{"id":1185,"date":"2009-06-20T05:44:40","date_gmt":"2009-06-20T03:44:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1185"},"modified":"2018-12-15T10:45:59","modified_gmt":"2018-12-15T09:45:59","slug":"vive-les-enfants-de-cayenne","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/06\/vive-les-enfants-de-cayenne\/","title":{"rendered":"Vive les enfants de Cayenne !"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/barricata-na19-dessin-de-melvin-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1186\" title=\"Barricata n\u00b019, dessin de Melvin\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/barricata-na19-dessin-de-melvin-1-182x300.jpg\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"201\" \/><\/a>Une intro sourde, lourde, b\u00e9tonn\u00e9e. Lourde et sourde comme les pas des fagots tournant le dos \u00e0 leur pass\u00e9 d&rsquo;hommes libres. D\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9. Ils vont s&#8217;embarquer sur <em>La Loire<\/em> ou <em>La Martini\u00e8re<\/em>. Cela d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e9poque. Les deux b\u00e2timents de la <em>Soci\u00e9t\u00e9<\/em><em> Nantaise<\/em><em> de Navigation<\/em> les transporteront dans des cages appel\u00e9es bagnes. Tout un programme. Et vogue la gal\u00e8re. Guyane et son enfer vert, vaste comme une dizaine de d\u00e9partements m\u00e9tropolitains. Un pays o\u00f9 il n&rsquo;y a pas d&rsquo;avenir. \u00ab\u00a0<em>On est sans nom, on est plus rien<\/em> \u00bb dit une autre chanson. Et celle-ci, \u00e9crite par Albert Londres en 1928, d\u00e9voile la seule perspective du criminel exil\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>On est plus qu&rsquo;un bateau de chiens qu&rsquo;on emm\u00e8ne crever vers une \u00eele<\/em> \u00bb.<!--more--><\/p>\n<p>Esp\u00e9rance de vie \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e en Terre de Grande Punition\u00a0: cinq ans. Deux convois par an. 1000 \u00a0\u00e0 1200 victimes des tribunaux d&rsquo;injustice hexagonaux. Pendant une centaine d&rsquo;ann\u00e9es environ. L&rsquo;ogre bagne maintient ses effectifs \u00e0 hauteur de 5000 prisonniers. Les arriv\u00e9es de condamn\u00e9s aux travaux forc\u00e9s et \u00e0 la rel\u00e9gation permettent donc de faire vivre la machine p\u00e9nitentiaire.<\/p>\n<p>La mort ou l&rsquo;\u00e9vasion. <em>La Belle<\/em> est une chim\u00e8re. \u00ab\u00a0<em>Bien qu&rsquo;il y ait quatre-vingt-quinze pour cent des \u00e9vasions qui \u00e9chouent, les for\u00e7ats ne vivent que dans ce but<\/em> \u00bb \u00e9crit Eug\u00e8ne Dieudonn\u00e9 dans la vie des for\u00e7ats en 1930. C&rsquo;est un espoir de survie qui colle \u00e0 la peau, plus tr\u00e8s ch\u00e8re, de ceux qui vont y passer. \u00ab\u00a0<em>N&rsquo;allez jamais au bagne<\/em> \u00bb. Ainsi se terminent les souvenirs de Cl\u00e9ment Duval, \u00e9vad\u00e9 de l&rsquo;enfer vert guyanais en 1901.<\/p>\n<p>L&rsquo;intro de <em>Cayenne<\/em> est lourde et b\u00e9tonn\u00e9e. B\u00e9tonn\u00e9e comme ces histoire d&rsquo;amour qui finissent mal. B\u00e9tonn\u00e9e comme ces vies frapp\u00e9es par la fatalit\u00e9 sociale. La pitoyable fortune du fagot \u00e9tait trac\u00e9e. Il n&rsquo;y a pas que chez les calvinistes que l&rsquo;homme ne choisit pas. Le jeu est perdu d&rsquo;avance\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Mon destin de bagnard vint frapper \u00e0 ma porte<\/em> \u00bb. Les d\u00e9s sont pip\u00e9s.<\/p>\n<p>B\u00e9tonn\u00e9e encore comme les programmes actuels de construction de prison. On n&rsquo;envoie plus de for\u00e7ats depuis 1938. Les bagnes ont disparu. Pas le syst\u00e8me \u00e9liminatoire et carc\u00e9ral \u00e0 la fran\u00e7aise. Cette \u00ab\u00a0<em>vieille barbarie<\/em> \u00bb pour reprendre l&rsquo;expression d&rsquo;Alexandre Jacob est bien vivante. Elle d\u00e9vore encore. Encore et toujours. Jean-Marc Rouillan, les fr\u00e8res Khider en savent quelque chose. Les prisons fran\u00e7aises sont pleines \u00e0 craquer.