{"id":1627,"date":"2009-12-27T19:37:46","date_gmt":"2009-12-27T17:37:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1627"},"modified":"2009-12-28T23:14:14","modified_gmt":"2009-12-28T21:14:14","slug":"france-inculture","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/12\/france-inculture\/","title":{"rendered":"France Inculture"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-lebrun-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1628\" title=\"Jean Lebrun\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-lebrun-2.jpg\" alt=\"\" width=\"80\" height=\"100\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vies-damj.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-57\" title=\"Les Vies d\\'Alexandre Jacob\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vies-damj-198x300.jpg\" alt=\"\" width=\"68\" height=\"100\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bernard-thomas.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-126\" title=\"bernard-thomas\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bernard-thomas.jpg\" alt=\"Bernard Thomas\" width=\"82\" height=\"100\" \/><\/a>Petit cadeau de fin d&rsquo;ann\u00e9e que nous ont transmis Pierre et Ren\u00e9. Il n&rsquo;y avait pas de raison de ne pas le faire partager avant la reprise.<\/p>\n<p>05 ao\u00fbt 1998. Ambiance feutr\u00e9e. Jean Lebrun a invit\u00e9 Bernard Thomas et les auditeurs de <em>France Culture<\/em>, apr\u00e8s un peu plus d&rsquo;une demi-heure d&rsquo;\u00e9mission, iront s\u00fbrement acheter la derni\u00e8re \u0153uvre du journaliste au <em>Canard Encha\u00een\u00e9<\/em>. Celui de <em>France Culture<\/em> ne manque d&rsquo;ailleurs pas de signaler qu&rsquo;il s&rsquo;agit en 1998 d&rsquo;une r\u00e9\u00e9criture. <em>Jacob<\/em> est devenu <em>Les Vies d&rsquo;Alexandre Jacob<\/em>. <em>Mazarine<\/em> a repris le flambeau de <em>Tchou<\/em>. Bernard vient faire sa promo. Un livre \u00e0 peine r\u00e9\u00e9crit sur un voleur. Il vient parler d&rsquo;un voleur qui ne vole que les oisifs.<!--more-->\u00a0Donc qui, aujourd&rsquo;hui ne s&rsquo;en prendrait s\u00fbrement pas \u00e0 un humble \u00e9crivain-journaliste vivant chichement de sa plume et reclus dans son domaine breton. Bernard vient raconter comment Jacob est pass\u00e9 du gentleman Lupin \u00e0 Jean Valjean en passant par Vautrin et Cimourdin. Bernard semble irradier de bonheur en racontant comment les souterrains normands ont pu contenir ce qui fut une de ses sources principales\u00a0: l&rsquo;incroyable arl\u00e9sienne qu&rsquo;est encore aujourd&rsquo;hui le dossier d&rsquo;instruction des bandits d&rsquo;Abbeville. Et, tout cela semble si extraordinaire que l&rsquo;on pourrait croire \u00e0 du roman. A du vrai roman. Le t\u00e9moignage de Josette Duc-Passas et l&rsquo;intervention de la conservatrice des Archives de la Pr\u00e9fecture de Police de Paris ne font finalement qu&rsquo;appuyer le propos de cet excellentissime biographe &#8230; \u00a0euh romancier qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 combler les vides quand les sources ne disent rien (lettre \u00e0 Jean-Fran\u00e7ois Amary, ao\u00fbt 1998). Mais \u00e7a Bernard ne le dit pas bien s\u00fbr. Bernard multiplie en revanche les bourdes. Au lecteur de ce tr\u00e8s peu m\u00e9morable entretien radiophonique que nous mettons en ligne de les rep\u00e9rer. Citons juste une contrebasse qui devient un violoncelle, Ravachol transform\u00e9 en Konigsberg, la non violence d&rsquo;un homme qui a pourtant tir\u00e9 sur l&rsquo;agent Couillot, zigouill\u00e9 le for\u00e7at Ferrati qui a tent\u00e9 de l&#8217;empoisonner, un homme enferm\u00e9 dans un trou que l&rsquo;on retire de son cachot pour qu&rsquo;il aille ouvrir le coffre-fort du gouverneur des \u00eeles. Rappelons qu&rsquo;il n&rsquo;y\u00a0 a qu&rsquo;un gouverneur en Guyane, que ce dernier r\u00e9side \u00e0 Cayenne et que l&rsquo;autorit\u00e9 de ce dernier s&rsquo;arr\u00eate aux portes des diff\u00e9rents bagnes de la colonie p\u00e9nitentiaire administr\u00e9s eux par un directeur. Bernard ne manque pas non plus d&rsquo;en faire des tonnes sur l&rsquo;\u00e9pisode de la guerre civile espagnole puisque, d&rsquo;apr\u00e8s ses dires, Jacob passe deux ann\u00e9es au-del\u00e0 des Pyr\u00e9n\u00e9es. Nous pouvons en revanche confirmer l&rsquo;histoire du cambriolage commis apr\u00e8s une lib\u00e9ration qui d&rsquo;apr\u00e8s le journaliste (mais l\u00e0, c&rsquo;est celui de France Inculture) serait survenue sans gr\u00e2ce. Jacob a racont\u00e9 le fait Alain Sergent et lui a demand\u00e9 de ne pas l&rsquo;inclure dans son <em>Anarchiste de la Belle Epoque<\/em>. Notons encore que Bernard l&rsquo;armoricain ne bronche pas lorsque l&rsquo;animateur de France Culture fait l&rsquo;\u00e9loge des <em>Ecrits<\/em> de Jacob publi\u00e9s trois ans auparavant par l&rsquo;\u00e9quipe de <em>l&rsquo;Insomniaque<\/em> qui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, ne lui avait pas jet\u00e9 que des fleurs en soulignant une prose \u00e0 pr\u00e9tention biographique. Notons enfin l&rsquo;ind\u00e9cence d&rsquo;une \u00e9mission soi-disant culturelle qui centre son interview de Josette Duc sur la colossale diff\u00e9rence d&rsquo;\u00e2ge entre elle et son amant. France Cul\u00a0? Peut-\u00eatre est-ce le moment gaudriole \u00e0 une heure aussi matinale dans une radio qui revendique le s\u00e9rieux de son propos\u00a0? Mais, ici, cela ressemble aussi et surtout \u00e0 France Inculture commerciale &#8230; ou au T\u00e9l\u00e9-achat\u00a0!<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-france-culture.