{"id":1373,"date":"2010-03-27T01:23:23","date_gmt":"2010-03-26T23:23:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1373"},"modified":"2010-02-26T10:24:45","modified_gmt":"2010-02-26T08:24:45","slug":"tes-inrock-coco","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2010\/03\/tes-inrock-coco\/","title":{"rendered":"T&rsquo;es inrock coco"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/inrockuptibles-7-mai-1996.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1374 alignleft\" style=\"float: left;\" title=\"Inrockuptibles 7 mai 1996\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/inrockuptibles-7-mai-1996-254x300.jpg\" alt=\"\" width=\"132\" height=\"153\" \/><\/a> <em>Avec nos journaux-pansements<\/em><\/p>\n<p align=\"right\"><em>Qui s\u00e8chent les plaies prol\u00e9taires<\/em><\/p>\n<p align=\"right\"><em>Et les cadavres de romans<\/em><\/p>\n<p align=\"right\"><em>Que les Goncourt vermifug\u00e8rent<\/em><\/p>\n<p align=\"right\">L\u00e9o Ferr\u00e9<\/p>\n<p>Cela pourrait ressembler \u00e0 un jeu des sept erreurs o\u00f9 il conviendrait de rep\u00e9rer les lieux communs et autres st\u00e9r\u00e9otypes jacobiens. On pourrait encore reprocher \u00e0 cet article, \u00e9crit \u00e0 quatre mains et souffrant d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re (encore que&#8230;) lupinose, cette volont\u00e9 de ne pas faire du <em>r\u00e9volutionnaire nocturne<\/em>, et aussi Travailleur de la Nuit, un th\u00e9oricien des principes ill\u00e9galistes.<!--more--> Outre les extraordinaires aventures du mousse, du voleur et du bagnard, dont certaines sont ici entrevues, Y. Pag\u00e8s et G. Tor dressent finalement le portrait d&rsquo;un homme d&rsquo;action &#8211; mais pas militant au sens institutionnel de parti &#8211; et d&rsquo;un intellectuel autodidacte, cynique et nietzsch\u00e9en dans l&rsquo;\u00e2me. Image accrocheuse presque parfaite pour l&rsquo;inrockuptible lecteur, bobo d&rsquo;une gauche qui &#8211; elle &#8211; a oubli\u00e9 ses principes et son militantisme politiques. En 1996 parait ce long papier \u00e0 l&rsquo;occasion du deuxi\u00e8me tirage de la premi\u00e8re \u00e9dition des <em>Ecrits<\/em> de Jacob. Il m\u00e9rite pourtant une attention toute particuli\u00e8re. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;il reconna\u00eet l&rsquo;importance du travail ph\u00e9nom\u00e9nal accompli par l&rsquo;\u00e9quipe des \u00e9ditions <em>L&rsquo;Insomniaque<\/em>. Notons au passage qu&rsquo;Yves Pag\u00e8s, auteur d&rsquo;une tr\u00e8s int\u00e9ressante \u00e9tude sur <em>Les fictions du politique chez Louis Ferdinand C\u00e9line<\/em> en 1994, signe cinq ans apr\u00e8s cet article une histoire de Liabeuf, homme h\u00e9riss\u00e9 et planteur de flics dont l&rsquo;ex\u00e9cution en 1910 donna lieu \u00e0 de v\u00e9ritables sc\u00e8nes de r\u00e9voltes populaires. Mais le texte qui suit m\u00e9rite enfin et surtout une attention toute particuli\u00e8re parce qu&rsquo;il parait rechercher une autre image de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur, diff\u00e9rente radicalement de celles v\u00e9hicul\u00e9es par les biographies de Sergent, Thomas et Caruchet\u00a0: <em>Si r\u00e9duire un \u00eatre \u00e0 sa l\u00e9gende posthume, c&rsquo;est une seconde fois l&rsquo;assassiner, alors Jacob semble ici veng\u00e9<\/em>.