{"id":21,"date":"2008-04-09T11:35:05","date_gmt":"2008-04-09T09:35:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=21"},"modified":"2008-05-09T08:01:07","modified_gmt":"2008-05-09T06:01:07","slug":"jacques-sautarel","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/04\/jacques-sautarel\/","title":{"rendered":"Jacques SAUTAREL"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\" style=\"center\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong>SAUTAREL<\/strong> Jacques Bonaventure Fran\u00e7ois (dit Rossignol)<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">N\u00e9 \u00e0 Llado (Espagne) le 5 janvier 1870, mort \u00e0 une date inconnue, Fils de Jean et de Marie Tresent (de nationalit\u00e9 espagnole), mari\u00e9 \u00e0 Marie Tixier (n\u00e9e \u00e0 La Chatre en 1870), deux enfants : Lucien (mort en 1917) et Carmen, bijoutier et \u00e9crivain.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"center;\"><span style=\"Times New Roman;\"><span style=\"small;\"><span style=\"Times New Roman;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/bijouterie-sautarel1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft aligncenter size-medium wp-image-40\" style=\"left;\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/bijouterie-sautarel1-185x300.jpg\" alt=\"\" width=\"185\" height=\"300\" \/><\/a><\/strong><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"justify;\"><span style=\"Times New Roman;\">Jacques Sautarel a toujours ni\u00e9 son implication au sein des Travailleurs de la Nuit. Il n\u2019a jamais cess\u00e9 d\u2019affirmer avoir rencontr\u00e9 Alexandre Jacob pour la premi\u00e8re fois lors de leur d\u00e9tention commune \u00e0 la prison d\u2019Abbeville en 1904. Tout concourt pourtant \u00e0 donner un r\u00f4le important au bijoutier anarchiste dans la bande d\u2019ill\u00e9galistes. Les aveux de Joseph Ferrand lors de l\u2019instruction en vue du proc\u00e8s d\u2019Amiens (du 8 au 22 mars 1905), les d\u00e9clarations de la concubine de celui-ci (Gabrielle Damiens) le mettent formellement en cause. C\u2019est d\u2019ailleurs chez lui que cette derni\u00e8re se rend le 9 janvier 1903 pour y d\u00e9poser les produits d\u2019un vol commis par son amant \u00e0 Bourges quatre jours plus t\u00f4t. C\u2019est encore lui que le police signale \u00e0 S\u00e8te en f\u00e9vrier 1902 en compagnie d\u2019Ernest Saurel, chez qui Alexandre Jacob a form\u00e9 sa premi\u00e8re brigade de cambrioleurs. <\/span><!--more--><span style=\"Times New Roman;\">C\u2019est enfin<span style=\"yes;\"> <\/span>le nom de Sautarel que l\u2019on retrouve dans l\u2019affaire du vol du bijoutier Bourdin le 6 octobre 1901. Le cambriolage de la rue Quincampoix est demeur\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre par son mode op\u00e9ratoire. Alexandre Jacob et ses complices (Honor\u00e9 Bonnefoy et Jules Clarenson) percent un trou dans le plancher de l\u2019appartement sis au-dessus de celui de Bourdin et ,\u00e0 l\u2019aide d\u2019un parapluie, peuvent l\u2019agrandir sans bruit et sans \u00e9veiller les soup\u00e7ons du voisinage. Le Butin s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 120000 francs. Jacques Sautarel fut l\u2019employ\u00e9 de Bourdin pendant un an et demi. Condamn\u00e9 \u00e0 5 ans de travaux forc\u00e9s par la Cour d\u2019Assises de la Somme, il est acquitt\u00e9 en appel \u00e0 Laon le 1<sup>er<\/sup> octobre 1905. La presse d\u00e9nonce le scandale de \u00ab <em>l\u2019affaire Sautarel<\/em> \u00bb et<span style=\"yes;\"> <\/span>fait campagne pour sa lib\u00e9ration (<em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, <em>Le Temps, Germinal, Le Libertaire<\/em>) en niant la collusion avec la bande Jacob.