{"id":13,"date":"2008-04-09T07:50:27","date_gmt":"2008-04-09T05:50:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=13"},"modified":"2008-05-09T08:20:47","modified_gmt":"2008-05-09T06:20:47","slug":"jacob-dans-limpasse","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2008\/04\/jacob-dans-limpasse\/","title":{"rendered":"Jacob dans l&rsquo;impasse"},"content":{"rendered":"<p align=\"center\"><strong>DE LA REPRISE NON-INDIVIDUELLE<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><strong>ET A DES FINS COMMERCIALES D&rsquo;UN MEC BIEN<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/impasse-jacob4.jpg\"><\/a><\/p>\n<p style=\"center\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft aligncenter size-medium wp-image-15\" style=\"left;\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/impasse-jacob4-300x225.jpg\" alt=\"A Reuilly, \\\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/p>\n<p>Samedi 23 octobre 2004. Reuilly. 15 km au Sud de Vierzon. Un trou du cul du monde parmi tant d&rsquo;autre. 17h15. Claude Nerrand, pr\u00e9sident de l&rsquo;office du tourisme local, et Patrick Bertrand, adjoint au maire d&rsquo;une commune sans \u00e9tiquette et pourtant renomm\u00e9e pour son gros rouge qui tache, d\u00e9voilent une plaque de rue. Assistance peu nombreuse. L&rsquo;impasse porte d\u00e9sormais le nom de Marius Jacob.<\/p>\n<p>La mode est \u00e0 la comm\u00e9moration. Argument facile et publicitaire. Il y a 60 balais, les tommies nous lib\u00e9raient des sicaires de tonton Adolf. Les \u00e9tals des marchands du temple de la culture regorgent de bouquins sur l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Il y 50 piges \u00ab <em>le dernier des grands voleurs anarchistes<\/em> \u00bb (dixit le Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier Fran\u00e7ais de Jean Maitron) se donnait la mort par injection de morphine et par inhalation de gaz carbonique dans sa maison du hameau de Bois Saint Denis \u00e0 Reuilly, petit village berrychon. <!--more-->Anecdote humainement ordinaire. Ne pas crever physiquement d\u00e9moli. Mais, si vous passez par l\u00e0-bas, on ne sait jamais, prenez le temps de pousser la porte de la boulangerie du centre et d&rsquo;admirer deux superbes p\u00e2tisseries r\u00e9pondant (\u00e0 la demande de l&rsquo;ancien colonel Nerrand) aux doux nom de \u00ab <em>Marius Jacob<\/em> \u00bb et d&rsquo;\u00ab <em>Ars\u00e8ne Lupin<\/em> \u00bb. V\u00e9ridique ! Il faut entretenir le mythe. Pourquoi pas ? Cela fait venir le p\u00e9quin moyen. Le Val de Loire a ses ch\u00e2teaux, le Berry ses sorci\u00e8res et Reuilly Ars\u00e8ne Lupin par l&rsquo;entremise d&rsquo;Alexandre Marius Jacob. C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 le b\u00e2t blesse.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-14\" style=\"middle;\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/marius1-259x300.jpg\" alt=\"\" width=\"128\" height=\"150\" \/><\/p>\n<p style=\"center\"><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/le-prieure.bmp\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-12\" style=\"middle;\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/le-prieure.bmp\" alt=\"\" width=\"341\" height=\"149\" \/><\/a><\/p>\n<p>Syst\u00e9matiquement, le nom de l&rsquo;ill\u00e9galiste anarchiste est accol\u00e9 \u00e0 celui de gentleman cambrioleur. 