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1630\" title=\"logo-france-culture\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/logo-france-culture.jpg\" alt=\"\" width=\"76\" height=\"80\" \/><\/a>France Culture<\/strong><\/p>\n<p><strong>Emission\u00a0: Culture Matin<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mercredi 05 ao\u00fbt 1998<\/strong><\/p>\n<p><strong>07h05<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une \u00e9mission de Jean Lebrun<\/strong><\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> On se souvient il y a un quart de si\u00e8cle, cela ne nous rajeunit pas, de votre <em>Croisade des enfants<\/em>, et puis l\u00e0 vous publiez aux \u00e9ditions <em>Mazarine<\/em> Les Vies d&rsquo;Alexandre Jacob en remettant sur le m\u00e9tier un livre, cela ne nous rajeunit pas non plus, que vous aviez publi\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9crivain, anar, cambrioleur il y a trente ans. Cela vous fait quel \u00e2ge d&rsquo;ailleurs Bernard Thomas\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Euh &#8230; Soixante et plusieurs vies.<\/p>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Alors on va commencer par la fin peut-\u00eatre pour montrer que l&rsquo;anarchie, quelques soient les oublis de l&rsquo;histoire, et la r\u00e9volte sont toujours proches de nous, courent comme \u00e7a souterrainement. La vieille taupe. Au fond, vous auriez pu conna\u00eetre Alexandre Jacob \u00e0 votre \u00e2ge\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui, tout \u00e0 fait, il est mort en 1954. J&rsquo;aurais pu tout \u00e0 fait le conna\u00eetre. J&rsquo;en avais entendu parler, moi, \u00e0 travers la Bande \u00e0 Bonnot. J&rsquo;avais \u00e9crit un bouquin sur la bande \u00e0 Bonnot en 1968 et chaque fois, euh, \u00e0 tous les coins de pages, on citait ce Jacob. On lui attribue tellement de choses\u00a0; on dirait un personnage de roman. Je suis parti \u00e0 sa recherche et j&rsquo;ai d\u00e9couvert que la v\u00e9rit\u00e9 de Jacob \u00e9tait encore plus belle que ce qu&rsquo;on racontait.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Pour nous montrer combien l&rsquo;anarchisme et ses mouvements sont proches de nous, il y avait le petit neveu de Tailhade au Canard Encha\u00een\u00e9, Tailhade qui \u00e9tait un c\u00e9l\u00e8bre \u00e9crivain anarchiste\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Tout \u00e0 fait. Je l&rsquo;ai tr\u00e8s bien connu. C&rsquo;est m\u00eame un peu gr\u00e2ce \u00e0 lui que je suis entr\u00e9 au Canard Encha\u00een\u00e9 et je ne savais pas jusqu&rsquo;\u00e0 ses derniers temps, car c&rsquo;\u00e9tait un homme extr\u00eamement discret, qu&rsquo;il avait fait une n\u00e9crologie la semaine de la mort de Jacob que je cite dans le livre et qui est une pi\u00e8ce de mus\u00e9e tellement c&rsquo;est beau.<\/p>\n<p><strong>Interview t\u00e9l\u00e9phonique de Josette Duc\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0En 1953, nous sommes retourn\u00e9 \u00e0 Reuilly\u00a0; nous avons pass\u00e9 encore une semaine l\u00e0-bas\u00a0; et c&rsquo;est l\u00e0 juste avant de partir qu&rsquo;Alexandre Jacob nous a dit qu&rsquo;il avait d\u00e9cid\u00e9 de mettre fin \u00e0 ses jours, de se suicider\u00a0; nous, on essayait de lui dire \u00ab\u00a0mais non\u00a0\u00bb. Lui r\u00e9pondait\u00a0: \u00ab\u00a0Moi tout ce que je peux faire c&rsquo;est de retarder mon suicide d&rsquo;un an\u00a0\u00bb (&#8230;)<\/p>\n<ul>\n<li>&#8211; D&rsquo;apr\u00e8s Bernard Thomas, cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e totalement \u00e0 vous?<\/li>\n<li>&#8211; Oui, il m&rsquo;a \u00e9crit tous les jours. Les lettres l&rsquo;aidaient beaucoup \u00e0 tenir. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 la correspondance avec sa m\u00e8re qui lui a aid\u00e9 \u00e0 supporter le bagne. Il \u00e9crivait tr\u00e8s facilement. Moi je lui r\u00e9pondait, je lui parlais de notre vie l\u00e0-bas, je lui racontais tout ce qu&rsquo;il s&rsquo;y passais; lui il me parlait de ce que je lui disais; il me racontait beaucoup ce qu&rsquo;il faisait, il me disait son emploi du temps; il \u00e9crivait une partie de la nuit parce qu&rsquo;il dormait tr\u00e8s peu. Alors il me parlait de ses animaux, de son chien, de ses chats, de ce qu&rsquo;il avait fait. Il me racontait sa journ\u00e9e. Moi, je racontais la mienne.<\/li>\n<li>&#8211; Vous-m\u00eame, vous \u00e9tiez tr\u00e8s jeune?<\/li>\n<li>&#8211; Oui, j&rsquo;\u00e9tais jeune.<\/li>\n<li>&#8211; Et alors, il n&rsquo;y a pas quand m\u00eame &#8230; Je ne sais pas &#8230; euh .. de g\u00eane par rapport \u00e0 cet homme qui \u00e9tait, qui avait plus de 70 ans &#8230;<\/li>\n<li>&#8211; Ah non non non. Moi \u00e7a ne m&rsquo;a pas g\u00ean\u00e9 du tout parce que, qu&rsquo;est-ce que vous voulez que je vous dise? D&rsquo;abord cet homme \u00e9tait tr\u00e8s beau. C&rsquo;\u00e9tait un homme pas tr\u00e8s grand mais corpulent; il avait une tr\u00e8s belle t\u00eate, des cheveux tr\u00e8s blancs, des yeux tr\u00e8s noirs. Il avait l&rsquo;air d&rsquo;un clergyman anglais. C&rsquo;\u00e9tait un tr\u00e8s bel homme et moi j&rsquo;\u00e9tais fascin\u00e9 par son intelligence, par sa lucidit\u00e9, par tout ce qu&rsquo;il avait v\u00e9cu. Ah non, par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge, moi cela ne me g\u00eane pas du tout. Non. Il a eu une esp\u00e8ce de passion pour moi. Moi, j&rsquo;ai r\u00e9pondu \u00e0 \u00e7a parce qu&rsquo;on ne peut pas ne pas r\u00e9pondre \u00e0 une passion de cette force. J&rsquo;ai fait ce que j&rsquo;ai pu pour qu&rsquo;il vive encore une ann\u00e9e et apr\u00e8s nous avons pass\u00e9 un mois ensemble pour qu&rsquo;il soit heureux, pour qu&rsquo;il ait des bons moments. Je le revois encore danser dans sa cuisine; il a vraiment \u00e9t\u00e9 heureux.