{"id":2212,"date":"2011-07-09T01:10:05","date_gmt":"2011-07-08T23:10:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2212"},"modified":"2011-01-19T15:54:32","modified_gmt":"2011-01-19T13:54:32","slug":"anars-bagnards-2","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2011\/07\/anars-bagnards-2\/","title":{"rendered":"Anars bagnards 2"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]>\n\n\n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-qformat:yes;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n<![endif]--><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2213\" title=\"caricature royaliste de Marianne\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\" alt=\"\" width=\"160\" height=\"182\" \/><\/a><em>O\u00f9 il est \u00e9crit que la Gueuse perfectionne le syst\u00e8me \u00e9liminatoire \u00e0 la fran\u00e7aise &#8230; Vive la R\u00e9publique\u00a0! <\/em><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> Normal   0         21         false   false   false      FR   X-NONE   X-NONE <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 10]> \n\n<style>\n \/* Style Definitions *\/\n table.MsoNormalTable\n\t{mso-style-name:\"Tableau Normal\";\n\tmso-tstyle-rowband-size:0;\n\tmso-tstyle-colband-size:0;\n\tmso-style-noshow:yes;\n\tmso-style-priority:99;\n\tmso-style-qformat:yes;\n\tmso-style-parent:\"\";\n\tmso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt;\n\tmso-para-margin-top:0cm;\n\tmso-para-margin-right:0cm;\n\tmso-para-margin-bottom:10.0pt;\n\tmso-para-margin-left:0cm;\n\tline-height:115%;\n\tmso-pagination:widow-orphan;\n\tfont-size:11.0pt;\n\tfont-family:\"Calibri\",\"sans-serif\";\n\tmso-ascii-font-family:Calibri;\n\tmso-ascii-theme-font:minor-latin;\n\tmso-fareast-font-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-fareast-theme-font:minor-fareast;\n\tmso-hansi-font-family:Calibri;\n\tmso-hansi-theme-font:minor-latin;\n\tmso-bidi-font-family:\"Times New Roman\";\n\tmso-bidi-theme-font:minor-bidi;}\n<\/style>\n\n <![endif]--><em>2<sup>e<\/sup> \u00e9pisode.<\/em><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">CHAPITRE 2 <\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">LA TROISIEME REPUBLIQUE : UNE POLITIQUE PENALE <\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">D&rsquo;EVICTION ET D&rsquo;EXTINCTION<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Si elle s&rsquo;inscrit dans la continuit\u00e9 des politiques men\u00e9es par les r\u00e9gimes pr\u00e9c\u00e9dents, l&rsquo;action globale de la III\u00e8me r\u00e9publique dans le domaine p\u00e9nal va se renforcer. Ainsi la colonisation p\u00e9nitentiaire introduite tout d&rsquo;abord par Louis Napol\u00e9on Bonaparte est maintenue dans ses principes et ses objectifs. Mais, de nouvelles cat\u00e9gories de peines sont mises en place, s&rsquo;appuyant sur un quadrillage policier de plus en plus efficace, qui soulignent de fa\u00e7on incontestable le d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9vincer et d&rsquo;an\u00e9antir toute une cat\u00e9gorie de la population qui repr\u00e9sente \u00ab\u00a0une menace pour la soci\u00e9t\u00e9 normale.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1] <!--more--><\/a><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">A\/ La r\u00e9cidive : une nouvelle cat\u00e9gorie de crime<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s une br\u00e8ve abrogation en 1870 par le gouvernement de la D\u00e9fense nationale, la III\u00e8me r\u00e9publique applique \u00e0 nouveau des peines de d\u00e9portation et de transportation pour les crimes politiques et non politiques essentiellement vers la Nouvelle Cal\u00e9donie. Patricia O&rsquo;Brien affirme que :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0N\u00e9anmoins, la vague d&rsquo;expulsions politiques des Communards a \u00e9t\u00e9 suivie d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;amnisties, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1870. A partir de cette \u00e9poque, la III\u00e8me R\u00e9publique a cess\u00e9 de d\u00e9porter les condamn\u00e9s politiques.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a><em> <\/em><\/p>\n<p>Il est toutefois possible d&rsquo;objecter \u00e0 cette affirmation que le crime politique sera tout de m\u00eame pris en compte. Mais son sens et sa finalit\u00e9 seront d\u00e9tourn\u00e9s au profit d&rsquo;une forme de \u00ab\u00a0d\u00e9linquance politique\u00a0\u00bb, peine de droit commun. Ainsi, pendant la p\u00e9riode des attentats anarchistes en France (1892\/1894), de nombreux d\u00e9bats concernant la prise en compte de \u00ab\u00a0l&rsquo;acte anarchiste\u00a0\u00bb comme un d\u00e9lit politique ou comme un d\u00e9lit de droit commun furent \u00e0 l&rsquo;ordre du jour afin d&rsquo;en \u00e9tablir les modalit\u00e9s de r\u00e9pression.<a name=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>Ainsi donc la condamnation aux travaux forc\u00e9s est \u00e9tendue \u00e0 de nouveaux d\u00e9lits \u00e0 partir de 1885, mais les crimes politiques en sont exempt\u00e9s. La peur croissante de la r\u00e9cidive et l&rsquo;\u00e9chec av\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;encellulement solitaire<a name=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> justifiaient grandement l&rsquo;\u00e9loignement des criminels hors du pays. C&rsquo;est l&rsquo;argument privil\u00e9gi\u00e9 dans l&rsquo;id\u00e9e de colonie p\u00e9nitentiaire. La r\u00e9cidive est ainsi reconnue comme une nouvelle cat\u00e9gorie de crime assortie d&rsquo;une nouvelle cat\u00e9gorie de peine : la rel\u00e9gation.