{"id":1097,"date":"2009-04-19T15:08:21","date_gmt":"2009-04-19T13:08:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/?p=1097"},"modified":"2020-04-26T08:29:03","modified_gmt":"2020-04-26T06:29:03","slug":"haute-securite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/2009\/04\/haute-securite\/","title":{"rendered":"Haute s\u00e9curit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacob_proces.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1099\" title=\"jacob_proces\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacob_proces-300x190.jpg\" alt=\"Proc\u00e8s d\\'Amiens : transfert de la \\\" width=\"253\" height=\"154\" \/><\/a>Recto. Des chevaux. L&rsquo;arm\u00e9e. Un d\u00e9fil\u00e9 pour s\u00fbr\u00a0! Oh\u00a0! pas celui du 14 juillet mais le spectacle attire la foule. Des badauds. Des gens. D&rsquo;honn\u00eates gens.\u00a0 Au balcon. Sur la chauss\u00e9e. Au passage du convoi. C&rsquo;est un convoi. Quitter son lieu de travail pour le voir passer. Des hommes et des femmes. Des paniers sous le bras. Combien sont-ils\u00a0?<!--more--><\/p>\n<p>Amiens. Date inconnue. Le titre de la carte, l&rsquo;annotation de l&rsquo;image adress\u00e9e \u00e0 Monsieur Baudoin, greffier du juge d&rsquo;instruction, rue Croix Saint Firmin, \u00e0 Amiens, permet n\u00e9anmoins quelques pr\u00e9cisions. La carte est envoy\u00e9e le 27 mars 1905, soit cinq jours apr\u00e8s un \u00e9v\u00e8nement qui a occup\u00e9 pendant deux semaines les esprits picard et hexagonaux. Nous sommes entre le 8 et le 22 mars de cette ann\u00e9e. Le souvenir de l&rsquo;affaire sensationnelle est pr\u00eat \u00e0 hanter les m\u00e9moires. Ce n&rsquo;est pas un d\u00e9fil\u00e9 festif. C&rsquo;est une mesure de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une mesure de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la hauteur de l&rsquo;Affaire. La session extraordinaire des assises de la Somme doit se pencher sur le cas de la \u00ab\u00a0bande Jacob\u00a0\u00bb. la presse, venue en masse, qualifie aussi les vingt-trois accus\u00e9s de \u00ab\u00a0bande sinistres\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0bandits d&rsquo;Abbeville\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence au cambriolage Tilloloy commis dans cette ville le 21 avril 1903 et \u00e0 la mort tragique de l&rsquo;agent Pruvost \u00e0 la gare de Pont R\u00e9my le lendemain matin. Elle les gratifie \u00e9galement du qualificatif litt\u00e9raire de \u00ab\u00a0Quarante voleurs\u00a0\u00bb. Ali Baba \u00e0 la rescousse du journaliste. La preuve par le fait de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 galopante \u00e9clate, ou plut\u00f4t s&rsquo;\u00e9tale, dans les colonnes des feuilles \u00e0 cinq sous.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/carte-postale-mystere.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1100\" title=\"verso de la carte postale repr\u00e9sentant le transfert de la bande Jacob\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/carte-postale-mystere-300x195.jpg\" alt=\"\" width=\"152\" height=\"104\" \/><\/a>L&rsquo;imagerie doit montrer le corollaire s\u00e9curitaire pour rassurer le lecteur avide de sensations fortes et facilement consommables. Du pain, des jeux, du crime et des proc\u00e8s. Le voyeurisme a ses raisons que la raison commerciale de la presse de la Belle Epoque ne peut que se complaire \u00e0 diffuser. Spectacle.<\/p>\n<p>Amiens est une cit\u00e9 cern\u00e9e, investie, occup\u00e9e par les forces, militaires et civiles, de l&rsquo;ordre social. Un peu plus de cent ans plus tard, les m\u00eames ressorts fonctionnent \u00e0 Strasbourg lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;accueillir les grands de la plan\u00e8te qui s&rsquo;occupent du bien commun. Anachronique amalgame au pays des bretzels, des m\u00e9neles, de la choucroute et du b\u00e6ckeofe\u00a0? Il n&rsquo;est pas certain que le parall\u00e8le mette en lumi\u00e8re des m\u00e9canismes de propagande fondamentalement diff\u00e9rents. Les hordes de salopards cagoul\u00e9s du black block\u00a0 ont g\u00e2ch\u00e9 la f\u00eate \u00e0 neuneu de l&rsquo;OTAN et la f\u00eate \u00e0 neuneu de ses d\u00e9tracteurs.