{"id":1313,"date":"2010-02-27T01:33:56","date_gmt":"2010-02-26T23:33:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1313"},"modified":"2010-03-03T15:15:16","modified_gmt":"2010-03-03T13:15:16","slug":"andre-alain-2-x-sergent","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2010\/02\/andre-alain-2-x-sergent\/","title":{"rendered":"Andr\u00e9 + Alain = 2 x Sergent"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pierre-valentin_berthier_051.jpg\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/michel-ragon1.jpg\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/maillot-de-bain-1.jpg\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/sergent-maha-1953.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1320\" title=\"Sergent-Mah\u00e9 1953\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/sergent-maha-1953-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"203\" \/><\/a>Andr\u00e9 Mah\u00e9 est mort le 29 ao\u00fbt 1982. Oubli\u00e9. Une mort dans l&rsquo;indiff\u00e9rence. Une mort ordinaire. La mort d&rsquo;un inconnu \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique de Maison Blanche dans la r\u00e9gion parisienne. Les premiers sympt\u00f4mes de la folie datent des ann\u00e9es 1970. Effet de l&rsquo;alcool ing\u00e9r\u00e9 pendant des ann\u00e9es ? Andr\u00e9 ne buvait plus. Mort anonyme alors d&rsquo;un vieux cinoque\u00a0de 74 ans. Qui se souvient, comme l&rsquo;a r\u00e9cemment \u00e9crit son ami Michel Ragon dans son <em>Dictionnaire de l&rsquo;anarchie<\/em>, qu&rsquo;il fut un des historiens du mouvement les plus actifs et les plus f\u00e9conds de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre\u00a0?<\/p>\n<p>Le temps a aussi effac\u00e9 la m\u00e9moire d&rsquo;un homme au pass\u00e9 trouble et obscur &#8230; brun et collaborationniste.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais Andr\u00e9 s&rsquo;est vite reconverti dans l&rsquo;\u00e9criture. Avec son premier livre, <em>Le pain et les jeux<\/em>, paru en 1945, il devient Alain Sergent. Cinq ans plus tard, il signe la biographie d&rsquo;<em>Un anarchiste de la Belle Epoque<\/em>, \u00e9poque qu&rsquo;il qualifie lui-m\u00eame d&rsquo;h\u00e9ro\u00efque. Le sujet, un honn\u00eate cambrioleur reconverti dans le commerce ambulant, a d\u00e9fray\u00e9 la chronique judiciaire en 1905 pour ses nombreux vols politiques.<\/p>\n<p>Alexandre Jacob s&rsquo;est pourtant toujours refus\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ses m\u00e9moires ou \u00e0 ce que quelqu&rsquo;un fasse l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 \u00e9difiant de sa vie. Le livre sort aux \u00e9ditions du <em>Seuil<\/em> \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1950. La presse fait imm\u00e9diatement son \u00e9loge, invitant ses lecteurs \u00e0 la d\u00e9couverte d&rsquo;un \u00eatre hors norme. Ainsi Morvan Lebesque\u00a0dans <em>Combat<\/em> le 11 janvier 1951 : \u00ab\u00a0<em>Gr\u00e2ce soit rendu \u00e0 M. Alain Sergent de nous avoir racont\u00e9 cette vie \u00e0 bien des \u00e9gards &#8230; le mot a pas mal servi je sais, et dans un tout autre sens, mais qu&rsquo;importe\u00a0?, cette vie, \u00e0 bien des \u00e9gards, est \u00e9difiante<\/em> \u00bb. Ou encore Jeannine Delpech, dans <em>Carrefour<\/em> la m\u00eame ann\u00e9e : \u00ab\u00a0<em>Alain Sergent, sans peindre son attachant personnage sous les couleurs d&rsquo;un mod\u00e8le pour enfants sages, met respectueusement en valeur la richesse d&rsquo;une nature que sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 entra\u00eena souvent trop loin, mais jamais sans grandeur<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Sergent a r\u00e9ussi l\u00e0 o\u00f9 les \u00e9ditions <em>Gallimard<\/em> en 1929 et Pierre Valentin Berthier maintes fois apr\u00e8s ont \u00e9chou\u00e9. Le vieux marchand forain a parl\u00e9, confi\u00e9 ses souvenirs, sond\u00e9 son extraordinaire m\u00e9moire, fait resurgir du pass\u00e9 son histoire, ses vols, son bagne. Il a exprim\u00e9 son anarchisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain venu pendant un peu plus d&rsquo;une semaine le rencontrer dans son antre reuilloise. <a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/04\/interview-de-pierre-valentin-berthier\/\">Pierre Valentin Berthier<\/a> et Fernand Planche sont \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;entrevue. Tr\u00e8s vite, une amiti\u00e9 s&rsquo;installe entre ces deux r\u00e9prouv\u00e9s politiques. Sergent ne cache pas son pass\u00e9 vichyste. Il a tourn\u00e9 la page.