{"id":2009,"date":"2010-10-21T01:41:29","date_gmt":"2010-10-20T23:41:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=2009"},"modified":"2010-08-13T09:41:43","modified_gmt":"2010-08-13T07:41:43","slug":"souvenirs-dun-revolte-episode-19","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2010\/10\/souvenirs-dun-revolte-episode-19\/","title":{"rendered":"SOUVENIRS D&rsquo;UN REVOLTE \u00e9pisode 19"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-13-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2010\" title=\"Souvenirs d\\'un r\u00e9volt\u00e9 par Romain Louvel\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-13-640x480-300x118.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"118\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-13-640x480-300x118.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-13-640x480.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9<\/p>\n<p>Par Jacob<\/p>\n<p>Les derniers actes &#8211; Mon arrestation<\/p>\n<p>(suite)<\/p>\n<p>[Au fond du caf\u00e9, \u00e0 une autre table, autre conversation.<\/p>\n<p>&#8211; Pruvost, c&rsquo;\u00e9tait une sale vache qui vous passait \u00e0 tabac comme un chien ; un salaud, une brute, quoi ! Mais c&rsquo;est malheureux pour sa femme et ses gosses, dit un Parisien, \u00e9chou\u00e9 et mari\u00e9 \u00e0 Abbeville.<br \/>\n&#8211; Pas tant malheureux que \u00e7a puisqu&rsquo;on va leur-z-y faire une pension, lui r\u00e9partit son voisin d&rsquo;en face.<!--more--> Tiens&#8230; te rappelles-tu de notre copain le grand Charlot qui est saut\u00e9 dans le coup de grisou, dans la mine, l\u00e0-bas, dans le Pas-de-Calais ? Eh bien qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on leur-z-y-a donn\u00e9 \u00e0 sa femme et \u00e0 ses cinq gosses ?&#8230;<br \/>\n&#8211; De la merde&#8230; rien. Et c&rsquo;est bien ce qui me fait ressauter, nom de Dieu ! Faut \u00eatre de la police pour qu&rsquo;on paye vot&rsquo;cadavre&#8230; Mais d&rsquo;abord, qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a dit \u00e7a \u00e0 toi, qu&rsquo;on leur ferait une pension ?<br \/>\n&#8211; Para\u00eet que c&rsquo;est Bignon qui l&rsquo;a promis.<br \/>\n&#8211; Bignon ? Bignon ?&#8230; Y me fait tartir vot&rsquo;Bignon. Encore un joli coco que vous avez l\u00e0 comme maire. Ah ben ! mon salaud ! Si sa femme elle attend apr\u00e8s son argent, elle et ses gosses auront le temps de crever d&rsquo;organe.<br \/>\n&#8211; Mais c&rsquo;est pas de son argent qu&rsquo;on te dit. C&rsquo;est le conseil municipal qui va voter la somme.<br \/>\n&#8211; Fallait t&rsquo;expliquer, fourneau !<\/p>\n<p>Lentement, comme \u00e0 regret, 5 heures sonnent \u00e0 la pendule de l&rsquo;auberge. Au dernier coup de timbre, un ouvrier \u00e0 moiti\u00e9 gris entre en criant :<\/p>\n<p>&#8211; Le v&rsquo;l\u00e0 ! Le v&rsquo;l\u00e0 !<\/p>\n<p>Imm\u00e9diatement&rsquo; en d\u00e9sordre, les tables se vident et tous d&rsquo;accourir sur la route, se heurtant, se bousculant pour sortir plus t\u00f4t.<\/p>\n<p>Fausse nouvelle ! C&rsquo;est un cultivateur en voiture qui vient de Pont-R\u00e9my. Lorsqu&rsquo;il est \u00e0 100 m\u00e8tres, n&rsquo;apercevant ni gendarme ni prisonnier :<\/p>\n<p>&#8211; Qu&rsquo;est-ce que tu nous racontes l\u00e0 ? esp\u00e8ce d&rsquo;esp\u00e8ce ! crie-t-on de toutes parts au porteur de la nouvelle.<\/p>\n<p>Lui de se tenir coi&#8230;<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 devant l&rsquo;auberge, le cultivateur arr\u00eate un instant son cheval, puis s&rsquo;adressant \u00e0 ceux qu&rsquo;il conna\u00eet :<\/p>\n<p>&#8211; \u00c0 cette heure, il y en a deux d&rsquo;arr\u00eat\u00e9s.<br \/>\n&#8211; Va-t-on bient\u00f4t les emmener ? lui demande-t-on de part et d&rsquo;autre.