- Alexandre Jacob, l’honnête cambrioleur - http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob -

Paul Roussenq une vie au bagne

Paul Roussenq [1] (1885-1949) n’avait que les os et la peau. Paul Roussenq [1]c’est le loup dans la fable de La Fontaine. Paul Roussenq a payé cher le prix de sa liberté. Paul Roussenq [1] fut une double victime : d’un ordre social d’abord qui préfère l’affliction à l’amendement et à la régénération parce qu’il est écrit que le délinquant – qu’il soit petit ou grand, multirécidiviste ou non, psychologiquement dérangé ou non, peu importe – doit payer, doit souffrir, dût-il en crever, doit réparer au centuple le mal commis. Un quignon de pain peut vous pourrir la vie. La vie enfermée du vagabond Roussenq nous le prouve : Clairvaux, Biribi, Le Grand Séminaire de Guyane, les CSS de Sisteron et de Fort-Barraux, ainsi qu’un grand nombre de prisons métropolitaines. L’homme est aussi une victime politique car il ne fait pas bon être anarchiste sous la IIIe République. Vingt-trois ans de bagne dont onze année de cachot. Victime politique encore sous la forme d’une marionnette rouge que l’on met au rebut parce qu’elle ne veut plus aller dans le sens voulu par le grand parti des prolétaires. Le parti communiste a vite fait d’effacer les traces du passage de Paul Roussenq [1], mais Paul Roussenq [1] écrit ses souvenir (sur les bagnes de Guyane et sur l’URSS aussi) et les compagnons anarchistes ne l’oublient pas. La vie de Paul Roussenq [1] éclaire tout un pan de notre histoire coloniale et pénitentiaire. Paul Roussenq a enfin sa biographie [1]. Chez tous les bons et indépendants libraires.

Jean-Marc Delpech

Paul Roussenq une vie au bagne [1]

Imago, Paris, janvier 2026

320 pages, 25€