{"id":1979,"date":"2010-10-07T01:32:58","date_gmt":"2010-10-06T23:32:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1979"},"modified":"2010-08-13T09:33:13","modified_gmt":"2010-08-13T07:33:13","slug":"souvenirs-dun-revolte-episode-5","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2010\/10\/souvenirs-dun-revolte-episode-5\/","title":{"rendered":"SOUVENIRS D&rsquo;UN REVOLTE \u00e9pisode 5"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-10-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1981\" title=\"Arriv\u00e9e de Pruvost et Anquier \u00e0 Pont R\u00e9my par Romain Louvel\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-10-640x480-300x209.jpg\" alt=\"\" width=\"236\" height=\"165\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-10-640x480-300x209.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-10-640x480.jpg 640w\" sizes=\"(max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><\/a>Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9<\/p>\n<p>Par Jacob<\/p>\n<p>Les derniers actes &#8211; Mon arrestation<\/p>\n<p>(suite)<\/p>\n<p>&#8211; Les voil\u00e0 ! les voleurs de la place Saint-Pierre ! Les voil\u00e0 ! les voleurs de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Jacques ! Les voil\u00e0 ! les voleurs de monsieur de La Rivi\u00e8re !<!--more--><\/p>\n<p>Ces trois exclamations furent dites \u00e0 l&rsquo;affil\u00e9e, sans interruption. Je crois m\u00eame pouvoir ajouter sans respiration, car sa figure devint rouge comme un soubassement d&rsquo;abattoir. Vraiment ! ce pauvre homme manquait de tact et de prudence ! Croyait-il nous clouer sur place avec des phrases ? P\u00e9ca\u00efre !<\/p>\n<p>&#8211; \u00c0 qui parlez-vous ? lui dis-je avec hauteur, en le regardant durement. Serait-ce \u00e0 nous, par hasard ?<br \/>\n&#8211; Oui, oui, oui ; \u00e0 vous, oui, me dit-il presque en aboyant, tant il mit d&rsquo;acharnement dans sa r\u00e9ponse. Avancez par ici, ajouta-t-il en nous pr\u00e9c\u00e9dant dans le bureau du chef de gare. Nous allons nous expliquer.<\/p>\n<p>La soudainet\u00e9 de l&rsquo;attaque avait \u00e9t\u00e9 telle que nous nous trouv\u00e2mes tous trois dans le bureau sans savoir au juste comment et pourquoi nous y \u00e9tions venus. Mais, pour moi, cette surprise ne fut pas de longue dur\u00e9e. Avec la rapidit\u00e9 avec laquelle la pens\u00e9e discerne les choses dans les moments critiques, je compris toute la gravit\u00e9 de notre situation et r\u00e9solus de tenter un grand coup. Deux moyens \u00e9taient \u00e0 ma port\u00e9e : la ruse et la violence. J&rsquo;essayai du premier avant d&rsquo;avoir recours \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>&#8211; \u00c9coutez, mon brave, dis-je \u00e0 Auquier d&rsquo;un air bonasse. Vous faites fausse route ; croyez-moi. Nous ne sommes pas des cambrioleurs, mais des contrebandiers. Or nous n&rsquo;avons pas de marchandises ; par cons\u00e9quent pas de flagrant d\u00e9lit&#8230; Aussi allez-vous nous faire le plaisir de nous laisser tranquilles, n&rsquo;est-ce pas ?<\/p>\n<p>Il demeura ind\u00e9cis durant quelques secondes, puis :<\/p>\n<p>&#8211; Nous allons vous fouiller. Nous verrons ensuite.<\/p>\n<p>Et, voulant joindre le geste aux paroles, il fit mine de porter ses mains sur moi.<\/p>\n<p>Les paroles devenaient inutiles. Il fallait passer aux actes. Je fis deux pas en arri\u00e8re, et le revolver d&rsquo;une main, le poignard de l&rsquo;autre, je m&rsquo;\u00e9criai :<\/p>\n<p>&#8211; Laissez-nous passer, tonnerre de Dieu ! ou je fais feu.<br \/>\n&#8211; Quoi ! des armes ! s&rsquo;\u00e9cri\u00e8rent avec terreur Pruvost et Auquier.<br \/>\n&#8211; Oui, des armes&#8230; Et apr\u00e8s ?&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-11-640x480.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1980\" title=\"Quoi des armes ! par Romain Louvel\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-11-640x480-300x258.jpg\" alt=\"\" width=\"155\" height=\"133\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-11-640x480-300x258.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/souvenirs-dun-revolte-par-romain-louvel-11-640x480.jpg 558w\" sizes=\"(max-width: 155px) 100vw, 155px\" \/><\/a>\u00c0 ces mots, la lutte commen\u00e7a. Elle dura peu, mais elle fut acharn\u00e9e. Brutalement, Pruvost se jeta sur P\u00e9lissard, en le saisissant par-derri\u00e8re, \u00e0 bras-le-corps. Ainsi enlac\u00e9, P\u00e9lissard se trouvait dans une bien mauvaise posture ; et quoiqu&rsquo;il soit dou\u00e9 d&rsquo;une assez grande force musculaire, il n&rsquo;aurait certainement pas eu le dessus si Bour ne f\u00fbt venu \u00e0 son secours. Ce dernier, voyant le danger que courait son camarade, n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 faire feu sur l&rsquo;agent qui, atteint en plein c\u0153ur, l\u00e2cha P\u00e9lissard, et s&rsquo;affaissa \u00e0 terre, sur les genoux, en murmurant :<\/p>\n<p>&#8211; Je suis mort !