{"id":1401,"date":"2010-04-18T01:56:32","date_gmt":"2010-04-17T23:56:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1401"},"modified":"2010-03-20T08:58:01","modified_gmt":"2010-03-20T06:58:01","slug":"les-hommes-bleus-de-biribi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2010\/04\/les-hommes-bleus-de-biribi\/","title":{"rendered":"Les hommes bleus de Biribi"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dominique-kalifa.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1403\" title=\"Dominique Kalifa\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/dominique-kalifa.jpg\" alt=\"\" width=\"165\" height=\"129\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/biribi.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1402\" title=\"Biribi, Perrin, 2009\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/biribi-190x300.jpg\" alt=\"\" width=\"84\" height=\"129\" \/><\/a>Dominique Kalifa<\/strong><\/p>\n<p><strong>Biribi<\/strong><\/p>\n<p><strong>Perrin, 2009<\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">p.237-241\u00a0:<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Cette libert\u00e9, cette initiative, d&rsquo;autres sources, infiniment plus nombreuses, en ont port\u00e9 la trace. A 1&rsquo;heure de la sieste, dans la p\u00e9nombre des chambr\u00e9es, douloureusement, discipli\u00adnaires et bataillonnaires ont report\u00e9 sur leur peau l&rsquo;expression et les signes de leur exp\u00e9rience. Les tatouages furent en effet la grande affaire de Biribi, o\u00f9 tous les hommes ou presque \u00e9taient \u00ab <em>bleus<\/em> \u00bb.<!--more-->\u00a0Certains arrivent d\u00e9j\u00e0 tatou\u00e9s au bataillon (un quart selon les comptages de Lacassagne, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 selon ceux du docteur Combe), souvenirs de la prison ou de la maison de correction, mais c&rsquo;est pour la plupart dans les bagnes d&rsquo;Afrique qu&rsquo;ils livrent, en d\u00e9pit de l&rsquo;interdiction officielle, leur corps \u00e0 l&rsquo;aiguille du tatoueur. \u00ab <em>Il faut y voir, sur\u00adtout dans les p\u00e9nitenciers militaires, une mani\u00e8re d&rsquo;ext\u00e9riori\u00adser d&rsquo;une fa\u00e7on muette une pens\u00e9e qui ne peut s&rsquo;exprimer autrement<\/em>, se souvient lucidement Paul Perret. <em>C&rsquo;est encore une protestation permanente dress\u00e9e en caract\u00e8res ind\u00e9l\u00e9biles [&#8230;] l&rsquo;exutoire de la douleur, du tourment.<\/em> \u00bb Au petit nombre de m\u00e9moires ou de souvenirs, les corps tatou\u00e9s des disciplinaires fournissent en contrepoint un immense r\u00e9cit de soi, r\u00e9cit sur soi, qui composa un temps une gigantesque archive vivante. Pour tous ces hommes qui \u00ab <em>n&rsquo;avaient d&rsquo;exis\u00adtence que dans l&rsquo;\u00e9paisseur de leur corps<\/em> \u00bb, les tatouages constituent le seul t\u00e9moignage possible, une sorte de \u00ab degr\u00e9 z\u00e9ro de l&rsquo;autobiographie \u00bb. Un message \u00e0 la signification ambi\u00adgu\u00eb, tout \u00e0 la fois marque de fiert\u00e9 pour celui qui a endur\u00e9 et qui arbore la \u00ab bouzille \u00bb, et stigmate d&rsquo;infamie, ind\u00e9l\u00e9bile, que certains cherchent plus tard \u00e0 effacer ou \u00e0 cacher. \u00ab <em>Plus tard, quand il voudra prendre des bains de mer, il sera tou\u00adjours oblig\u00e9 de chercher une crique isol\u00e9e<\/em> \u00bb, se souvient la fille de Jo Attia. Des signes disjoints, \u00e9pars, fragmentes, qui peinent \u00e0 composer une histoire, qui disent la difficult\u00e9 de la parole, de l&rsquo;expression, du langage ; mais un r\u00e9cit tout de m\u00eame, r\u00e9cit maudit a l&rsquo;image de l&rsquo;exp\u00e9rience de Biribi, puisque condamn\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre, \u00e0 pourrir avec le corps du condamn\u00e9 qui le porte.