<br \/>\n&#8211; Dans une heure, qui m&rsquo;a dit un gendarme.<\/p>\n<p>Et de bouche en bouche on se r\u00e9p\u00e8te : \u00abUn gendarme a dit dans une heure.\u00bb \u00abBon ! ajoute-t-on, attendons.\u00bb Puis comme des moutons, tous rentrent, reprennent leur place et les uns sur la table, les autres sur les verres vides, en cognant :<\/p>\n<p>&#8211; Hola! Docheux ! apporte encore une bistouille&#8230;<\/p>\n<p>M\u00eame sc\u00e8ne aux abords de la gare.<\/p>\n<p>On bistouillait&#8230; on bistouillait&#8230;]<\/p>\n<p>Le soir, \u00e0 la nuit, ceux de la route, de la ville&#8230; d&rsquo;un peu partout, pr\u00e9venus de mon arriv\u00e9e en chemin de fer, vinrent aussit\u00f4t grandir le nombre de ceux qui \u00e9taient \u00e0 la gare.<\/p>\n<p>Plus tard, apr\u00e8s la sortie des usines et des ateliers, tous ceux qui \u00e9taient demeur\u00e9s \u00e0 leur ouvrage vinrent \u00e0 leur tour grossir le flot populaire. Et, avec une patience de hanneton, tout ce monde attendit notre conduite \u00e0 la prison qui n&rsquo;eut lieu qu&rsquo;\u00e0 9 heures et demie.<\/p>\n<p>Pendant cette attente on bistouillait encore&#8230; on bistouillait toujours. Les verres se vidaient&#8230; les t\u00eates s&rsquo;\u00e9chauffaient, la raison fuyait&#8230; les mastroquets et l&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;enrichissaient et enfin, de temps en temps, comme une machine trop pleine de vapeur qui ouvre sa soupape de s\u00fbret\u00e9, la foule criait : \u00ab\u00c0 mort ! \u00c0 la guillotine !&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>Tout en r\u00e9fl\u00e9chissant au contraste des r\u00e9ceptions et \u00e0 leurs causes, je roulai une cigarette, puis voyant que P\u00e9lissard ne fumait pas.<\/p>\n<p>&#8211; D\u00e9sirez-vous faire comme moi ? lui dis-je.<br \/>\n&#8211; Volontiers, me r\u00e9pondit-il en prenant le tabac que je lui offrais.<\/p>\n<p>Au moment o\u00f9 il me le redonnait, la porte s&rsquo;ouvrit toute grande pour laisser passage \u00e0 un petit homme. C&rsquo;\u00e9tait M. le substitut du procureur de la R\u00e9publique !<\/p>\n<p>Il vint droit dans ma direction, se posa devant moi, me regarda insolemment, le chapeau sur la t\u00eate, la main pass\u00e9e dans sa pelisse, la t\u00eate de trois quarts dans une attitude napol\u00e9onienne, et, comme je demeurais couvert :<\/p>\n<p>&#8211; On se d\u00e9couvre devant moi, me dit-il avec emphase.<\/p>\n<p>Je le toisai avec m\u00e9pris, puis haussant les \u00e9paules :<\/p>\n<p>&#8211; Moi, je ne me d\u00e9couvre pas.<br \/>\n&#8211; Insolent.<br \/>\n&#8211; Moins que vous.<\/p>\n<p>Il se dressa de toute sa hauteur, c&rsquo;est-\u00e0-dire de quelques centim\u00e8tres, et d\u00e9chargea sur moi un regard foudroyant capable d&rsquo;assommer un mammouth; mais il dut me manquer car je ne bronchai pas.<\/p>\n<p>Il partit.<\/p>\n<p>Si cela ne fait pas piti\u00e9 ! \u00abOn se d\u00e9couvre devant moi.\u00bb P\u00e9ca\u00efre !<\/p>\n<p>La plupart du temps, c&rsquo;est n\u00e9 l\u00e0-bas, bien loin, au fin fond de la campagne. Papa et maman se sont saign\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re goutte en l&rsquo;envoyant faire son droit dans quelque facult\u00e9, pour que leur \u00abpetiot\u00bb soit un jour un monsieur. A d\u00e9faut d&rsquo;intelligence, c&rsquo;est opini\u00e2tre, \u00e7a r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9crocher ses inscriptions pour le dipl\u00f4me.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/clement-duval.