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/un-anarchiste-de-la-belle-epoque1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-563\" title=\"un-anarchiste-de-la-belle-epoque1\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/un-anarchiste-de-la-belle-epoque1-223x300.jpg\" alt=\"Alain Sergent, \\\" width=\"115\" height=\"157\" \/><\/a>En 1948, il a con\u00e7u le projet d&rsquo;une biographie, sa curiosit\u00e9 ayant \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 rude \u00e9preuve par le portait quasi-mythique d&rsquo;Alexandre Jacob fait par quelques libertaires l&rsquo;ayant connu en son temps. A travers l&rsquo;ill\u00e9galiste, il peut envisager le mythe du surhomme, quitte \u00e0 gommer, \u00e0 estomper, \u00e0 faire passer au second plan les motivations politiques du cambrioleur, du bagnard puis du forain. Ce sont bien les aspects extraordinaires, les aventures que le biographe retient, allant jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9velopper volontairement, non pas dans la biographie mais dans les articles qui suivront<a name=\"_ftnref2\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftn2\">[2]<\/a>, l&rsquo;amalgame avec le h\u00e9ros litt\u00e9raire cr\u00e9e par Maurice Leblanc. Mais il n&rsquo;y a gu\u00e8re d&rsquo;\u00e9tonnement \u00e0 consid\u00e9rer le regard d&rsquo;un homme venu de l&rsquo;extr\u00eame droite sur un autre issu de l&rsquo;extr\u00eame gauche. Il n&rsquo;y a gu\u00e8re de surprise non plus \u00e0 appr\u00e9cier l&rsquo;amiti\u00e9 de ces deux r\u00e9prouv\u00e9s politiques et sociaux.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/histoire-de-lanarchie-sergent-harmel.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1322\" title=\"Histoire de l\\'anarchie, Sergent-Harmel, Le Portulan, 1949\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/histoire-de-lanarchie-sergent-harmel-189x300.jpg\" alt=\"\" width=\"99\" height=\"156\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/histoire-de-lanarchie-sergent-harmel-189x300.jpg 189w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/histoire-de-lanarchie-sergent-harmel.jpg 202w\" sizes=\"(max-width: 99px) 100vw, 99px\" \/><\/a>Apr\u00e8s avoir \u00e9crit avec Claude Harmel (Guy Lemonier de son vrai nom), autre collaborateur notoire, une <em>Histoire de l&rsquo;anarchisme<\/em> dont seul le premier volume a paru en 1949 aux <em>\u00e9ditions du Portulan<\/em>, Alain Sergent souligne en introduction de son livre sur Alexandre Jacob l&rsquo;aspect r\u00e9p\u00e9titif, fastidieux et quelques fois r\u00e9barbatif du labeur en archives et en biblioth\u00e8que. Alexandre Jacob lui permet de briser par le concret l&rsquo;ennui du travail th\u00e9orique. L&rsquo;\u00e9crivain, habitu\u00e9 de ce genre de lieu, recherche aussi la gloire litt\u00e9raire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je crois qu&rsquo;il puisait son inspiration dans ses recherches \u00e0 la BN qui le mettaient par hasard sur la piste d&rsquo;un homme hors norme\u00a0: Jacob par exemple. La personnalit\u00e9 d&rsquo;Andr\u00e9 Mah\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s complexe, \u00e0 la fois intro et extravertie, persuad\u00e9 qu&rsquo;un jour il produirait un chef d&rsquo;\u0153uvre<\/em> \u00bb<a name=\"_ftnref3\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftn3\">[3]<\/a>. Si elle ne le fr\u00e9quente pas d&rsquo;une mani\u00e8re assidue, c&rsquo;est que de toute \u00e9vidence Lucienne Mah\u00e9 ne porte pas son beau-fr\u00e8re dans son c\u0153ur. \u00ab\u00a0<em>Sa personnalit\u00e9 n&rsquo;invitait pas \u00e0 se lier avec lui<\/em> \u00bb nous a-t-elle \u00e9crit en 2002 apr\u00e8s nous avoir dit le conna\u00eetre depuis 1943.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Mah\u00e9 est n\u00e9 le 8 avril 1908. Famille bretonne\u00a0originaire de Grand Champ dans le Morbihan. Mais le pays de la blanche hermine ne fait pas vivre ses enfants et, comme en Auvergne, la Bretagne se vide de ses habitants. Emigration \u00a0\u00e0 Paris o\u00f9 les enfants Mah\u00e9 vont na\u00eetre. Rue Duhesme, 18e arrondissement. Trois fr\u00e8res (Eug\u00e8ne, Roger et Marcel) et une s\u0153ur (Yvonne). Emigration \u00e0 Paris. Le petit Andr\u00e9 sort du rang scolaire \u00e0 treize ans. M\u00e8re couturi\u00e8re. P\u00e8re inspecteur au magasin <em>Le Printemps<\/em>. R\u00e9sidant un temps \u00e0 L&rsquo;Argenti\u00e8re la Bess\u00e9e, dans les Hautes Alpes, il adh\u00e8re vers l&rsquo;\u00e2ge de 28 ans au parti communiste. Euphorie du Front Populaire\u00a0? \u00a0Andr\u00e9 Mah\u00e9 participe en tout cas \u00e0 la fondation de l&rsquo;Union Locale CGT de Nemours en Seine et Marne. Il est impliqu\u00e9 \u00e9galement dans l&rsquo;ouverture d&rsquo;une bourse du travail dans cette ville. Mais l&rsquo;attrait pour la r\u00e9volution sovi\u00e9tique et pour les moscovites ne dure pas.<\/p>\n<p>Il quitte\u00a0tr\u00e8s vite\u00a0l&rsquo;organisation de Marcel Cachin qu&rsquo;il critique vertement dans les colonnes du <em>Libertaire<\/em>. Autodidacte, il pratique la boxe, le naturisme et \u00e9tudie la litt\u00e9rature prol\u00e9tarienne. Andr\u00e9 Mah\u00e9 int\u00e8gre aussi le Parti Populaire de Jacques Doriot apr\u00e8s la d\u00e9b\u00e2cle. Dans un entretien t\u00e9l\u00e9phonique, sa belle-s\u0153ur nous a discr\u00e8tement sugg\u00e9r\u00e9 l&rsquo;implication de son beau-fr\u00e8re dans l&rsquo;affaire Laetitia Toureaux, que l&rsquo;on a longtemps cru assassin\u00e9e par la Cagoule en 1937.\u00a0\u00a0Aucune preuve ne vient \u00e9tayer une tr\u00e8s possible affabulation dans ce qui s&rsquo;av\u00e8re finalement \u00eatre qu&rsquo;un crime passionnel. \u00a0Quel lien Andr\u00e9 Mah\u00e9 entretient-il alors avec l&rsquo;extr\u00eame droite fran\u00e7aise de l&rsquo;Entre-deux-guerres\u00a0? \u00a0Nous n&rsquo;en savons rien mais, dans sa famille, on raconte encore que le bras droit\u00a0d&rsquo;Eug\u00e8ne Deloncle, Jean Fillol, tueur de son \u00e9tat, aurait tent\u00e9 d&rsquo;assassiner Andr\u00e9 Mah\u00e9 quelques ann\u00e9es plus tard. Quelle part pouvons-nous donner \u00e0 cette \u00ab\u00a0anecdote\u00a0\u00bb, peu v\u00e9rifiable elle aussi ?