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1880 marquent un nouveau durcissement de l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire vis \u00e0 vis des for\u00e7ats consid\u00e9r\u00e9s comme trop bien trait\u00e9s en Nouvelle Cal\u00e9donie. Mais aussi, dans le m\u00eame temps, durcissement en mati\u00e8re de r\u00e9pression dont la rel\u00e9gation, issue de la loi du 27 mai 1885 sur les r\u00e9cidivistes, en est l&rsquo;illustration incontestable. \u00ab\u00a0C&rsquo;est avec l&rsquo;espoir d&rsquo;\u00e9liminer du sol fran\u00e7ais une horde de d\u00e9linquants que ceux qui \u00e9taient au pouvoir ont choisi d&rsquo;exclure leurs criminels.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Article 1<\/span> : La rel\u00e9gation consistera dans l&rsquo;internement perp\u00e9tuel sur le territoire des colonies ou possessions fran\u00e7aises des condamn\u00e9s que la pr\u00e9sente loi a pour objet d&rsquo;\u00e9loigner de la France. (&#8230;)<\/em><\/p>\n<p><em> &#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Article 4 <\/span>: Seront rel\u00e9gu\u00e9s les r\u00e9cidivistes qui, dans quelque ordre que ce soit et dans un intervalle de dix ans, non compris la dur\u00e9e de toute peine subie, auront encouru les condamnations \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l&rsquo;un des paragraphes suivants :<\/em><\/p>\n<p><em>1\u00b0\/ Deux condamnations aux travaux forc\u00e9s ou \u00e0 la r\u00e9clusion (&#8230;)<\/em><\/p>\n<p><em>2\u00b0\/ Une des condamnations \u00e9nonc\u00e9es au paragraphe pr\u00e9c\u00e9dent et deux condamnations soit \u00e0 l&#8217;emprisonnement pour faits qualifi\u00e9s crimes, soit \u00e0 plus de trois mois d&#8217;emprisonnement pour :<\/em><\/p>\n<p><em>-Vol ; Escroquerie ; Abus de confiance ; Outrage public \u00e0 la pudeur ; Excitation habituelle de mineurs \u00e0 la d\u00e9bauche ; Vagabondage ou mendicit\u00e9 par application des articles 277 et 279 du code p\u00e9nal ;<\/em><\/p>\n<p><em>3\u00b0\/ Quatre condamnations, soit \u00e0 l&#8217;emprisonnement pour faits qualifi\u00e9s crimes ; soit \u00e0 plus de trois mois d&#8217;emprisonnement pour les d\u00e9lits sp\u00e9cifi\u00e9s au \u00a72 ci-dessus ;<\/em><\/p>\n<p><em>4\u00b0\/ Sept condamnations dont deux au moins pr\u00e9vues par les deux paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents, et les autres, soit pour vagabondage, soit pour infraction \u00e0 l&rsquo;interdiction de r\u00e9sidence (&#8230;)<\/em><\/p>\n<p><em> Sont consid\u00e9r\u00e9s comme gens sans aveu et seront punis des peines \u00e9dict\u00e9es contre le vagabondage tous individus qui, soit qu&rsquo;ils aient ou non un domicile certain, ne tirent habituellement leur subsistance que du fait de pratiquer ou faciliter sur la voie publique l&rsquo;exercice de jeux illicites, ou la prostitution d&rsquo;autrui sur la voie publique.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a><\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la nouvelle loi sur la r\u00e9cidive frappe les pauvres et tr\u00e8s durement, car ces multir\u00e9cidivistes (comme l&rsquo;exprime clairement la loi pr\u00e9sent\u00e9e ci-dessus) sont surtout des vagabonds et des mendiants. Les prostitu\u00e9es, une autre cat\u00e9gorie de criminelles pour un d\u00e9lit essentiellement f\u00e9minin appartiennent \u00e9galement \u00e0 cet ensemble de crimes de la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Ainsi, ces cat\u00e9gories de nouveaux criminels sont per\u00e7ues par certains pour \u00eatre \u00ab\u00a0pour la soci\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t une charge qu&rsquo;un danger.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> ; ou d&rsquo;autres, tels que M.L\u00e9veill\u00e9<a name=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">,<\/span><\/strong> en d\u00e9noncent les principes qui ne garantissent pas une v\u00e9ritable colonisation durable et posent des probl\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 pour les populations d\u00e9j\u00e0 install\u00e9es dans les colonies :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a01\/ Il fallait d\u00e9cr\u00e9ter contre ces incorrigibles du vol une peine unique d&rsquo;une force et d&rsquo;une souplesse \u00e9prouv\u00e9e : \u00ab\u00a0la servitude p\u00e9nale anglaise\u00a0\u00bb qui donne tout libert\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat.<\/em><\/p>\n<p><em> 2\/ Il fallait temp\u00e9rer la servitude p\u00e9nale par la \u00ab\u00a0mise en libert\u00e9 conditionnelle\u00a0\u00bb qui aurait jou\u00e9 le r\u00f4le de soupape de s\u00e9curit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><em>Or le l\u00e9gislateur fran\u00e7ais a d\u00e9cid\u00e9 que le\u00a0 r\u00e9cidiviste d&rsquo;habitude encourrait l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre deux ch\u00e2timents distincts :<\/em><\/p>\n<p><em>1\/ Le r\u00e9cidiviste devait subir d&rsquo;abord en France \u00ab\u00a0la peine temporaire\u00a0\u00bb de l&#8217;emprisonnement et de la r\u00e9clusion.<\/em><\/p>\n<p><em>2\/ Il devait subir ensuite aux colonies \u00ab\u00a0la peine perp\u00e9tuelle\u00a0\u00bb de la rel\u00e9gation. Or la premi\u00e8re peine, pourtant beaucoup moins dure est consid\u00e9r\u00e9e par le l\u00e9gislateur comme la peine principale, tandis que la rel\u00e9gation \u00e0 vie n&rsquo;est qu&rsquo;une peine \u00ab\u00a0accessoire\u00a0\u00bb. Ainsi, le r\u00e9cidiviste qui a termin\u00e9 en France sa premi\u00e8re peine est consid\u00e9r\u00e9 comme lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;instant ou il d\u00e9barque \u00e0 la Guyane ou \u00e0 la Nouvelle Cal\u00e9donie. Et puisqu&rsquo;il est lib\u00e9r\u00e9, il pourra circuler sans entrave dans la colonie. Il travaillera ou ne travaillera pas, selon son gr\u00e9. Ainsi, va-t-on d\u00e9cha\u00eener sur deux petites villes de cinq \u00e0 dix mille habitants : Cayenne et Noum\u00e9a, une v\u00e9ritable invasion de Barbares et quels barbares !