<\/p>\n<p>Principe de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Hier comme aujourd&rsquo;hui, la soci\u00e9t\u00e9 industrielle, capitaliste et bourgeoise se nourrit de tout. M\u00eame des exclus qu&rsquo;elle g\u00e9n\u00e8re. Surtout des exclus que la paup\u00e9risation engendre. Sans la criminalit\u00e9 dont ses lois ont d\u00e9fini les contours, elle ne peut se maintenir. La peur produit la coh\u00e9sion sociale \u00a0par la volont\u00e9 de r\u00e9pression\u00a0: pr\u00e9alable obligatoire \u00e0 l&rsquo;enfermement des classes volontairement suppos\u00e9es dangereuses. Et cela commence d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. Hier, le \u00ab\u00a0savant\u00a0\u00bb\u00a0italien Lombroso d\u00e9terminait des profils de criminels. Aujourd&rsquo;hui encore, on\u00a0 cherche jusque dans les \u00e9coles maternelles les d\u00e9linquants futurs. La chanson peut d\u00e9marrer.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/parabellum-1986.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-751\" title=\"parabellum-1986\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/parabellum-1986.jpg\" alt=\"Parabellum, maxi 45 tour, 1986\" width=\"137\" height=\"140\" \/><\/a>\u00ab\u00a0<em>Jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne faites plus les cons car pour une simpl&rsquo; conn&rsquo;rie on vous fout en prison\u00a0!<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Rythme lent au d\u00e9but. Inexorable et d\u00e9l\u00e9t\u00e8re marche en avant vers le d\u00e9sespoir et la fatalit\u00e9 carc\u00e9rale. Puis tout s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re comme pour r\u00e9pondre \u00e0 la chanson \u00e9ponyme de Jacques Higelin\u00a0: non\u00a0! Cayenne, c&rsquo;est pas fini. C&rsquo;est m\u00eame un avertissement. Les paroles de <em>Cayenne<\/em> sont encore d&rsquo;une br\u00fblante actualit\u00e9.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, le sentiment d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, largement entretenu par la grande presse de la Belle Epoque, stigmatise tout un arsenal de lois r\u00e9pressives aboutissant \u00e0 la criminalisation de la jeunesse des boulevards parisiens, mais aussi de la pauvret\u00e9 sociale et du monde des marginaux. Celle de 1854 cr\u00e9e la peine affligeante des travaux forc\u00e9s. Affligeante parce que le travail n&rsquo;a jamais rendu libre le d\u00e9tenu. Il n&rsquo;a jamais pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 la r\u00e9insertion. Le travail tue. La loi de 1885 ouvre, elle, la chasse aux multir\u00e9cidivistes de la petite et moyenne d\u00e9linquance. La Guyane peut alors accueillir quelques 10000 rel\u00e9gu\u00e9s de cette date \u00e0 la fermeture d\u00e9finitive, en 1953, des prisons coloniales. Les bataillons d&rsquo;Afrique et Biribi regorgent de jeunes recrues d\u00e9class\u00e9es que n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 redresser les prisons d&rsquo;enfants de Mettray et de Belle Ile. Le crime du p\u00e9dophile Soleilland en 1907 secoue l&rsquo;opinion publique. La question de la suppression de la peine de mort est repouss\u00e9e \u00e0 plus tard. On conna\u00eet la suite mais c&rsquo;est une autre histoire.<\/p>\n<p><em>Cayenne<\/em> \u00e9voque ces gens l\u00e0.<em> Cayenne<\/em>, dont l&rsquo;auteur reste anonyme, a connu de nombreuses versions. Une des derni\u00e8res en date provient de l&rsquo;\u00eele de Beaut\u00e9. Cette complainte prend dans ce cas les airs d&rsquo;une d\u00e9nonciation f\u00e9roce et caustique d&rsquo;une partie de la jeunesse dor\u00e9e corse, ralli\u00e9e par d\u00e9soeuvrement et par racisme, aux actions nationalistes des multiples canaux historique ou autres. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9nergique punk-rock de <em>Parabellum<\/em> qui popularise n\u00e9anmoins en 1986 un texte narrant \u00e0 l&rsquo;origine la triste et navrante histoire d&rsquo;un honn\u00eate maquereau ayant refroidi un client violent et r\u00e9calcitrant.