22 mars 1905 : la cour d&rsquo;assises de la Somme condamne Alexandre Jacob aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 pour association de malfaiteurs, vols (il en avoue 156 lors de l&rsquo;instruction), tentative de meurtre, meurtre, etc. Juillet 1905 : Messieurs Leblanc et Laffitte sont heureux de vous annoncer la naissance de leur petit dernier dans les colonnes du magazine <em>Je Sais Tout<\/em>. Ars\u00e8ne Lupin a depuis int\u00e9gr\u00e9 le panth\u00e9on des h\u00e9ros litt\u00e9raires fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>M\u00e9conna\u00eetre le r\u00e9el pour mieux valoriser l&rsquo;imaginaire, la fiction. Il n&rsquo;est gu\u00e8re de papiers dans les torchons r\u00e9gionaux et nationaux qui d\u00e9rogent \u00e0 ce principe. Autom-ne 2004 : sortie du film \u00ab <em>Ars\u00e8ne Lupin<\/em> \u00bb avec Romain Duris et Kristin Scott Thomas. <em>Ici Paris<\/em>, le 25 octobre, consacre deux pages \u00e0 \u00ab <em>L&rsquo;incroyable histoire du vrai gentleman cambrioleur<\/em> \u00bb. Pour le <em>Berry R\u00e9publicain<\/em> du 7 novembre, \u00ab <em>Ars\u00e8ne Lupin termina sa vie en Berry<\/em> \u00bb. Et le remplissage fait vendre. M\u00eame dans les revues de vulgarisation historique. Flash Back. Le n\u00b0127 du mensuel <em>L&rsquo;Histoire <\/em>,en novembre 1989, se penche sur quelques lignes sur \u00ab <em>Alexandre Jacob, gentleman cambrioleur<\/em> \u00bb. Plus r\u00e9cemment, la revue d&rsquo;histoire populaire <em>Gavroche<\/em>, dans son num\u00e9ro de septembre 2004, par l&rsquo;entremise de M.Fran\u00e7ois Roux, \u00e9voque \u00ab <em>Marius Jacob, le r\u00e9volt\u00e9 \u00e0 vie<\/em> \u00bb. Mais l&rsquo;article est surtitr\u00e9 : \u00ab <em>Un mod\u00e8le pour Ars\u00e8ne Lupin<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Vulgariser n&rsquo;est pas inventer ni m\u00eame fabriquer. Or, la discipline historique a ceci d&rsquo;exigeant qu&rsquo;elle doit se baser sur des sources irr\u00e9futables. Sans quoi, le r\u00e9visionnisme guette. Quelles sont-elles ici ? Trois biographies dont une seule peut \u00eatre s\u00e9rieusement consi-d\u00e9r\u00e9e comme acceptable. Encore faut-il pr\u00e9ciser qu&rsquo;Alain Sergent, auteur en 1950 d&rsquo; \u00ab <em>Un anarchiste de la Belle Epoque<\/em> \u00bb, tient son propos de la bouche m\u00eame du vieux forain Marius Jacob (le choix du pr\u00e9nom s&rsquo;explique ; Alexandre revenait trop cher \u00e0 faire imprimer sur le barnum du marchand itin\u00e9rant). Mais il est aussi le premier \u00e0 verser dans l&rsquo;\u00e9pique, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 faire du th\u00e9oricien ill\u00e9galiste un aventurier des plus extraordinaires. Au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1964, il \u00e9crit m\u00eame un article pour le mensuel <em>Historia<\/em> (n\u00b0213) : \u00ab <em>L&rsquo;homme qui servit de mod\u00e8le \u00e0 Ars\u00e8ne Lupin<\/em> \u00bb. De fait, les aspects libertaires s&rsquo;\u00e9dulcorent et le rapprochement avec le gentleman cambrioleur peut s&rsquo;\u00e9tablir sans probl\u00e8me.