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-2011\" title=\"Cl\u00e9ment Duval\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/clement-duval-266x299.jpg\" alt=\"\" width=\"136\" height=\"153\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/clement-duval-266x299.jpg 266w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/clement-duval.jpg 500w\" sizes=\"(max-width: 136px) 100vw, 136px\" \/><\/a>Un beau jour, le plus beau de leur vie puisqu&rsquo;il est le r\u00e9sultat de tous leurs sacrifices, les pauvres vieux re\u00e7oivent un num\u00e9ro de <em>L&rsquo;Officiel<\/em> o\u00f9 le nom de leur petiot, soulign\u00e9 et encadr\u00e9 \u00e0 grand renfort de traits de crayon bleus et rouges, est \u00e9crit en toutes lettres dans la colonne r\u00e9serv\u00e9e aux mouvements judiciaires.<\/p>\n<p>Victoire ! Gr\u00e2ce au syst\u00e8me hydraulique, \u00e0 un coup de piston, leur fils est nomm\u00e9 substitut dans quelque parquet de troisi\u00e8me classe. Enfin ! leur plus fervent d\u00e9sir se trouve r\u00e9alis\u00e9 : leur rejeton est un monsieur.<\/p>\n<p>Oui, un monsieur ; mais un monsieur plus malheureux que bien des ouvriers et des paysans. \u00c7a plaide pour le riche, \u00e7a requit contre le pauvre ; \u00e7a peuple les prisons et les bagnes et \u00e7a esp\u00e8re faire couper des t\u00eates ; et comme prix de cette sale besogne \u00e7a re\u00e7oit un os \u00e0 ronger : quelques centaines de francs par an ; mais c&rsquo;est un monsieur.<\/p>\n<p>Lorsque ceux qu&rsquo;il d\u00e9fend de son verbe font une f\u00eate, donnent une soir\u00e9e, il re\u00e7oit une carte d&rsquo;invitation. Comment donc, un si bon serviteur ! Mais il ne peut s&rsquo;y rendre faute d&rsquo;une chemise, d&rsquo;un chapeau ou d&rsquo;un pardessus : il est de ceux qui portent une pelisse mais qui n&rsquo;ont point de chaussettes ; n&rsquo;importe, c&rsquo;est un monsieur.<\/p>\n<p>Mais le pire, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 force de l&rsquo;entendre dire, il finit par le croire : il pose \u00e0 l&rsquo;homme sup\u00e9rieur. Il est tellement infatu\u00e9 de cette id\u00e9e, tellement accoutum\u00e9 \u00e0 trouver de la r\u00e9signation et de la platitude chez ses victimes que, le jour o\u00f9 il rencontre un homme qui lui r\u00e9siste, il l&rsquo;appelle \u00abinsolent\u00bb.<\/p>\n<p>Pauvre diable, va !<\/p>\n<p>Canache, d\u00e9put\u00e9 et M<sup>e<\/sup> Ternois, avocat, qui se trouvaient justement de passage \u00e0 la gare, venant d&rsquo;Amiens d&rsquo;o\u00f9 ils venaient d&rsquo;assister \u00e0 la session du conseil g\u00e9n\u00e9ral dont ils font partie, \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 cette sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Ils \u00e9chang\u00e8rent un sourire.<\/p>\n<p>Curieux comme tous ceux de sa profession, l&rsquo;avocat demanda \u00e0 l&rsquo;un des gendarmes qui tenaient P\u00e9lissard si nous avions avou\u00e9.<\/p>\n<p>Mon camarade qui entendit le propos :<\/p>\n<p>&#8211; Je ne peux pas avouer, lui dit-il, puisque ce n&rsquo;est pas moi. Je ne connais m\u00eame pas ce monsieur, ajouta-t-il en me d\u00e9signant de la main.<br \/>\n&#8211; Suffit, suffit ! s&rsquo;\u00e9cria le brigadier de gendarmerie chef de l&rsquo;escorte. On ne vous demande pas si vous connaissez quelqu&rsquo;un ou non. Fumez, mais ne parlez pas de \u00e7a.<\/p>\n<p>Puis s&rsquo;adressant \u00e0 M<sup>e<\/sup> Ternois :<\/p>\n<p>&#8211; Pas de blague ! hein ? faut pas qu&rsquo;ils se parlent sans quoi ils s&rsquo;entendraient comme deux maquignons en foire, lui dit-il en riant. Tenez&#8230; adressez-vous \u00e0 celui-ci, ajouta-t-il en me montrant du doigt ; il vous r\u00e9pondra, allez ! Depuis ce matin, ma parole d&rsquo;honneur, c&rsquo;est pire qu&rsquo;un moulin \u00e0 paroles. Il vous en raconte de dures, c&rsquo;est un anarchiste.<\/p>\n<p>Puis apr\u00e8s une pause:<\/p>\n<p>&#8211; Vous vous entendrez tous les deux.