<\/em><\/p>\n<p><em>Ce projet n&rsquo;organisera pas, il d\u00e9sorganisera la colonisation p\u00e9nale et de m\u00eame, il emp\u00eachera toute colonisation libre de s&rsquo;\u00e9tablir dans les colonies.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a><\/p>\n<p>Ces prises de position n&#8217;emp\u00eachent pas la rel\u00e9gation de s&rsquo;organiser. Le centre choisi est Saint-Jean du Maroni, en Guyane, qui accueille ses premiers \u00ab\u00a0pieds de biche\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a> (c&rsquo;est \u00e0 dire 324 r\u00e9cidivistes dont 24 femmes) le 16 juin 1887. Cette cat\u00e9gorie de for\u00e7ats se divise en deux groupes : d&rsquo;une part celui de la <span style=\"text-decoration: underline;\">rel\u00e9gation individuelle<\/span> , pour les condamn\u00e9s qui peuvent justifier de ressources personnelles &#8211; ces hommes sont soumis \u00e0 deux appels par semestre &#8211; et, d&rsquo;autre part celui de la <span style=\"text-decoration: underline;\">rel\u00e9gation collective<\/span>, o\u00f9 les condamn\u00e9s vivent dans un camp, recevant logement et nourriture. Les rel\u00e9gu\u00e9s re\u00e7oivent les deux tiers du salaire de leur travail.<\/p>\n<p>Ainsi, la rel\u00e9gation, dans ses objectifs d&rsquo;\u00e9viction des \u00ab\u00a0g\u00eaneurs\u00a0\u00bb rouvre la voie de la transportation vers la Guyane ; il faut trouver un ch\u00e2timent plus intimidant. C&rsquo;est pourquoi la loi de 1891 organise un r\u00e9gime plus s\u00e9v\u00e8re. Pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab\u00a0le nouveau choix de la Guyane pour les condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s \u00e9tait en lui-m\u00eame une marque de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 accrue.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2213\" title=\"caricature royaliste de Marianne\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"128\" \/><\/a><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">B\/ Expier en Guyane ou la \u00ab\u00a0guillotine s\u00e8che\u00a0\u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s vingt ans d&rsquo;abandon, \u00ab\u00a0l&rsquo;enfer vert\u00a0\u00bb succ\u00e8de \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;Eden vert\u00a0\u00bb des for\u00e7ats; le r\u00e9gime p\u00e9nitentiaire de la Nouvelle Cal\u00e9donie appara\u00eet trop doux. Cette recherche d&rsquo;un cadre p\u00e9nitentiaire doit satisfaire tant l&rsquo;aspect r\u00e9pressif \u00e0 travers l&rsquo;application du ch\u00e2timent adapt\u00e9, comme par exemple \u00ab\u00a0punir d&rsquo;exclusion\u00a0\u00bb, que l&rsquo;aspect utilitaire et correcteur \u00e0 travers l&rsquo;amendement. Il faut corriger les \u00e2mes et les corps et les adapter \u00e0 des normes disciplinaires qui feront d&rsquo;eux des hommes et des femmes meilleurs.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0N&rsquo;oublions pas que la peine des travaux forc\u00e9s a pour but d&rsquo;abord l&rsquo;expiation du crime, ensuite l&rsquo;amendement du coupable.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a><em> <\/em><\/p>\n<p>Certes, la r\u00e9pression des actes qui mettent des individus \u00ab\u00a0hors norme\u00a0\u00bb motive la soci\u00e9t\u00e9 bien pensante qui s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 affiner, \u00e0 tisser de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise plus syst\u00e9matique la trame du filet coercitif qui est destin\u00e9 \u00e0 mettre hors d&rsquo;\u00e9tat de nuire les d\u00e9viants de la loi commune. Le choix de la Guyane pour la reprise de la transportation sert ces objectifs dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;\u00e9limination physique des condamn\u00e9s est m\u00e8re de s\u00fbret\u00e9. Les r\u00e9sultats des h\u00e9catombes des ann\u00e9es ant\u00e9rieures t\u00e9moignent d\u00e9j\u00e0 de la v\u00e9ritable vocation \u00e0 poursuivre dans les m\u00eames conditions la colonisation p\u00e9nitentiaire c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e9liminer lentement la population des condamn\u00e9s compos\u00e9e de :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a020% d&rsquo;assassins, 75 % de voleurs et 5 % d&rsquo;incendiaires de sadiques et de faux-monnayeurs (&#8230;) C&rsquo;est un monde de prol\u00e9taires de laiss\u00e9s-pour-compte de l&rsquo;enseignement et de la soci\u00e9t\u00e9, un monde de pauvres que celui des transport\u00e9s et des rel\u00e9gu\u00e9s de Guyane. L&rsquo;impression s\u00e8che et brutale laiss\u00e9e par ces chiffres prend une dimension tragique lorsqu&rsquo;on analyse les vies, les crimes, les vols, les condamnations de cette arm\u00e9e de la mis\u00e8re que la m\u00e9tropole exp\u00e9diait sous l&rsquo;Equateur.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a><\/p>\n<p>Le 15 mai 1889, une commission est nomm\u00e9e afin d&rsquo;\u00e9tudier les r\u00e9formes \u00e0 introduire dans le r\u00e9gime du bagne. Voici comment le pr\u00e9sident de cette commission, M. Disl\u00e8re, explique sa d\u00e9marche :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Cherchant, d&rsquo;une part \u00e0 tenir le juste milieu entre les tendances philanthropiques un peu dominantes aujourd&rsquo;hui, et les sentiments de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 bien naturels chez ceux qui ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 voir\u00a0 de pr\u00e8s la triste\u00a0 population qui alimente\u00a0 la transportation, nous avons\u00a0 essay\u00e9 d&rsquo;apporter dans la r\u00e9daction des r\u00e8glements disciplinaires tous les m\u00e9nagements compatibles avec les exigences du bon ordre et de la discipline.