Atelier de création libertaire Les éditions Atelier de création libertaire          1979-2018 : 39 ans de culture libertaire
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Toujours noir
Livre&Lire, le mensuel du livre en Rhône-Alpes, n°245 - octobre 2009

L’Atelier de création libertaire a 30 ans

Lyon, ville bourgeoise.... On connaît l’image et la réputation. Pourtant, solidement implanté sur la colline qui travaille, en face et bien loin de celle qui prie, l’Atelier de création libertaire poursuit son activité éditoriale depuis trente ans. Une histoire de collectifs, de réseaux, d’alternatives, mais aussi de culture et d’imaginaire.

Trente ans, cent cinquante titres. De l’histoire, de la sociologie, de la philosophie, des témoignages, des actes de colloques, et avant toute chose, de l’engagement. Et il en faut pour faire vivre une maison d’édition intégralement associative depuis tout ce temps. De la fidélité aussi. Trente ans que les trois piliers de l’Atelier de création libertaire, Mimmo Pucciarelli, Alain Thévenet et Jean-Marc Bonnard, se retrouvent chaque jeudi pour évoquer l’avancement des travaux, les livres et les projets. Pour cette fin (l’année 2009, la publication de Virginie Barbet, une internationaliste lyonnaise, d’Antje Schrupp (octobre) et de Femmes libres (Espagne 1936-1939), de Martha A. Ackelsberg (décembre).

Comme c’est parfois le cas en matière d’édition, l’aventure débute avec une revue, Informations et réflexions libertaires, qui paraît de 1973 à 1990. Un creuset politique, hors de tout dogmatisme, à forte vocation culturelle. Quelques années plus tard, la maison d’édition permettra d’aller plus loin dans les différentes thématiques développées par la revue, avec pour objectif le renouvellement de la pensée libertaire et la prise de distance avec le manichéisme de la presse anarchiste et militante. Bref,« il s’agissait de montrer que l’anarchisme est une culture et un imaginaire », rappelle Mimmo Pucciarelli, lui-même auteur d’une thèse en sociologie sur l’imaginaire libertaire, à l’université de Grenoble.

1979-2009, trente ans de culture libertaire

Une culture ou une contre-culture qui a largement irrigué les mouvements altermondialistes actuels ainsi que l’écologie et le renouveau de certaines pratiques de l’autogestion, dans les campagnes aussi bien que dans les villes. Lyon, sur ce point, est loin de son image bourgeoise et Mimmo Pucciarelli a beaucoup à dire sur la culture de la révolte qui, selon lui, relie les mouvements ouvriers du XIXe siècle aux expériences de squats libertaires menées dans certains quartiers. Sur les pentes de la Croix-Rousse, berceau du mouvement coopératif et du mutualisme, certains continuent à faire vivre à leur manière l’appel des Canuts. Les livres publiés par l’Atelier de création libertaire reflètent cette histoire sociale forte ainsi que les réseaux d’échange entre la France, l’Italie, l’Espagne...

A raison de quatre à six titres par an, la production est diffusée dans un réseau de librairies spécialisées ou amies (Paris, Lyon, Bordeaux, Grenoble, Besançon...) ainsi que par le biais d’une lettre d’information et du site Internet ; généralement quelques centaines d’exemplaires, mille ou deux mille pour certains titres, qui ont su dépasser le cercle étroit et souvent peu fortuné des clients habituels. Une niche éditoriale occupée grâce au dévouement des « anciens », dont la « foi » n’est pas morte avec les années. Pour ce qui est de la relève, Mimmo Pucciarelli reconnaît que la motivation des jeunes sympathisants semble un peu plus incertaine.Verdict dans trente ans.

Laurent Bonzon