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Attention Religion
De quoi s’agit-il ?

Alors que depuis deux cents ans il a été démontré que toutes les religions sont fausses, elles survivent. Six milliards d’humains, combien de milliards de croyants ? Pourquoi les religions résistent-elles ?
On comprend qu’elles s’accrochent aux zones les moins éduquées, mais les grands résultats de la science qui contredisent les religions - l’évolution, l’astronomie, la génétique - sont connus partout. Les religions survivent jusque dans les pays à très haut niveau de savoir scientifique et technique et, dans ces pays, jusque chez les personnes les plus cultivées.
Il n’y a pas si longtemps que les clergés florissaient parce qu’ils étaient des instruments, conscients et volontaires, des autorités politiques. Pour mettre la formule de Marx au goût du jour, les prêtres étaient bien les dealers du peuple. Cependant, dans tous les pays développés l’influence des églises a diminué. Dans les pays protestants, les chrétiens sont divisés en centaines d’églises différentes, dans la plupart des pays catholiques européens le prestige de Rome est en chute libre. Pourtant la foi résiste. La foi en n’importe quoi, certes : ce que perd le Vatican, les gurus, les scientologues, les astrologues le gagnent. Mais la foi quand même.
Il reste deux solutions : ou bien il y a dans l’esprit humain quelque chose qui le pousse vers la foi, ou bien il y a dans la foi quelque chose qui séduit l’esprit humain.
La première solution plaît aux croyants. Si l’on dénichait dans l’être humain un « gène de Dieu », par exemple, ce serait Dieu qui l’y aurait glissé ! Et puis, celui qui pense que l’existence de Dieu n’a aucune importance, mais qu’en revanche il faut que les peuples croient en un Dieu pour que la morale survive, pour que les peuples obéissent, celui-là souhaite vivement qu’on découvre ce gène ou cette attirance.
Pas de chance pour lui, on est loin d’avoir identifié avec certitude un seul gène qui régisse un comportement humain. Alors une opinion...
En outre, on s’aperçoit que la génétique est bien compliquée, que, lorsque l’on réussit à soupçonner quelles possibilités donne, peut-être, tel ou tel gène, il faut que l’environnement favorise la réalisation de cette possibilité. Pour quelque chose d’aussi peu concret que la religion, l’environnement c’est la culture humaine, indépendante des gènes.
Bref, pour l’instant il n’y a pas de gène de Dieu, et guère de chances qu’on en découvre jamais.
C’est donc la deuxième solution ; il y a dans la foi quelque chose qui séduit l’esprit humain. Mais quoi ?
Un livre, Et l’homme créa les dieux, de Pascal Boyer (Folio), propose une réponse. Une réponse complexe qui se fonde sur une douzaine de théories, indépendantes les unes des autres. Cet ensemble de réponses est une proposition, encore ouverte au débat ; la neurobiologie, c’est-à-dire l’étude concrète, pratique, du cerveau et de son fonctionnement devra un jour en confirmer ou en infirmer des éléments essentiels.
Mais cette réponse est la première à proposer une solution très convaincante à l’ensemble des phénomènes religieux. Une solution séduisante. À nouveau, la neurobiologie en confirmera, ou en infirmera, ce qui la concerne.
Entre-temps, il s’agit de comprendre cette proposition. Le livre compte 500 pages. Serrées. Il fait appel à des théories encore difficiles à comprendre parce qu’elles sont nouvelles, peu familières. Mon but est de dire en 50 pages l’essentiel de ces 500 pages. Pour autant, je ne me refuse pas la liberté de m’en écarter de temps en temps, en particulier à l’égard de l’usage de la religion par les classes dominantes. Cette brochure est un résumé, mais un résumé infidèle à l’occasion.
Une dernière précaution, avant d’entrer dans le vif du sujet : cette brochure se fixe pour but de clarifier et de discuter un résumé des thèses du livre intitulé Et l’homme créa les dieux. Elle ne s’intéresse nullement aux autres écrits ou déclarations de Pascal Boyer, avant ou après.