\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a><\/p>\n<p>Ces mesures, qui ont donc pour objet de durcir le r\u00e9gime p\u00e9nitentiaire, sont les suivantes :<\/p>\n<p>1\/ La cr\u00e9ation du Tribunal Militaire Sp\u00e9cial (d\u00e9cret du 4 novembre 1889), juridiction d&rsquo;exception destin\u00e9e \u00e0 juger les bagnards coupables d&rsquo;un nouveau crime ou d&rsquo;un nouveau d\u00e9lit en Guyane m\u00eame, pr\u00e9sid\u00e9 par un officier de marine ou un officier des troupes coloniales, ce tribunal comprend aussi un magistrat civil et un chef de bureau de l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire.<\/p>\n<p>2\/ Le d\u00e9cret du 4 septembre 1891 renforce le r\u00e9gime disciplinaire du bagne en :<\/p>\n<p>&#8211; r\u00e9duisant les cinq classes de for\u00e7ats pr\u00e9vues par le d\u00e9cret de 1880 \u00e0 trois classes seulement.<\/p>\n<p>&#8211; supprimant le salaire qui est remplac\u00e9 par un p\u00e9cule (g\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;A.P<a name=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a> et vers\u00e9 au condamn\u00e9 \u00e0 sa lib\u00e9ration).<\/p>\n<p>&#8211; aggravant les punitions au nombre de trois : la prison de nuit, la cellule et le cachot.<a name=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a><\/p>\n<p>Ces transformations illustrent les modifications qui semblaient n\u00e9cessaires, mais quelles sont r\u00e9ellement les conditions de vie dans ces prisons d&rsquo;outre-mer ou plut\u00f4t qu&rsquo;en est-il vraiment du r\u00e9gime des travaux forc\u00e9s auxquels sont soumis les condamn\u00e9s ?<\/p>\n<p>Nous nous contenterons d&rsquo;exposer bri\u00e8vement ces r\u00e9alit\u00e9s qui seront d\u00e9velopp\u00e9es plus concr\u00e8tement dans notre travail \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9tude des t\u00e9moignages de la population de condamn\u00e9s concern\u00e9e.<\/p>\n<p>Les transport\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient pas, comme l&rsquo;imaginaire collectif semble le penser, envoy\u00e9s en Guyane pour \u00ab\u00a0casser des cailloux\u00a0\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, les travaux forc\u00e9s sont \u00e0 l&rsquo;image de la mission que la colonisation p\u00e9nitentiaire se fixe, c&rsquo;est \u00e0 dire la mise en valeur du territoire guyanais : d\u00e9frichage, construction de route, exploitation foresti\u00e8re, entretien et construction des villes ou des p\u00e9nitenciers, travaux portuaires, etc&#8230; C&rsquo;est pourquoi nous \u00e9voquerons les diff\u00e9rents types d&rsquo;activit\u00e9s de ces p\u00e9nitenciers qui refl\u00e8tent la nature des travaux forc\u00e9s \u00e0 travers une g\u00e9ographie succincte des bagnes.<\/p>\n<p>Chaque \u00e9tablissement p\u00e9nitentiaire refl\u00e8te une activit\u00e9 :<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Saint-Laurent du Maroni<\/span>, en tant que capitale du territoire, regroupe la Direction des services p\u00e9nitentiaires, les bureaux et magasins, le parc au bois, les ateliers pour les constructions navales, les services du port, de la gare et des t\u00e9l\u00e9phones, l&rsquo;anthropom\u00e9trie, le Tribunal sp\u00e9cial, une caserne d&rsquo;infanterie, l&rsquo;h\u00f4pital le plus vaste de la colonie et de tr\u00e8s nombreux logements de fonctionnaires.<\/p>\n<p>Les \u00e9tablissements du Maroni comprennent d&rsquo;autres camps ou chantiers qui refl\u00e8tent tout un monde de souffrances, parmi les plus importants nous pouvons citer :<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le chantier forestier de Charvein<\/span> : qui est destin\u00e9 aux incorrigibles (les \u00ab\u00a0incos\u00a0\u00bb) qui y travaillaient nus et affam\u00e9s. Il est d&rsquo;ailleurs surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le camp de la mort\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Albert Londres le d\u00e9crit ainsi :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le terrain de Charvein est, en partie, envahi par la vase qui fermente, sous la chaleur torride, intenable, propice aux insectes dangereux dont la fureur crible de piq\u00fbres lancinantes le corps des hommes ruisselant de sueur morbide.<\/em><\/p>\n<p><em>Ils n&rsquo;ont pour se d\u00e9salt\u00e9rer qu&rsquo;une eau jaun\u00e2tre et pollu\u00e9e, charg\u00e9e de miasmes dispensateurs des \u00e9pid\u00e9mies qui ne pardonnent pas. Les nuits sont, au contraire des jours d&rsquo;une fra\u00eecheur atroce ! On y entend plus d&rsquo;un fi\u00e9vreux claquer des dents, en suppliant qu&rsquo;on l&rsquo;ach\u00e8ve d&rsquo;une balle lib\u00e9ratrice !\u00a0\u00bb<\/em><a name=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a><\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Godebert<\/span>, autre chantier forestier qui devint camp disciplinaire de 1931 \u00e0 1938 en remplacement du camp Charvein. Godebert fut \u00e9galement le centre du tannage des peaux.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le Nouveau Camp<\/span> \u00e9tait aussi \u00e0 l&rsquo;origine un chantier forestier et de culture de la canne \u00e0 sucre pour l&rsquo;usine de Saint-Maurice avant de devenir un camp pour les impotents.