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1408\" title=\"tatouage 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-219x300.jpg\" alt=\"\" width=\"112\" height=\"155\" \/><\/a>La pratique du tatouage est interdite. Elle est n\u00e9anmoins g\u00e9n\u00e9rale, pratiqu\u00e9e \u00e0 1&rsquo;heure du somme par les tatoueurs. Investis d&rsquo;une \u00e9vidente autorit\u00e9 technique, ceux-ci oeuvrent avec des instruments de fortune sur le corps d\u00e9nud\u00e9 des patients, \u00e9tendus sur la paillasse. Faute d&rsquo;aiguille ou de rasoir, on travaille au poin\u00e7on, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat de bois, \u00e0 l&rsquo;\u00e9pine de cactus ou au morceau de boite de conserve aff\u00fbt\u00e9, au risque de 1&rsquo;infection purulente. Tout peut servir de pigment : char\u00adbon, suie r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e au fond de la marmite, \u00e9clats de tuile pour le rouge, d&rsquo;ardoise pil\u00e9e pour le bleu. Officiers et plus encore m\u00e9decins sont fascin\u00e9s par ces des\u00adsins. Observateurs attentifs de tous les signes de la d\u00e9viance, dans lesquels ils esp\u00e8rent pouvoir lire la v\u00e9rit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne, les m\u00e9decins de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle collectent, dans les prisons, les h\u00f4pitaux, les asiles, des mat\u00e9riaux souvent exceptionnels qui composent de v\u00e9ritables ethnologies du monde d\u00e9linquant. Cesare Lombroso a ouvert le feu, et consacr\u00e9 aux tatouages, dans lesquels il voit un sympt\u00f4me de sauvagerie et un signe d&rsquo;insensibilit\u00e9, des passages de son <em>Uomo delinquante<\/em>. Son rival, Alexandre Lacassagne, qui exerce en Alg\u00e9rie de 1878 \u00e0 1880 comme m\u00e9decin aupr\u00e8s du 2e bataillon d&rsquo;infanterie l\u00e9g\u00e8re d&rsquo;Afrique, alors stationn\u00e9 \u00e0 M\u00e9d\u00e9a pr\u00e8s d&rsquo; Alger, entreprend un relev\u00e9 syst\u00e9matique des tatouages des hommes du bataillon et publie en 1881 le premier ouvrage sur la question : <em>Les Tatouages. Etude anthropologique et m\u00e9dico-l\u00e9gale<\/em>. En appliquant une toile transparente sur le corps tatou\u00e9 de 360 bataillonnaires et de 18 d\u00e9tenus du p\u00e9nitencier militaire d&rsquo;Alger, il d\u00e9calque scrupu\u00adleusement 1333 tatouages qu&rsquo;il colle sur des cartons de la m\u00eame dimension, obtenant ainsi une reproduction \u00abmath\u00e9matique\u00bb du dessin, et compl\u00e8te l&rsquo;enqu\u00eate d&rsquo;une batterie de vingt questions tr\u00e8s pr\u00e9cises portant sur le tatou\u00e9, le tatoueur, les proc\u00e9d\u00e9s employ\u00e9s, les r\u00e9actions du corps, les tatouages, etc. L&rsquo;\u00e9tude de Lacassagne est suivie de nombreuses autres, souvent publi\u00e9es dans la revue qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9e, les <em>Archives d&rsquo;anthropologie criminelle<\/em>, emplie d&rsquo;\u00e9tudes sur les tatouages. Au vrai, il n&rsquo;est pas un livre sur Biribi qui n&rsquo;y consacre un chapitre ou un passage.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-9.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1407\" title=\"tatouage 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-9-195x300.jpg\" alt=\"\" width=\"102\" height=\"155\" \/><\/a>Que tatoue-t-on ? \u00ab <em>Tout ce que peut imaginer un cerveau m\u00e9diocre surexcit\u00e9 par la haine, l&rsquo;\u00e9rotisme ou la folie<\/em> \u00bb, r\u00e9pond un m\u00e9decin [Louis Combes, <em>Le soldat d&rsquo;Afrique<\/em>, p.140]. De 1&rsquo;ensemble des relev\u00e9s m\u00e9dicaux, que viennent compl\u00e9ter les collections de cliches r\u00e9alis\u00e9es au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par les services de 1&rsquo;Identit\u00e9 judiciaire de la Pr\u00e9fecture de police, \u00e9mergent cependant quelques constantes. Le motif dominant est sans conteste