<\/li>\n<li>&#8211; Et sa mort \u00e9tait annonc\u00e9e?<\/li>\n<li>&#8211; Encore en partant, je l&rsquo;ai encore suppli\u00e9 de retarder encore mais alors l\u00e0, il m&rsquo;a dit avoir attendu un an pour moi. Il \u00e9tait vraiment d\u00e9termin\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>(&#8230;)<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> D\u00e9termin\u00e9, organis\u00e9. Voil\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait un homme qui avait beaucoup de discipline. Je ne sais pas s&rsquo;il \u00e9tait de la race des anarchistes buveurs d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il ne buvait que de l&rsquo;eau. Il se nourrissait tr\u00e8s chichement\u00a0; il avait pris l&rsquo;habitude au bagne \u00e9videmment de la maigreur du menu mais il n&rsquo;a jamais d\u00e9rog\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait pas quelqu&rsquo;un qui faisait des gueuletons.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Et puis, il s&rsquo;est suicid\u00e9 comme disait Baudelaire La rose \u00e9tait pos\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9tag\u00e8re.\u00a0 Chaque chose \u00e9tait rang\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il y avait m\u00eame trois bouteilles de vin ros\u00e9 derri\u00e8re la porte du placard pour le premier qui arriverait apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Simplement, il avait pas repass\u00e9 son linge.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Ben oui, je l&rsquo;ai lav\u00e9, essor\u00e9 mais pas repass\u00e9\u00a0; je ne sais pas pourquoi, j&rsquo;ai un peu la cosse aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il dit dans son dernier petit mot.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> On reconnait l\u00e0 l&rsquo;homme qui, \u00e0 20 ans, 22, 24 ans, \u00e9tait un cambrioleur dot\u00e9 \u00e0 la fois d&rsquo;humour et d&rsquo;organisation. Encore une fois Josette Duc.<\/p>\n<p><strong>Josette Duc\u00a0:<\/strong> Ce qu&rsquo;il a fait, il l&rsquo;a fait comme si c&rsquo;\u00e9tait sa vocation, son devoir. Il \u00e9tait n\u00e9 pour \u00e7a\u00a0; du reste, quand il partait avec sa caisse \u00e0 outil pour ouvrir les coffres-forts, il disait \u00ab\u00a0Je vais faire mon travail\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait son travail, c&rsquo;\u00e9tait sa ligne de conduite et il ne pouvait pas faire autrement.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Vous la d\u00e9crivez d&rsquo;ailleurs cette caisse \u00e0 outils\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui, d&rsquo;ailleurs il l&rsquo;appelait euh &#8230; mon violoncelle. Les agents de police, les inspecteurs qui l&rsquo;ont arr\u00eat\u00e9 n&rsquo;en revenaient pas du tout. C&rsquo;\u00e9taient des petits chefs d&rsquo;\u0153uvre de chirurgie qu&rsquo;il avait invent\u00e9s compl\u00e8tement. Je pense qu&rsquo;il a invent\u00e9 le chalumeau oxhydrique entre autres choses. Il a tout invent\u00e9 de la technique du cambriolage de l&rsquo;\u00e9poque. Il faut dire, il faut se reporter aux ann\u00e9es 1900\u00a0; les banques fonctionnaient beaucoup moins bien. Il y avait beaucoup moins de carnets de ch\u00e8ques en service. Donc les gens conservaient chez eux leurs biens, ce qu&rsquo;ils avaient dans des coffres-forts\u00a0; donc si on voulait cambrioler d&rsquo;une mani\u00e8re efficace, il fallait apprendre \u00e0 ouvrir les coffres-forts.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il avait m\u00eame pris une quincaillerie \u00e0 Montpellier\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Voil\u00e0, je trouve que c&rsquo;est sa premi\u00e8re d\u00e9cision de g\u00e9nie. De fa\u00e7on \u00e0 pouvoir collectionner toutes les marques de coffres-forts, il les avait pris en location. IL \u00e9tait devenu concessionnaire. Alors tr\u00e8s soigneusement, il a commenc\u00e9 \u00e0 les ouvrir. La deuxi\u00e8me marque de son g\u00e9nie, je trouve, c&rsquo;est d&rsquo;avoir eu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;acheter l&rsquo;indicateur des chemins de fer. On appelait \u00e7a le Chaix parce que \u00e7a vous permet en 1900 de bouger extr\u00eamement vite, d&rsquo;\u00eatre \u00e0 Rodez une nuit et le nuit suivante, je ne sais pas, \u00e0 Rouen par exemple, alors que la pauvre gendarmerie, elle, ne peut pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 tout \u00e7a\u00a0; elle est bloqu\u00e9e sur place.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Vous voulez dire qu&rsquo;il avait deux livres de chevet\u00a0: l&rsquo;indicateur des chemins de fer pour la mobilit\u00e9 et le Bottin\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> et le Bottin Mondain\u00a0!<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Voil\u00e0, qui \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n&rsquo;\u00e9tait que mondain.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Et qui proposait la liste des ch\u00e2teaux. Alors ensuite, comme il \u00e9tait, euh &#8230; son c\u00f4t\u00e9 Ars\u00e8ne Lupin, extr\u00eamement prudent et qu&rsquo;il ne voulait pas, il ne voulait surtout pas risquer d&rsquo;avoir du sang sur les mains, il envoyait une premi\u00e8re \u00e9quipe v\u00e9rifier qu&rsquo;il n&rsquo;y avait personne dans lesdits ch\u00e2teaux de fa\u00e7on \u00e0 ne pouvoir pas faire de mauvaises rencontres avec des domestiques, des gardiens, etc. Alors il ne cambriolait qu&rsquo;\u00e0 condition qu&rsquo;il n&rsquo;y ait personne dans les riches demeures.