<\/p>\n<p>M<sup>e<\/sup> Ternois repr\u00e9sente le parti avanc\u00e9 \u00e0 Abbeville. Excellent c\u0153ur, tr\u00e8s serviable, il y est tr\u00e8s populaire. La plupart des ouvriers \u00e0 qui vous vous adresseriez vous r\u00e9pondraient avec conviction : \u00abC&rsquo;est un bon s&rsquo;ti l\u00e0 ! Les riches n&rsquo;ont qu&rsquo;\u00e0 se bien tenir. C&rsquo;est un r\u00e9volutionnaire.\u00bb<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, riche lui-m\u00eame, M<sup>e<\/sup> Ternois n&rsquo;inqui\u00e8te pas beaucoup les classes poss\u00e9dantes. C&rsquo;est un radical-socialiste, fortement mitig\u00e9 de deschan\u00e9lisme : pas de r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Tout par le syst\u00e8me des soci\u00e9t\u00e9s mutuelles. De la patience, de la r\u00e9signation ; mais point de r\u00e9volte.<\/p>\n<p>Tel est, en substance, le programme politique de ce soi-disant Marat picard. Cette id\u00e9e du peuple \u00e0 son \u00e9gard explique suffisamment les derni\u00e8res paroles du brigadier : \u00abVous vous entendrez tous les deux.\u00bb<\/p>\n<p>En effet, il ne croyait peut-\u00eatre pas si bien dire. Nous nous entend\u00eemes si bien qu&rsquo;il fut nomm\u00e9 d&rsquo;office pour m&rsquo;assister \u00e0 l&rsquo;instruction : mission qu&rsquo;il remplit avec beaucoup de talent, de d\u00e9vouement et d&rsquo;amabilit\u00e9.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, le brigadier n&rsquo;\u00e9tait pas loin de la v\u00e9rit\u00e9 en me comparant \u00e0 un moulin \u00e0 paroles pour donner \u00e0 entendre que je parlais beaucoup. Durant toute l&rsquo;apr\u00e8s-midi j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une loquacit\u00e9 extr\u00eame. Je subissais une de ces crises o\u00f9 l&rsquo;homme qui a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d&rsquo;user de ruses, de porter un masque pendant plusieurs ann\u00e9es de sa vie pour se r\u00e9volter, \u00e9prouve le besoin d&rsquo;exprimer ses col\u00e8res, de justifier ses r\u00e9voltes, en se montrant sous son v\u00e9ritable jour.<\/p>\n<p>Cependant, j&rsquo;\u00e9tais ext\u00e9nu\u00e9, aux trois quarts mort de fatigue, eh bien, je ne la sentais pas. Je parlais&#8230; je parlais.<\/p>\n<p>Il en fut de m\u00eame pendant tout le temps que je demeurai dans le bureau du chef de gare. Je r\u00e9pondis aux questions qui m&rsquo;\u00e9taient pos\u00e9es avec une facilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9locution que je ne me connaissais pas.<\/p>\n<p>Pour la dixi\u00e8me fois de la journ\u00e9e, au moins, j&rsquo;expliquai la cause d\u00e9terminante de mon acte de Pont-R\u00e9my.<\/p>\n<p>&#8211; Tiens ! m&rsquo;interrompit l&rsquo;avocat, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 entendu soutenir cette th\u00e9orie en cour d&rsquo;assises : un nomm\u00e9 Duval, si j&rsquo;ai bonne m\u00e9moire, ajouta-t-il apr\u00e8s quelques secondes de r\u00e9flexion<br \/>\n&#8211; Mais, puisque vous veniez de commettre un vol, me dit le d\u00e9put\u00e9, il \u00e9tait tout naturel que les agents vous arr\u00eatassent.<br \/>\n&#8211; Le naturel n&rsquo;a rien \u00e0 faire dans la question, lui dis-je. Dites plut\u00f4t leur avantage.<br \/>\n&#8211; Ils ont ob\u00e9i \u00e0 la loi.<\/p>\n<p><strong>(A suivre)<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Nous rappelons qu&rsquo;on peut se procurer \u00e0 GERMINAL les num\u00e9ros parus des \u00ab\u00a0Souvenirs de Jacob\u00a0\u00bb<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9 Par Jacob Les derniers actes &#8211; Mon arrestation (suite) [Au fond du caf\u00e9, \u00e0 une autre table, autre conversation. &#8211; Pruvost, c&rsquo;\u00e9tait une sale vache qui vous passait \u00e0 tabac comme un chien ; un salaud, une brute, quoi ! 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