Atelier de création libertaire Les éditions Atelier de création libertaire          1979-2018 : 39 ans de culture libertaire
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Les 25 ans de l’Atelier de Création Libertaire

En cette saison des voeux, il convient d’en formuler à l’intention de l’ACL de Lyon, qui fête cette année ses vingt cinq ans.

Ce n’est sans doute pas la première fois que des éditeurs libertaires durent aussi longtemps, mais ces réussites étaient souvent dues au dévouement d’un militant qui y consacrait tout son temps.

Au contraire, nous sommes en présence d’un véritable collectif, lié sans doute par des affinités communes mais des compétences très différentes, engagé aussi dans d’autres activités et soutenu par des librairies militantes dont la qualité n’a fait qu’augmenter avec le temps.

Editeur de pointe dans le mouvement libertaire, l’ACL a introduit pour le public français des auteurs qui lui étaient inconnus, par exemple Murray Bookchin. Il a permis à des militants de se faire éditer, avec une grande ouverture d’esprit. Il a aussi élargi le champ de ses lecteurs à des terrains moins fréquentés comme l’utopie ou la littérature, permettant ainsi de s’ouvrir à des horizons moins explorés. Et surtout, dès les débuts, il a ouvert des débats hors des sentiers battus, par exemple sur la bureaucratie, et il s’engage courageusement dans les chemins plus ardus des théories et de la philosophie.

Sans doute, en occupant le terrain de la culture plus que celui du politique, il reflète les forces et les faiblesses d’un mouvement, fier de sa volonté éthique et plus soucieux des grandes questions de fond que des stratégies politiques alternatives ; mais il a su éviter le verbiage militant des pisse-copies et la griserie du prêt-à-penser en slogans mobilisateurs.

Sans le prestige - posthume - de l’Internationale situationniste, sans les trompettes de la renommée médiatique, l’Atelier franchit gaiement la ceinture d’isolement que lui taillent les oracles de la pensée capitaliste, et devient oasis dans ce désert culturel. La déliquescence des universités et de la recherche, l’écartement d’une partie croissante de la population du champ de la production, entrouvrent de nouveaux espaces, et donc de nouveaux avenirs.

Souhaitons à l’Atelier de Lyon, comme à tous les éditeurs libertaires, des plus connus aux plus modestes, de s’engager dans cette pluralité de futurs qui donnent sens à la vie.

Ronald Creagh