\u00a0 La modernit\u00e9 de Jacob r\u00e9siderait donc dans la place accord\u00e9e \u00e0 la culture et \u00e0 la r\u00e9flexion, soit autant de <em>bras arm\u00e9s de l&rsquo;\u00e9mancipation sociale<\/em>, et l&rsquo;homme politique c\u00e9derait ainsi le pas \u00e0 l&rsquo;\u00eatre philosophique. Je pense, donc je suis, donc je vole, donc je lutte. C&rsquo;est chic, c&rsquo;est choc, c&rsquo;est les Inrock coco\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Les inrockuptibles<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b056<\/strong><\/p>\n<p><strong>Du 07 au 14 mai 1996<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">p.26\u00a0:<\/span> <strong>Alexandre Marius Jacob &#8211; Le r\u00e9volutionnaire nocturne<\/strong><\/p>\n<p>(Chronique)<\/p>\n<p><strong><em>Alexandre Marius Jacob est l&rsquo;un de ces fant\u00f4mes interdits dont le spectre continue de hanter nos imaginaires. Matelot \u00e0 11 ans, voleur libertaire au d\u00e9but du si\u00e8cle, premier lecteur du Voyage au bout de la nuit de C\u00e9line, Jacob servit probablement de mod\u00e8le au personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin avant d&rsquo;\u00eatre intern\u00e9 au bagne o\u00f9 il \u00e9crivit ses M\u00e9moires entre deux lectures de Nietzsche ou Spinoza et deux tentatives d&rsquo;\u00e9vasion. Ses Ecrits paraissent aujourd&rsquo;hui.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Insoumis \u00e0 l&rsquo;insoumission m\u00eame, r\u00e9tif \u00e0 entrer dans quelque mouvement que ce soit, f\u00fbt-il anarchiste, trop fin penseur pour \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 un simple cambrioleur, trop grand voleur pour poser au th\u00e9oricien : Alexandre Marius Jacob compte parmi les rares perceurs de coffres et receleurs d&rsquo;id\u00e9es qui ont marqu\u00e9 le si\u00e8cle sans \u00eatre jamais fossilis\u00e9 en un quelconque panth\u00e9on. Son jury \u00e0 lui, non pas litt\u00e9raire mais de cour d&rsquo;assises, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l&rsquo;enterrer vivant, vingt-cinq ans d&rsquo;affil\u00e9e, dans le pire bagne de Guyane, aux \u00eeles du Salut.<\/p>\n<p>Trois livres ont d\u00e9j\u00e0 honor\u00e9 la m\u00e9moire de Jacob. La somme, en deux \u00e9pais volumes qui paraissent aujourd&rsquo;hui, a entre autres int\u00e9r\u00eats, celui d&rsquo;\u00e9chapper aux p\u00e9rils du genre. Ni biographie ni fourre-tout, elle met en regard, par t\u00e9moignages, correspondances et documents interpos\u00e9s, la vie manuscrite et la vie v\u00e9cue. Le r\u00e9sultat est imposant. Si r\u00e9duire un \u00eatre \u00e0 sa l\u00e9gende posthume c&rsquo;est une seconde fois l&rsquo;assassiner, alors Jacob semble ici veng\u00e9. Ceux qui ont rassembl\u00e9 ces Ecrits ont d&rsquo;ailleurs pouss\u00e9 tr\u00e8s loin le go\u00fbt de la probit\u00e9 en pr\u00e9f\u00e9rant rester anonymes. Mani\u00e8re \u00e9l\u00e9gante de dire ce qu&rsquo;est ce livre : la g\u00e9n\u00e9ration spontan\u00e9e de tous les malfaiteurs associ\u00e9s \u00e0 sa lecture m\u00eame.<\/p>\n<p>Jacob na\u00eet en 1879 \u00e0 Marseille. D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 11 ans, il embarque comme mousse sur un long-courrier en partance pour les c\u00f4tes africaines. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, devenu novice-timonier, il rempile pour Sidney. A bord, il fraternise avec des bagnards reconduits de force en Nouvelle-Cal\u00e9donie. Sit\u00f4t d\u00e9barqu\u00e9 sur le sol d&rsquo;Australie, il d\u00e9serte, s&rsquo;improvise cireur de chaussures, puis reprend du service \u00e0 bord d&rsquo;un baleinier dont les cales regorgent de marchandises \u00e0 bas prix : des \u00e9migrants juifs et arm\u00e9niens. A 13 ans, Jacob a donc mesur\u00e9 les trois \u00e0-c\u00f4t\u00e9s du commerce triangulaire d&rsquo;alors : transport de m\u00e9t\u00e8ques aux Am\u00e9riques, livraison de gal\u00e9riens \u00e0 Noum\u00e9a et achat de n\u00e8gres \u00e0 Zanzibar. En 1895, une grave maladie l&rsquo;oblige \u00e0 interrompre son p\u00e9riple maritime. Rest\u00e9 \u00e0 quai, Jacob n&rsquo;a que 16 ans mais ses pr\u00e9coces amours pour la cause anarchiste le pressent de passer \u00e0 l&rsquo;action directe. Il commence par exercer ses dons pyrotechniques un jour d&rsquo;\u00e9lection, \u00e0 La Ciotat, en faisant sauter les urnes officielles. Balanc\u00e9 par un indic, il \u00e9cope de six mois fermes. Remis en libert\u00e9 \u00e9troitement surveill\u00e9e, Jacob jure qu&rsquo;on ne l&rsquo;y reprendra plus et choisit de d\u00e9laisser les feux d&rsquo;artifice pour la \u00ab\u00a0reprise individuelle\u00a0\u00bb, entendez le vol.