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier, la grande arm\u00e9e du drapeau noir, l&rsquo;internationale anarchiste si l&rsquo;on consent \u00e0 reprendre les faciles et erron\u00e9es conclusions de la th\u00e8se de Vivien Bouhey sur le complot libertaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la d\u00e9mocratie bourgeoise (1), les hordes de gueux ac\u00e9phales et n\u00e9anmoins politis\u00e9s donc risquent fort bien de faire capoter la jouissive repr\u00e9sentation judiciaire annonc\u00e9e. Emotion forte, dix ans apr\u00e8s la vague des marmites qui font boum et qui secou\u00e8rent la France, l&rsquo;Europe, le monde.<\/p>\n<p>A Amiens, en mars 1905, il faut prendre toutes dispositions utiles pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 des d\u00e9bats judiciaires. \u00a0La lutte contre le d\u00e9sordre potentiel d\u00e9voile la pr\u00e9gnance de l&rsquo;effroi et de la commotion engendr\u00e9s dans le pass\u00e9. Le terrorisme anarchiste pourrait encore bien frapper dans une petite ville de province qui doit statuer sur le sort de quelques voleurs associ\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette carte que notre ami Eric nous a transmise d\u00e9veloppe cela.<\/p>\n<p>Le proc\u00e8s des Travailleurs de la Nuit stigmatise tout un discours appelant \u00e0 plus d&rsquo;ordre et de r\u00e9pression. La sc\u00e9nographie dramatico-judiciaire peut alors se mettre en place.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacob-2.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-137\" title=\"jacob-2\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/jacob-2-300x225.jpg\" alt=\"Jacob conduit au tribunal d\\'Amiens\" width=\"153\" height=\"117\" \/><\/a>A proc\u00e8s exceptionnel et fortement m\u00e9diatis\u00e9 r\u00e9pondent donc des mesures de s\u00e9curit\u00e9 en cons\u00e9quence. Andr\u00e9 Hesse, l&rsquo;avocat parisien d&rsquo;Emile Limonier, co-accus\u00e9 \u00e0 Amiens en compagnie d&rsquo;Alexandre Jacob, regrette \u00e0 ce propos, le 21 mars lors de la\u00a0 plaidoirie de d\u00e9fense de son client, \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;impression mauvaise que cr\u00e9a par avance ce d\u00e9ploiement inattendu de forces militaires<\/em>\u00a0\u00bb (<em>Gil Blas<\/em>, 22 mars 1905). Il les compare m\u00eame aux op\u00e9rations men\u00e9es au m\u00eame moment en Mandchourie en faisant allusion \u00e0 la guerre russo-japonaise. La presse locale et nationale se complait ainsi \u00e0 donner l&rsquo;impression d&rsquo;une ville en \u00e9tat de si\u00e8ge, sous tension.<\/p>\n<p>Il est vrai que la pr\u00e9fecture de la Somme n&rsquo;a pas l\u00e9sin\u00e9 sur les moyens pour le bon d\u00e9roulement du proc\u00e8s en affectant \u00e0 Amiens un millier de soldats environ. Ils proviennent \u00a0pour la plupart d&rsquo;entre eux du 72<sup>e<\/sup> bataillon de ligne et du 8<sup>e<\/sup> bataillon de chasseurs \u00e0 pieds. M\u00eame impr\u00e9cise, cette \u00e9valuation chiffr\u00e9e des moyens mis en oeuvre \u00a0prouve l&rsquo;importance que les autorit\u00e9s daignent accorder \u00e0 ceux qu&rsquo;elles consid\u00e8rent pourtant comme de vulgaires voleurs brandissant volontiers, il est vrai, l&rsquo;oripeau libertaire. La circonstance peut de la sorte devenir aggravante. Plus concr\u00e8tement, elle est r\u00e9v\u00e9latrice des difficult\u00e9s techniques de l&rsquo;op\u00e9ration. Celle-ci doit s&rsquo;\u00e9taler sur deux semaines, ce qui alourdit du fait de sa r\u00e9p\u00e9tition les op\u00e9rations mises en place.