<\/p>\n<p>G\u00e9ant Vert, le parolier du groupe \u00e0 cette \u00e9poque, a remani\u00e9 un texte dont certains, sur le net, s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 attribuer la paternit\u00e9 \u00e0 Aristide Bruant. Certes, la construction d&rsquo;ensemble peut faire penser \u00e0 l&rsquo;auteur de <em>Nini peau d&rsquo;chien<\/em>, de la <em>Goutte<\/em><em> d&rsquo;Or<\/em> ou encore de <em>Biribi<\/em>. L&rsquo;\u00e9vocation des lieux parisiens montrerait alors que le chansonnier des cabarets <em>Le Chat Noir<\/em> et <em>Le Mirliton<\/em> connaissait bien mal la capitale, lui qui l&rsquo;a si bien chant\u00e9e\u00a0! Il est plus raisonnable d&rsquo;envisager un amateur taquinant la muse. Et pourquoi pas le h\u00e9ros\u00a0 de cette geste tragique\u00a0?<\/p>\n<p>Cayenne a \u00e9t\u00e9 chant\u00e9e par les transport\u00e9s. Elle n&rsquo;a pas eu le succ\u00e8s du <em>Chant de l&rsquo;Oraput<\/em> mais l&rsquo;historien du bagne Michel Pierre nous a dit se souvenir de l&rsquo;avoir entendu de la bouche d&rsquo;un des derniers survivants des camps de concentration guyanais qu&rsquo;il a pu interviewer pour les besoins de ses recherches. Le 05 ao\u00fbt 2008, sur le site web <em>Images Plus<\/em>, un d\u00e9nomm\u00e9 Daniel Lacombe abonde dans le m\u00eame sens \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9vocation des chansons sur le bagne\u00a0:<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/usines-citroan-paris-1919.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1188\" title=\"Usines Citro\u00ebn \u00e0 Paris\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/usines-citroan-paris-1919-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"154\" height=\"105\" \/><\/a>\u00ab <em>Je suis un homme de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du si\u00e8cle pass\u00e9. (&#8230;) J&rsquo;ai entendu d&rsquo;anciens r<\/em><em>epris de justice dont certains avaient embarqu\u00e9 de l&rsquo;\u00eele de R\u00e9, pour le bagne, il y avait d&rsquo;autres couplets, et le refrain l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent. (&#8230;) Ce texte provient, en majeure partie, de la bouche m\u00eame des gars de la zone qui, lors de la construction du boulevard p\u00e9riph\u00e9rique (tron\u00e7on entre la Porte de la Chapelle et la Porte de Clichy) se sont retrouv\u00e9s \u00ab\u00a0parqu\u00e9s\u00a0\u00bb dans des masures et baraquements pr\u00e8s des usines Citro\u00ebn \u00e0 Saint-Ouen. Certains des Anciens fredonnaient ce chant, j&rsquo;ai bien retenu l&rsquo;air<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;anecdote porterait la cr\u00e9ation de la chanson apr\u00e8s le premier conflit mondial\u00a0; l&rsquo;usine Citro\u00ebn ouvre officiellement ses portes\u00a0 \u00e0 Saint Ouen\u00a0 le 25 janvier 1919. La version de <em>Cayenne<\/em> que donne Daniel Lacombe diff\u00e8re de celle de Parabellum mais dans les deux cas on peut retrouver le triptyque\u00a0mac &#8211; putain &#8211; mich\u00e9, r\u00e9v\u00e9lant au-del\u00e0 des diff\u00e9rences la pr\u00e9gnance d&rsquo;une mis\u00e8re sociale, montrant \u00e0 ses enfants le chemin de la guillotine s\u00e8che\u00a0: le bagne.<\/p>\n<p>Une histoire de bas fonds donc. Une histoire d&rsquo;honneur qui voit son h\u00e9ros aller finir sa vie \u00e0 Saint Jean du Maroni, lieu d&rsquo;expiation o\u00f9 sont envoy\u00e9s les \u00ab\u00a0pieds-de-biche\u00a0\u00bb de la rel\u00e9gation, ou ailleurs. L&rsquo;appellation Cayenne est g\u00e9n\u00e9rique. Le mot d\u00e9signe le bagne dans son ensemble alors que l&rsquo;on trouve des bagnes (c&rsquo;est-\u00e0-dire des camps de travail) partout en Guyane et que Cayenne n&rsquo;en est pas le principal.<\/p>\n<p>En criant \u00ab\u00a0<em>Les crabes \u00e0 la mer<\/em> \u00bb, Schultz &#8211; le chanteur des Parabellum &#8211; fait allusion \u00e0 la haine qu&rsquo;a pu soulever, la violence des gardiens de prisons envers les transport\u00e9s. Le crabe, c&rsquo;est le chaouch, le garde-chiourme, l&rsquo;agent de la Tentiaire. Le plus souvent un Corse ou un Breton, originaires de ces r\u00e9gions pauvres de la R\u00e9publique, grandes pourvoyeuses de z\u00e9l\u00e9s mais aussi corrompus et alcooliques fonctionnaires.