<\/p>\n<p>Le 1er avril 1899 \u00ad sans doute le jour a-t-il son importance \u00ad, travesti en agent de police, Jacob profite de ses pouvoirs d&#8217;emprunt pour confisquer un lot de pierres pr\u00e9cieuses aux pr\u00eateurs sur gage du mont-de-pi\u00e9t\u00e9 marseillais. Dans la foul\u00e9e, il d\u00e9valise quelques \u00e9glises et h\u00f4tels particuliers avant de faire empocher les mises du casino de Monte-Carlo par un complice, tandis qu&rsquo;il d\u00e9tourne l&rsquo;attention en simulant une crise d&rsquo;\u00e9pilepsie. D\u00e9nonc\u00e9 et condamn\u00e9 \u00e0 cinq ans de prison, Jacob fait si bien l&rsquo;idiot qu&rsquo;il obtient son transfert \u00e0 l&rsquo;asile de Mont-Perrin, d&rsquo;o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9vade gr\u00e2ce \u00e0 la bienveillance d&rsquo;un infirmier.<\/p>\n<p>Pour f\u00eater le si\u00e8cle nouveau, Jacob \u00e9largit le cercle de ses m\u00e9faits, y associe ses proches et d\u00e9cide d&rsquo;en partager \u00e9quitablement le butin : moiti\u00e9 pour sustenter chacun, moiti\u00e9 pour financer la cause libertaire. Sans d\u00e9passer jamais la douzaine de membres actifs, la bande, \u00e9cumant la France par voie ferroviaire, parvient \u00e0 l&rsquo;attrayant record de 156 cambriolages impunis en trois ans. Expert en d\u00e9guisements, il arrive \u00e0 Jacob de signer ses prodiges du sobriquet Attila et d&rsquo;y joindre quelques libelles provocateurs. Chez un magistrat du Mans : \u00ab\u00a0Aux juges de paix, nous faisons la guerre.\u00a0\u00bb Dans la cath\u00e9drale de Tours : \u00ab\u00a0Dieu Tout-Puissant, retrouve tes voleurs.\u00a0\u00bb Il lui arrive aussi d&rsquo;\u00e9pargner telle cible dont il juge la profession moins nuisible que d\u00e9voy\u00e9e : l&rsquo;\u00e9crivain Pierre Loti, entre autres, va profiter de cette mansu\u00e9tude. Mais le 21 avril 1903, pris en chasse par quelques citoyens z\u00e9l\u00e9s d&rsquo;Abbeville, Jacob se fait b\u00eatement pi\u00e9ger, non sans avoir in extremis \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 l&rsquo;un de ses assaillants policiers. Fin du premier acte.<\/p>\n<p>Le lecteur, peu familier de ces frasques anarchistes, trouvera dans le premier volume des Ecrits de quoi se rafra\u00eechir la m\u00e9moire. Une excellente mise en app\u00e9tit historique lui fera go\u00fbter les \u00e9pices particuli\u00e8res de cet audacieux cambrioleur. Ni desperado de la dynamite comme feu Ravachol ou Emile Henry ni bandit tragique comme Bonnot et Cie, Jacob incarne l&rsquo;\u00e9minence noire d&rsquo;un projet autant agi que r\u00e9fl\u00e9chi : une r\u00e9volution nocturne. Pas \u00e9tonnant qu&rsquo;on ait baptis\u00e9 sa bande \u00ab\u00a0les travailleurs de la nuit\u00a0\u00bb, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait bien de provoquer une \u00e9clipse de conscience entre la division journali\u00e8re du labeur et une autre redistribution des richesses possibles. Toute utopie se prend \u00e0 faire graviter les plan\u00e8tes selon une nouvelle cosmologie. Durant trois ann\u00e9es pleines, Jacob ne s&rsquo;est pas r\u00e9volt\u00e9 en d\u00e9sespoir de cause, il a scientifiquement minut\u00e9 les grandes mar\u00e9es du partage social. Rien de suicidairement