<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t d\u00e9gag\u00e9, P\u00e9lissard montra la sup\u00e9riorit\u00e9 de ses jarrets en prenant la fuite, sans s&rsquo;occuper de ses compagnons.<\/p>\n<p>Auquier, lui, s&rsquo;avan\u00e7a vers moi, en cherchant \u00e0 m&#8217;empoigner le bras afin de me d\u00e9sarmer ; mais je le fis l\u00e2cher aussit\u00f4t en le piquant \u00e0 la hanche gauche avec mon poignard. Au m\u00eame instant, Nacavant, Nacavant le garde-s\u00e9maphore, le m\u00eame qui quelques minutes avant nous avait serr\u00e9 la main, voulant se montrer ce qu&rsquo;en langage civique on appelle un citoyen d\u00e9vou\u00e9, vint pr\u00eater main-forte aux agents. Entr\u00e9 sur le lieu de la sc\u00e8ne par la porte qui donne acc\u00e8s sur le quai de la voie, il me prit brutalement par-derri\u00e8re et m&rsquo;envoya bouler au fond de la pi\u00e8ce. La surprise de l&rsquo;attaque et la brutalit\u00e9 avec laquelle je fus pouss\u00e9 me firent \u00e9taler sur le plancher, de tout mon long. Naturellement je voulus me relever aussit\u00f4t ; mais Auquier et Nacavant y mirent obstacle. Ils se pr\u00e9cipit\u00e8rent furieusement sur moi : l&rsquo;un me tenant le bras gauche \u00e0 hauteur du poignet et m&rsquo;appuyant fortement ses genoux dans le dos afin de me maintenir courb\u00e9 en deux, les genoux \u00e0 terre ; l&rsquo;autre me tenant le bras droit en faisant tous ses efforts pour m&rsquo;arracher le revolver de la main. Ainsi tenu, ma position \u00e9tait des plus critiques. \u00c0 un moment, le canon de mon arme se trouva braqu\u00e9 sur ma poitrine dans la r\u00e9gion du c\u0153ur. Et c&rsquo;est vraiment un miracle que le coup ne soit pas parti sous la pression des mouvements que les contractions nerveuses faisaient subir \u00e0 mes doigts. Pendant quelques secondes, je demeurai ainsi entre la vie et la mort. Heureusement pour moi, Bour vint me tirer d&#8217;embarras. D\u00e8s qu&rsquo;il eut d\u00e9gag\u00e9 P\u00e9lissard, il s&rsquo;avan\u00e7a dans le fond de la pi\u00e8ce, en mettant en joue Nacavant.<\/p>\n<p>&#8211; Gr\u00e2ce ! gr\u00e2ce ! s&rsquo;\u00e9cria le citoyen d\u00e9vou\u00e9 avec terreur.<\/p>\n<p>Puis, me l\u00e2chant aussit\u00f4t, il se r\u00e9fugia dans le cabinet du chef de gare. Un autre employ\u00e9 de la gare, Ruffier, l&rsquo;imita dans sa retraite. Bour, n&rsquo;apercevant plus P\u00e9lissard qu&rsquo;il venait de d\u00e9gager, prit \u00e0 son tour la fuite.<\/p>\n<p>Je demeurai seul aux prises avec Anquier. A l&rsquo;instant pr\u00e9cis o\u00f9 Nacavant me l\u00e2cha, un coup de feu partit de mon revolver ; il n&rsquo;atteignit personne. Au bruit de la d\u00e9tonation, soit qu&rsquo;il e\u00fbt voulu s&rsquo;assurer s&rsquo;il \u00e9tait atteint, soit encore pour tout autre motif, Auquier me l\u00e2cha aussi. Mais avant que j&rsquo;eusse eu le temps de me lever compl\u00e8tement, il m&#8217;empoigna de nouveau. Rapidement, je lui fis un croc-en-jambe, et il tomba sur le plancher. Mais il me tenait si fortement qu&rsquo;il m&rsquo;entra\u00eena dans sa chute. Nous ne rest\u00e2mes pas longtemps \u00e0 terre. L&rsquo;un et l&rsquo;autre f\u00fbmes lestement debout. Par un heureux hasard, il r\u00e9ussit \u00e0 me neutraliser les bras. Et ainsi aux prises, moi en me d\u00e9battant, lui en me tenant, nous nous dirige\u00e2mes vers la salle des pas perdus. En arrivant sur le seuil de la porte qui donne acc\u00e8s de cette salle dans celle o\u00f9 nous nous trouvions, Pruvost, qui \u00e9tait affal\u00e9 \u00e0 terre, nous barrant le passage pour ainsi dire, se leva brusquement sur ses genoux, comme m\u00fb par un puissant ressort et s&rsquo;accrocha d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 mes jambes. Sur le coup, je perdis l&rsquo;\u00e9quilibre et tombai \u00e0 la renverse, sur Pruvost, entra\u00eenant Anquier dans ma chute. Nous roul\u00e2mes ainsi, accroch\u00e9s l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre, formant une grappe humaine, jusque dans la salle des pas perdus.<\/p>\n<p>Ignorant que Pruvost ne pouvait plus me nuire \u00e0 cause de la gravit\u00e9 de sa blessure, je lui portai plusieurs coups de poignard pour le faire l\u00e2cher. Puis, je tirai un coup de revolver sur Anquier, sans l&rsquo;atteindre ; par ricochet, la balle alla se loger dans l&rsquo;aine de Pruvost. Tout comme pour mon premier coup, le bruit de la d\u00e9tonation fit encore l\u00e2cher prise \u00e0 Auquier.<\/p>\n<p><strong>(A suivre)<\/strong>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9 Par Jacob Les derniers actes &#8211; Mon arrestation (suite) &#8211; Les voil\u00e0 ! les voleurs de la place Saint-Pierre ! Les voil\u00e0 ! les voleurs de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Jacques ! 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