d&rsquo;ordre \u00e9ro\u00adtique ou sexuel (21 % du corpus de Lacassagne), et a le plus souvent partie li\u00e9e avec 1&rsquo;homosexualit\u00e9 : on y reviendra au chapitre suivant. Un large massif, moins homog\u00e8ne, est consti\u00adtu\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences au destin tragique des hommes de Biribi : il peut prendre la forme de symboles (le k\u00e9pi a viscope, le fais\u00adceau de pelle et pioche, le \u00abfalot \u00bb, ou conseil de guerre en argot militaire, la crapaudine), de motifs exotiques \u00e9voquant 1&rsquo;Afrique du Nord (palmier, dunes, visage d&rsquo;Arabe, etc.), mais se r\u00e9duit le plus souvent \u00e0 de simples inscriptions qui attestent de l&rsquo;exp\u00e9rience : \u00ab Souvenirs de Discipline \u00bb, \u00ab Souvenirs d&rsquo;Afrique \u00bb, \u00ab Souvenirs du Maroc \u00bb, \u00ab J&rsquo; ai souffert \u00bb, \u00ab Maroc terre de souffrance \u00bb, \u00ab Souvenirs d&rsquo;Alg\u00e9rie \u00bb, parfois m\u00eame seulement une date, celle de l&rsquo;arriv\u00e9e au corps ou du passage en conseil de guerre. L&rsquo;inscription, parfois, se double d&rsquo;un message plus fort, qui d\u00e9nonce l&rsquo;oppression du syst\u00e8me : \u00ab Honneur aux martyrs \u00bb, \u00ab Inquisition militaire \u00bb, \u00ab Martyr de 1&rsquo;arm\u00e9e d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Biribi \u00bb, \u00ab Vaincu, mais non dompt\u00e9 \u00bb, \u00ab Vengeance \u00bb. Mais elle renvoie plus souvent encore \u00e0 la fatalit\u00e9 d&rsquo;un cycle du malheur, dont Biribi n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e9tape : \u00ab Pas-de-chance \u00bb, \u00ab Fatalitas \u00bb, \u00abN\u00e9 sous une mauvaise \u00e9toile \u00bb, \u00ab Avenir bris\u00e9 \u00bb, \u00ab Enfant du malheur \u00bb, \u00ab N\u00e9 pour souffrir \u00bb, \u00ab Pour Debleir \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-8.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1406\" title=\"tatouage 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-8-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"155\" \/><\/a>Ces motifs, au vrai, ne sont dominants que parce qu&rsquo;ils nous renvoient un imaginaire plus coh\u00e9rent. Mais de tr\u00e8s nombreux tatouages, et peut-\u00eatre la majorit\u00e9, \u00e9chappent \u00e0 toute signification trop cibl\u00e9e. On y trouve des embl\u00e8mes patriotiques ou fantaisistes, des animaux, l&rsquo;effigie d&rsquo;un grand explorateur, Stanley, Brazza ou le capitaine Marchand, des chefs d&rsquo;Etat, la bataille de la Marne, etc. \u00ab <em>Sur le nez on mettait un papillon, dont les ailes s&rsquo;\u00e9talant sous les yeux don\u00adnaient au visage une expression baroque<\/em> \u00bb, se souvient un ancien des bataillons. A juste titre, Lacassagne rapporte que le motif, souvent impos\u00e9 par le tatoueur, n&rsquo;avait pas n\u00e9cessairement de signification pr\u00e9cise pour le tatou\u00e9 : \u00ab <em>nous avons rencontr\u00e9 beaucoup de tatou\u00e9s qui ignoraient la signification des tatouages dont ils \u00e9taient porteurs<\/em> \u00bb. C&rsquo;est moins le motif particulier que la pratique et l&rsquo;existence du tatouage qui constituent la marque de Biribi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-7.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1405\" title=\"tatouage 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-7-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"106\" height=\"155\" \/><\/a>Il est d&rsquo; abord, en raison de son interdiction, la claire affir\u00admation de la libert\u00e9 de 1&rsquo;homme puni ; trac\u00e9 dans la peau par un autre d\u00e9tenu, il est une premi\u00e8re forme d&rsquo;int\u00e9gration dans cette nouvelle soci\u00e9t\u00e9 et l&rsquo;appropriation de ses normes. A fleur de peau, il dit cette culture du corps, du muscle qui travaille tant les