet \u00ab Les Rois nous saoulent de fum\u00e9e, Paix entre nous, guerre aux tyrans \u00bb fut chant\u00e9 devant les soldats \u00e9bahis. Puis le cri mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de : \u00ab Vive Jacob \u00bb salua les victimes de l&rsquo;ordre social, leur apportant ainsi notre vibrant t\u00e9moignage de sympathie. D&rsquo;autres clamaient : Vive l&rsquo;Anarchie ! Vive la R\u00e9volution !<\/p>\n<p>C&rsquo;est \u00e0 ce moment que se place un incident sur lequel la police essaye de greffer une affaire.<\/p>\n<p>En face de Bic\u00eatre, il y a un petit caboulot, tenue par un nomm\u00e9 Lephay, man\u0153uvre au chemin de fer.<\/p>\n<p>Tout \u00e0 coup, la porte s&rsquo;ouvrit et un gardien de prison, le sieur Straboni, venu de Rouen depuis un mois pour garder la \u00ab Bande Jacob \u00bb se pr\u00e9cipita, la figure congestionn\u00e9e, arm\u00e9 d&rsquo;un revolver, mena\u00e7ant la foule. En moins de temps qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour l&rsquo;\u00e9crire, vingt bras s&rsquo;abattirent, le terrass\u00e8rent et lui administr\u00e8rent une correction dont il gardera pr\u00e9cieusement la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Le bistro voulant faire du z\u00e8le ainsi qu&rsquo;un nomm\u00e9 Zaccobi, re\u00e7ut quelques horions insignifiants. Cette besogne termin\u00e9e, les manifestants se dirig\u00e8rent vers Germinal o\u00f9 ils se tass\u00e8rent comme ils purent en racontant l&rsquo;incident.<\/p>\n<p>Comment et pourquoi le garde chiourme se jeta-t-il ainsi sans raison sur la foule, voil\u00e0 ce que nous avons voulu savoir, et voici le r\u00e9sultat de notre enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Samedi soir, \u00e0 la buvette Lephay, un gardien de prison pour enterrer sa vie de gar\u00e7on, payait \u00e0 deux de ses camarades, dont Straboni, un diner de 40 francs avec soulographie comme dessert. Lephay avait m\u00eame demand\u00e9 la permission \u00e0 l&rsquo;atelier du Chemin de fer, pour le samedi apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>L&rsquo;on \u00e9tait donc en train de bion festoyer lorsque la manifestation se produisit. Les garde-chiourmes saouls comme des Polonais voulurent sortir, Straboni le premier ; un autre tira son revolver charg\u00e9, un poignard et un coup de poing am\u00e9ricain. Il voulait \u00ab en tuer \u00bb, disait-il. Pr\u00e9voyant ce qui arriverait, Lephay et sa femme eurent le temps d&rsquo;enfermer l&rsquo;un des forcen\u00e9s dans la cour. Quant \u00e0 Straboni il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dehors injuriant et mena\u00e7ant la foule. On sait ce qu&rsquo;il en r\u00e9sulta. Si on n&rsquo;avait pas culbut\u00e9 l&rsquo;ivrogne, il aurait tir\u00e9 dans le tas et un carnage \u00e9pouvantable s&rsquo;en serait suivi, car, parmi les manifestants, il pouvait y en avoir d&rsquo;arm\u00e9s aussi.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la bagarre, Lephay et sa femme pans\u00e8rent le bless\u00e9 et lut propos\u00e8rent d&rsquo;aller porter plainte au commissaire. Les marrons avaient eu le don de dissiper les fum\u00e9es de l&rsquo;alcool. Straboni voyant qu&rsquo;il \u00e9tait en d\u00e9faut ne voulait pas y aller, mais Lephay insista tellement, qu&rsquo;il finit par le d\u00e9cider.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, les deux autres garde-chiourmes cuvaient leur vin, l&rsquo;un vomissait par le haut et l&rsquo;autre le bas dans son pantalon.<\/p>\n<p>Et que l&rsquo;on ne croie pas \u00e0 de l&rsquo;exag\u00e9ra\u00adtion. Nous d\u00e9lions qui que ce soit de nous d\u00e9mentir ; nous sommes certains de nos renseignements particuliers.<\/p>\n<p>Quelques instants apr\u00e8s la bagarre, deux personnes entraient dans le d\u00e9bit. Voila textuellement ce qu&rsquo;elles entendirent : \u00ab Le pire de tout cela disait Lephay c&rsquo;est que nous ne connaissons personne et le gardien ajoutait : en effet, il m&rsquo;est impossible de reconnaitre aucun de ceux avec qui je me suis battu. \u00bb<\/p>\n<p>Puis, voyant les deux personnes \u00e9trang\u00e8res, il dit \u00e0 demi-voix : \u00ab Nous avons tort de parler comme cela, car il faudra bien que nous d\u00e9signions quelqu&rsquo;un, sans \u00e7a on saura que nous \u00e9tions saouls. \u00bb La femme Lephay le rassura en disant ce sont des connaissances, on peut causer devant elles.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte donc bien de ces propos que Lephay et Straboni n&rsquo;ont connu aucun de leurs adversaires et que, si dans leurs d\u00e9clarations post\u00e9rieures ils ont d\u00e9sign\u00e9 quelqu&rsquo;un, c&rsquo;est sous une influence quo nous d\u00e9terminerons quand le moment sera propice.