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il mettait des petits papiers dans les portes.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il mettait des petits papiers, des scell\u00e9s comme il disait, c&rsquo;est-\u00e0-dire, bon ben tout le monde sait \u00e7a maintenant des cheveux au travers des serrures &#8230;<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Alors ces cambriolages, au nombre de 150 et qui s&rsquo;inscrivent dans une volont\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9ration sur la soci\u00e9t\u00e9 et qui s&rsquo;inscrivent dans le mouvement anarchiste, provoquent chez ceux qu&rsquo;on appelle encore au Canard j&rsquo;imagine les chaussettes \u00e0 clous\u00a0? Vous savez qu&rsquo;il y a un mus\u00e9e de la police tout proche du mus\u00e9e du cinqui\u00e8me arrondissement. Fr\u00e9d\u00e9ric Lavignette y est all\u00e9 et y a rencontr\u00e9 la conservatrice Isabelle Astruc.<\/p>\n<p><strong>Isabelle Astruc\u00a0:<\/strong> Ces bombes sont en fait des reconstitutions effectu\u00e9es par le laboratoire central \u00e0 la suite de certains des attentats. Notamment cette cantine qui est la reproduction de la bombe de Vaillant lanc\u00e9e \u00e0 la chambre des d\u00e9put\u00e9s, que Vaillant surnommait l&rsquo;aquarium. Il y a eu une imagination incroyable de ces anarchistes dans la fa\u00e7on de pr\u00e9senter la dynamite. Alors il y a des livres explosifs\u00a0; il y a \u00e9galement cette reconstitution de pot de fleurs avec cette superbe m\u00e8che. Ce pot de fleurs a contenu l&rsquo;explosif du restaurant Foyot, attentat qui a eu lieu le 4 avril 1894 et qui a \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9 par Louis Armand Matha. A la suite de Ravachol, c&rsquo;est un engrenage. Ravachol venge les anarchistes de Clichy, on venge Ravachol\u00a0; on va venger Emile Henry, etc. etc. Et toute cette action va durer pendant presque trois ans de mani\u00e8re tout \u00e0 fait soutenue. Tous ces anarchistes sont d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale assez jeunes. Ravachol a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 33 ans je crois et Emile Henry ne devait avoir qu&rsquo;une petite vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es. Avec Raymond la science on passe \u00e0 la seconde vague de l&rsquo;anarchie, de l&rsquo;attentat anarchiste. La Bande \u00e0 Bonnot se r\u00e9clame comme \u00e9tant issue de l&rsquo;anarchie. En fait il s&rsquo;agit d&rsquo;avantage de droits communs\u00a0; les buts ne sont plus du tout les m\u00eames.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Alors, avant de tomber \u00e0 24 ou 25 ans en 1904 ou 1905, comment, dans ce contexte des d\u00e9bats sur l&rsquo;ill\u00e9galisme, le terrorisme qui agitent l&rsquo;anarchisme, se situe le militant Alexandre Jacob qui en m\u00eame temps qu&rsquo;il saute d&rsquo;un ch\u00e2teau \u00e0 l&rsquo;autre, va encore et toujours aux r\u00e9unions anarchistes\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Jacob n&rsquo;\u00e9tait pas violent lui contrairement \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs de la vague de Konigsberg qui \u00e9tait Ravachol, et puis Henry, et puis Vaillant, et puis tout \u00e7a. Lui s&rsquo;est content\u00e9, ce que l&rsquo;on connait comme acte de violence de sa part ne va pas tr\u00e8s loin, s&rsquo;est content\u00e9 de mettre des boules puantes dans les urnes \u00e9lectorales. Pendant les messes aussi. Il n&rsquo;est jamais all\u00e9 plus loin. Il avait des revolvers, des brownings comme tout le monde mais il ne s&rsquo;en est jamais servi. Sauf une fois mais c&rsquo;\u00e9tait, si j&rsquo;ose dire, en service command\u00e9, en l\u00e9gitime d\u00e9fense contre les agressions des repr\u00e9sentants de l&rsquo;ordre comme il disait.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il ne faisait pas de bombes\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Non, ce n&rsquo;\u00e9tait pas son truc \u00e7a. Des boules puantes je vous dit mais enfin &#8230;<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> On peut citer un de ses ma\u00eetres en anarchie Malato qui disait\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous apprends \u00e0 faire des bombes \u00e0 condition que vous ne vous en serviez pas, du moins pas tout de suite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Exactement c&rsquo;est tout \u00e0 fait \u00e7a. Il l&rsquo;aurait fait le soir du Grand Soir en cas de guerre sociale pour ainsi dire\u00a0; il n&rsquo;aurait s\u00fbrement pas recul\u00e9 mais il \u00e9tait profond\u00e9ment pacifiste. Il avait horreur du sang humain. Et voyez la diff\u00e9rence, la d\u00e9gradation qui se produit entre Jacob et la bande \u00e0 Bonnot par la suite, la bande \u00e0 Bonnot n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 tirer \u00e0 droite et \u00e0 gauche comme \u00e7\u00e0 sans pr\u00e9avis, tirer sur un malheureux commissionnaire, tirer sur l&rsquo;agent Garnier par exemple qui ne leur a rien fait et qui r\u00e9glait la circulation alors que ces choses l\u00e0 c&rsquo;est vraiment le contraire de la mentalit\u00e9 Jacob qui a vraiment un c\u00f4t\u00e9 plus que gentleman. Je dirais qu&rsquo;il respecte la vie humaine profond\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> C&rsquo;est un d\u00e9bat qui agite beaucoup votre r\u00e9flexion Bernard Thomas. Vous avez \u00e9crit une pi\u00e8ce sur les terroristes russes du XIXe si\u00e8cle. Je parlais du petit neveu de Laurent Tailhade que vous avez connu au Canard Encha\u00een\u00e9\u00a0; le grand oncle Laurent Tailhade disait\u00a0: \u00ab\u00a0Qu&rsquo;importe la mort de vagues humanit\u00e9s, si par elle s&rsquo;affirme l&rsquo;individu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Ah oui, il a fait tr\u00e8s fort ce jour-l\u00e0. Je crois que comme provocation, c&rsquo;est pas mal du tout. Mais je ne crois pas que Jacob aurait \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;au bout de cela. En tout cas, toute sa vie tend \u00e0 d\u00e9montrer le contraire.