hommes. Ses formes br\u00e8ves, ses dessins, ses symboles suffisent, dans leur pauvret\u00e9, \u00e0 exprimer toute 1&rsquo;ex\u00adperience de Biribi, les \u00e9tapes du parcours, la souffrance, la haine. Elles sont la m\u00e9moire vive, le r\u00e9sum\u00e9 brutal et ind\u00e9l\u00e9\u00adbile d&rsquo;une s\u00e9quence tragique de sa vie inscrite pour la vie &#8211; PLV &#8211; au plus profond de la chair. A celui qui n&rsquo;a plus rien, \u00ab <em>il reste sa peau, sa peau il va en faire un drapeau<\/em> \u00bb. Mais le tatouage dit aussi la force, le courage, la r\u00e9sistance. Car le tatouage, surtout dans les conditions o\u00f9 il est r\u00e9alis\u00e9, est dou\u00adloureux et dangereux. En \u00eatre recouvert signale donc 1&rsquo;Homme, le dur. Certains tatouages, comme ceux qui souli\u00adgnent les contours des yeux, sont extr\u00eamement douloureux. \u00ab <em>Il faut de la constance pour l&rsquo;endurer et, comme ils disent, \u00eatre \u00ab\u00a0le marle des marles\u00a0\u00bb<\/em> \u00bb. Mais 1&rsquo;accumulation de tatouages dit plus encore. Celui qui en est recouvert, dont le torse, les membres et surtout Ie visage s&rsquo;ornent de tatouages, celui-l\u00e0 sait qu&rsquo;il est condamn\u00e9 \u00e0 vivre \u00e9ternellement en marge de la soci\u00e9t\u00e9. Non pas le \u00ab <em>signe d&rsquo;un manque absolu de rai\u00adsonnement et de pr\u00e9vision, qui trahit un \u00e9tat mental bien pr\u00e9caire<\/em> \u00bb, comme le diagnostique le Dr Jude, mais la claire expression que la vie s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0. \u00ab <em>Lorsqu&rsquo;ils se mettent dans cet \u00e9tat-l\u00e0, ce sont des hommes perdus<\/em> \u00bb, explique Paul Perret. Le terme de \u00ab bouzille \u00bb prend ici tout son sens. \u00ab <em>Quand ils se voient perdus et qu&rsquo;ils savent que le sable d&rsquo;Afrique aura leurs os, ils s&rsquo;arrangent comme \u00e7a. Ici, tu sais, ils ne risquent pas de faire peur a personne<\/em>. \u00bb En se d\u00e9figu\u00adrant, en se mettant ainsi volontairement hors du monde social, ces hommes prennent leur part de libert\u00e9. Nul ge\u00f4lier, nul chaouch ne viendront \u00abchercher\u00bb un tel d\u00e9tenu, \u00ab <em>car ils savent que des hommes qui font \u00e7a sont pr\u00eats \u00e0 tout. Un homme qui se fout de tout, c&rsquo;est un homme dangereux qui, un beau jour, se fout de la peau d&rsquo;un chaouch et aussi de la sienne comme d&rsquo;une \u00e9pluchure de banane<\/em> \u00bb [P.Perret, <em>A Biribi<\/em>, p.185].<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-5.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1404\" title=\"tatouage 1930\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-5-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"119\" height=\"155\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-5-230x300.jpg 230w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/tatouage-1930-5.jpg 491w\" sizes=\"(max-width: 119px) 100vw, 119px\" \/><\/a>An\u00e9mi\u00e9s, meurtris, \u00ab maquill\u00e9s \u00bb, \u00abbouzill\u00e9s \u00bb, les corps des hommes de Biribi disent dans leur propre langage la dou\u00adleur et la souffrance que constitue l&rsquo;exp\u00e9rience africaine. \u00ab C&rsquo;est le bagne qui entre en moi : Je ne pourrai bient\u00f4t plus cacher que je suis all\u00e9 a Biribi &#8230; \u00bb [P.Perret, <em>A Biribi<\/em>, p.75].<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dominique Kalifa Biribi Perrin, 2009 p.237-241\u00a0: Cette libert\u00e9, cette initiative, d&rsquo;autres sources, infiniment plus nombreuses, en ont port\u00e9 la trace. A 1&rsquo;heure de la sieste, dans la p\u00e9nombre des chambr\u00e9es, douloureusement, discipli\u00adnaires et bataillonnaires ont report\u00e9 sur leur peau l&rsquo;expression et les signes de leur exp\u00e9rience. 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