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le Camp des Malgaches<\/span> fut chantier forestier puis centre de culture et de construction de routes et de canaux d&rsquo;assainissement. Il \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 en priorit\u00e9 aux condamn\u00e9s \u00e0 la peau noire ou les \u00ab\u00a0annamites\u00a0\u00bb (prisonniers indochinois), consid\u00e9r\u00e9s comme plus aptes \u00e0 r\u00e9sister au climat<a name=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>, comme le camp de la Montagne d&rsquo;Argent ou \u00e9taient cultiv\u00e9s le caf\u00e9 et le cacao.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le Camp des Hattes<\/span>, cr\u00e9\u00e9 en 1858, a \u00e9t\u00e9 le grand centre d&rsquo;\u00e9levage bovin, mais aussi de culture, du territoire du Maroni.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le centre de Saint-Maurice<\/span> fut un centre de culture pour les concessionnaires, et poss\u00e9da une sucrerie qui fut, par la suite, transform\u00e9e en briqueterie.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Saint-Jean-du-Maroni<\/span> qui \u00e9tait un village ( am\u00e9nag\u00e9 en 1889 pour recevoir les rel\u00e9gu\u00e9s), fut le plus grand des centres pour l&rsquo;exploitation foresti\u00e8re. De plus l&rsquo;\u00e9levage et l&rsquo;agriculture y \u00e9taient pratiqu\u00e9s. C&rsquo;est \u00e0 Saint-Jean que les locaux disciplinaires \u00e9taient les plus importants. Outre le camp avec ses ateliers \u00e0 fer et \u00e0 bois, sa briqueterie, il y avait l\u00e0 aussi, de nombreux logements de fonctionnaires.<a name=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a><\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">Le p\u00e9nitencier de Cayenne et ses annexes<\/span> comprenait quatre b\u00e2timents dortoirs de 40 m\u00e8tres de long, 19 prisons, 77 cellules, une infirmerie, une briqueterie et deux jardins potagers. De 1872 \u00e0 1945, l&rsquo;effectif total oscille entre 800 et 1500 condamn\u00e9s. De multiples corv\u00e9es fournies aux services locaux assuraient la propret\u00e9 de la ville et l&rsquo;entretien des routes de l&rsquo;\u00eele de Cayenne.<\/p>\n<p>-A <span style=\"text-decoration: underline;\">Coswire<\/span>, des tentatives furent men\u00e9es pour l&rsquo;implantation d&rsquo;arbres \u00e0 balata pour recueillir du caoutchouc. La culture de cocotiers, bananiers et de ma\u00efs \u00e9tait aussi des activit\u00e9s importantes pour ce camp.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Il\u00f4t Saint-Louis<\/span> (au milieu du Maroni) devient le domaine des l\u00e9preux apr\u00e8s qu&rsquo;ils aient quitt\u00e9 la l\u00e9proserie de l&rsquo;\u00eele du Diable, en 1895.<\/p>\n<p>En plus de ces territoires, il faut ajouter les <span style=\"text-decoration: underline;\">\u00eeles du Salut<\/span> qui abrit\u00e8rent, entre autres, la quasi totalit\u00e9 des transport\u00e9s anarchistes de 1887 \u00e0 1914. Situ\u00e9es \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de l&#8217;embouchure de la rivi\u00e8re de Kourou, ce groupe de trois \u00eeles c\u00f4ti\u00e8res furent originellement appel\u00e9es \u00ab\u00a0Iles du Diable\u00a0\u00bb avant d&rsquo;\u00eatre dot\u00e9es d&rsquo;un nom plus attrayant.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2213\" title=\"caricature royaliste de Marianne\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/caricature-marianne.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"130\" \/><\/a>Chacune de ces \u00eeles affirmera sa vocation vers la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Leur point commun r\u00e9side dans un climat plus cl\u00e9ment que sur \u00ab\u00a0la grande terre\u00a0\u00bb, mais aussi une impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9vasion due aux barri\u00e8res de r\u00e9cifs, aux courants c\u00f4tiers et aux requins. Les \u00eeles du Salut sont les prisons de haute s\u00e9curit\u00e9 de la Guyane pour les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s des cours d&rsquo;assise, les politiques et pour les r\u00e9clusionnaires : les plus mauvais gar\u00e7ons du bagne<a name=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Ile Royale<\/span> a une \u00e9tendue de 28 ha pour 950 m\u00e8tres de longueur. Elle reste le territoire des bagnards les plus lourdement condamn\u00e9s et de ceux dont la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 (qu&rsquo;elle qu&rsquo;en soit la forme) n\u00e9cessite une surveillance de chaque instant.<a name=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a><\/p>\n<p>Une infrastructure importante y est mise en place : \u00e0 l&rsquo;ouest se trouve le s\u00e9maphore, la caserne de la troupe, les prisons, les logements du personnel, les ateliers, la bouverie et plus tard une \u00e9cole pour les enfants ; \u00e0 l&rsquo;est, les logements des cadres, le quartier cellulaire, les magasins, le corps de garde du quai, le hangar aux constructions navales et la boulangerie. En 1855, y est inaugur\u00e9e une \u00e9glise.<\/p>\n<p>Un d\u00e9tachement militaire de 50 hommes stationne \u00e0 la Royale. Les locaux disciplinaires de l&rsquo;\u00eele comprennent : 8 cachots, 58 cellules et 2 prisons. Il n&rsquo;y a pas de cimeti\u00e8re \u00e0 la Royale, \u00e0 part quelques tombes d&rsquo;enfants et de femmes de surveillant; et, celles des personnes libres enterr\u00e9es \u00e0 Saint-Joseph. Les d\u00e9pouilles des condamn\u00e9s \u00e9taient immerg\u00e9es, offertes ainsi en p\u00e2ture aux \u00ab\u00a0\u00e9cumeurs des mers\u00a0\u00bb : les requins. <a name=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a><\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;Ile Saint-Joseph<\/span> a une superficie de 20 ha pour 650 m\u00e8tres de longueur. Cette \u00eele est le domaine de la r\u00e9clusion avec ses 52 cellules \u00e9troites et sombres, surmont\u00e9es de poutrelles \u00e0 claire-voie et entour\u00e9es d&rsquo;un chemin de ronde qui permet de surveiller les condamn\u00e9s, tels des animaux en cage. \u00ab\u00a0Ce qui frappait en arrivant \u00e0 Saint-Joseph c&rsquo;\u00e9tait le silence qui planait et auquel les condamn\u00e9s \u00e9taient astreints jour et nuit.