\u00a0Il n&#8217;emp\u00eache que le socialisme de Mah\u00e9, fort teint\u00e9 de nationalisme, doit le pousser d\u00e8s 1940 \u00e0 rejoindre les rangs de la collaboration. D\u00e9\u00e7u par Doriot, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint du Comit\u00e9 des jeunesses de France quitte le PPF.<\/p>\n<p>Il adh\u00e8re en octobre 1941 au Mouvement Social R\u00e9volutionnaire d&rsquo;Eug\u00e8ne Deloncle qu&rsquo;il contribue \u00e0 \u00e9vincer sept mois plus tard (14 mai 1942) en compagnie de Georges Soul\u00e8s. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs avec ce personnage, venu comme lui d&rsquo;une gauche radicale et r\u00e9volutionnaire, qu&rsquo;il dirige le Centre d&rsquo;Etudes R\u00e9volutionnaires, li\u00e9 au MSR, parti dont il est un des secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 partir de novembre 1942.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/insignes-msr.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1318\" title=\"insignes du MSR imagin\u00e9s par Mah\u00e9\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/insignes-msr-300x263.jpg\" alt=\"\" width=\"153\" height=\"134\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/insignes-msr-300x263.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/insignes-msr.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 153px) 100vw, 153px\" \/><\/a>Mah\u00e9 imagine le deuxi\u00e8me insigne du mouvement que les militants arborent jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre. Il repr\u00e9sente une \u00e9p\u00e9e en bronze sur la garde de laquelle on peut lire les mots \u00ab\u00a0<em>aime et sers<\/em> \u00bb, formule typique des mouvements d&rsquo;extr\u00eame droite r\u00e9v\u00e9lant le principe de fid\u00e9lit\u00e9 absolue au chef. Derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9p\u00e9e, sont soud\u00e9s deux cercles concentriques rouges. L&rsquo;activit\u00e9 de Mah\u00e9 ne se limite pas au seul d\u00e9corum d&rsquo;un mouvement fascisant, entretenant pourtant des rapports \u00e9quivoques tant avec l&rsquo;Allemagne nazie qu&rsquo;avec la France du Mar\u00e9chal. M\u00eame s&rsquo;il devient pr\u00e9sident du comit\u00e9 directeur de la LVF \u00e0 l&rsquo;automne 1943, l&rsquo;ancien polytechnicien Soul\u00e8s organise d\u00e8s l&rsquo;automne 1943 un groupuscule clandestin, Les Unitaires, r\u00eavant d&rsquo;un tr\u00e8s improbable rapprochement entre gaullistes et p\u00e9tainistes. Des contacts sont pris, notamment avec Pierre Guillain de B\u00e9nouville. Le t\u00e9moignage de celui-l\u00e0\u00a0permet la gr\u00e2ce de Soul\u00e8s, devenu Raymond Abellio, en 1951. Cette politique du double jeu provoque en ao\u00fbt 1944 le ralliement, \u00e0 l&rsquo;occasion de la lib\u00e9ration de Paris, du Service d&rsquo;Ordre du MSR au FFI\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/georges-soulas-1943-1.jpg\"><\/a><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/georges-soulas-1943-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1314\" title=\"Georges Soul\u00e8s, meeting du 23 f\u00e9vrier 1943, salle Pleyel, Paris\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/georges-soulas-1943-1-284x300.jpg\" alt=\"\" width=\"145\" height=\"155\" \/><\/a>En 1943, Mah\u00e9 s&rsquo;occupe de chantiers de jeunesses qu&rsquo;il entrevoit comme la r\u00e9miniscence des auberges du m\u00eame nom, interdites par le gouvernement de Vichy. Il a d&rsquo;ailleurs milit\u00e9 au sein des ces derni\u00e8res avant-guerre. \u00ab\u00a0<em>Il se voyait comme une sorte de f\u00fchrer de la jeunesse fran\u00e7aise<\/em> \u00bb nous a dit Lucienne Mah\u00e9, sa belle-s\u0153ur en f\u00e9vrier 2002. En 1943 toujours, il participe \u00e0 la cr\u00e9ation du livre de Georges Soul\u00e8s, <em>La fin du nihilisme<\/em>, paru dans la collection \u00ab\u00a0<em>La vie europ\u00e9enne<\/em> \u00bb dirig\u00e9e par Fernand Sorlot.<\/p>\n<p>En fin de compte, la p\u00e9riode de la guerre permet malgr\u00e9 de nombreuses lacunes de dresser le portrait ambigu d&rsquo;un homme fascin\u00e9 \u00e0 la fois par les mouvements de masse totalitaires (communisme avant guerre, et national-socialisme pendant) et des individualit\u00e9s fortes et capables de f\u00e9d\u00e9rer autour de leur seul charisme\u00a0: Doriot, puis Deloncle, et enfin Soul\u00e8s. Un brin m\u00e9galomane, Andr\u00e9 Mah\u00e9 recherche la notori\u00e9t\u00e9 et la reconnaissance du pouvoir. La lib\u00e9ration vient faucher ses ambitions.<\/p>\n<p>Il vit en effet difficilement l&rsquo;\u00e9puration et retrouve la libert\u00e9 apr\u00e8s deux s\u00e9jours en prison, dont un en compagnie de son fr\u00e8re Marcel. Ayant occup\u00e9 des fonctions non n\u00e9gligeables au sein de la collaboration, il n&rsquo;est pourtant enferm\u00e9 que pendant six mois. L\u00e0 encore l&rsquo;intervention de Pierre Guillain de B\u00e9nouville permettrait de faire sortir un homme qui aurait sauv\u00e9 une quinzaine de maquisards des griffes de la Milice ou de la Gestapo. Andr\u00e9 Mah\u00e9 est lib\u00e9r\u00e9 en 1945.