spectaculaire dans ses audaces, juste l&rsquo;envie d&rsquo;\u00eatre enfin honn\u00eate. D&rsquo;o\u00f9 son permanent souci du devoir d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 accompli, du calcul subversif qui tombe juste, de la belle ouvrage criminelle qui seule peut rendre hommage au savoir-faire ouvrier. Ses Souvenirs d&rsquo;un r\u00e9volt\u00e9, bien qu&rsquo;\u00e9crits sur le tard, t\u00e9moignent de ces deux aspects indissociables : l&rsquo;amour prol\u00e9tarien du travail bien fait et l&rsquo;ambition d&rsquo;\u00e9chapper aux pr\u00e9sentes conditions de vie du m\u00eame prol\u00e9tariat. Au contact de ce livre, on apprendra autant sur les trucs du m\u00e9tier de monte-en-l&rsquo;air que sur les servitudes truqu\u00e9es d&rsquo;ici-bas. Et l&rsquo;on se rendra compte aussi \u00e0 quel point le cas Jacob continue de d\u00e9fier toutes les orthodoxies. Au-del\u00e0 de la \u00ab\u00a0reprise individuelle\u00a0\u00bb, en laquelle on a trop souvent vu une simple l\u00e9gitimation sociale du vol, toute l&rsquo;\u00e9thique de Jacob se trouve comme ramass\u00e9e dans la formule qu&rsquo;il fait fuser devant ses juges : \u00ab\u00a0Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend.\u00a0\u00bb Toute la force du combat de Jacob, son exemplarit\u00e9 actuelle, vient justement du fait qu&rsquo;il n&rsquo;est pas id\u00e9ologue : s&rsquo;il y a une th\u00e9orie chez lui, elle est ainsi sans cesse gard\u00e9e aux proportions de la vie, nourrie de la force de l&rsquo;exp\u00e9rience et du constat, exprim\u00e9e avec un sens tr\u00e8s s\u00fbr de la formule lapidaire.<\/p>\n<p>On trouvera, toujours dans le premier volume, nombre de ces morceaux de bravoure, de ces d\u00e9fis chevaleresques, de ces insolences qui font mouche et contribueront \u00e0 magnifier l&rsquo;aura de Jacob durant les ann\u00e9es 1900. Son proc\u00e8s, qui d\u00e9bute le 8 mars 1905, \u00e0 Amiens, lest\u00e9 d&rsquo;un dossier d&rsquo;accusation de plus de vingt mille pi\u00e8ces, donne lieu \u00e0 quelques joutes ubuesques et nourrit d\u00e9j\u00e0 le mythe du voleur anarchiste dont s&rsquo;inspirera probablement le litt\u00e9rateur Maurice Leblanc, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, pour cr\u00e9er le personnage d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin. Ainsi, au pr\u00e9sident qui lui demande de se lever, Jacob r\u00e9plique \u00ab\u00a0Vous \u00eates bien assis, vous.\u00a0\u00bb A bout de sarcasmes, il finira d&rsquo;ailleurs par se faire expulser.<\/p>\n<p>Meilleur avocat de sa propre cause qui soit, Jacob se servira de la salle d&rsquo;audience comme d&rsquo;une libre tribune. Et ses harangues t\u00e9moignent d\u00e9j\u00e0, non d&rsquo;une candide r\u00e9p\u00e9tition des doctrines anarchistes, mais d&rsquo;un sens vital de la formule, d&rsquo;une enti\u00e8re conscience de ses propres actes : \u00ab\u00a0Il m&rsquo;a r\u00e9pugn\u00e9 de me livrer \u00e0 la prostitution du travail. La mendicit\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;avilissement, la n\u00e9gation de toute dignit\u00e9. Tout homme a droit au banquet de la vie. Le vol, c&rsquo;est la restitution, la reprise de possession. Plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre clo\u00eetr\u00e9 dans une usine, comme en un bagne ; plut\u00f4t que de mendier ce \u00e0 quoi j&rsquo;avais droit, j&rsquo;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 m&rsquo;insurger et combattre pied \u00e0 pied mes ennemis en faisant la guerre aux riches, en attaquant leurs biens (&#8230;). Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre un cynique conscient de ses droits, qu&rsquo;un automate, une cariatide.