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"justify;\"><span style=\"Times New Roman;\">Les Travailleurs de la Nuit professent pourtant les m\u00eames opinions anarchistes, individualistes et ill\u00e9galistes que lui. Jacques Sautarel n\u2019a n\u00e9anmoins pas toujours \u00e9t\u00e9 libertaire. Comme S\u00e9bastien Faure qu\u2019il admire, son parcours est d\u2019abord empreint de religiosit\u00e9. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, il vit \u00e0 Perpignan o\u00f9 il se fait remarquer \u00ab <em>par sa douceur et sa pi\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb. En 1888, il s\u2019\u00e9tablit \u00e0 Paris, se marie avec Marie Tixier (fille d\u2019un marchand de charbon) mais se brouille avec son beau-p\u00e8re du fait de sa r\u00e9cente conversion aux id\u00e9aux libertaires. D\u00e9sign\u00e9s d\u00e8s lors par la police comme \u00ab <em>anarchiste exalt\u00e9<\/em> \u00bb, il retourne pendant quelques temps vivre \u00e0 Perpignan et \u00e0 S\u00e8te avant de se fixer une nouvelle fois dans la capitale en 1894. Deux ans plus tard, il organise deux tourn\u00e9es de conf\u00e9rences en compagnie de S\u00e9bastien Faure et de Louis Matha en Aquitaine et \u00e0 Toulouse. Jacques Sautarel verse aussi dans la propagande \u00e9crite. Il collabore en 1898 \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re mensuel <em>Le Libre<\/em> o\u00f9 nous pouvons retrouver les signatures de Manuel Devaldes, de Paul Adam, de Han Ryner ou encore de Laurent Tailhade. Cette ann\u00e9e l\u00e0 encore, sa brochure <em><span style=\"underline;\">Quand \u00e9gorgerons-nous enfin ?<\/span><\/em>, d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Charles Malato, provoque sa fuite et son arrestation en Espagne. En 1903, dans <em><span style=\"underline;\">Le Pacte<\/span><\/em>, il met au point un roman sur fond d\u2019ill\u00e9galisme. Sa d\u00e9claration, \u00ab <em>L\u2019homme<\/em> \u00bb, publi\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit en 1905 dans le n\u00b012 de la feuille picarde <em>Germinal<\/em>, justifie le vol et l\u2019ill\u00e9galisme par le droit naturel \u00e0 l\u2019existence : soit \u00ab <em>un vent de justice que le socialisme n\u00e9 d\u2019hier universalise<\/em> \u00bb dans un monde o\u00f9 \u00ab <em>chaque esp\u00e8ce use de ses propres moyens de d\u00e9fense <\/em>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"justify;\"><span style=\"Times New Roman;\">Le cas Sautarel prouve que les Travailleurs de la Nuit sortent du cadre simple, classique et r\u00e9ducteur de l\u2019affaire criminelle. Il r\u00e9v\u00e8le une activit\u00e9 politique ayant l\u2019anarchie pour base th\u00e9orique et le vol comme vecteur pratique. Mais, malgr\u00e9 de fortes pr\u00e9somptions, peu d\u2019\u00e9l\u00e9ments viennent \u00e9tayer par l\u2019entremise de Jacques Sautarel un lien possible entre les intellectuels et les voleurs du mouvement libertaire fran\u00e7ais. Auteur encore d\u2019 <em><span style=\"underline;\">Etats d\u2019\u00e2me<\/span><\/em> en 1895, de <em><span style=\"underline;\">Philosophie du d\u00e9terminisme<\/span><\/em> en 1896, ou d\u2019 <em><span style=\"underline;\">Amants en r\u00e9volte<\/span><\/em> en 1897, Jacques Sautarel semble se tenir calme apr\u00e8s les proc\u00e8s d\u2019Amiens et de Laon. Sa renomm\u00e9e litt\u00e9raire ne d\u00e9passe pas le monde des anarchistes. L\u2019homme vit toutefois confortablement de son m\u00e9tier. \u00ab <em>Il parait faire d\u2019assez bonnes affaires<\/em> \u00bb dans son magasin parisien \u00e0 l\u2019enseigne <em>Germinal<\/em> selon la police. Cette aisance lui permet de se consacrer \u00e0 l\u2019\u00e9criture et d\u2019aider Marie Jacob dans les d\u00e9marches que cette derni\u00e8re entreprend pour faire sortir son fils du bagne \u00e0 partir des ann\u00e9es 1920. Jacques Sautarel se signale encore comme secr\u00e9taire, en 