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Oui, enfin, tout de m\u00eame, ce n&rsquo;est pas non plus un saint parfait. Il travaillait avec sa m\u00e8re, de conserve, en famille.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> S\u00fbrement. Il r\u00e9ussit \u00e0 convaincre sa maman qui est une brave \u00e9pici\u00e8re, boulang\u00e8re de Marseille et qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e chez les s\u0153urs, que le boulot qu&rsquo;il fait de reprise individuelle est parfait. Elle vient aider son fils\u00a0; elle vient faire les comptes.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Elle a quand m\u00eame subi tous les quinze jours des fouilles destructrices de la police et aussi \u00e7a commen\u00e7ait \u00e0 aller quoi. M\u00eame si les motivations de la m\u00e8re, les motivations affectives sont politiques, les justifications politiques \u00e0 mesure qu&rsquo;Alexandre Jacob accumule les cambriolages dans une sorte de fuite en avant s&rsquo;\u00e9vaporent.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Je pense qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque l\u00e0 il est d\u00e9\u00e7u. Au bout de 150 cambriolages, il se rend compte qu&rsquo;il exerce un joli m\u00e9tier, qu&rsquo;il exerce d&rsquo;une mani\u00e8re absolument parfaite, mais que cela ne m\u00e8ne nulle part. C&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;argent devient quoi\u00a0? Lui, il restitue aux ouvriers bless\u00e9s, aux veuves\u00a0; il donne beaucoup d&rsquo;argent de la main \u00e0 la main\u00a0; il s&rsquo;en sert pour faire des tracts, pour cr\u00e9er des journaux. Le Monde Libertaire, l&rsquo;ancien Monde Libertaire a eu probablement son terrain achet\u00e9 par ses soins. Il restitue tout l&rsquo;argent que lui gagne. Seulement, il n&rsquo;est pas seul, il y a une bande autour de lui. Il ne peut pas travailler seul.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Oui, alors, justement, sa bande. Vous dites qu&rsquo;\u00e0 mesure que les ann\u00e9es passent, elle n&rsquo;est plus tellement compos\u00e9e d&rsquo;homme de bonne volont\u00e9 parce que ce n&rsquo;est pas forc\u00e9ment l&rsquo;homme de bonne volont\u00e9 qui est le plus utile.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Ben voil\u00e0. L&rsquo;intellectuel ou un philosophe, c&rsquo;est pas forc\u00e9ment adroit pour faire un bon cambriolage. Alors il est oblig\u00e9 de prendre des repris de justice mais \u00e7a ne colle pas parce que les repris de justice, une fois qu&rsquo;ils ont appris la technique aupr\u00e8s de lui, fichent le camp avec le butin. Et puis le grand soir, le fameux grand soir, tant attendu recule \u00e0 mesure. Il n&rsquo;est toujours pas arriv\u00e9. D&rsquo;ailleurs il ne risque pas d&rsquo;arriver de sit\u00f4t. Apparemment donc, Jacob se d\u00e9courage et, au fond, il est dans un cul de sac, il est dans une impasse au moment o\u00f9 il se fait prendre en 1904.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Alors, on va rappeler un des jolis \u00e9pisodes de ses d\u00e9buts avant que la deuxi\u00e8me partie de Culture Matin ne soit consacr\u00e9e \u00e0 ses ann\u00e9es de bagne et d&rsquo;\u00e9criture, plut\u00f4t que la visite \u00e0 des notaires ind\u00e9licats, des viticulteurs de B\u00e9ziers, ou de riches bourgeois, il pr\u00e9f\u00e9rait les nobles. Aujourd&rsquo;hui il cambriolerait plut\u00f4t un journaliste du Canard Encha\u00eene plut\u00f4t qu&rsquo;un de France Culture, par exemple\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oh\u00a0! Pourquoi\u00a0? Pas du tout de journalistes puisqu&rsquo;un journaliste travaille. Non non, que les oisifs.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Vous allez nous raconter la suite de ce petit r\u00e9cit qui est issu du disque joint aux Ecrits d&rsquo;Alexandre Jacob publi\u00e9s par l&rsquo;Icono&#8230; euh L&rsquo;Insomniaque il y a trois ans. C&rsquo;\u00e9tait un des premiers \u00e9pisodes des aventures d&rsquo;Alexandre Jacob.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>[Passage d&rsquo;un extrait du morceau n\u00b01 du premier CD des Ecrits, version 1995\u00a0: le Mont de Pi\u00e9t\u00e9.]<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Alors voil\u00e0 le commissionnaire embarqu\u00e9. Dans une deuxi\u00e8me voiture, derri\u00e8re lui, tout un magot qui \u00e9tait chez lui.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui, parmi les d\u00e9tails vraiment rigolos, c&rsquo;est la premi\u00e8re exaction de Jacob l\u00e0, il \u00e9tait tellement jeune que Jacob ne pouvait pas faire le commissaire de police parce que c&rsquo;\u00e9tait vraiment pas probable. Alors, il s&rsquo;\u00e9tait mis des moustaches etc. et le brassard bleu-blanc-rouge du commissaire de police \u00e9tait en fait le brassard de premi\u00e8re communion qu&rsquo;ils avaient reteint en bleu et en rouge.