<\/p>\n<p>L&rsquo;ancien collaborateur retrouve une certaine activit\u00e9 militante au sein des Auberges de Jeunesse renaissantes mais c&rsquo;est vers l&rsquo;\u00e9criture qu&rsquo;il se tourne en prenant le pseudonyme d&rsquo;Alain Sergent\u00a0: Sergent par \u00e9vocation de son grade dans l&rsquo;arm\u00e9e et Alain parce qu&rsquo;il aime bien ce pr\u00e9nom\u00a0!<\/p>\n<p>Sa carri\u00e8re d\u00e9bute avec <em>Le pain et les jeux<\/em>, sorti en 1945 aux \u00e9ditions de la <em>Jeune<\/em><em> Parque<\/em>. Le livre relate son enfance, sa s\u0153ur et ses trois fr\u00e8res dont un (Eug\u00e8ne) meurt \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans, \u00e9cras\u00e9 par une voiture \u00e0 cheval, et un autre (Roger) qui d\u00e9c\u00e8de vers 18 ans de la tuberculose. Ce fait justifie la relation \u00e9touffante et possessive qu&rsquo;il entretient avec son dernier fr\u00e8re vivant Marcel, n\u00e9 en 1919.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/je-suivis-ce-mauvais-garaon-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1321\" title=\"Je suivis ce mauvais Gar\u00e7on, La jeune Parque, 1946\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/je-suivis-ce-mauvais-garaon-1-202x300.jpg\" alt=\"\" width=\"104\" height=\"154\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/je-suivis-ce-mauvais-garaon-1-202x300.jpg 202w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/je-suivis-ce-mauvais-garaon-1.jpg 216w\" sizes=\"(max-width: 104px) 100vw, 104px\" \/><\/a>Nul doute que Sergent\/Mah\u00e9 garde de l&rsquo;\u00e9puration une vision am\u00e8re que l&rsquo;on retrouve ais\u00e9ment dans son deuxi\u00e8me roman. <em>Je suivis ce mauvais gar\u00e7on<\/em> sort lui aussi aux \u00e9ditions de <em>la Jeune<\/em><em> Parque<\/em> en 1946. Nous pouvons alors accompagner le h\u00e9ros, Jean Leduc, prox\u00e9n\u00e8te parisien, de l&rsquo;Espagne o\u00f9 il combat aux cot\u00e9s des franquistes jusqu&rsquo;au front de l&rsquo;est o\u00f9, dans la LVF, il torture les partisans russes. M\u00eame s&rsquo;il qualifie, en introduction de son ouvrage, les faits et gestes de son personnage de \u00ab\u00a0<em>bl\u00e2mables<\/em> \u00bb, Alain Sergent se sert de celui-ci pour donner sa perception de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, de l&rsquo;occupation, de la R\u00e9sistance et de la lib\u00e9ration. Le roman commence d&rsquo;ailleurs par l&rsquo;arrestation de Leduc en septembre 1945 (date de la lib\u00e9ration\u00a0de l&rsquo;auteur) et les confidences faites \u00e0 un autre prisonnier Fran\u00e7ois Hamelin. Le livre est accueilli comme il se doit par la presse issue de la R\u00e9sistance. Seul, le Libertaire, par la plume d&rsquo;Armand Robin, en fait l&rsquo;\u00e9loge et la publicit\u00e9. Mah\u00e9-Sergent ne s&rsquo;attendait certainement pas \u00e0 moins :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le tout est agr\u00e9ment\u00e9 de remarques que l&rsquo;on devine sur les patriotes fran\u00e7ais, sur la r\u00e9sistance et les \u00ab\u00a0utopards\u00a0\u00bb, sur la lib\u00e9ration de Paris (tous les moyens sont bons pour nous salir). Sans doute, \u00e9crira-t-on, sur la psychologie de \u00ab\u00a0l&rsquo;homme hitl\u00e9rien\u00a0\u00bb et ce document pourra \u00eatre lu avec int\u00e9r\u00eat et m\u00eame avec profit. Mais, ici, rien de cela. C&rsquo;est un roman de la plus basse qualit\u00e9 que liront avec d\u00e9lectation les miliciens et les collaborateurs que l&rsquo;on remet chaque jour en libert\u00e9. Un livre \u00e9crit avec du fiel. Rien ne r\u00e9jouit davantage Alain Sergent que lorsqu&rsquo;il nous d\u00e9crit une goujaterie ou un crime de son triste h\u00e9ros. Nous sommes d \u2018ailleurs fix\u00e9s lorsqu&rsquo;il nous pr\u00e9vient lui-m\u00eame que les jugements et les opinions de Jean Leduc sont souvent diff\u00e9rents, voire \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 des siens <\/em>mais pas toujours<em>. Ce n&rsquo;est pas m\u00ealer la politique \u00e0 la litt\u00e9rature que de d\u00e9noncer ce livre comme l&rsquo;un des plus pernicieux <\/em><em>que nous ait valu notre lib\u00e9rale apr\u00e8s-guerre<\/em> \u00bb (Combat\u00a0?)<ins datetime=\"2009-07-14T20:02\" cite=\"mailto:X\"> <\/ins><ins datetime=\"2009-07-14T19:17\" cite=\"mailto:X\"><\/ins><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;avec son <em>Histoire de l&rsquo;anarchie<\/em>, en 1949, qu&rsquo;Alain Sergent acc\u00e8de \u00e0 une certaine reconnaissance, au moins des milieux libertaires. Sans pour autant \u00eatre anarchiste, il semble se rapprocher de ce mouvement. Cela explique entre autre la rencontre et l&rsquo;amiti\u00e9 avec Alexandre Jacob. Il signe aussi quelques articles dans <em>D\u00e9fense de l&rsquo;homme<\/em> que fonde Louis Lecoin en 1948. \u00a0Mais ses livres ne lui permettent pas de vivre\u00a0et, surtout, ils ne connaissent pas le m\u00eame succ\u00e8s que son <em>Anarchiste de la Belle Epoque<\/em> en 1950\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>&#8211; 1951: <em>Les anarchistes<\/em>, Amiot Dumont.