1921, de la 9<sup>e<\/sup> section de la F\u00e9d\u00e9ration de la Seine du Parti Communiste. Il est alors \u00e0 l\u2019image d\u2019un certain nombre d\u2019anarchistes un temps attir\u00e9 par la R\u00e9volution Sovi\u00e9tique malgr\u00e9 la r\u00e9pression de la r\u00e9bellion ukrainienne et makhnoviste. Sautarel est \u00e0 cette \u00e9poque proche du couple Humbert mais aussi des pacifistes fran\u00e7ais (son fils est mort au front en 1917). Ayant r\u00e9sid\u00e9 un court moment \u00e0 Perpignan en 1925 : il dirige dans cette ville une \u00e9ph\u00e9m\u00e8re revue, <em>Le Bonnet Catalan<\/em>, qui prend une part active \u00e0 la campagne de presse pour faire lib\u00e9rer Alexandre Jacob. Revenu \u00e0 Paris, Jacques Sautarel se contente par la suite de la publication des ses ouvrages \u00e0 caract\u00e8res sociaux (<em><span style=\"underline;\">La f\u00e9licit\u00e9 du pauvre<\/span><\/em> 1930), n\u00e9o-malthusien (<em><span style=\"underline;\">Un viol<\/span><\/em>) ou encore antireligieux (<em><span style=\"underline;\">Le satanisme de Dieu<\/span><\/em> 1939). Nous perdons sa trace apr\u00e8s cette derni\u00e8re date. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"Times New Roman;\">\u0152UVRE : <em><span style=\"underline;\">Etats d\u2019\u00e2me<\/span><\/em> 1895, <em><span style=\"underline;\">Philosophie du d\u00e9terminisme<\/span><\/em> 1896, <em><span style=\"underline;\">Amants en r\u00e9volte<\/span><\/em> 1897, <em><span style=\"underline;\">D\u00e9senchantements<\/span><\/em> 1898, <em><span style=\"underline;\">Quand \u00e9gorgerons-nous enfin ?<\/span><\/em> 1898, <em><span style=\"underline;\">Lueurs \u00e9conomiques<\/span><\/em> 1898, <em><span style=\"underline;\">Le pacte<\/span><\/em> 1903, <em><span style=\"underline;\">La f\u00e9licit\u00e9 du pauvre<\/span><\/em> 1930, <em><span style=\"underline;\">Deux v\u00e9rit\u00e9s cardinales : la machine et ses profits, le monde int\u00e9rieur<\/span><\/em> 1933, <em><span style=\"underline;\">Plus maternelle qu\u2019amoureuse<\/span><\/em> 1934, <em><span style=\"underline;\">Le satanisme de Dieu<\/span><\/em><span style=\"yes;\"> <\/span>1939, <em><span style=\"underline;\">A<\/span><\/em><em><span style=\"underline;\"> l\u2019assassin, Bible du prolo hallucin\u00e9 par la menace de l\u2019heure qui passe<\/span><\/em> sans date.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"0cm 0cm 0pt;\"><span style=\"AR-SA;\">SOURCES : Arch. Nat. BB<sup>18<\/sup> 2261 A dossier 2069 A03 et BB<sup>24<\/sup>1012 dossier 2818 S05, Arch. Cont. De Fontainebleau 19940474\/article 97\/dossier 940, Arch. Pref. Police EA\/89, Arch. Dep. Somme 99M13\/2, Arch. Dep. Aisne 200U3, CIRA Marseille fonds Alexandre Jacob, Inst. D\u2019Hist. Soc. D\u2019Amsterdam fond<span style=\"yes;\"> <\/span>Eug\u00e8ne et Jeanne Humbert cote 285 correspondance Sautarel 1913-1944), Alexandre Jacob Ecrits (Insomniaque 2004), Jean-Marc Delpech <em><span style=\"underline;\">Parcours et r\u00e9seaux d\u2019un anarchiste : Alexandre Marius Jacob 1879-1954<\/span><\/em> (th\u00e8se de doctorat, Universit\u00e9 de Nancy II, 2006), Caroline Granier <em><span style=\"underline;\">\u00ab Les Briseurs de formules \u00bb les \u00e9crivains anarchistes \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle<\/span><\/em> (th\u00e8se de doctorat Paris VIII, 2003)<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SAUTAREL Jacques Bonaventure Fran\u00e7ois (dit Rossignol) N\u00e9 \u00e0 Llado (Espagne) le 5 janvier 1870, mort \u00e0 une date inconnue, Fils de Jean et de Marie Tresent (de nationalit\u00e9 espagnole), mari\u00e9 \u00e0 Marie Tixier (n\u00e9e \u00e0 La Chatre en 1870), deux enfants : Lucien (mort en 1917) et Carmen, bijoutier et \u00e9crivain. 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