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Evidemment, c&rsquo;\u00e9taient des faux policiers et la deuxi\u00e8me voiture qui contenait le magot s&rsquo;\u00e9vapora. On notera que beaucoup des aventures d&rsquo;Alexandre Jacob, vous publiez Les Vies d&rsquo;Alexandre Jacob aux \u00e9ditions Mazarine, Bernard Thomas, se d\u00e9roulent en province.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il faisait de la d\u00e9centralisation.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Voil\u00e0, c&rsquo;est ce qu&rsquo;il r\u00e9pondait au pr\u00e9sident de la cour d&rsquo;assises en 1905. Enfin Alexandre Jacob avait avec lui quelques 80 cl\u00e9s dans sa boite \u00e0 outil. Avec des formes rectangulaires parfaitement adapt\u00e9es et dans un acier aussi r\u00e9sistant que la marque qu&rsquo;a cit\u00e9e Georges [Kudermacheur].<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Au bagne, il a m\u00eame ouvert le coffre-fort du gouverneur des \u00eeles qui avait \u00e9gar\u00e9 sa cl\u00e9 et le pauvre Jacob \u00e9tait au fond du trou quand on l&rsquo;a ressorti. Il ne pouvait m\u00eame plus marcher tellement il \u00e9tait affaibli et on l&rsquo;a exhum\u00e9 de l&rsquo;ombre du cachot pour le porter l\u00e0. Il a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tr\u00e8s bien, je l&rsquo;ouvre mais on va peut-\u00eatre me faire une remise de peine\u00a0\u00bb. Pas du tout et il a ouvert le coffre.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il est temps d&rsquo;en arriver \u00e0 la seconde, troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me vie d&rsquo;Alexandre Jacob, proc\u00e8s en 1904 &#8211; 1905, devant la cour d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens. Vous avez retrouv\u00e9 le dossier des Archives judiciaires\u00a0? Comment cela\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui, oui. Et bien c&rsquo;est une tr\u00e8s curieuse histoire\u00a0; je l&rsquo;ai fait cambriol\u00e9 &#8230; presque. Tout le monde pensait que ce dossier avait disparu, qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9 pendant la guerre de 14 ou pendant celle de 39, puisque Amiens l&rsquo;a \u00e9t\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9 la justice fran\u00e7aise, qui est extr\u00eamement pr\u00e9cautionneuse, avait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 ce dossier et l&rsquo;avait cach\u00e9 au fonds de souterrain en Normandie et j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 le faire sortir &#8230;<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Attendez, attendez\u00a0! C&rsquo;est pas un journaliste au Canard Encha\u00een\u00e9 qui a acc\u00e8s aux archives judiciaires qui en principe devraient se trouver dans ce cas en 2006.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Non pas du tout. J&rsquo;avais un \u00e9missaire tr\u00e8s particulier qui \u00e9tait un haut magistrat \u00e0 qui on a fait un peu quelques gentillesse, convoiter quelques avancements, etc.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Le Canard peut donner de l&rsquo;avancement\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Le Canard du tout. Je n&rsquo;\u00e9tais pas au Canard \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Je n&rsquo;\u00e9tais pas encore compromis dans cette malversation. C&rsquo;est moi tout seul qui en assume la responsabilit\u00e9 et on a r\u00e9ussi \u00e0 faire sortir par un tr\u00e8s haut magistrat, gr\u00e2ce au tampon, au s\u00e9same-ouvre-toi qu&rsquo;il avait, ce dossier qui doit y \u00eatre retourn\u00e9 maintenant et qui n&rsquo;en ressortira qu&rsquo;en 2000 je ne sais plus combien, trois ou quatre puisque le principe fait que 101 ans lorsque le proc\u00e8s a lieu en province.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Et voil\u00e0 Alexandre Jacob condamn\u00e9 au bagne. Il va y rester ben euh autant de temps que vous au Canard Encha\u00een\u00e9.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> A peu pr\u00e8s 25 ans, 2 mois et 8 jours.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Les \u00e9ditions de l&rsquo;Insomniaque, il y a trois ans avant votre livre aux \u00e9ditions Mazarine, avaient publi\u00e9 les Ecrits d&rsquo;Alexandre Jacob qu&rsquo;il manquait aux auteurs de cette tr\u00e8s belle \u00e9dition en deux volumes maintenant \u00e9puis\u00e9s. Les deux volumes sont compl\u00e9t\u00e9s par un disque. Voici un extrait. C&rsquo;est le d\u00e9but du s\u00e9jour au p\u00e9nitencier.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>[Extrait du troisi\u00e8me morceau, \u00ab\u00a0Le commandant Michel\u00a0\u00bb, du deuxi\u00e8me CD des Ecrits de Jacob 1995]<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> En cas de d\u00e9c\u00e8s, dites-vous, citant le r\u00e8glement, le num\u00e9ro de matricule est la seule inscription qu&rsquo;on rel\u00e8ve sur la croix de bois du cimeti\u00e8re. Le num\u00e9ro est constamment port\u00e9 en apparence sur le bras gauche.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> On se demande comment Jacob a pu survivre \u00e0 de telles \u00e9preuves. Le bagne, d\u00e9j\u00e0 en soi, est inhumain. On l&rsquo;appelait la guillotine s\u00e8che, c&rsquo;\u00e9tait une machine \u00e0 d\u00e9truire les gens qu&rsquo;on y envoyait et qui \u00e9tait fait de telle mani\u00e8re que chaque nouveau contingent arrivant \u00e0 Cayenne rempla\u00e7ait ceux qui venaient de d\u00e9c\u00e9der. Mais, dans son cas, quand on pense \u00e0 8, pr\u00e8s de neuf ans pass\u00e9s sous terre, \u00e0 manger, boulotter des araign\u00e9es et des rats avec un vague quignon de pain moisi, neuf ans\u00a0! Vous vous rendez compte de ce que c&rsquo;est\u00a0! C&rsquo;\u00e9tait un r\u00e9gime absolument hallucinant. \u00a0Et cet homme, qui est arriv\u00e9 malade, il avait probablement un d\u00e9but de tuberculose, quelque chose comme \u00e7a quand il est arriv\u00e9, cet homme a surv\u00e9cu. Qu&rsquo;est-ce qui peut faire qu&rsquo;un \u00eatre humain puisse survivre de cette mani\u00e8re\u00a0?