\u00a0\u00bb Ce manifeste, d&rsquo;abord publi\u00e9 sous le manteau, sera relu et souvent approuv\u00e9 par les plus enrag\u00e9s des classes dangereuses jusqu&rsquo;\u00e0 la Grande Guerre.<\/p>\n<p>Condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s perp\u00e9tuels, Jacob a 23 ans. Il est intern\u00e9 aux \u00eeles du Salut avec cette mention sp\u00e9ciale : \u00ab\u00a0A ne d\u00e9sinterner sous aucun pr\u00e9texte\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00eele du Diable, o\u00f9 avait croupi Dreyfus, \u00e9tait destin\u00e9e aux espions dits \u00ab\u00a0politiques\u00a0\u00bb, mais on r\u00e9servait aux anarchistes les pires casernements pour droit commun, ceux des \u00eeles du Salut. D\u00e9sormais clo\u00eetr\u00e9 en enfer, le rebelle autodidacte m\u00e8ne de front trois strat\u00e9gies distinctes. La premi\u00e8re, d&rsquo;insoumission imm\u00e9diate, lui vaudra autant de sanctions que peut en m\u00e9riter un for\u00e7at vaincu par le froid et la faim mais refusant d&rsquo;abdiquer son honneur. La seconde, d&rsquo;\u00e9mancipation personnelle, le poussera \u00e0 lire les grands classiques de son choix \u00ad Spinoza, Nietzsche, Diderot, Dosto\u00efevski, etc. \u00ad et \u00e0 s&rsquo;improviser expert en droit p\u00e9nal. La troisi\u00e8me, d&rsquo;\u00e9vasions permanentes. Ainsi, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de sa premi\u00e8re tentative en 1906, Jacob tentera-t-il encore dix-huit fois de se faire la belle, en vain.<\/p>\n<p>De cette longue p\u00e9riode d&rsquo;enfermement, on aurait d\u00fb ne rien savoir, mais toute la correspondance du bagnard \u00e0 sa m\u00e8re est aujourd&rsquo;hui publi\u00e9e, \u00e0 cheval sur les deux volumes. Inutile d&rsquo;invoquer Jean Genet \u00ad qui se fit \u00e9crivain faute d&rsquo;\u00eatre le grand voleur que ses propres rapines auraient combl\u00e9. Jacob entre dans les lettres selon d&rsquo;autres voies, quoique par effraction lui aussi. Emmur\u00e9 dans sa cellule, il aspire sans cesse \u00e0 s&rsquo;\u00e9vader, mais conspire plus secr\u00e8tement encore par l&rsquo;esprit. A force de d\u00e9vorer bouquin sur bouquin, il entre en bonne intelligence avec toutes les dimensions de l&rsquo;humaine nature \u00ad psychologique, historique, sociale, juridique, mystique, etc. Et, sans se douter du talent vertigineux de sa prose, il les rend intelligibles \u00e0 l&rsquo;ange gardien de son exil, sa \u00ab\u00a0ch\u00e8re maman\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 comment, \u00e0 plusieurs milliers de kilom\u00e8tres de la France, Jacob fait na\u00eetre en lui un esprit critique.<\/p>\n<p>Il y a quelque chose d&rsquo;admirable dans la mani\u00e8re dont ce reclus au long cours, tenu si radicalement \u00e9loign\u00e9 des passions qui agitent la vieille Europe, voit plus clair et plus loin et personnifie \u00e0 lui tout seul ce m\u00e9lange d&rsquo;\u00e9rudition et d&rsquo;extr\u00eame fureur qu&rsquo;on retrouve chez les \u00e9crivains \u00ab\u00a0enrag\u00e9s\u00a0\u00bb du d\u00e9but de ce si\u00e8cle comme Laurent Tailhade ou F\u00e9lix F\u00e9n\u00e9on. Exil\u00e9 dans son temps, mais plus moderne que bien d&rsquo;autres, Jacob appartient \u00e0 cette lign\u00e9e d&rsquo;insurg\u00e9s pour qui la culture devait \u00eatre le bras arm\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mancipation sociale. Au nombre de ses influences litt\u00e9raires d\u00e9terminantes, il faut citer L&rsquo;Unique et sa propri\u00e9t\u00e9 de Max Stirner, classique de l&rsquo;individualisme du xixe si\u00e8cle dans lequel des pouvoirs successifs ont pu voir \u00ab\u00a0un livre trop absurde pour \u00eatre dangereux\u00a0\u00bb, mais qu&rsquo;un L\u00e9on Blum \u00ad qu&rsquo;on ne ne peut pas confondre avec un dangereux anarchiste \u00ad