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a> Elle comprend \u00e9galement une tannerie, mont\u00e9e en 1855, qui produit du cuir pour la confection sur place des chaussures des for\u00e7ats.<\/p>\n<p>&#8211;<span style=\"text-decoration: underline;\">L&rsquo;\u00eele du Diable<\/span> a une superficie de 14 ha pour une longueur de 950 m\u00e8tres. Apr\u00e8s avoir servi de l\u00e9proserie pour les condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s atteints de cette maladie, elle est \u00e0 partir de 1895 d\u00e9clar\u00e9e \u00ab\u00a0lieu de d\u00e9portation\u00a0\u00bb par la loi du 9 septembre 1895. Elle y accueille de 1895 \u00e0 1899 le capitaine Dreyfus et, plus tard, une vingtaine d&rsquo;espions ou suppos\u00e9s tels, y connaissent les rigueurs de l&rsquo;exil apr\u00e8s la Premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n<p>Aux diff\u00e9rents aspects du travail quotidien des condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s, s&rsquo;ajoute une autre donn\u00e9e qui donne tout le caract\u00e8re r\u00e9el de l&rsquo;expiation recherch\u00e9e : la maladie ou le d\u00e9sespoir, en d&rsquo;autres mots une mort lente.<\/p>\n<p>Les conditions de vie et de travail, alli\u00e9es au manque d&rsquo;hygi\u00e8ne et \u00e0 la malnutrition en sont les principales causes. Si une punition disciplinaire vient s&rsquo;ajouter \u00e0 ces donn\u00e9es, compte-tenu des conditions de d\u00e9tention dans les cachots ou les prisons, l&rsquo;\u00e9tat physique et moral du condamn\u00e9 p\u00e9riclite \u00e0 vitesse acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. Le t\u00e9moignage du Docteur Rousseau<a name=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>, qui fut m\u00e9decin-chef de 1928 \u00e0 1932 des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires de Guyane, est non seulement fiable mais, \u00e9loquent sur ce point :<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce sont essentiellement des charniers o\u00f9, s&rsquo;alliant \u00e0 la syphilis et \u00e0 la tuberculose tous les parasites tropicaux (h\u00e9matozoaires du paludisme, ankylos\u00f4mes, amibes de la dysenterie, bacilles de Hansen, etc.) deviennent les auxiliaires les plus s\u00fbrs d&rsquo;une administration dont le r\u00f4le est de regarder fondre les effectifs qui lui sont confi\u00e9s. Les plus farouches th\u00e9oriciens de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9limination\u00a0\u00bb peuvent \u00eatre satisfaits. Les transport\u00e9s condamn\u00e9s ou rel\u00e9gu\u00e9s, vivent en moyenne cinq ans en Guyane, pas plus.<\/em><\/p>\n<p><em>Pourquoi y meurent-ils, alors que le personnel p\u00e9nitentiaire y prosp\u00e8re ? La chose est facile \u00e0 comprendre, le personnel p\u00e9nitentiaire mange \u00e0 sa faim, boit \u00e0 sa soif. La faim, au contraire, tenaille les transport\u00e9s. C&rsquo;est pourquoi tous les virus y trouvent un terrain sans d\u00e9fense. C&rsquo;est l\u00e0, \u00e0 une grande \u00e9chelle, puisque l&rsquo;exp\u00e9rience d\u00e9bute en 1852, la d\u00e9monstration \u00e9clatante de la moindre r\u00e9sistance du terrain appauvri par la famine. [&#8230;] En fait, le condamn\u00e9 n&rsquo;a qu&rsquo;un droit, celui de se taire. Frustr\u00e9 dans tous les domaines, v\u00eatements, habitation, hygi\u00e8ne corporelle, aussi bien que la nourriture, il ne se plaint pas pour \u00e9viter les rigueurs d&rsquo;une commission disciplinaire devant laquelle le plaignant est obligatoirement convoqu\u00e9 et qui, par syst\u00e8me, refuse toute cr\u00e9ance \u00e0 sa parole . [&#8230;] Tous ces bagnards, occup\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 des travaux improductifs et fastidieux, \u00e0 moins qu&rsquo;ils ne soient domestiques chez leurs surveillants, sont bien condamn\u00e9s, si l&rsquo;on veut, \u00e0 des travaux forc\u00e9s, ils sont avant tout condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre continuellement l\u00e9s\u00e9s, au p\u00e9ril de leur vie, et \u00e0 avoir toujours tort quand ils r\u00e9clament. L\u00e0 est l&rsquo;essentiel de leur peine. [&#8230;] La faim, la maladie, la mort ! [&#8230;] Pour s&rsquo;y soustraire, il faut s&rsquo;\u00e9vader ! Pour nos voisins hollandais, anglais et v\u00e9n\u00e9zu\u00e9liens, c&rsquo;est un scandale de voir \u00e9chouer plusieurs fois par an sur leur littoral ces radeaux de fortune charg\u00e9s d&rsquo;\u00e9vad\u00e9s affam\u00e9s qui, bravant les risques de la mer, ont tout tent\u00e9 pour \u00e9chapper \u00e0 une mort lente, fatale au p\u00e9nitencier.<\/em><\/p>\n<p><em>Quant aux m\u00e9thodes de rel\u00e8vement, c&rsquo;est ici chose inconnue. Et que dire du traitement des r\u00e9cidivistes, pour la plupart psychopathes sous les tropiques. En v\u00e9rit\u00e9, les bagnes de la Guyane sont la n\u00e9gation de la prophylaxie criminelle, des m\u00e9thodes de r\u00e9\u00e9ducation m\u00e9dicales et p\u00e9dagogiques, de la psychiatrie, de la biocriminologie, en un mot du bon sens.