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La révolte de Los Angeles
LA LETTRE DU CERCLE GRAMSCI n°62, janvier-février 1996

« Avec des flammes hautes de plusieurs dizaines de mètres et s’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres carrés, la révolte de Los Angeles d’avril-mai 1992 a éclairé l’horrible réalité nationale du nouvel ordre mondial. Grâce au secteur habituellement le plus invisible de la population des États-Unis – la “sous-classe” méprisée –, l’injustice fondamentale de la société américaine est soudainement devenue visible aux yeux du monde entier. »

Ainsi commence le texte du groupe surréaliste de Chicago à propos de la révolte de Los Angeles et qui vient d’être édité en France. C’était il y a un peu plus de trois ans. Un tribunal venait d’acquitter des flics qui avaient tabassés un jeune noir, alors que la scène avait été filmée par un vidéaste amateur montrant ainsi ce qui s’était passé ce jour-là. Pendant trois jours, les quartiers pauvres se sont soulevés, tenant tête à 26 900 policiers et militaires officiels et aux « employés » de 3 500 agences de « sécurité privée » . Sur l’ensemble du territoire des États-Unis, policiers et réservistes sont nus en état d’alerte. De nombreuses manifs de solidarité tournent l’émeute dans au moins 44 cites de 20 états différents.
A Los Angeles, 17 000 personnes sont arrêtés et se retrouvent dans les rouages d’une justice plus qu’expéditive. Emeutes raciales ? Non, répondent les auteurs de ce texte. Il s’agit bien d’un soulèvement des pauvres. Des blancs, des latinos, des asiatiques se retrouvent au coude à coude avec les noirs contre ce système américain dirigé par l’oligarchie financière s’appuyant sur le racisme et le puritanisme. Ce texte donne bien une autre vision que celle qu’ont diffusée les médias dont il démonte les mécanismes à l’œuvre. Pour le groupe surréaliste de Chicago, ce soulèvement, le plus fort du siècle aux États-Unis, ouvre des possibles. La conclusion du texte et un appel : « Exclus du monde entier, unissez-vous ! La liberté maintenant ! La Terre d’abord ! Ces trois mots d’ordre pour nous n’en font qu’un. »
A lire, cette parole radicale « made in U.S.A. », en provenance de Chicago, cette ville où le Premier Mai trouve son origine, aux antipodes de Wall Street !

C.S.