a pu consid\u00e9rer comme l&rsquo;ouvrage \u00ab\u00a0le plus hardi, le plus descriptif, le plus libre que la pens\u00e9e humaine a pu imaginer\u00a0\u00bb. De fait, l&rsquo;appel \u00e0 la liquidation de l&rsquo;Etat au nom de la supr\u00e9matie de l&rsquo;individu, telle que l&rsquo;encourageait Stirner, sera, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 de ce si\u00e8cle, comme la colonne vert\u00e9brale de cet humanisme insurrectionnel qui devait \u00eatre d\u00e9finitivement broy\u00e9 par les machines stalinienne et nazie. C&rsquo;est aussi tout cela que Jacob entrevoit dans la nuit du bagne.<\/p>\n<p>La Grande Guerre, il la proph\u00e9tise au jour le jour mieux qu&rsquo;aucun journaliste d&rsquo;alors. 25 f\u00e9vrier 1915 : \u00ab\u00a0Quoi qu&rsquo;en disent les papiers publics qui, apr\u00e8s tout, ne relatent que ce qui doit \u00eatre cru, cette guerre n&rsquo;est pas pr\u00e8s d&rsquo;\u00eatre termin\u00e9e. Pour cette ann\u00e9e, passe encore ; mais l&rsquo;an prochain et les suivants, il faut s&rsquo;attendre \u00e0 une excessive chert\u00e9 des vivres, donc \u00e0 une grande mis\u00e8re.\u00a0\u00bb A sa m\u00e8re, gravement malade, il prescrit aussi des soins \u00e0 distance : \u00ab\u00a0Il te faudrait essayer de l&rsquo;Urodonal, de l&rsquo;eau de Vals, cela te soulagerait. Mais surtout, \u00e0 aucun prix, pas d&rsquo;intervention sanglante. (&#8230;)<\/p>\n<p>Car, au fond, il n&rsquo;y a pas de douleur en soi. Dans ton cas, ce n&rsquo;est pas le d\u00e9placement du rein qui te fait souffrir, c&rsquo;est le long \u00e9branlement, la r\u00e9percussion de ce d\u00e9placement qui, transmis dans le foyer c\u00e9r\u00e9bral du syst\u00e8me nerveux, y \u00e9veille la peur, la notion du mal. Ne t&rsquo;est-il jamais arriv\u00e9, en cousant, de jeter un cri de surprise, craignant d&rsquo;\u00eatre piqu\u00e9e par l&rsquo;aiguille ? Et, pour citer un cas contraire, il a d\u00fb t&rsquo;arriver bien des fois d&rsquo;\u00eatre r\u00e9ellement bless\u00e9e par l&rsquo;aiguille et de ne rien sentir parce que distraite par une forte pens\u00e9e. Je t&rsquo;explique \u00e7a afin que tu ne deviennes pas prisonni\u00e8re de ton mal, que tu en restes ma\u00eetresse, en le traitant en \u00ab\u00a0ami\u00a0\u00bb. A quoi bon maudire, g\u00e9mir ! C&rsquo;est aussi na\u00eff que de prier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Profitant de sa r\u00e9clusion pour y \u00e9panouir une souverainet\u00e9 asc\u00e9tique, Jacob exerce des dons de rare lucidit\u00e9 : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un criminel ? Un barbare de l&rsquo;int\u00e9rieur, donc un ennemi prisonnier de guerre sociale.\u00a0\u00bb Mais s&#8217;empresse de pr\u00e9ciser aussit\u00f4t : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge o\u00f9 l&rsquo;on court apr\u00e8s le moineau pendant que l&rsquo;aigle s&rsquo;envole. Il y a beau temps que mon divin \u00e9ducateur, le chantre de Zarathoustra, m&rsquo;a d\u00e9barrass\u00e9 de ces deux ferments nocifs : le ressentiment et la rancune. Il faut voir les conflits de la vie d&rsquo;un \u0153il pratique, tr\u00e8s positif et non \u00e0 travers le prisme mensonger des phrases creuses.\u00a0\u00bb Cet \u0153il pratique va iriser son point de vue sur le monde pendant le quart de si\u00e8cle pass\u00e9 en ces ge\u00f4les exotiques. On y retrouve en filigrane la plupart des grandes sagesses marginales de la culture antique : l&rsquo;\u00e9picurisme, le cynisme et le sto\u00efcisme. Selon l&rsquo;humeur de ses r\u00e9actualisations personnelles, les aphorismes abondent : \u00ab\u00a0A quoi bon cette vivisection de l&rsquo;\u00e2me sur soi-m\u00eame, ce permanent ruminement de la conscience qui finit, en somme, par nous rendre l&rsquo;\u00e9gal du b\u0153uf ou du chameau en ab\u00eatissement. Il faut savoir et pouvoir dig\u00e9rer une bonne fois pour toutes tout le pass\u00e9 quel qu&rsquo;il soit.