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Il est toutefois difficile d&rsquo;\u00e9tablir avec une grande pr\u00e9cision un \u00e9tat pr\u00e9cis de la mortalit\u00e9 dans les colonies p\u00e9nitentiaires, car les donn\u00e9es statistiques qui existent apparaissent contradictoires ou lacunaires. La confrontation de certains chiffres nous permet cependant de consid\u00e9rer les \u00e9valuations avanc\u00e9es par Edmond Henri<a name=\"_ftnref25\" href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>, inspecteur des colonies, pour la p\u00e9riode de 1898 \u00e0 1910. En \u00e9tudiant l&rsquo;\u00e9volution de la population p\u00e9nale et tenant compte des lib\u00e9rations et des \u00e9vasions, il constate que l&rsquo;effectif des transport\u00e9s n&rsquo;a pas vari\u00e9, malgr\u00e9 l&rsquo;arriv\u00e9e approximativement de 900 condamn\u00e9s par an (4135 personnes au 31\/12\/1898 ; 4391 personnes au 31\/12\/1908; 4454 personnes au 31\/12\/1910) et \u00e9value la mortalit\u00e9, pour la totalit\u00e9 des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, \u00e0 12 % de la population p\u00e9nale par an. Ce qui est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 que les tranches d&rsquo;\u00e2ge concern\u00e9es restent assez jeunes. Les vieillards ne sont pas condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s, la population p\u00e9nale concerne majoritairement les 25\/40 ans.<\/p>\n<p>Il est difficile consid\u00e9rer que les gouvernements de la III\u00e8me R\u00e9publique n&rsquo;aient pas eu connaissance de ces chiffres et des conditions r\u00e9elles de vie et d&rsquo;exploitation des condamn\u00e9s. D&rsquo;une part parce que les exp\u00e9riences de transportation ant\u00e9rieures s&rsquo;\u00e9taient r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00eatre des \u00e9checs pour la colonisation p\u00e9nitentiaire, compte tenu d&rsquo;une mortalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e des transport\u00e9s, et d&rsquo;autre part parce que de nombreux rapports et \u00e9tudes sur la transportation en exposaient les limites.<\/p>\n<p>Il appara\u00eet surtout que les for\u00e7ats de Guyane ont oeuvr\u00e9 \u00e0 leur propre d\u00e9tention. Le bilan de la colonisation p\u00e9nitentiaire est assez pitoyable car, les travaux r\u00e9alis\u00e9s au terme d&rsquo;un si\u00e8cle de bagne se limitent \u00e0 \u00ab\u00a0la construction d&rsquo;une jet\u00e9e en pierre \u00e0 Cayenne, d&rsquo;une route de 44 km entre Cayenne et Kourou, de 120 km de route-piste et de quelques digues et travaux de drainage.\u00a0\u00bb<a name=\"_ftnref26\" href=\"#_ftn26\">[26]<\/a><\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;un consensus semble se d\u00e9gager sur l&rsquo;efficacit\u00e9 de la peine des travaux forc\u00e9s dans les bagnes d&rsquo;Outre-mer, il nous faut toutefois souligner que beaucoup de voix s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent contre elle.<a name=\"_ftnref27\" href=\"#_ftn27\">[27]<\/a> N\u00e9anmoins, il faudra attendre 1923 pour qu&rsquo;Albert Londres, journaliste, porte un premier coup d\u00e9cisif contre ce type de peine. A travers une s\u00e9rie d&rsquo;articles faisant suite \u00e0 une enqu\u00eate en Guyane, il \u00ab\u00a0met en relief les conditions de vie, l&rsquo;inhumanit\u00e9 d&rsquo;un syst\u00e8me transformant les \u00eatres en choses\u00a0\u00bb, secouant ainsi l&rsquo;opinion publique, qui n&rsquo;avait jusqu&rsquo;alors manifest\u00e9 qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat limit\u00e9 pour ce probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est que le<strong> 17 juin 1938<\/strong> que le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Albert Lebrun met fin par un d\u00e9cret-loi \u00e0 la peine des travaux forc\u00e9s en Guyane, mais rien n&rsquo;est pr\u00e9vu pour le rapatriement de ceux qui s&rsquo;y trouvent. Cette lourde t\u00e2che sera confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Arm\u00e9e du Salut, \u00e0 partir de 1946 (date officielle de la fermeture des bagnes), ainsi que celle de la r\u00e9insertion des anciens transport\u00e9s. Les rapatriements s&rsquo;\u00e9chelonnent jusqu&rsquo;en 1953, ne resteront en Guyane que ceux que rien ni personne n&rsquo;attend en m\u00e9tropole&#8230;<a name=\"_ftnref28\" href=\"#_ftn28\">[28]<\/a><\/p>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>Op.cit\u00e9.Patricia O&rsquo;Brien,<em> Correction et ch\u00e2timent<\/em>, page 279.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a>Ibid.page 277.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a>Jean-Pierre Machelon,<em> La r\u00e9publique\u00a0 contre les libert\u00e9s<\/em> , Paris, FNSP, 1976, page 410 (note n\u00b046). Voir notre d\u00e9veloppement de cette question dans la premi\u00e8re partie.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a>In op.cit\u00e9, Patricia O&rsquo;Brien, page 276\/277. Ceux qui critiquaient l&rsquo;enfermement solitaire soutenaient souvent la transportation. Guillaume-Marie-Andr\u00e9 Ferrus condamnait l&rsquo;encellulement solitaire sur une longue p\u00e9riode et approuvait la d\u00e9portation outre-mer en tant que peine compl\u00e9mentaire, n\u00e9cessaire apr\u00e8s le p\u00e9nitencier, <em>De l&rsquo;expatriation p\u00e9nitentiaire pour faire suite \u00e0 l&rsquo;ouvrage :\u00a0 des prisonniers de l&#8217;emprisonnement et des prisons<\/em>, Paris, 1853. D&rsquo;autres, comme Auguste Bonnet donnaient l&rsquo;argument classique, c&rsquo;est \u00e0 dire que les prisons \u00e9taient seulement des \u00e9coles du crime et qu&rsquo;elles devaient \u00eatre purg\u00e9es des \u00ab\u00a0incorrigibles\u00a0\u00bb : <em>Consid\u00e9rations sur la d\u00e9portation, la r\u00e9clusion cellulaire \u00e0 court terme, et les modifications\u00a0 qu&rsquo;il y\u00a0 aurait \u00e0 apporter\u00a0 au r\u00e9gime actuel de\u00a0 nos prisons<\/em>, Paris, 1865. Charles Lucas, en revanche, a \u00e9t\u00e9 un des plus grands d\u00e9fenseurs de l&rsquo;encellulement. M\u00eame en 1882, il affirmait que la raison pour laquelle le crime augmentait ne tenait pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec du syst\u00e8me, mais plut\u00f4t \u00e0 sa mauvaise implantation. Il imputait l&rsquo;\u00e9chec \u00e0 l&rsquo;autonomie des d\u00e9partements. <em>Lettre \u00e0\u00a0 M.le Ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur sur le projet de loi relatif \u00e0 la transportation des r\u00e9cidivistes<\/em>, Paris, 1882.