<\/li>\n<li>&#8211; 1951: <em>Barnum<\/em>, <em>Pierre Horay.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1952: <em>Houdin le roi des prestidigitateurs<\/em>, <em>Le Seuil.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1953: <em>Un tour de France en auberges de jeunesse<\/em>, <em>Editions de Paris.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1956: <em>Ma cure de rajeunissement<\/em>, <em>Le Seuil.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1959: <em>Colonne vert\u00e9bral, arbre de vie<\/em>, <em>Pierre Horay.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1960: <em>Aliment normal, source de sant\u00e9<\/em>, <em>Pierre Horay.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1962: <em>Le secret de nos origines<\/em>, <em>La Colombe.<\/em><\/li>\n<li>&#8211; 1963: <em>L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e de la r\u00e9volte<\/em>, <em>Deno\u00ebl<\/em> en collaboration avec Gilbert Guilleminault.<\/li>\n<li>&#8211; 1964: <em>L&rsquo;\u00e9cole heureuse<\/em>, <em>Deno\u00ebl<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour subvenir \u00e0 ses besoins, Sergent fait des piges pour plusieurs journaux parisiens. Ses relations dans le milieu de la presse et de l&rsquo;\u00e9dition permettent notamment de faire entrer Pierre Valentin Berthier, ami de Jacob et licenci\u00e9 en 1950 du journal communiste issoldunois <em>La Marseillaise<\/em>, chez <em>Amyot-Dumont<\/em> \u00e0 Paris. La correspondance que Jacob entretient avec le couple Passas, de la Dr\u00f4me, nous apprend en 1953 qu&rsquo;il fait aussi le n\u00e8gre pour des personnalit\u00e9s, activit\u00e9 qui perdure jusqu&rsquo;\u00e0 son internement en h\u00f4pital psychiatrique. La lettre \u00e0 Robert Passas en date du 11 avril de cette ann\u00e9e indique par exemple que le jeune docteur Alain Bombard, h\u00e9ros l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente d&rsquo;une transatlantique en solitaire peu ordinaire sur son canot baptis\u00e9 <em>l&rsquo;H\u00e9r\u00e9tique<\/em>, n&rsquo;est pas vraiment l&rsquo;auteur de son <em>Naufrag\u00e9 volontaire<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pierre-valentin_berthier_05.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-60\" title=\"pierre-valentin_berthier_05\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/pierre-valentin_berthier_05-300x226.jpg\" alt=\"Piere Valentin Berthier\" width=\"152\" height=\"117\" \/><\/a>Les difficult\u00e9s financi\u00e8res de Sergent s&rsquo;accumulent\u00a0; l&rsquo;homme s&rsquo;aigrit. En 1999, Pierre Valentin Berthier se souvient de son amiti\u00e9 avec cet historien particulier\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>En 1950 Sergent \u00e9tait pigiste pour plusieurs des quotidiens parisiens d&rsquo;alors, ayant chacun une chronique diff\u00e9rente. Il me dit un jour\u00a0: \u00ab\u00a0Encore le &#8230; [j&rsquo;ai oubli\u00e9 le titre] et je couvrirai tout Paris. Je crois qu&rsquo;il s&rsquo;illusionnait. (&#8230;) Ce fut pour moi un ami sinc\u00e8re, efficace et pr\u00e9cieux. (&#8230;) Mais il avait un c\u00f4t\u00e9 myst\u00e9rieux qui faisait qu&rsquo;on se posait sur lui des questions. Son mauvais d\u00e9part dans l&rsquo;extr\u00eame droite, d\u00fb au climat de l&rsquo;\u00e9poque, fut une erreur de jeunesse sans lendemain. En outre, je soup\u00e7onne (j&rsquo;ai soup\u00e7onn\u00e9 d\u00e8s cette ann\u00e9e 1951 o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 en contact assez suivi avec lui) qu&rsquo;il ne mangeait pas toujours \u00e0 sa faim. (&#8230;)<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rag-ser.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1316\" title=\"Alain Sergent, Emile Bachelet, Michel Ragon, date inconnue\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/rag-ser.jpg\" alt=\"\" width=\"153\" height=\"107\" \/><\/a>Cette situation ne l&#8217;emp\u00eache pourtant pas de manquer ni de projets ni d&rsquo;amiti\u00e9\u00a0: avec l&rsquo;\u00e9crivain Michel Ragon par exemple, avec l&rsquo;anarchiste Emile Bachelet, dit Milo, et impliqu\u00e9 en 1912 dans la bande \u00e0 Bonnot, avec Raymond Abellio (Georges Soul\u00e8s) encore et toujours.<\/p>\n<p>Nous pouvons suivre sa carri\u00e8re d&rsquo;\u00e9crivain m\u00e9connu et ses entreprises dans la correspondance de Jacob. Ainsi en est-il d&rsquo;un projet avort\u00e9 d&rsquo;une mise en valeur de la Guyane \u00e0 laquelle Jacob ne croit d&rsquo;ailleurs pas. Peut-\u00eatre l&rsquo;\u00e9chec de ce projet incite-t&rsquo;il Alain Sergent \u00e0 pousser son fr\u00e8re Marcel \u00e0 tenter l&rsquo;aventure avec sa femme Lucienne au Paraguay, pays entrevu comme un possible Eldorado apr\u00e8s la lecture du livre <em>les Paradis<\/em>. Echec total, le jeune couple revient compl\u00e8tement ruin\u00e9 et malade. L&rsquo;argent r\u00e9colt\u00e9 par la vente du livre narrant leur infortune, <em>M\u00e9fiez-vous des paradis<\/em>, livre publi\u00e9 par l&rsquo;entremise d&rsquo;Alain Sergent, permet le retour en m\u00e9tropole. Nous savons encore par le biais de\u00a0la correspondance Jacob &#8211; Passas que Sergent dirige en 1952 une revue <em>France Am\u00e9rique Latine<\/em> et qu&rsquo;il tient en g\u00e9rance un commerce aux Halles \u00e0 Paris. A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1953, le biographe de Jacob parcourt la France \u00e0 v\u00e9lo pour son projet de livre sur les auberges de jeunesse. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs \u00e0 cette occasion qu&rsquo;il fait la connaissance de <a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/04\/entretien-avec-madeleine-briselance\/#more-85\">Madeleine Briselance<\/a>, qui dans sa jeunesse avant-guerre a connu \u00a0adolescente l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur sur les march\u00e9s et les foires du Berry<a name=\"_ftnref4\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftn4\">[4]<\/a>. Mais la piste de Sergent devient obscure apr\u00e8s la mort de son ami Jacob en 1954. Les sources manquent.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/sergent-1953-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1319\" title=\"Alain Sergent au milieu d\\'ajistes dont Madeleine Briselance (\u00e0 droite) , 1953\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/sergent-1953-1-300x210.jpg\" alt=\"\" width=\"153\" height=\"109\" \/><\/a>Il est \u00e0\u00a0 peu pr\u00e8s s\u00fbr que son alcoolisme se renforce. Jacob s&rsquo;en inqui\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;occasion du projet guyanais de l&rsquo;\u00e9crivain\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La sant\u00e9 plut\u00f4t d\u00e9ficiente d&rsquo;Andr\u00e9 ne me surprend pas, il aime trop l&rsquo;alcool\u00a0; dans un sens, il est pr\u00e9f\u00e9rable qu&rsquo;il ne parte pas aux tropiques, ce serait sa fin. Une cure d&rsquo;abstinence dans un trou de campagne le remettrait d&rsquo;aplomb mais on ne s&rsquo;arrache pas de Paris facilement<\/em> \u00bb (lettre \u00e0 Pierre Valentin Berthier, 2 mai 1952). L&rsquo;internement en h\u00f4pital psychiatrique dans les ann\u00e9es 1970 est-il d\u00fb \u00e0 un delirium tremens\u00a0? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr. Peut-\u00eatre convient-il d&rsquo;avancer aussi l&rsquo;\u00e9chec refoul\u00e9 de sa carri\u00e8re litt\u00e9raire. Toujours est-il que l&rsquo;homme, s&rsquo;enfermant dans la folie, s&rsquo;int\u00e9resse paradoxalement aux m\u00e9decines parall\u00e8les et \u00e0 l&rsquo;hygi\u00e8ne culinaire comme le montre sa bibliographie. <em>Colonne vert\u00e9bral arbre de vie<\/em> fait m\u00eame encore figure de r\u00e9f\u00e9rence vulgarisatrice en mati\u00e8re d&rsquo;ergoth\u00e9rapie. Retir\u00e9 un temps aux Baux de Provence, il fr\u00e9quente l&rsquo;\u00e9crivaine Marie Mauron, fer de lance du r\u00e9gionalisme m\u00e9ridional. Il projette d&rsquo;\u00e9crire un livre sur les Baux de Provence et une anthologie de la litt\u00e9rature amoureuse. Mais Sergent revient \u00e0\u00a0 Paris, oubli\u00e9, inconnu, pauvre et sujet \u00e0 de nombreuses crises de folie. A la fin de sa vie, il semble que ce soit sa s\u0153ur Yvonne qui l&rsquo;ait pris en charge jusqu&rsquo;\u00e0 son hospitalisation et jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/reedition-alain-sergent.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-721\" title=\"reedition-alain-sergent\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/reedition-alain-sergent.jpg\" alt=\"Un anarchiste de la Belle Epoque, r\u00e9\u00e9dition, Editions Libertaires, 2005\" width=\"95\" height=\"141\" \/><\/a><\/p>\n<p>Personnalit\u00e9 politique ambigu\u00eb, \u00e9crivain talentueux, Alain Sergent &#8211; Andr\u00e9 Mah\u00e9 \u00a0demeure \u00e0 ce jour une source incontournable de l&rsquo;histoire du mouvement anarchiste. En 2005, les <em>Editions libertaires<\/em> ont r\u00e9\u00e9dit\u00e9 sa biographie de Jacob devenue introuvable. Ses autres ouvrages sur le sujet m\u00e9riteraient alors de conna\u00eetre le m\u00eame sort.<\/p>\n<p><strong>Alain Sergent<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je suivis ce mauvais gar\u00e7on<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>La jeune Parque<\/em> 1946<\/strong><\/p>\n<p>Je suivis ce mauvais gar\u00e7on<\/p>\n<p>Qui sifflotait mains dans les poches<\/p>\n<p>Nous semblions entre les maisons<\/p>\n<p>Onde ouverte de la mer Rouge,<\/p>\n<p>Lui les H\u00e9breux moi Pharaon<\/p>\n<p>Guillaume Apollinaire<\/p>\n<p><strong>Avant-propos<\/strong><\/p>\n<p>Quelques amis qui ont lu mon manuscrit ont trouv\u00e9 que ce r\u00e9cit n\u00e9cessitait une pr\u00e9face.