<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Avec humour il disait que l&rsquo;homme supporte mieux la cave que l&rsquo;hirondelle. Et pendant cette p\u00e9riode, il a tent\u00e9 de se faire engager pendant la guerre de 14. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;anniversaire du d\u00e9clenchement de la guerre de 14, ce d\u00e9but ao\u00fbt. Il a tent\u00e9 17 ou 18 \u00e9vasion.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il \u00e9tait en train de pr\u00e9parer la 18<sup>e<\/sup> lorsqu&rsquo;on l&rsquo;a graci\u00e9.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il a m\u00eame tent\u00e9 de faire sauter le bateau dans lequel avait pris place pendant la guerre de 14 le gouverneur, le procureur g\u00e9n\u00e9ral, le directeur du bagne de la Guyane.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Ce qu&rsquo;il appelait une fac\u00e9tie.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> On parlait de son humour. On en a des traces parce que il a \u00e9crit aussi beaucoup au bagne, notamment correspondant une fois par mois avec sa m\u00e8re, si complice et si affectueuse, lui demandant sans arr\u00eat des livres. Voil\u00e0 un homme qui demandait Malebranche parce que Nietzsche lui \u00e9tait confisqu\u00e9 et qui voulait se faire abonner au Mercure de France, et qui avait une curiosit\u00e9 extraordinaire.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a qui l&rsquo;a tenu en vie au fond. C&rsquo;est cette curiosit\u00e9 intellectuelle\u00a0; il est devenu un formidable autodidacte. Pendant que les autres bagnards avaient des revues licencieuses ou des choses de bas \u00e9tage en tout cas, lui s&rsquo;est cultiv\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re extraordinaire. Son app\u00e9tit de connaissance est absolument insatiable. Il y a d&rsquo;une part la philosophie qui fait de lui peu \u00e0 peu une sorte de moine tib\u00e9tain ou de philosophe romain, de sto\u00efcien. Enfin il devient peu \u00e0 peu un personnage &#8230; Ars\u00e8ne Lupin devient plus que Vautrin. Ca devient un grand bonhomme. En somme, cette souffrance inou\u00efe le transcende et en fait un des grands personnages de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 mon sens.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Quelque chose est \u00e0 noter. Au d\u00e9but de sa carri\u00e8re, quand Jacob est, si j&rsquo;ose dire, est arr\u00eat\u00e9, intern\u00e9, se fait passer pour fou, il crie que les j\u00e9suites le poursuivent en permanence. Et on note que quand il est bagnard, il lit Escobar, le casuiste j\u00e9suite. C&rsquo;est \u00e9tonnant que le trait\u00e9 de criminologie qu&rsquo;il aurait aim\u00e9 r\u00e9diger, qu&rsquo;il m\u00e9ditait au bagne, parce que pour lui, il y avait tout de m\u00eame une autre alternative que celle pr\u00e9sent\u00e9e classiquement\u00a0: on fait mourir le prisonnier sans le faire souffrir, on fait souffrir le prisonnier sans le faire mourir.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> On essaie de l&rsquo;amender et il avait commenc\u00e9 &#8230; Parmi ses lectures, il y avait des livres de droit et il est devenu un des meilleurs sp\u00e9cialistes de droit p\u00e9nal qu&rsquo;on puisse imaginer parce qu&rsquo;il disait\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e9videmment moi j&rsquo;ai v\u00e9cu \u00e7a sur le tas, pas de la m\u00eame mani\u00e8re que les professeurs d&rsquo;universit\u00e9, je sais de quoi je parle. J&rsquo;ai un droit de comp\u00e9tence\u00bb. Il a de cette mani\u00e8re l\u00e0 intent\u00e9 un certain nombre de proc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire. C&rsquo;est quand m\u00eame inou\u00ef ce for\u00e7at A \/ B comme vous disiez tout \u00e0 l&rsquo;heure. Sept proc\u00e8s qu&rsquo;il a gagn\u00e9, qui lui ont permis &#8230; Chaque fois qu&rsquo;un de ses compagnons de mis\u00e8re avait un probl\u00e8me, il s&rsquo;adressait \u00e0 Jacob\u00a0; Jacob faisait un proc\u00e8s et Jacob le gagnait.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Finalement, sans b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;aucune gr\u00e2ce, d&rsquo;aucune remise de quelque sorte, il est lib\u00e9r\u00e9, rapatri\u00e9 en France et puis lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s un quart de si\u00e8cle. Et, en France, va commencer la derni\u00e8re vie d&rsquo;Alexandre Jacob. Extr\u00eamement discr\u00e8te. Il est abonn\u00e9 au Canard Encha\u00een\u00e9.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il a \u00e9t\u00e9 abonn\u00e9 au Canard Encha\u00een\u00e9 gratuitement. Alors l\u00e0 c&rsquo;est vraiment tr\u00e8s rare, vous savez. C&rsquo;est un honneur extr\u00eamement rare.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> On sait combien vous \u00eates pr\u00e8s de vos sous.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Alors l\u00e0, l&rsquo;abonnement on ne le donne pas et l\u00e0, c&rsquo;\u00e9tait Tr\u00e9no le patron de l&rsquo;\u00e9poque qui a abonn\u00e9 Jacob gratuitement. Je trouve \u00e7a merveilleux et j&rsquo;ai retrouv\u00e9 \u00e7a r\u00e9cemment aussi.