<\/p>\n<p>Les criminels accus\u00e9s sont d\u00e9tenus \u00e0 la prison Bic\u00eatre d&rsquo;Amiens. Il faut alors surveiller la ge\u00f4le et le palais de justice tant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Les deux \u00e9tablissements \u00e9tant distants d&rsquo;environ un kilom\u00e8tre, le transport des accus\u00e9s suit un parcours pr\u00e9cis et pr\u00e9par\u00e9 de longue date. Les sorties de prison se font \u00e0 onze heures environ.<\/p>\n<p>Les accus\u00e9s sont r\u00e9partis dans trois voitures cellulaires dont une vient sp\u00e9cialement de Paris et une autre est issue de la transformation d&rsquo;un omnibus ami\u00e9nois, que l&rsquo;on a renforc\u00e9s par des plaques m\u00e9talliques et dont on a d\u00e9poli les glaces avec de la peinture blanche. Quarante chasseurs \u00e0 cheval, accompagn\u00e9s de dix gendarmes, \u00e0 cheval \u00e9galement, escortent les trois voitures. Pour Alain Sergent, \u00e0 la page 85 de sa biographie de l&rsquo;honn\u00eate cambrioleur, \u00ab\u00a0<em>un g\u00e9n\u00e9ral en petite tenue\u00a0\u00bb <\/em>parade devant le convoi. Le 8 mars, il est en r\u00e9alit\u00e9 dirig\u00e9 par un lieutenant pour les chasseurs et par l&rsquo;adjudant Dufoss\u00e9 pour les gendarmes.<\/p>\n<p>L&rsquo;escorte passe par les boulevards int\u00e9rieurs de la ville pour arriver une dizaine de minutes plus tard au niveau des rues Victor Hugo et Porte Paris. Elle doit s&rsquo;arr\u00eater devant le palais de justice. Tout au long du parcours, le trajet effectu\u00e9 au galop. Soldats, gendarmes et policiers municipaux encadrent l&rsquo;\u00e9ventuelle foule des badauds.<\/p>\n<p>Une compagnie militaire stationne devant Bic\u00eatre et trois autres assurent la s\u00e9curit\u00e9 du palais de justice en barrant notamment les rues avoisinantes. Il est d&rsquo;ailleurs interdit de stationner dans celles-ci. Une double haie de soldats garnit le couloir central du b\u00e2timent.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1101\" title=\"bandejacob-detail-1\" src=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1-300x174.jpg\" alt=\"D\u00e9tail de la cartfe postale pr\u00e9sentant le transfert de la \\\" width=\"154\" height=\"90\" srcset=\"http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1-300x174.jpg 300w, http:\/\/www.atelierdecreationlibertaire.com\/alexandre-jacob\/wp-content\/uploads\/bandejacob-detail-1.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 154px) 100vw, 154px\" \/><\/a>Ne rentre pas qui veut au spectacle judiciaire. Des cartes sign\u00e9es par le procureur g\u00e9n\u00e9ral autorisent les all\u00e9es et venues dans l&rsquo;\u00e9difice mais surtout permettent d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la salle d&rsquo;audience. Celle-ci, du fait du grand nombre d&rsquo;accus\u00e9s, a du \u00eatre am\u00e9nag\u00e9 en cons\u00e9quence :\u00a0\u00ab\u00a0<em>La salle des assises est compl\u00e8tement isol\u00e9e du rest\u00e9 du monument par une s\u00e9rie de barrage dans les couloirs. Presque toutes les portes sont cadenass\u00e9es. Deux issues seules seront laiss\u00e9es libres<\/em> \u00bb nous dit <em>Le Radical<\/em> en date du 10 mars 1905.<\/p>\n<p>Ces mesures restrictives doivent en principe limiter les ardeurs des compagnons anarchistes qui auraient \u00e9chafaud\u00e9 un plan d&rsquo;\u00e9vasion ou une quelconque action d&rsquo;\u00e9clat. Il faut donc pouvoir entrer dans le palais de justice avant de tenter quoi que ce soit. La petite ville de province devient l&rsquo;\u00e9picentre d&rsquo;une affaire dont l&rsquo;ampleur d\u00e9passe le cadre hexagonal. Il s&rsquo;agit de faire bonne figure et le spectacle peut alors commencer.