\u00a0\u00bb Et du m\u00eame tonneau que Diog\u00e8ne : \u00ab\u00a0La V\u00e9rit\u00e9 ? En m\u00e9taphysique, elle est partout o\u00f9 il nous pla\u00eet de la trouver. (&#8230;) Mais, pour si peu qu&rsquo;on la fouille, une question appelle une autre question et, au bout du rouleau, il y a toujours un point d&rsquo;interrogation. Un philosophe moderne, voire modernisant, cynique autant que magnifique, a dit : \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a rien de vrai.\u00a0\u00bb Je pense comme lui, sauf r\u00e9serve que je craindrais de vivre dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le troupeau s&rsquo;inspirerait de cet aphorisme. Un beau diamant ne saurait convenir \u00e0 la cravate d&rsquo;un voyou.\u00a0\u00bb Sto\u00efque, il l&rsquo;est \u00e0 plein temps : \u00ab\u00a0Si tu serres les dents, cela prouve que tu en as encore. (&#8230;) Je te passe \u00e0 broyer du rouge, du blanc, du lilas, m\u00eame du tricolore, mais jamais du noir. Le mot du chancelier anglais : \u00ab\u00a0Le sourire aux l\u00e8vres jusqu&rsquo;au billot, inclusivement.\u00a0\u00bb est toute doctrine. La ga\u00eet\u00e9, ce qui ne signifie pas l&rsquo;insouciance.\u00a0\u00bb Et en guise d&rsquo;\u00e9ternel pense-b\u00eate : \u00ab\u00a0Laissons les pleurs et j\u00e9r\u00e9miades aux fervents des cosm\u00e9tiques et de la poudre de riz. Nous, nous avons autre chose \u00e0 penser et \u00e0 faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 20, plusieurs p\u00e9titions mettent en cause l&rsquo;enfer de Guyane. Suite \u00e0 ces campagnes de presse et \u00e0 sa propre gu\u00e9rilla proc\u00e9duri\u00e8re, Jacob b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une r\u00e9duction de peine qu&rsquo;il ach\u00e8ve de purger \u00e0 la prison de Melun. L&rsquo;homme qui est lib\u00e9r\u00e9 le 30 d\u00e9cembre 1928 a donc pass\u00e9 vingt-cinq ans, autrement dit l&rsquo;exacte moiti\u00e9 de son existence, au c&rsquo;ur de l&rsquo;univers concentrationnaire fran\u00e7ais. Provisoirement r\u00e9ins\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usine, l&rsquo;ex-for\u00e7at met de l&rsquo;argent de c\u00f4t\u00e9 et l&rsquo;investit bient\u00f4t dans l&rsquo;achat d&rsquo;un commerce itin\u00e9rant. Le voil\u00e0 faisant les march\u00e9s avec sa roulotte de \u00ab\u00a0lingerie, bonneterie, confection en tout genre\u00a0\u00bb. En 1932, il fr\u00e9quente une jeune femme en train de dactylographier le roman d&rsquo;un certain docteur Destouches. L&rsquo;aidant \u00e0 d\u00e9chiffrer le manuscrit, Jacob devient ainsi par m\u00e9garde le premier lecteur du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand C\u00e9line.<\/p>\n<p>Jacob poursuit ses activit\u00e9s foraines jusqu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, sans pour autant cesser de fr\u00e9quenter les rescap\u00e9s des mouvances libertaires, d&rsquo;aider \u00e0 l&rsquo;approvisionnement des milices espagnoles en 37 et d&rsquo;insulter de belle mani\u00e8re les ronds-de-cuir qui veulent lui en imposer. Ainsi commente-t-il, sur le tard, au bas de ses d\u00e9clarations d&rsquo;imp\u00f4t : \u00ab\u00a0Lorsque, au Moyen Age, des barons f\u00e9odaux taxaient des marchands aux carrefours des routes, que faisaient ces derniers ? Ils payaient. Je fais de m\u00eame.