<\/p>\n<p id=\"[object]\">La v\u00e9rit\u00e9 est donc loin d&rsquo;\u00eatre ce que les journaux ont racont\u00e9 ; il y a bien eu, en effet, sauvage agression, mais en sens inverse. Comme toujours, on veut faire croire que c&rsquo;est le lapin qui a commenc\u00e9, et pour donner du ton \u00e0 l&rsquo;affaire les journaleux, renseign\u00e9s par dame police, \u00e9crivent des mensonges disant, par exemple, que Lephay devra garder un repos de 5 \u00e0 6 jours.<\/p>\n<p id=\"[object]\">Alors que d\u00e8s le lendemain, lundi, il \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 son atelier, comme il aurait d\u00fb l&rsquo;\u00eatre le samedi apr\u00e8s- midi au lieu du l&rsquo;aire la noce.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&rsquo;histoire des coups de couteau et des coups de poing am\u00e9ricain, c&rsquo;est encore du venin journalistico-policier ; ils n&rsquo;ont jamais exist\u00e9 que dans leur imagination morbide.<\/p>\n<p>Le docteur Coste sait bien qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de traces de coups do couteau ni de coups de poing am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, le gardien-chef de Bic\u00eatre a s\u00e9v\u00e8rement admonest\u00e9 ses subalternes et leur a fait justement remarquer que s&rsquo;ils \u00e9taient rentr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;heure r\u00e8glementaire, aucun incident ne serait arriv\u00e9.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, beaucoup de bruit pour une petite correction bien m\u00e9rit\u00e9e.<\/p>\n<p>Mais cela ne fait pas l&rsquo;affaire de la police qui veut coffrer quelqu&rsquo;un \u00e0 tout prix. On a donc d\u00e9cid\u00e9 de prendre le camarade Ouin, comme bouc- \u00e9missaire, et comme Lephay est sous la coupe do la police avec sa maison il dira ce quo l&rsquo;on voudra.<\/p>\n<p id=\"[object]\">Que l&rsquo;on arr\u00eate Ouin ou un autre camarade, qu&rsquo;on les condamne si l&rsquo;on veut, mais tant mieux, nom de Dieu, plus ils commettront d&rsquo;injustices, plus ils tracasseront, plus vite la coupe d\u00e9bordera et plus vite explosera la col\u00e8re finale qui emportera tous les J\u00e9nots de la Terre.<\/p>\n<p id=\"[object]\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2481\" title=\"Gerrminal, n08, 17 au 25 f\u00e9vrier 1905\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast-300x285.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"142\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast-300x285.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/conf-a-sebast.jpg 530w\" sizes=\"(max-width: 150px) 100vw, 150px\" \/><\/a><strong id=\"[object]\">Germinal<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b008<\/strong><\/p>\n<p id=\"[object]\"><strong>Du 17 au 25 f\u00e9vrier 1905<\/strong><\/p>\n<p><strong>La main dans le sac<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui prouve que les journaux ne sont que des officines de mensonge, de connivence avec les mouchards de tout acabit, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont \u00e9crit que le garde-chiourmes Straboni quittait son service au moment o\u00f9 il se rua, comme une b\u00eate fauve, le revolver au poing sur la foule inoffensive des manifestants.<\/p>\n<p>Or, il est bien prouv\u00e9 que le gardien \u00e9tait en d\u00e9faut\u00a0: il aurait du \u00eatre couch\u00e9, au lieu de faire la bombe avec ses deux acolytes qui ont fait dans leurs pantalons (les cochons\u00a0!).<\/p>\n<p>On nous dit m\u00eame que les trois saligauds viennent d&rsquo;avoir leur changement par mesure disciplinaire sur proposition de M. le gardien chef de Bic\u00eatre.<\/p>\n<p>Les journaux blancs ou rouges sont bien d&rsquo;accord lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de masquer des vilenies de leurs soutiens\u00a0; ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re ni la derni\u00e8re fois que nous les prendrons la main dans le sac.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La bagarre qui \u00e9clate le 11 f\u00e9vrier 1905 au soir devant le bar Lephay pourrait constituer un fait divers d&rsquo;une affligeante banalit\u00e9. Il n&rsquo;en est pourtant rien. La rixe est m\u00eame r\u00e9v\u00e9latrice de la tension grandissante, \u00e0 Amiens, \u00e0 l&rsquo;approche du proc\u00e8s des travailleurs de la Nuit. 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