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il a continu\u00e9 ses lectures jusqu&rsquo;au bout mais il \u00e9tait devenu commer\u00e7ant forain. Il avait son barnum et il le promenait de march\u00e9 en march\u00e9 dans l&rsquo;Indre.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il \u00e9tait libre. Libre d&rsquo;ouvrir et de fermer comme il voulait. Je crois que la meilleure image qu&rsquo;on puisse donner \u00e0 ce moment-l\u00e0 c&rsquo;est que Ars\u00e8ne Lupin qui est devenu Vautrin au bagne, l\u00e0 devient une sorte de m\u00e9lange de Monseigneur Myriel et de Jean Valjean. Il est \u00e0 la fois une sorte de saint la\u00efque &#8230; on peut dire d&rsquo;une certaine mani\u00e8re &#8230;<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Et Cimourdin\u00a0? 93, un de ses grandes lectures de jeunesse.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui Cimourdin. Il adore. Et puis c&rsquo;est Jean Valjean. C&rsquo;est le justicier inlassable jusqu&rsquo;au bout. Le panache reste le m\u00eame et il continue \u00e0 intenter des proc\u00e8s \u00e0 des procureurs pour un timbre \u00e0 0,50 francs.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Vous avez parl\u00e9 des moines tib\u00e9tains. C&rsquo;est un ermite.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Oui, un ermite. Tout \u00e0 fait, c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui se nourrit de tr\u00e8s peu, il ne boit pas. Bon, il y a cette merveilleuse aventure que nous \u00e9voquions tout \u00e0 l&rsquo;heure \u00e0 la veille de sa mort.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Apr\u00e8s avoir perdu sa m\u00e8re \u00e0 pr\u00e8s de 75 ans, il connu le grand amour de sa vie, la derni\u00e8re ann\u00e9e. Une vie toujours ma\u00eetris\u00e9e \u00e0 laquelle il a mis fin en se suicidant.<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Il faut dire aussi qu&rsquo;il souffrait tout b\u00eatement. Il avait tr\u00e8s mal et il a donn\u00e9 un an de sursis \u00e0 cette femme. Et au bout d&rsquo;une ann\u00e9e, naturellement, le corps \u00e9tait fatigu\u00e9 par toutes les \u00e9preuves et il a dit\u00a0: \u00ab\u00a0non, je m&rsquo;en vais, je ne renonce pas\u00a0\u00bb. c&rsquo;est absolument admirable.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Il \u00e9tait rest\u00e9 libertaire parce que le fait de lire le Canard Encha\u00een\u00e9 c&rsquo;est plus une usure de l&rsquo;anarchisme qu&rsquo;un maintien de l&rsquo;anarchisme\u00a0? Il \u00e9tait rest\u00e9 libertaire\u00a0?<\/p>\n<p>[Rires de Bernard Thomas]<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Compl\u00e8tement, il donnait des conf\u00e9rences. Sur l&rsquo;anarchisme, sur le bagne. Il a juste commis un cambriolage en sortant du bagne parce qu&rsquo;un heurtoir en or massif dans la ville de Tours l&rsquo;avait agac\u00e9. Il est all\u00e9 le d\u00e9monter pour voir si sa main ne tremblait pas. Mais, apr\u00e8s, il n&rsquo;a plus jamais touch\u00e9 \u00e0 \u00e7a. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas son but dans la vie. Il allait voir les copains\u00a0; y a les conf\u00e9rences\u00a0; il recevait les anciens du bagne. Il est rest\u00e9 dans sa mentalit\u00e9 profond\u00e9ment &#8230; et alors il y a la guerre de 36\/37 en Espagne o\u00f9 il disparait pendant deux ans. Il ferme son barnum et on le retrouve, sous pr\u00e9texte de vendre des agrumes l\u00e0-bas, d&rsquo;essayer d&rsquo;organiser un trafic d&rsquo;armes pour le Front Populaire. Ca n&rsquo;a pas tr\u00e8s bien march\u00e9.<\/p>\n<p><strong>JL\u00a0:<\/strong> Donc jusqu&rsquo;au bout, jusqu&rsquo;en 1954, ce n&rsquo;est pas si loin, pas de compromission. Vous racontiez cet \u00e9pisode\u00a0: il avait rep\u00e9r\u00e9 un heurtoir en or sur une porte d&rsquo;une petite ville de province, il l&rsquo;a remplac\u00e9 mais en faisant un moulage\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BT\u00a0:<\/strong> Ah ben oui.<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-lebrun.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1629\" title=\"Jean Lebrun sur le terrain\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jean-lebrun-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"152\" height=\"103\" \/><\/a>JL\u00a0:<\/strong> Jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9puisement de la premi\u00e8re \u00e9dition chez Mazarine, Bernard Thomas, les Vies d&rsquo;Alexandre Jacob. Les reportages\u00a0: Fr\u00e9d\u00e9ric Lavignette et Marie Pierre Verrault. La r\u00e9alisation\u00a0avec Jean-Philippe Jeanne et Georges Courtaud. La coordination\u00a0: Anne-Marie Fabre. La p\u00e2tisserie\u00a0: Madame Demblanc. La documentation\u00a0: Claire Martin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Petit cadeau de fin d&rsquo;ann\u00e9e que nous ont transmis Pierre et Ren\u00e9. Il n&rsquo;y avait pas de raison de ne pas le faire partager avant la reprise. 05 ao\u00fbt 1998. Ambiance feutr\u00e9e. Jean Lebrun a invit\u00e9 Bernard Thomas et les auditeurs de France Culture, apr\u00e8s un peu plus d&rsquo;une demi-heure d&rsquo;\u00e9mission, iront s\u00fbrement acheter la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[15],"tags":[738,95,863,32,112,60,531,2103,2104,287,1797,2105,2101,114,1270,794,1480,5407,326,2102,81],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1627"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1627"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1627\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1627"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1627"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1627"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}