
Lorsque, comme nous, on en est arrivé au soir de la vie et qu’en scrutant aux tréfonds de notre conscience on peut franchement s’avouer que l’on n’a jamais trahi quelqu’un et toujours respecté la parole donnée, cela dépasse de beaucoup toutes les vaines approbations d’autrui. Sans l’honneur, cette forme de l’honneur, je n’estimerais pas qu’il vaille la peine de vivre. Préjugé, disent quelques-uns ; possible. Mais ce préjugé m’est cher, je puis dire nous est cher, et quoi qu’il puisse nous en coûter, continuons à l’arroser de nos joies et de nos peines afin que, robuste, il vive en nous jusqu’à notre dernier souffle.
Lettre à Marie Jacob, 9 mars 1916