<\/p>\n<p>Je ne m&rsquo;attarderai pas sur les faits et les gestes de Jean Leduc, \u00ab\u00a0Lesquels sont bl\u00e2mables\u00a0\u00bb. En ce qui concerne ses jugements et opinions, je crois n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser que bien souvent les miens sont diff\u00e9rents. Non\u00a0 pas toujours, on le sentira du reste, et ceci est une autre histoire. Mais je ne voudrais pas para\u00eetre suspect d&rsquo;avoir voulu me servir d&rsquo;un personnage de fiction pour faire conna\u00eetre mes id\u00e9es sur la morale et les m\u0153urs. Jean Leduc n&rsquo;est pas une cr\u00e9ation de l&rsquo;esprit, il n&rsquo;est m\u00eame pas une exception \u00e0 notre \u00e9poque. Que la citation d&rsquo;Apollinaire justifie mon intention. Celle-ci ne pouvait me permettre toutefois d&rsquo;\u00e9dulcorer un caract\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre vrai peut me valoir d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9 d&rsquo;esprit subversif par des moralistes professionnels. J&rsquo;en ai pris mon parti d&rsquo;avance, ainsi que d&rsquo;une mise \u00e0 l&rsquo;index par les assujettis avou\u00e9s ou camoufl\u00e9s \u00e0 telle ou telle ob\u00e9dience. Certains \u00ab\u00a0ladies et gentlemen &#8230; ne peuvent trop s&rsquo;\u00e9tonner qu&rsquo;un homme ait perdu la foi qu&rsquo;il avait dans la valeur d&rsquo;un shilling apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert que ce shilling \u00e9tait de la fausse monnaie\u00a0\u00bb. Mais un optimisme foncier me pousse \u00e0 croire nombreux ceux qui commencent \u00e0 se lasser de trouver de la fausse monnaie plein leurs poches.<\/p>\n<p>Ceci pour pr\u00e9ciser que, sans vouloir plaider ni rien prouver, ce n&rsquo;est pas mon mauvais gar\u00e7on que je trouve condamnable.<\/p>\n<p><strong>Le Libertaire<\/strong><\/p>\n<p><strong>13 d\u00e9cembre 1946<\/strong><strong><ins datetime=\"2009-07-14T20:07\" cite=\"mailto:X\"><ins cite=\"mailto:X\"><\/ins><\/ins><\/strong><\/p>\n<p>On sait ce que divers r\u00e9gimes d&rsquo;inquisition, de chantage et de contrainte ont fait, en quelques<br \/>\nann\u00e9es, de la litt\u00e9rature europ\u00e9enne: un bavardage d&rsquo;apeur\u00e9s. Sur ce fond de pleutrerie, quelques \u00e9crits heureusement se d\u00e9tachent d\u00e9j\u00e0, t\u00e9moignant que l&rsquo;esprit a d\u00e9cid\u00e9 de vivre, envers et contre tout, dans un monde chaque jour plus invivable. Un de nos camarades \u00e9num\u00e9rait ici r\u00e9cemment les \u0153uvres de Malraux, de K\u0153stler, de Silone, de George Orwell; il faudrait se h\u00e2ter d&rsquo;y ajouter celle de Camus et celle de Bernanos.<br \/>\nAujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit d&rsquo;un jeune \u00e9crivain, Alain Sergent, qui retiendra notre attention; les valets de plume de la bourgeoisie communiste ayant jet\u00e9 l&rsquo;anath\u00e8me sur ce livre, les critiques litt\u00e9raires, qui sont au premier rang des l\u00e9gions d&rsquo;intimid\u00e9s (ce terme est tr\u00e8s doux), se sont bien gard\u00e9s d&rsquo;en parler \u00e0 leurs lecteurs; \u00e0 notre connaissance, il n&rsquo;y a gu\u00e8re que Nadeau qui ait rompu le silence, dans \u00a0\u00bb Combat \u00ab\u00a0.<br \/>\nIl nous sera tr\u00e8s facile de r\u00e9pondre par avance \u00e0 ceux qui, nous prenant pour des partisans, nous reprocheraient de parler de ce livre parce qu&rsquo;il t\u00e9moigne d&rsquo;une certaine tendresse pour les<br \/>\nanarchistes. Cette tendresse existe bien dans le r\u00e9cit d&rsquo;Alain Sergent. Mais il est encore plus vrai que les anarchistes y sont \u00e0 peu pr\u00e8s aussi malmen\u00e9s que les communistes, les hitl\u00e9riens, les bourgeois traditionnels, etc. Nous n&rsquo;avons rien de sectaire dans l&rsquo;esprit; nous ne sommes rien d&rsquo;autre que des hommes t\u00e9moignant que l&rsquo;homme, quoi qu&rsquo;on lui puisse faire, veut rester<br \/>\nconscient, veut rester bon, veut rester intelligent : dans toute critique de bonne foi dirig\u00e9e contre nous, ce qui nous int\u00e9resse, c&rsquo;est la bonne foi de la critique; \u00e9tant anarchistes, nous savons que par d\u00e9finition il faut toujours et toujours aller au-del\u00e0, ind\u00e9finiment au-del\u00e0 de ce que les anarchistes font, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que se r\u00e9alise un jour par la pure volont\u00e9 des \u00e2mes le NIVELLEMENT PAR EN HAUT, notre but supr\u00eame.<br \/>\nSurtout, nous ne pouvons \u00eatre d&rsquo;accord avec l&rsquo;attitude r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par ce roman: Alain Sergent est<br \/>\nl&rsquo;un de ces millions et millions de \u00a0\u00bb d\u00e9go\u00fbt\u00e9s \u00a0\u00bb que les absurdes horreurs de ce si\u00e8cle \u00ab\u00a0d\u00e9moralisent \u00a0\u00bb et conduisent au nihilisme. Alain Sergent ne r\u00e9pond au cynisme triomphant que par un cynisme rebelle; il ne r\u00e9plique au n\u00e9ant de cette \u00e8re que par la constatation de ce n\u00e9ant et la construction d&rsquo;un n\u00e9ant personnel. Nous ne comprenons que trop cette forme de r\u00e9volte, qui a son prix et qui d&rsquo;ailleurs est sans doute la condition d&rsquo;une r\u00e9surrection de la conscience dans la situation qui nous est donn\u00e9e. Il n&rsquo;en reste pas moins vrai qu&rsquo;Alain Sergent, peut-\u00eatre contre sa volont\u00e9, entre ainsi dans les divers syst\u00e8mes \u00e0 la mode, qui tous ont pour trait commun de nier et de bafouer la vie int\u00e9rieure des \u00e2mes. Il est tr\u00e8s probable, il faut se h\u00e2ter de le dire, qu&rsquo;Alain Sergent ne s&rsquo;en tiendra pas \u00e0 ce \u00ab\u00a0d\u00e9go\u00fbt\u00a0\u00bb : il y a vers la fin de son livre quelques pages soudain plus douces, lorsque le h\u00e9ros du roman se trouve face \u00e0 face avec un ermite russe vivant en pleine for\u00eat loin des sornettes qui ensanglantent notre temps; bien que l&rsquo;auteur n&rsquo;ait pas voulu, m\u00eame \u00e0 ce moment-l\u00e0 quitter le ton cynique, on le devine \u00e9mu, \u00e9branl\u00e9.