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- éditions Gatuzain, Bayonne, France
- 2000
- 186 pages
- prix de vente public : 15,24 EUR
- ISBN : 2-913842-07-0
- nos références : 095


Du même auteur :
 


Madres de la plaza de Mayo

Résister c’est vaincre
Editions Gatuzain, Bayonne

Résister c'est vaincre

Ce livre est un hommage à la résistance d’un groupe de femmes, issues de toutes les catégories sociales d’Argentine. Leurs enfants furent enlevés par les forces armées durant la dictature instaurée en 1976. Des femmes unies par un sentiment d’impuissance face aux disparitions massives de leurs fils et filles, la plupart exécuté-e-s et enterré-e-s dans des fosses communes.

Ces mères anonymes ont transformé leur peur et leur silence en révolte, et aujourd’hui encore elles réclament justice, dans un pays où les assassins bénéficient d’une grâce exceptionnelle. Elles n’ont pas voulu que la mémoire s’efface, et depuis maintenant 23 ans, chaque jeudi, elles manifestent sur la place de Mai de Buenos Aires. Aux politiques qui veulent tourner la page, elles leur demandent d’emprisonner les coupables, refusant l’indemnité financière proposée au 30 000 familles des victimes en guise de réconciliation.
Ce sont ces propres mères qui ont écrit cet ouvrage, mêlant sentiments et engagements. Parties d’un besoin de se regrouper pour dénoncer les disparitions, elles ont à leur tour adopté l’idéologie et l’énergie de leurs propres enfants, devenant ainsi une référence pour tous les combats révolutionnaires d’Amérique latine et du monde.


Nous étions en train de relire les épreuves du livre des Mères de la place de Mai quand nous avons appris que les éditions Gatuzain, de Bayonne, publiaient le même ouvrage sous le titre "Résister c’est vaincre".
Ce livre correspondant parfaitement à ce que nous voulions faire et la démarche des éditions Gatuzain nous paraissant intéressante, nous avons décidé d’arrêter notre projet et diffuser nous-mêmes leur ouvrage.


Pourquoi éditer à l’ACL un ouvrage sur les mères de la place de Mai ?

À l’évidence, celles-ci ne se réclament pas du mouvement libertaire... mais se réclament-elles d’une idéologie politique ?
Eu égard à leur combat, à leur obstination, cela n’a aucune importance. Vouloir estampiller une lutte, une revendication, n’est pas vraiment dans notre nature... Non, ce qui paraît essentiel à nos yeux de libertaires, c’est la façon dont ces femmes, il y a vingt-deux ans de cela, ont construit leur lutte, initié leur démarche revendicative, et ce en dehors de tout appareil, de tout système militant. Et, à ce jour encore, refusent mordicus toute allégeance à un quelconque parti ou syndicat.
Ce qui caractérise avant tout l’action des mères de la place de Mai, c’est l’auto-organisation, la prise en main directe de leur propre destin, loin des schémas traditionnels de la lutte politique.
Ces femmes n’étaient point « destinées » à la revendication, à la dénonciation, à la critique – en un mot à la rébellion ouverte contre le pouvoir – ont vu leurs vies de mères et de grand-mères brutalement transformées. La volonté génocidaire des militaires argentins (trente mille morts et disparus de 1976 à 1983) a conduit ces femmes – anonymes parmi les anonymes – à se découvrir une personnalité, à se forger une identité : dire non au silence assourdissant entourant les multiples et perverses exactions d’une junte qui régna d’une main de fer.
C’est ce non – prenant des formes proprement inimaginables – qui, en permettant d’ouvrir une brèche dans laquelle s’engouffre aujourd’hui un petit juge espagnol courageux, a interpellé notre « respect militant ».
Ce non à la barbarie, à l’oubli et au pardon ne peut que nous inciter à écouter les paroles de ces femmes, à découvrir leurs « faits d’armes » si riches d’inventivité et d’audace.
Par-delà le silence, les lois d’amnistie et les grâces imposées par Alfonsin, Menem et consorts, il nous a paru déterminant de savoir entendre ce cri, en ce qu’il recèle de puissance de rupture. D’apprécier aussi, à sa juste valeur, cette fausse note déhirant le conformisme ambiant de la quiétude sociale.
Enfin, il n’est pas anodin, pour nous, que ce cri soit poussé par des femmes qui donnent ainsi à la notion et à la pratique de la maternité une acception collective et politique peu commune.
Un cri qui commence à être repris en d’autres parties de la planète où le pouvoir des puissants s’exerce en toute impunité.

Résister c'es vaincre