\u00a0\u00bb A la moindre occasion, Jacob se revendique encore \u00ab\u00a0cambrioleur en retraite\u00a0\u00bb, sinon \u00ab\u00a0ex-professeur de droit criminel \u00e0 la facult\u00e9 des \u00eeles du Salut\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Chichement reclus dans sa bicoque de Bois-Saint-Denis, il n&rsquo;a plus, en 1952, que deux ans \u00e0 vivre. Un livre va prochainement para\u00eetre sur sa tr\u00e8s rocambolesque destin\u00e9e. Tout lui sourit si tristement, comme apr\u00e8s coup. Que peut-il esp\u00e9rer encore de la vie \u00e0 75 ans r\u00e9volus ? Rien, sauf l&rsquo;amour fou. Apr\u00e8s la sortie de sa biographie aux \u00e9ditions du Seuil, Jacob fait la connaissance de Josette et Robert Passas, deux lecteurs de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Jacob tombe sous le charme du couple, puis de Josette surtout, dite \u00ab\u00a0Jo\u00a0\u00bb pour les intimes dont il va bient\u00f4t faire partie. Jo a 26 ans. Elle est mari\u00e9e et de cinquante ans sa cadette, qu&rsquo;importe. Ils vont mettre toutes les chastet\u00e9s du monde entre parenth\u00e8ses et s&rsquo;adorer en ce beau milieu de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 54. \u00ab\u00a0Ma t\u00eate repose sur vos \u00e9paules\u00a0\u00bb, lui \u00e9crivit Jo pour commencer. \u00ab\u00a0Mes yeux ne voient que toi\u00a0\u00bb, lui r\u00e9pondra Jacob avant d&rsquo;en finir. Car il n&rsquo;est pas dans ses intentions de survivre \u00e0 ces \u00e9treintes d&rsquo;adolescence retrouv\u00e9e, comme il l&rsquo;avoue dans une derni\u00e8re lettre \u00e0 des proches : \u00ab\u00a0Moi je suis las, tr\u00e8s las. Je m&rsquo;\u00e9tais promis d&rsquo;en finir en d\u00e9cembre 53, puis une idylle que vous soup\u00e7onniez m&rsquo;a fait attendre jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour. Je ne regrette pas ce prolongement qui m&rsquo;a permis de go\u00fbter des joies m\u00e9connues jusqu&rsquo;alors. Chant du cygne. J&rsquo;ai eu une vie bien remplie d&rsquo;heurs et de malheurs et j&rsquo;ai eu la f\u00e9licit\u00e9 de la clore par une telle apoth\u00e9ose que je m&rsquo;estime combl\u00e9 par le destin. Aussi bien je vous quitte sans d\u00e9sespoir, le sourire aux l\u00e8vres, la paix dans le c&rsquo;ur. Vous \u00eates trop jeunes pour pouvoir appr\u00e9cier le plaisir qu&rsquo;il y a \u00e0 partir en bonne sant\u00e9, en faisant la nique \u00e0 toutes les infirmit\u00e9s qui guettent la vieillesse. Elles sont toutes l\u00e0, r\u00e9unies ces salopes, pr\u00eates \u00e0 me d\u00e9vorer. Tr\u00e8s peu pour moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour Jacob, il est temps de solder ses comptes avant d\u00e9ch\u00e9ance, au poison par intraveineuse : \u00ab\u00a0Je prendrai la d\u00e9cision que vous savez un samedi soir (&#8230;). J&rsquo;ai choisi ce jour afin que vous ne soyez pas g\u00ean\u00e9s dans votre travail, je veux dire le moins possible. (&#8230;) Ne d\u00e9cidez l&rsquo;inhumation que quarante-huit heures apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s afin qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de surprise de r\u00e9veil dans la bo\u00eete. Vous ferez piquer N\u00e9gro et le mettrez avec moi dans le m\u00eame emballage. Linge lessiv\u00e9, rinc\u00e9, s\u00e9ch\u00e9, pas repass\u00e9, j&rsquo;ai la cosse. Excusez. Vous trouverez deux litres de ros\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la paneterie. A votre sant\u00e9 !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alexandre Marius Jacob, Ecrits<\/p>\n<p>Yves Pag\u00e8s &amp; G. Tor<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec nos journaux-pansements Qui s\u00e8chent les plaies prol\u00e9taires Et les cadavres de romans Que les Goncourt vermifug\u00e8rent L\u00e9o Ferr\u00e9 Cela pourrait ressembler \u00e0 un jeu des sept erreurs o\u00f9 il conviendrait de rep\u00e9rer les lieux communs et autres st\u00e9r\u00e9otypes jacobiens. 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