<br \/>\nCes r\u00e9serves faites, nous ne pouvons qu&rsquo;applaudir. Toutes les billeves\u00e9es politiques dont les<br \/>\nuns et les autres ont voulu et veulent encore nous encombrer le cerveau sont ici totalement an\u00e9anties. Ce livre, \u00e9crit en une langue tr\u00e8s drue, est une vigoureuse distribution de coups de<br \/>\ntrique; tour \u00e0 tour, les franquistes, les mussoliniens, les soi-disant antifascistes, les collaborateurs, les r\u00e9sistants, les hitl\u00e9riens, les Russes, les Allemands, les Fran\u00e7ais, les maquisards, les gens de la L.V.F., les antis\u00e9mites, les pros\u00e9mites, les \u00e9crivains \u00e0 la mode, bref tous les repr\u00e9sentants des sottises vari\u00e9es de ce si\u00e8cle, \u00ab\u00a0attrapent\u00a0\u00bb selon leur grade. Il y a de la sant\u00e9 dans cette agilit\u00e9 \u00e0 d\u00e9truire tous les mythes dont on veut nous infester. Dans ce monde o\u00f9 les \u00eatres les plus vils nous parlent sans arr\u00eat d&rsquo;\u00e9puration, on a besoin d&rsquo;authentiques \u00e9purateurs qui nous \u00e9purent de tous ceux qui font de ce monde un monde litt\u00e9ralement infernal: en voil\u00e0 un. On se dit au sortir de ce livre: \u00ab\u00a0L&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;ab\u00eatissement universel n&rsquo;a pas encore r\u00e9ussi.\u00a0\u00bb<br \/>\nS&rsquo;il y avait encore en France une critique litt\u00e9raire, nos chroniqueurs si abondants trouveraient<br \/>\nbien un instant pour proclamer que ce livre, selon leur formule, \u00ab\u00a0constitue un important<br \/>\nt\u00e9moignage d&rsquo;un jeune \u00e9crivain de talent\u00a0\u00bb. Qui lira le livre d&rsquo;Alain Sergent comprendra que ce<br \/>\nr\u00e9fractaire n&rsquo;a nullement besoin que ces gens rompent \u00e0 son sujet la conspiration du silence. Alain Sergent le dit d&rsquo;ailleurs dans sa pr\u00e9face, (trop prudente \u00e0 notre gr\u00e9) : \u00ab\u00a0Je prends mon parti d&rsquo;avance d&rsquo;une mise \u00e0 l&rsquo;index par les assujettis avou\u00e9s ou camoufl\u00e9s \u00e0 telle ou telle ob\u00e9dience.\u00a0\u00bb<br \/>\nCette derni\u00e8re d\u00e9claration nous met en face d&rsquo;une des r\u00e9alit\u00e9s essentielles de ces temps: \u00e0 force de vouloir tout contr\u00f4ler, nos contr\u00f4leurs litt\u00e9raires finalement ne contr\u00f4leront plus que le n\u00e9ant ; tout ce qui sera v\u00e9ritablement acte de l&rsquo;esprit leur \u00e9chappera par une loi aussi naturelle que l&rsquo;eau \u00e9chappe \u00e0 la main qui la veut trop presser. Il est probable que toute la litt\u00e9rature qui comptera va d\u00e9sormais se d\u00e9velopper sur le plan de l&rsquo;opposition.<br \/>\nArmand Robin<\/p>\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Sources\u00a0:<\/span><\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>&#8211; Alexandre Jacob, Ecrits, r\u00e9\u00e9dition, l&rsquo;Insomniaque, 2004<\/li>\n<li>&#8211; Archives personnelles d&rsquo;Alexandre Jacob, CIRA Marseille<\/li>\n<li>&#8211; Correspondance de Jean-Fran\u00e7ois Amary avec Pierre Valentin Berthier, Michel Ragon et Lucienne Mah\u00e9<\/li>\n<li>&#8211; Lettres et entretien avec Lucienne Mah\u00e9, f\u00e9vrier 2002<\/li>\n<li>&#8211; Entretien avec Yann LeBellec, 2008<\/li>\n<\/ul>\n<hr size=\"1\" \/><a name=\"_ftn1\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir interview de Pierre Valentin Berthier dans le Jacoblog.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref2\">[2]<\/a> La vie de Jacob constitue un filon litt\u00e9raire pour Sergent qui, en 1963, \u00e9crit conjointement avec Gilbert Guilleminault\u00a0<em>L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e de la r\u00e9volte<\/em> sur la p\u00e9riode dite \u00ab\u00a0<em>h\u00e9ro\u00efque<\/em> \u00bb de l&rsquo;anarchie. C&rsquo;est encore avec ce dernier, collaborateur comme lui pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale, qu&rsquo;il donne un an plus tard un article au titre \u00e9vocateur pour le num\u00e9ro 213 du magazine de vulgarisation historique <em>Historia<\/em> :\u00a0<em>L&rsquo;homme qui servit de mod\u00e8le \u00e0 Ars\u00e8ne Lupin<\/em> (n\u00b0213, ao\u00fbt 1964, p.248-258).<\/p>\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref3\">[3]<\/a> Lettre de Lucienne Mah\u00e9, femme de Marcel Mah\u00e9, lui-m\u00eame fr\u00e8re d&rsquo;Alain Sergent, 18 janvier 2002.<\/p>\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-includes\/js\/tinymce\/plugins\/paste\/blank.htm#_ftnref4\">[4]<\/a> Voir interview de Madeleine Briselance dans le Jacoblog.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 Mah\u00e9 est mort le 29 ao\u00fbt 1982. Oubli\u00e9. Une mort dans l&rsquo;indiff\u00e9rence. Une mort ordinaire. La mort d&rsquo;un inconnu \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique de Maison Blanche dans la r\u00e9gion parisienne. Les premiers sympt\u00f4mes de la folie datent des ann\u00e9es 1970. Effet de l&rsquo;alcool ing\u00e9r\u00e9 pendant des ann\u00e9es ? Andr\u00e9 ne buvait plus. 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