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Terrorisme entre spectacle et sacré
UNION PACIFISTE n° 400 - octobre 2002

RONALD CREAGH, professeur émérite de civilisation américaine, a publié en novembre 2001 une brochure instructive, intitulée Terrorisme entre spectacle et sacré, éléments pour un débat (4,50 Euros, disponible à l’Atelier de création libertaire, BP 1186, 69202 Lyon Cedex 01).

Le séisme du 11 septembre a tétanisé le monde entier. Un matraquage sans précédent a été réalisé par les médias avec toujours les mêmes images, hystériques, obsédantes. En insistant sur les victimes civiles de New York, on occultait tant le personnel militaire tué au Pentagone que les milliards en barres d’or dans les coffres du World Trade Center.
Certes, l’ampleur du traumatisme ne peut pas se mesurer à la quantité des victimes : une mort, c’est déjà trop !
Les manifestations pacifistes du 29 septembre ont réuni 15 000 personnes à Washington, mais seulement 300 à New York. La folie patriotique s’est déchaînée, au point d’interdire d’antenne « Imagine » de Paul Lennon...
Il y a environ trois millions d’Arabes de nationalité américaine (toutes religions confondues), ce qui représente la moitié des musulmans vivant aux États-unis. La culture religieuse de l’Islam met en œuvre une courtoisie à l’égard de l’autre, dont on cherche la trace dans les relations calculées ou indifférentes des Occidentaux.
L’objectif d’Al Quaïda, qui revendique ces attentats, est de constituer un grand Islam, riche de dogmes indiscutables, de théocraties impitoyables, contrôlant un milliard de fidèles et la quasi-totalité des ressources pétrolières de l’univers.
Comment peut-il se faire que des dizaines d’agents aient pu opérer sur le sol américain sans que le FBI, la CIA et les autres services de renseignement n’aient donné aucun signe d’alerte ?
En réponse, l’administration Bush reprend les vieilles méthodes de la guerre froide : identifier un ennemi, se donner une mission nationale, établir la fracture du monde en deux blocs (les terroristes et les amis), résoudre par la canonnière des problèmes politiques, sociaux et économiques tout en s’acoquinant avec des tortionnaires et en fournissant des armes à d’éventuels futurs agresseurs.
Le mot « terroriste » est tellement vague et perfide que beaucoup de pays peuvent s’en emparer pour juguler leurs opposants : l’Inde, l’Algérie, l’Égypte, la Turquie, les républiques d’Asie centrale et jusqu’à l’Irak.
Des réseaux religieux et séculiers, capables d’investir et de déplacer leurs finances à la vitesse de la lumière, constitués par les multinationales des organisations non gouvernementales, des cartels de drogues, des mafias et des bandes armées ont investi la planète en toute impunité.
Désormais, ces réseaux privatisent les guerres. C’est le retour des condottieri. des chefs mercenaires. En Amérique latine ou dans le Golfe les guerres servent en premier les intérêts des multinationales ou des compagnies pétrolières. En Afrique, elles sont de plus en plus menées par des armées privées, sous la coupe de milliardaires, de multinationales ou des services secrets des pays riches (d’avoir tant pillé les autres).
Creagh signale que G.W. Bush a déjà perdu la guerre financière, la corruption et le blanchissement d’argent l’encerclent. De plus, le courant antimondialiste révèle une grave fracture entre les gouvernements et les populations.
Implanter un gazoduc en Afghanistan reste une stratégie dérisoire face à la santé et à l’épanouissement des enfants, des femmes et des hommes de ce pays ruiné.
Les institutions ne sont plus crédibles. À chaque individu de restaurer le tissu social. Tout est à créer : n’est-ce pas merveilleux ?

Moris Leau-Déviant