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a>Op.cit\u00e9, Patricia O&rsquo;Brien, <em>Correction ou ch\u00e2timent<\/em>, page 279.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a>Loi n\u00b0 15503 du 27 mai 1885 sur les r\u00e9cidivistes, <span style=\"text-decoration: underline;\">Journal officiel,<\/span> du 28 mai 1885. Pr\u00e9sent\u00e9e en <span style=\"text-decoration: underline;\">Annexe n\u00b0 7<\/span>.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a>Fernand Desportes,<em> La r\u00e9cidive. Examen du projet de loi sur la rel\u00e9gation des r\u00e9cidistes<\/em>, Paris, 1883, page 51.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a>Professeur \u00e0 la facult\u00e9 de Droit de Paris, il \u00e9tait membre de la commission p\u00e9nitentiaire qui en 1889 durcit le syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire de la Guyane.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a>J.O. S\u00e9nat. Janvier 1885, page 407, annexe n\u00b0 352.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a>Argot bagnard qui signifie \u00ab\u00a0rel\u00e9gu\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a>Op.cit\u00e9.Michel Dev\u00e8ze,<em> Cayenne, d\u00e9port\u00e9s et bagnards, <\/em>page 147.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn12\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a>In ibid.page 161. Rapport Disl\u00e8re du 24 mars 1891. Archives coloniales. S\u00e9rie H. Notice pour 1885-95, annexes, page 781.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn13\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a>Op.cit\u00e9, Michel Pierre, <em>La terre de la grande punition<\/em>, page 42.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn14\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a>Op.cit\u00e9, Michel Dev\u00e8ze, <em>Cayenne d\u00e9port\u00e9s et bagnards<\/em>, page 161. (Rapport Disl\u00e8re du 24 mars 1891. Archives Coloniales. S\u00e9rie H. Notice pour 1885-95, annexes, page 781.)<\/p>\n<p><a name=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a>Mis pour Administration P\u00e9nitentiaire.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn16\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a>Ibid page 161\/162.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn17\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a>Albert Londres,<em> Au bagne, <\/em> Paris, Albin Michel, 1924, page121.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn18\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a>Op.cit\u00e9.Jacques Petit (sous la direction de),<em> La prison, le bagne et l&rsquo;histoire, <\/em>page 96.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn19\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a>Danielle Donet-Vincent,<em>La fin du bagne<\/em>, Rennes, Ouest France Editions, 1992, page 26.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn20\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a>Op.cit\u00e9, Jean-Pierre Fournier,<em>Visions du bagne<\/em>, page 13.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a>Voir l&rsquo;exemple de l&rsquo;<span style=\"text-decoration: underline;\">Internement forc\u00e9 aux \u00eeles du Salut<\/span> pour les anarchistes dans la premi\u00e8re partie de notre travail.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn22\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a>Op.cit\u00e9.Jean-Pierre Fournier, <em>Vision du bagne<\/em>, page 13.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a>Ibid.page 88\/89.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn24\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a>Dans sa lettre de pr\u00e9face \u00e0 Mireille Maroger,<em>Bagne<\/em>, 1933.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn25\" href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a>Edmond Henri, <em>Etude critique sur la transportation en Guyane fran\u00e7aise &#8211; R\u00e9formes r\u00e9alisables &#8211;<\/em>, Paris, Sirey, 1912, Archives d&rsquo;Outre-mer (SOM B863).<\/p>\n<p><a name=\"_ftn26\" href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a>Op.cit\u00e9, Michel Pierre, <em>Le dernier exil, Histoire des bagnes et des for\u00e7ats<\/em> , 1989, page 127.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn27\" href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a>Op.cit\u00e9, Danielle Donet-Vincent, <em>La fin du bagne<\/em>, 1992, page 30.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn28\" href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a>Op.cit\u00e9, Michel Pierre, <em>Le dernier exil, Histoire des bagnes et des for\u00e7ats<\/em> , 1989, page 126.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 il est \u00e9crit que la Gueuse perfectionne le syst\u00e8me \u00e9liminatoire \u00e0 la fran\u00e7aise &#8230; Vive la R\u00e9publique\u00a0! 2e \u00e9pisode. 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