<\/p>\n<p>Que l&rsquo;on prouve la pr\u00e9sence de Maurice Leblanc \u00e0 Amiens &#8211; ne serait-ce qu&rsquo;une seule journ\u00e9e &#8211; du 8 au 22 mars 1905 et l\u00e0 effectivement on pourra \u00e9ventuellement affirmer le lien Jacob\/Lupin. Dans le cas contraire, on nage dans une esp\u00e8ce de processus de \u00ab\u00a0mythification\u00a0\u00bb (excusez le n\u00e9ologisme) qui ne peut que nuire \u00e0 la port\u00e9e politique de la geste jacobienne.<\/p>\n<p>Car, \u00e0 Amiens, Alexandre Jacob est pass\u00e9 de la propagande par le vol \u00e0 la propagande par la parole : \u00ab <em>le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend<\/em> \u00bb affirme-t-il dans sa c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9claration \u00ab <em>Pourquoi j&rsquo;ai cambriol\u00e9 ?<\/em> \u00bb (Germinal 18 mars 1905).<\/p>\n<p>Certes, \u00e0 Amiens, nous pouvons objecter la pr\u00e9sence du magazine <em>Gil Blas<\/em> et l&rsquo;exis-tence de l&rsquo;article de Georges Pioch dans <em>Le Libertaire<\/em>, article qui prend ouvertement la d\u00e9fense du \u00ab\u00a0<em>bandit d&rsquo;Abbeville<\/em>\u00a0\u00bb et des Travailleurs de la Nuit. Leblanc a particip\u00e9 \u00e0 <em>Gil Blas<\/em> et, dans cette feuille \u00e9rotico-libertaire parisienne , il rencontre r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;anarchiste Pioch. Cela ne fait en rien de Jacob l&rsquo;inspirateur de Leblanc.<\/p>\n<p>Le contexte de la \u00ab Belle Epoque \u00bb est nettement plus propice \u00e0 clarifier la gen\u00e8se du redresseur de tort au temp\u00e9rament philanthropique. L&rsquo;historien Jean-Marc Berli\u00e8re indique dans un de ses ouvrages sur l&rsquo;histoire de la police que le XIXe si\u00e8cle finissant vit dans la psychose du crime, sur la peur g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9. En d&rsquo;autres temps, un c\u00e9l\u00e8bre pr\u00e9-sentateur TV aurait dit \u00ab\u00a0<em>La France<\/em><em> a peur<\/em>\u00ab\u00a0. Peur des Apaches de Paris, peur des bandes agissant en province. Sarkosy aurait-il des relents de Cl\u00e9menceau ?. Les Brigades du Tigre sont cr\u00e9\u00e9es pour remettre la France sur les voies de l&rsquo;ordre. Mais l&rsquo;imaginaire collectif se prend aussi de sympathie lorsque le criminel lui ressemble et, qui plus est, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;attaque \u00e0 des victimes qui, en temps ordinaire, sont les profiteurs sociaux de l&rsquo;ordre capitaliste. Nous sommes en pleine r\u00e9volution industrielle et la paup\u00e9risation galopante laisse sur le carreau des masses de plus en plus prol\u00e9taris\u00e9es.<\/p>\n<p>En ce sens, les actes de Jacob avant 1905 s&rsquo;inscrivent dans un contexte social bien particulier. En ce sens, la naissance de Lupin n&rsquo;est pas due au hasard ni m\u00eame \u00e0 la seule imagination de Leblanc.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res aventures de Lupin paraissent, c&rsquo;est vrai, quelques mois apr\u00e8s le proc\u00e8s d&rsquo;Amiens mais, \u00e0 la demande de Pierre Lafitte (son \u00e9diteur) M.Leblanc cr\u00e9e un personnage fran\u00e7ais (c&rsquo;est \u00e0 dire un peu gouailleur, un peu roublard, un peu &#8230;.) \u00e0 l&rsquo;image du Sherlock Holmes de Conan Doyle. Le m\u00eame d\u00e9tective so british se retrouve d&rsquo;ailleurs travesti sous la plume de Leblanc et devient l&rsquo;ennemi jur\u00e9 Herlock Sholmes. Rajoutons enfin notre voix \u00e0 celles de la petite fille de Leblanc et de son biographe J.Derrouard, \u00e0 savoir que l&rsquo;id\u00e9e du