<\/p>\n<p>note :<\/p>\n<p>(1) &#8211; Vivien Bouhey, <em>Les Anarchistes contre la R\u00e9publique<\/em>, Presses Universitaires de Rennes, 2009<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Rapport du brigadier Doyen<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour le compte de la S\u00fbret\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Paris<\/strong><\/p>\n<p><strong>Amiens, le 8 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>Les accus\u00e9s seront amen\u00e9s au Palais de justice dans plusieurs voitures cellulaires, dont une a \u00e9t\u00e9 exp\u00e9di\u00e9e de Paris\u00a0; ces voitures seront escort\u00e9es par de la cavalerie.<\/p>\n<p>Il sera interdit de stationner aux abords du palais de justice, o\u00f9 ne pourront p\u00e9n\u00e9trer que les personnes munies de cartes d\u00e9livr\u00e9es par le procureur G\u00e9n\u00e9ral. Le palais sera gard\u00e9 par un cordon de troupe et de gendarmes.<\/p>\n<p><strong>Gil Blas<\/strong><\/p>\n<p><strong>Jeudi 9 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>Le proc\u00e8s des 40 voleurs anarchistes a commenc\u00e9 hier en cours d&rsquo;assises d&rsquo;Amiens. La ville est en \u00e9moi. De s\u00e9v\u00e8res mesures de police ont \u00e9t\u00e9 prises aux abords du palais pour surveiller les all\u00e9es et venues des prisonniers et \u00e9viter les \u00e9vasions.<\/p>\n<p><strong>Le Radical<\/strong><\/p>\n<p><strong>Vendredi 10 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que la salle des assises est compl\u00e8tement isol\u00e9e du reste du monument par une s\u00e9rie de barrages dans les couloirs. Presque toutes les portes sont cadenass\u00e9es. Deux issues, seules, seront laiss\u00e9es libres\u00a0; l&rsquo;une assurant les services de la cour d&rsquo;assises et par laquelle ne p\u00e9n\u00e8treront que les personnes munies d&rsquo;une carte sp\u00e9ciale, l&rsquo;autre destin\u00e9e \u00e0 assurer la publicit\u00e9 l\u00e9gale des d\u00e9bats, publicit\u00e9 qui sera d&rsquo;ailleurs, en raison du peu de places disponibles, r\u00e9duite \u00e0 sa plus simple expression.<\/p>\n<p>Les mesures d&rsquo;ordre sont assur\u00e9s par des piquets d&rsquo;infanterie, la gendarmerie renforc\u00e9e d&rsquo;hommes des brigades du d\u00e9partement et les agents de police d&rsquo;Amiens. La consigne est des plus s\u00e9v\u00e8res. Depuis plusieurs jours, les officiers sup\u00e9rieurs de la garnison, les chefs du parquet et le commissariat central ont tenu des conf\u00e9rences au palais en vue d&rsquo;une action et d&rsquo;une surveillance des plus \u00e9nergiques.<\/p>\n<p><strong>Germinal<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b010<\/strong><\/p>\n<p><strong>Du 12 au 18 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>Aussi magistrature, arm\u00e9e s&rsquo;effarent, une frousse intense qui se traduit par un d\u00e9ploiement de force aussi inutile que grotesque. (&#8230;) Le palais de justice est litt\u00e9ralement transform\u00e9 en caserne. Partout, des soldats, des gendarmes, des agents de police. Des mouchards, venus de Paris, facilement reconnaissables \u00e0 leur mine louche et patibulaire, se r\u00e9pandent dans les groupes.<\/p>\n<p><strong>Germinal<\/strong><\/p>\n<p><strong>N\u00b011<\/strong><\/p>\n<p><strong>Du 19 au 25 mars 1905<\/strong><\/p>\n<p>La peur bourgeoise redouble. Les rues avoisinant Bic\u00eatre sont barr\u00e9es. Trois compagnies de chasseurs \u00e0 pied gardent le palais. \u00ab\u00a0On redoute en haut lieu des manifestations\u00a0\u00bb disent les quotidiens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recto. Des chevaux. L&rsquo;arm\u00e9e. Un d\u00e9fil\u00e9 pour s\u00fbr\u00a0! Oh\u00a0! pas celui du 14 juillet mais le spectacle attire la foule. Des badauds. Des gens. D&rsquo;honn\u00eates gens.\u00a0 Au balcon. Sur la chauss\u00e9e. Au passage du convoi. C&rsquo;est un convoi. Quitter son lieu de travail pour le voir passer. Des hommes et des femmes. 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