<\/p>\n<p>Quatorze ans apr\u00e8s <em>Parabellum<\/em>, la version des Amis d&rsquo;ta femme remplace cette phrase par\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Une seule solution\u00a0: c&rsquo;est la R\u00e9volution\u00a0!<\/em> \u00bb. Le groupe Nanc\u00e9en a rajout\u00e9 aussi un couplet (en gras ci-dessous). Dans tous les cas, Cayenne est devenu un hymne. Une ode \u00e0 la gloire des victimes d&rsquo;une justice forc\u00e9ment de classe<\/p>\n<p><strong><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vive-les-enfants-de-cayenne-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1187\" title=\"Vive les enfants de Cayenne !\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/vive-les-enfants-de-cayenne-1-300x238.jpg\" alt=\"\" width=\"153\" height=\"123\" \/><\/a>Cayenne<\/strong><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"560\" height=\"315\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/OxBKzAIC6OQ\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Je me souviens encore de ma premi\u00e8re femme<br \/>\nElle s&rsquo;appelait Nina, une vraie putain dans l&rsquo;\u00e2me!<br \/>\nLa reine des morues de la plaine Saint-Denis,<br \/>\nElle faisait le tapin pr\u00e8s d&rsquo;la rue d&rsquo;Rivoli!<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p>Ell&rsquo; aguichait l&rsquo;client quand mon destin d&rsquo;bagnard<br \/>\nVint frapper \u00e0 sa porte sous forme d&rsquo;un richard&#8230;<br \/>\nil lui\u00a0 crachat dessus, rempli de son d\u00e9dain,<br \/>\nLui mit la main au cul et la traita d&rsquo;putain.<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p>Moi qui \u00e9tait son homme et pas une peau de vache,<br \/>\nMoi qui dans ma jeunesse les principes d&rsquo;un apache,<br \/>\n&lsquo;sortis mon 6&rsquo;35, et d&rsquo;une balle en plein coeur<br \/>\nJe l&rsquo;\u00e9tendis raide mort et fus serr\u00e9 sur l&rsquo;heure!&#8230;<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t arr\u00eat\u00e9, &lsquo;fus men\u00e9 \u00e0 Cayenne.<br \/>\nC&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai purg\u00e9 le forfait de ma peine&#8230;<br \/>\nJeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ne faites plus les cons,<br \/>\nCar pour une simpl&rsquo; conn&rsquo;rie, on vous fout en prison<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p>Si je viens \u00e0 mourir, je veux que l&rsquo;on m&rsquo;enterre<br \/>\nDans un tout p&rsquo;tit cimeti\u00e8re pr\u00e8s d&rsquo;la porte Saint-Martin,<br \/>\nQuatr&rsquo; cent putains \u00e0 poil viendrons crier tr\u00e8s haut :<br \/>\n\u00ab\u00a0C&rsquo;est le roi des julots que l&rsquo;on m\u00e8ne au tombeau!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p><strong>Sur ma tombe on lira cette glorieuse phrase<br \/>\n\u00e9crite par les \u00ab\u00a0truands\u00a0\u00bb\u00a0 d&rsquo;une tr\u00e8s haute classe\u00a0:<br \/>\nHonneur a la putain qui m&rsquo;a donn\u00e9 sa main,<br \/>\nSi je n&rsquo;\u00e9tais pas mort, je te baiserais encore<\/strong><\/p>\n<p>Pas de gr\u00e2ce,<br \/>\npas de piti\u00e9<br \/>\npour toutes ces bandes de l\u00e2ches<br \/>\net ces bandes d&rsquo;encul\u00e9s<\/p>\n<p>Mort aux vaches!<br \/>\nMort aux cond\u00e9s!<br \/>\nViv&rsquo; les enfants d&rsquo;Cayenne!<br \/>\nA bas ceux d&rsquo;la s\u00fbret\u00e9!<\/p>\n<p>Dans <strong>Barricata n\u00b019<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00e9t\u00e9 2009<\/strong><\/p>\n<p>NB : Merci \u00e0 Melvin pour les illustrations, nous avons mis en gras les paroles rajout\u00e9es par les Amis d&rsquo;ta Femme<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une intro sourde, lourde, b\u00e9tonn\u00e9e. Lourde et sourde comme les pas des fagots tournant le dos \u00e0 leur pass\u00e9 d&rsquo;hommes libres. D\u00e9p\u00f4t p\u00e9nitentiaire de Saint Martin de R\u00e9. Ils vont s&#8217;embarquer sur La Loire ou La Martini\u00e8re. Cela d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e9poque. 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