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La révolution entre hasard et nécessité
Le Monde libertaire 1788 - mai 2017

« Accomplir des rituels et se donner des noms différents aux communs. lire des œuvres d’auteurs anarchistes. assister de manière routinière aux réunions et meetings anarchistes et se prétendre anarchiste. Ce n’est pas la preuve de l’être […]. Convertir l’anarchisme en une routine, une habitude triviale, qu’on n’extériorise que certains jours et dans une intimité sectaire où on parle beaucoup de révolution, mais on ne fait rien pour la faire, serait le nier et le réduire a un simple passe-temps […]. »

Voici ce qu’affirme Octavia Alberola dans son livre la Révolution entre hasard et nécessité. Cet anarchiste hétérodoxe donne plus d’importance au comportement des gens plutôt qu’à la doctrine qu’ils défendent. Les éléments que nous offre Octavio Alberola n’appartiennent ni a la théorie ni à la pratique séparément puisque pour lui l’écrit et le vécu sont dans une interaction sans césure. indissociables. Une position qu’il assume depuis les années 1960, comme le prouve son engagement permanent durant de longues années d’exil et de prison contre la « tranquillité militante » d’une partie du mouvement libertaire. Il affirme ainsi l’affirmation du caractère indissociable de l’idée et de l’action.

« Entre hasard et necessite », c’est ainsi qu’Octavio Alberola a sous-titré son livre pour qualifier son engagement anarchiste auquel le hasard des circonstances ne fut pas étranger, mais dont la nécessité se révéla très vite incontournable. Tout au long de son existence, Octavio Alberola a rejeté les « formes dogmatiques et fossilisées de l’anarchisme ». Nombre de textes dans le livre révèlent l’urgence de combiner avec sagesse la mémoire et le présent, de s’ouvrir vers d’autres courants de pensée et d’action. L’ouverture politique préconisée par Octavia Alberola vise a trouver de nouvelles pistes pour échapper a l’intégration au système et a repenser ce que signifie la violence révolutionnaire, violence qui semble inévitable, même s’il ne s’agit que d’un mécanisme vital d autodéfense dans le scénario d’un effondrement imminent.

Il y a un argument dans cet ouvrage qui est particulièrement pertinent. Il s’agit de la critique du progrès dans le domaine techno-scientifique, ainsi que de la consommation et les illusions qui l’accompagnent. Une critique exercée à partir dune prise de conscience précise : celle de la nécessite urgente de démarchandiser toutes les relations.

« Il n’y a pas d’autre alternative aujourd’hui que celle de se révolter ou d’être complice de ce que le monde peut advenir aux mains des obsédés par les richesses, le pouvoir et le développement technologique. »

La lecture du texte d’Octavia Alberola met en évidence une continuité dans sa vie, dans ses actions, comme dans ses présupposés fondamentaux : une continuité qui s’est manifestée tout au long de ses soixante-dix ans d’activité militante. Ce livre inscrit dans l’effort de rénovation de l’anarchisme et dans l’émergence, un peu partout dans le monde, de nouvelles sensibilités subversives.

DANIEL PINÔS

Octavio Alberola Surinach est ne en 1928 en Espagne à Alayor sur l’ïle de Minorque.

Son père. José Alberola Navarro (1895-1967), était un instituteur de l’École moderne fondée par Francisco Ferrer Guardia et, en tant que membre de la CNT, il fut collaborateur de la presse libertaire et administrateur du journal Solidaridad Obrera.

Au début des années 1930, José fut incarcéré avec de nombreux militants libertaires. Après le soulèvement des militaires fascistes le 18 juillet 1936 et pendant la période révolutionnaire, José fut conseiller culturel au Conseil régional de défense d’Aragon.

À la suite de la victoire des franquistes en février 1939, au milieu de l’année, Octavio suivit sa famille qui s’exila au Mexique. En 1950. étudiant à l’Université de Mexico en génie civil, sciences et philosophie. Octavio fut arrêté avec quatre autres personnes et incarcéré pendant un mois à Mexico pour ses activités en tant que réfugié au sein des jeunesses libertaires mexicaines.

Au Mexique. il devint membre de la FIJL, la Fédération ibérique des jeunesses libertaires et de la CNT. Au début des années 1960, il arriva en Europe et il s’intégra à la lutte clandestine. En 1962. au sein du DI, le groupe de Défense intérieur de la CNT, il fut le représentant de la FIJL. Il mena à partir de ce moment avec la FIJL ou avec les GARI, les Groupes d’action révolutionnaire internationaliste, diverses actions contre dictature jusqu’à la mort de Franco en 1975




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