ban-dit au grand coeur, un peu \u00ab\u00a0anar\u00a0\u00bb \u00e0 ses d\u00e9buts \u00e9tait dans l&rsquo;air au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Nous avons vu dans quel cadre. Un peu anar \u00e0 ses d\u00e9buts ? Cela m\u00e9rite un petit d\u00e9veloppement car, avec le temps, Lupin &#8211; qui \u00e9volue toujours en milieu bourgeois (cf les premi\u00e8res lignes de la premi\u00e8re aventure de Lupin) &#8211; devient germanophobe et flic ( 813, l&rsquo;agence Barnett et Cie, Victor de la Brigade Mondaine, etc. ). La comparaison avec Jacob devient de la sorte des plus incongrues et des plus d\u00e9sobligeantes pour l&rsquo;anarchiste. Et inop\u00e9rante.<\/p>\n<p>Alors qu&rsquo;il fallait mettre en avant l&rsquo;anarchiste, la multitude de papiers ayant Jacob pour sujet ont opt\u00e9 pour le h\u00e9ros, pour l&rsquo;amalgame avec le personnage de fiction!!! Nom de rien ! Que c&rsquo;est dommageable \u00e0 la propagande et \u00e0 l&rsquo;histoire du mouvement. Car avec Jacob, on tient un personnage cl\u00e9, central. Pourquoi se r\u00e9f\u00e9rer aux ouvrages de M.M. Caruchet et Thomas, biographes de Jacob apr\u00e8s Alain Sergent mais \u00e9galement romanciers, journalistes et affabulateurs alors que seuls les volumes publi\u00e9s aux \u00e9ditions <em>L&rsquo;Insomniaque<\/em> peuvent r\u00e9ellement aider \u00e0 comprendre Jacob ? Et pour cause ! Il s&rsquo;agit de ses \u00e9crits ! Affabulateurs, dis-je ? Le premier imagine une entrevue entre Jacob et Durutti en 1937 alors que l&rsquo;anar espagnol est mort en 1936 !!! Encore plus courtelinesque est la tr\u00e8s hypoth\u00e9tique amiti\u00e9 liant l&rsquo;anarchiste voleur \u00e0 L\u00e9on Bronstein (dit Trotski), exil\u00e9 \u00e0 Paris ; les deux hommes allant m\u00eame disserter po\u00e9sie de gaingois sur la tombe de Charles Baudelaire. Affabulateurs dis-je ? Le second se pr\u00e9vaut de l&rsquo;utilisation du dossier d&rsquo;instruction ayant servi au proc\u00e8s d&rsquo;Amiens pour \u00e9difier son lecteur sur les travailleurs de la nuit, savoir quelques 20000 pi\u00e8ces et un acte d&rsquo;accusation d&rsquo;environ 160 pages. Or ledit dossier est \u00e0 ce jour introuvable. Ni aux archives de la Somme o\u00f9 il devrait \u00eatre, ni aux Nationales et encore moins aux archives contemporaines de Fontainebleau. Alors, Monsieur Thomas indique l&rsquo; avoir eu d&rsquo;une mani\u00e8re rocambolesque : un dossier perdu, un ami juge d&rsquo;instruction, un dossier retrouv\u00e9 dans une grotte perdue au fin fond d&rsquo;Yvetot et ayant servi \u00e0 planquer les archives de la Justice fran\u00e7aise \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des blind\u00e9s allemands. Soit ! Yvetot ! En Normandie ! Une grotte ! Et pourquoi pas \u00ab L&rsquo;aiguille creuse \u00bb tant qu&rsquo;on y est puisque Yvetot c&rsquo;est aussi un des lieux d&rsquo;Ars\u00e8ne Lupin. Comme quoi, si on voulait se mordre la queue on ne pourrait mieux s&rsquo;y prendre. Une petite derni\u00e8re prouve qu&rsquo;aucun des deux cit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment n&rsquo;a s\u00e9rieusement \u00e9ruct\u00e9 sur Alexandre jacob. Il suffit par exemple de lire la r\u00e9\u00e9dition des \u00ab\u00a0<em>Vies de Jacob<\/em>\u00a0\u00bb (Mazarine 1998) pour y trouver moult d\u00e9tails sujets \u00e0 caution. Il y est \u00e9crit par exemple que Jules Clarenson finit par s&rsquo;\u00e9vader du bagne et que l&rsquo;on perd d\u00e8s lors sa trace. Jules Clarenson est un des Travailleurs de la nuit. Il participe avec Jacob et Honor\u00e9 Bonnefoy au fameux coup de la rue Quincampoix (6 octobre 1901). Rel\u00e9gu\u00e9, il s&rsquo;\u00e9vade effec-tivement du bagne et rejoint la France o\u00f9 il est arr\u00eat\u00e9 de nouveau. Retour \u00e0 la case Guyane et, le jour de son arriv\u00e9e l\u00e0 bas, Clarenson meurt. L\u00e0, on peut affirmer que l&rsquo;on perd d\u00e9finitivement sa trace !!!! Le fait est v\u00e9rifiable aux archives de l&rsquo;outre-mer \u00e0 Aix en Provence.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me des sources pour qui s&rsquo;int\u00e9resse un tant soi peu \u00e0 Jacob n&rsquo;est pas insoluble et, face \u00e0 la pl\u00e9thore, de celles-ci il n&rsquo;y a pas lieu de trancher le n\u0153ud gordien. Encore moins d&rsquo;inventer des faits que l&rsquo;on retrouve dans la multitude d&rsquo;articles sur Alexandre Jacob. J&rsquo;en veux pour exemple les passages sur le bagne ou encore ceux sur la guerre d&rsquo;Espagne. L\u00e0 Jacob n&rsquo;est plus Lupin mais on se met \u00e0 penser \u00e0 Ch\u00e9ri-Bibi ou \u00e0 Pancho Villa ! Et pourquoi pas Vidocq, premier flic de France en son temps !!!! Le temps est aux comm\u00e9morations.<\/p>\n<p>Cinquante ans apr\u00e8s sa mort, la maison d&rsquo;\u00e9dition libertaire L&rsquo;Insomniaque r\u00e9\u00e9dite les \u00ab <em>Ecrits<\/em> \u00bb de celui qui ne fut ni le gentleman cambrioleur d&rsquo;un quelconque romancier bourgeois et normand, ni un \u00e9ni\u00e8me Robin des Bois ni m\u00eame un autre Papillon tentant la Belle dix-sept fois pour fuir l&rsquo;enfer guyanais. Cela n&rsquo;a rien d&rsquo;une comm\u00e9moration. Cela est un hom-mage \u00e0 l&rsquo;homme et \u00e0 la sympathique reproductibilit\u00e9 de ses actes. Car, entre la marmite \u00e0 renversement d&rsquo;Emile Henry ou de Ravachol et les browning de Bonnot, le p\u00e8re Jacob offre une autre voie, h\u00e9las refoul\u00e9e aux poubelles de l&rsquo;histoire. Alexandre Jacob est \u00e0 dix lieues de ces innombrables clich\u00e9s qui ont fait la fortune de quelques ouvrages \u00e0 pr\u00e9tentions historiques et qui dissimulent mal une authentique figure de l&rsquo;anarchisme fran\u00e7ais, de l&rsquo;individualisme anarchiste. Th\u00e9oricien de l&rsquo;ill\u00e9galisme, Alexandre Jacob a su mettre en pratique ses convictions. Durant toute sa vie. La r\u00e9\u00e9ditions des \u00ab Ecrits \u00bb tombe \u00e0 point nomm\u00e9. Relisons Jacob et sortons-le de l&rsquo;impasse !!!!<\/p>\n<p style=\"right;\">Paru dans <em>Le Coquelicot<\/em> n\u00b044<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DE LA REPRISE NON-INDIVIDUELLE ET A DES FINS COMMERCIALES D&rsquo;UN MEC BIEN Samedi 23 octobre 2004. Reuilly. 15 km au Sud de Vierzon. Un trou du cul du monde parmi tant d&rsquo;autre. 17h15. Claude Nerrand, pr\u00e9sident de l&rsquo;office du tourisme local, et Patrick Bertrand, adjoint au maire d&rsquo;une commune sans \u00e9tiquette et pourtant renomm\u00e9e pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[15,7],"tags":[95,112,151,152,98,25,246,40,247,39,245,67,116,81,173],"jetpack_publicize_connections":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}